Atelier & professionnel

Vielles Kerboeuf — lutherie et facture de vielles à roue à Saint-Brieuc

Saint-Brieuc

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor, Vielles Kerboeuf fabrique, restaure et règle des vielles à roue. La lutherie est issue d’une histoire familiale commencée par Bernard Kerboeuf, qui fabrique et restaure ces instruments depuis 1989. Audren Kerboeuf a rejoint l’activité en 2015 après une reconversion professionnelle et en est aujourd’hui le gérant. Virginie Teutsch complète l’équipe comme assistante luthière. L’atelier réunit ainsi une expérience ancienne, une pratique musicale directe et une organisation capable de travailler sur des instruments très différents.

La vielle à roue est un instrument à cordes frottées par une roue. La manivelle met la roue en mouvement, tandis que les touches du clavier agissent sur les sautereaux pour raccourcir la longueur vibrante des cordes mélodiques. Les cordes de bourdon donnent une assise continue et les cordes sympathiques peuvent enrichir la résonance. Le coton posé sur la roue assure le contact régulier avec les cordes. La caisse, la table d’harmonie, l’axe, les paliers, la mécanique du clavier et les cordiers doivent donc rester accordés les uns aux autres. Une amélioration apportée à une seule partie peut modifier le toucher, la justesse ou la couleur générale.

Vielles Kerboeuf propose des instruments à caisse ronde ou plate. Les modèles contemporains associent des lignes et des matériaux plus modernes aux principes de la vielle à roue. Ils peuvent recevoir des teintes particulières, des bois choisis, des marqueteries et une sonorisation. Les caisses rondes et plates ne produisent pas la même présence visuelle et ne se comportent pas de manière identique dans l’espace. La forme, la table, les épaisseurs, les renforts et le montage déterminent la façon dont les vibrations se développent. Le choix se construit donc avec le musicien selon son jeu, son répertoire, sa recherche sonore et la place prévue pour l’instrument.

Les vielles contemporaines peuvent intégrer une sonorisation K&K à un canal, une sortie jack ou, selon les réalisations, une sortie XLR. La sonorisation ne remplace pas l’acoustique de la caisse. Elle ajoute une possibilité de jeu amplifié et demande de réfléchir au placement du capteur, à l’équilibre entre les cordes et au branchement. Une vielle destinée à la scène, à l’enregistrement ou à un ensemble électroacoustique doit rester agréable à jouer sans amplification tout en fournissant un signal exploitable. La construction, l’accastillage et la finition sont étudiés pour préserver la cohérence de l’instrument dans ces différents contextes.

La gamme traditionnelle s’inspire notamment des vielles de Jenzat et des copies d’anciens. Ces instruments peuvent être plats ou ronds, recevoir des têtes sculptées et associer plusieurs bois, placages, filets et marqueteries. La référence historique ne conduit pas à une seule apparence. Une vielle traditionnelle peut reprendre une silhouette, une proportion, un type de clavier ou un décor tout en étant construite pour les conditions de jeu actuelles. Le facteur doit distinguer ce qui appartient à l’identité organologique du modèle, ce qui relève d’une finition et ce qui peut être adapté au musicien sans dénaturer l’ensemble.

Les réalisations présentées par l’atelier montrent la diversité de ces choix. Une caisse ronde peut être construite en érable ondé et noyer, avec une table en épicéa, une tête sculptée inspirée du XVIIIe siècle, des placages teintés et un vernis satiné. Une caisse plate de type baroque peut associer ébène de Macassar, érable moucheté, acajou, nacre, os gravé et décorations propres à l’atelier. D’autres pièces adoptent une forme de guitare, des filets de sycomore, des éléments en ébène ou une marqueterie de laiton et de nacre. Les matériaux sont choisis pour leur fonction, leur stabilité et leur relation avec le dessin de l’instrument.

Les vielles médiévales s’inspirent d’une autre période de la facture. Elles sont principalement plates et recherchent une relation avec des formes anciennes tout en restant jouables aujourd’hui. La documentation disponible sur les instruments historiques est parfois fragmentaire. Le facteur doit alors croiser les proportions observées, les principes de la caisse, la disposition des cordes, la forme du clavier et les contraintes acoustiques. La fidélité ne se mesure pas seulement à une silhouette. Elle comprend aussi la manière dont la roue frotte les cordes, dont les touches commandent les sautereaux et dont l’instrument tient l’accord pendant le jeu.

Les vielles d’étude sont conçues pour l’apprentissage. Leur conception est plus sobre et la personnalisation est maîtrisée afin de conserver un accès plus facile à la pratique. Elles peuvent elles aussi être plates ou rondes. Un instrument destiné à un débutant doit rester lisible : le clavier doit être accessible, la manivelle doit tourner régulièrement, les cordes doivent répondre avec une résistance adaptée et les réglages doivent pouvoir être compris. Le musicien apprend simultanément la tenue, le mouvement de la roue, la pression sur les touches, la pose du coton et l’accord des bourdons. La qualité de l’instrument accompagne cette progression sans la compliquer inutilement.

La fabrication sur commande commence par l’identification du modèle et du besoin musical. Le facteur peut discuter de la caisse ronde ou plate, du nombre de chanterelles, du registre, de la disposition des cordes, de la sonorisation, des bois, de la teinte, de la marqueterie et de la tête sculptée. Ces décisions ont des conséquences sur le poids, l’équilibre en main, la projection et l’entretien. Un instrument commandé pour jouer debout en concert ne sera pas pensé comme une vielle destinée à l’étude à domicile. Une version électroacoustique demandera des choix différents d’une copie d’ancien jouée dans un ensemble de musique ancienne.

La caisse de résonance joue un rôle majeur dans la réponse sonore. La table d’harmonie reçoit les vibrations transmises par la roue et les cordes, puis les diffuse dans l’air. Son bois, sa forme et ses renforts influencent la projection et le timbre. Les éclisses et le fond complètent la structure, tandis que les assemblages doivent supporter les tensions et les variations d’humidité. L’atelier peut travailler l’érable, le noyer, l’épicéa, l’acajou, l’ébène, le palissandre, l’amourette, le sycomore et d’autres essences selon la réalisation. Le décor ne doit pas fragiliser les zones qui soutiennent la caisse ou reçoivent les pièces mécaniques.

La roue et son axe demandent une grande précision. La roue doit conserver une surface régulière pour que le coton accroche les cordes sans à-coups. Son axe doit tourner sans jeu excessif et rester stable lorsque la manivelle est actionnée. Un système de paliers bien réglé facilite la rotation et limite les vibrations parasites. Les réalisations et les restaurations peuvent conduire à remplacer ou améliorer l’ensemble axe, roue et roulements. Le réglage vise alors à retrouver une rotation fluide, une pression homogène sur les cordes et une relation confortable entre le mouvement de la main et la continuité du son.

Le clavier et les sautereaux forment une mécanique fine. Chaque touche commande une petite pièce qui vient en contact avec une corde mélodique. La hauteur, la course et le retour des touches doivent rester réguliers pour que les phrases soient nettes. Les sautereaux doivent être positionnés avec précision et présenter une forme adaptée à l’attaque recherchée. Une touche qui accroche, une corde qui ne répond plus ou un sautereau mal aligné peut perturber l’intonation et le toucher. La fabrication et la restauration exigent donc d’observer le clavier dans son ensemble, puis de reprendre les éléments qui empêchent une réponse régulière.

Le coton de la roue participe directement à l’émission. Sa pose doit être régulière et adaptée à la pression exercée sur les cordes. Trop peu de matière peut rendre le son pauvre ou irrégulier ; trop de matière peut augmenter la résistance et gêner le jeu. Le coton s’use et doit être renouvelé périodiquement. Le musicien apprend à écouter les changements de réponse, à surveiller l’attaque et à entretenir la roue avec les gestes appropriés. Lors d’un réglage, le facteur peut reprendre le contact entre roue et cordes afin d’améliorer la continuité, la netteté et l’équilibre entre les voix.

La restauration d’une vielle ancienne commence par un examen de la caisse et des mécanismes. Les fentes, les décollements, les déformations, les traces d’insectes, l’usure du vernis et les réparations antérieures sont observés avant le démontage. Une vielle plate Pimpard ou une vielle ronde Pajot Fils ne présente pas nécessairement les mêmes problèmes ni les mêmes solutions. Le restaurateur peut recoller un fond ou une table, renforcer la caisse et les fentes sous table, reprendre un axe, une roue ou des roulements, puis régler le clavier et l’accord. Une vielle ronde Nigout peut demander le remplacement d’une côte fendue, des taquets ou des flipots sous table et une reprise du bandeau.

La restauration cherche à conserver le maximum de matière et de traces utiles à la compréhension de l’instrument. Les réparations anciennes peuvent renseigner sur une utilisation passée ou sur une adaptation à un musicien. Les vernis, les encrages et les décors ne sont pas traités comme de simples surfaces à uniformiser. Le nettoyage et le ravivage sont conduits avec mesure pour préserver la lecture de la caisse et le caractère de la vielle. Lorsqu’une pièce manque, son remplacement doit s’accorder avec la construction existante, sans créer une imitation trompeuse ni introduire une contrainte excessive.

Les réglages concernent aussi les instruments fabriqués par d’autres luthiers. Un musicien peut demander un accordage, une reprise du clavier, un réglage de roue, une adaptation du coton, une amélioration de la réponse ou l’installation d’un élément particulier comme un capodastre ou une corde supplémentaire. Le résultat recherché doit être précisé : facilité de jeu, meilleure stabilité, timbre plus clair, présence accrue des bourdons ou compatibilité avec un ensemble. Le facteur écoute l’instrument dans son état réel et tient compte des habitudes de la personne qui le joue avant de modifier une pièce.

L’atelier propose également une flotte de vielles d’étude en location, avec des contrats adaptés à différentes durées. Cette solution permet de découvrir l’instrument sans choisir immédiatement une fabrication personnalisée. Elle peut accompagner les premiers cours, une période d’essai ou un projet musical temporaire. La vielle louée doit être suivie comme tout instrument : accord, coton, cordes, roue, clavier et rangement influencent son comportement. Les fournitures proposées par l’atelier comprennent notamment cordes, accordeurs, coton, colophane et étuis de transport. Ces accessoires facilitent les gestes réguliers qui prolongent la qualité de jeu.

La transmission occupe une place naturelle dans cette lutherie. Bernard Kerboeuf est joueur de vielle et sonneur de bombarde depuis l’adolescence ; Audren Kerboeuf est également joueur de vielle et percussionniste. Cette pratique musicale donne un point d’écoute concret pour comprendre les besoins d’un instrumentiste. Elle n’impose pas un style unique, mais aide à relier la fabrication aux situations de répétition, de concert, de bal ou de travail individuel. La diversité des modèles fabriqués permet de discuter de la vielle comme instrument traditionnel, objet de recherche, outil de création contemporaine ou compagnon d’apprentissage.

À Saint-Brieuc, Vielles Kerboeuf perpétue donc une facture de vielle à roue ouverte à plusieurs histoires musicales. Les vielles contemporaines, traditionnelles, médiévales et d’étude peuvent prendre une caisse ronde ou plate, recevoir des bois choisis, des marqueteries, des têtes sculptées ou une sonorisation. La fabrication, la restauration, la location, les fournitures et les réglages accompagnent les différents moments de la vie d’un instrument. Le travail de la caisse, de la roue, de l’axe, du clavier, des sautereaux, des cordes et du coton vise un équilibre précis entre solidité, toucher et timbre. L’atelier conserve ainsi un savoir-faire familial tout en laissant chaque vielle trouver sa forme, sa voix et son usage auprès d’un musicien.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Lutherie — Vielles Kerboeuf (site externe)

    Organisme : Vielles Kerboeuf

    Fait soutenu
    Les pages officielles présentent Vielles Kerboeuf, sa lutherie de vielles à roue depuis 1989, Bernard Kerboeuf, Audren Kerboeuf et Virginie Teutsch, la fabrication de vielles contemporaines, traditionnelles, médiévales et d’étude, la restauration, la location, les fournitures, les réglages, les réalisations et l’atelier actuel à Saint-Brieuc.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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