Atelier & professionnel

Vitrail Saint-Georges — atelier de vitrail à Saint-Genis-les-Ollières

Saint-Genis-les-Ollières

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Saint-Genis-les-Ollières, dans le Rhône, Vitrail Saint-Georges perpétue une histoire de la peinture sur verre et de la restauration qui remonte à 1852. L’atelier a été fondé à Lyon par Jean-Baptiste Barrelon, puis transmis à plusieurs générations de maîtres verriers lyonnais. Joël Mône reprend l’atelier en 1979 et développe une approche originale de la transparence, conçue pour donner aux vitraux une impression de profondeur et de relief tout en conservant le passage de la lumière. En 2010, Jean Mône, accompagné de sa sœur Cécile, reprend à son tour l’activité. Cette continuité familiale associe une mémoire technique ancienne à des projets contemporains d’architecture, de décoration et de création artistique.

Le vitrail ne se résume pas à l’assemblage de morceaux colorés. Une baie transforme la lumière d’un bâtiment, modifie les couleurs d’un intérieur et établit un lien avec l’extérieur. Le travail de l’atelier commence donc par l’observation du lieu : proportions de l’ouverture, orientation, profondeur de la maçonnerie, distance de regard et fonction de la pièce. Une verrière destinée à une chapelle ne répond pas aux mêmes contraintes qu’un décor installé dans un restaurant, un hôtel ou une habitation. La composition doit prendre en compte l’architecture existante et l’usage futur, sans dissocier la beauté de la solidité.

La création passe par le dessin, la maquette et le choix des verres. Un motif peut être figuratif, géométrique, abstrait ou inspiré d’une période historique. La maquette permet de répartir les masses, d’étudier les lignes et de prévoir les zones qui doivent rester transparentes ou devenir plus opaques. Les calibres servent ensuite à reporter les formes sur les feuilles de verre. La coupe demande une grande précision, car chaque fragment doit s’accorder avec les pièces voisines et avec la logique générale du panneau. Une différence de quelques millimètres peut modifier une courbe, déplacer un détail ou faire varier la tension de l’ensemble.

Les verres choisis peuvent être transparents, opalescents, texturés, colorés dans la masse ou enrichis par un décor peint. La texture diffuse la lumière et brouille les contours ; une surface plus régulière laisse circuler davantage le regard ; une teinte dense transforme l’atmosphère d’une pièce. La peinture sur verre et la grisaille ajoutent des traits, des ombres et des modelés qui sont ensuite fixés par cuisson. Le maître-verrier doit anticiper le rendu final, car la couleur vue à plat dans l’atelier ne se comporte pas de la même manière lorsqu’elle est traversée par la lumière naturelle.

La technique de la transparence développée par Joël Mône place cette relation entre profondeur et lumière au centre de la démarche. L’objectif n’est pas de fermer la surface avec une image opaque, mais de créer une perception en plusieurs plans. Les couleurs, les épaisseurs, les textures et les lignes peuvent donner un relief visuel tout en maintenant la clarté de la baie. Le regard se déplace dans la composition et découvre des effets différents selon sa position. Cette approche ouvre des possibilités pour les intérieurs qui recherchent un décor lumineux sans perdre la sensation d’espace.

Le vitrail au plomb reste un savoir-faire de construction autant qu’une technique de décor. Les pièces de verre sont serties dans des profilés qui suivent le dessin et structurent le panneau. Les intersections sont soudées, puis l’ensemble est contrôlé avant la pose. Les dimensions, le poids et le support déterminent les besoins en armatures et en protections. Pour une création installée dans une menuiserie, une cloison ou un châssis métallique, l’atelier doit prévoir les jeux, les fixations et les conditions de transport. Une œuvre réussie doit conserver son équilibre visuel sans négliger la sécurité du bâtiment et des personnes.

La restauration demande d’abord une connaissance historique. Un vitrail ancien peut avoir changé d’aspect à cause de la poussière, de l’humidité, des vibrations, d’une déformation du plomb ou d’interventions antérieures. Le restaurateur examine les verres, les grisailles, les peintures, les plombs, les soudures, les armatures et le support. Il cherche à distinguer ce qui appartient à la conception d’origine de ce qui résulte d’une réparation plus récente. Un nettoyage trop énergique ou un remplacement mal accordé pourrait effacer une information précieuse. La méthode doit donc préserver les matériaux et la lecture de l’œuvre tout en rétablissant sa stabilité.

La collaboration avec les laboratoires et les services des Monuments historiques accompagne cette exigence. Les analyses peuvent aider à comprendre un verre, une peinture ou une altération. Les choix de remplacement, de consolidation et de protection doivent être compatibles avec la valeur patrimoniale de l’édifice. Une intervention discrète ne signifie pas qu’elle est simple : elle demande d’identifier la bonne nuance, la bonne texture et le bon niveau de restitution. Le vitrailliste travaille avec la différence entre l’ancien et le neuf, en recherchant un ensemble cohérent sans fabriquer une imitation trompeuse.

La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon témoigne de cette expérience sur un monument majeur. Le dossier de la Direction régionale des affaires culturelles consacré à la restauration intérieure indique que Vitrail Saint-Georges a participé au chantier des vitraux entre 2012 et 2015. Dans une cathédrale, les panneaux sont liés à une architecture complexe, à une lumière variable et à une histoire longue. La dépose, la remise en état et la repose doivent être organisées avec les autres entreprises et avec la maîtrise d’œuvre. Le vitrail retrouve sa place dans le chœur ou le transept en tenant compte des protections, des armatures et de la lecture générale du monument.

L’atelier intervient également sur des projets de décoration et d’agencement intérieur. Un vitrail peut séparer deux espaces, filtrer une vue, accompagner une porte ou devenir un élément fort d’un décor. Le site de l’atelier cite des collaborations avec le restaurant Le Nord de Paul Bocuse, l’Hôtel Carlton, le Pub Le Flanigan’s et la Brasserie de Bondy. Dans ces environnements, le verre doit dialoguer avec le mobilier, les matières, les circulations et l’éclairage. La proposition peut privilégier une composition lumineuse, une identité graphique ou une présence plus discrète, selon la fonction du lieu.

La collaboration artistique élargit encore les possibilités. Un architecte, un décorateur, un artiste ou un commanditaire peut apporter une maquette, un thème ou une intention de couleur. Le rôle de l’atelier consiste alors à traduire cette idée dans une matière qui possède ses propres limites. Certaines formes nécessitent des coupes complexes, une peinture cuite ou un assemblage particulier. D’autres demandent d’étudier le reflet, la transparence et les ombres projetées. Le dialogue entre conception et mise en œuvre permet d’éviter qu’un dessin séduisant ne devienne irréalisable une fois confronté au verre, au plomb et au support.

La transmission est organisée au sein de l’Académie Vitrail Saint-Georges. Le Certificat de Formation Professionnelle du Vitrail prépare aux techniques nécessaires à l’examen du CAP Arts et Techniques du Verre, option vitrail. Les apprentissages portent sur le dessin, la technologie du verre, la coupe, le montage, la soudure et la compréhension d’un chantier. Un certificat complémentaire de gestion d’entreprise du vitrail aborde les compétences nécessaires à la création d’une activité. L’Institut pour les Savoir-Faire Français recense cette formation et son objectif d’accompagnement des futurs professionnels.

L’atelier propose aussi des approches de découverte autour du vitrail, du Tiffany, de la peinture sur verre et du fusing. Ces techniques ne mobilisent pas exactement les mêmes outils ni les mêmes modes d’assemblage. Le vitrail au plomb structure un panneau par des profilés ; le Tiffany utilise un ruban de cuivre ; le fusing repose sur la cuisson de verres assemblés ; la peinture sur verre travaille la surface et la cuisson. Comprendre ces différences permet de choisir une méthode adaptée à un projet, à son format et à l’effet lumineux recherché.

La présence d’une équipe formée et d’un lieu consacré au verre facilite le passage entre restauration, création et formation. Un panneau patrimonial demande une méthode de conservation ; une verrière décorative demande une réponse sur mesure ; un élève a besoin de répétition et d’un accompagnement progressif. Ces situations se rejoignent pourtant dans l’attention portée à la coupe, à la couleur, au support et à la lumière. Le savoir-faire se mesure autant à la précision d’un geste qu’à la capacité de comprendre le contexte dans lequel le vitrail prendra place.

À Saint-Genis-les-Ollières, Vitrail Saint-Georges fait ainsi dialoguer une histoire lyonnaise commencée au XIXe siècle avec une activité actuelle de création, de restauration et de transmission. La perspective de la transparence, les vitraux décoratifs, les collaborations d’aménagement et les chantiers patrimoniaux témoignent d’un même intérêt pour la lumière transformée par le verre. Les formations de l’Académie prolongent cette démarche en transmettant les bases techniques et professionnelles du métier. L’atelier inscrit le vitrail dans la durée, comme une œuvre d’architecture, un décor vivant et un savoir-faire qui se renouvelle par la pratique.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Vitrail Saint-Georges — création et restauration de vitraux (site externe)

    Organisme : Vitrail Saint-Georges

    Fait soutenu
    La présentation officielle décrit un atelier de vitrail créé à Lyon en 1852, aujourd’hui installé à Saint-Genis-les-Ollières, actif en restauration de monuments historiques, décoration, agencement intérieur et collaboration artistique, et indique les labels et agréments revendiqués par l’atelier.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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