À Saint-Quentin-la-Poterie, dans le Gard, Anouchka Monin développe Wenga Bois, un atelier d’ébénisterie d’art et de mobilier sur mesure. Elle conçoit des pièces uniques destinées aux lieux de vie comme aux espaces professionnels, avec une attention portée à l’association des bois et d’autres matières. Le bois massif peut ainsi dialoguer avec le métal, la résine époxy ou le valchromat. Cette combinaison permet de construire des meubles contemporains qui ne reposent pas sur une seule texture et dont l’expression dépend autant de la matière que de la fonction.
Le parcours d’Anouchka Monin s’est construit par la pratique. Elle découvre le bois en aménageant des vans et décide d’en faire son métier après cette expérience. Elle passe un CAP d’ébéniste, puis continue à apprendre au contact de l’atelier et des réalisations. Cette formation traditionnelle se prolonge par une recherche d’outils et de techniques modernes. L’ébénisterie reste donc attachée aux gestes de construction et de finition, tout en utilisant des moyens actuels pour étudier les volumes et préparer les projets.
La modélisation en trois dimensions intervient dans la conception. Elle permet de représenter un meuble avant sa fabrication, de mieux comprendre ses proportions et d’observer la relation entre ses différentes parties. Une vue en volume aide à réfléchir à la hauteur, à la profondeur, aux ouvertures, aux appuis et à la place de l’ouvrage dans son environnement. Cette préparation n’enlève pas sa part artisanale à la pièce : elle donne un support au dialogue et facilite les ajustements avant le passage à l’atelier. Le bois, les panneaux, le métal ou la résine sont ensuite réunis dans une construction réelle, avec leurs différences de poids, de toucher et de comportement.
Wenga Bois privilégie les pièces de mobilier uniques. Une réalisation sur mesure commence par un usage et un lieu. Une table doit laisser assez d’espace autour des personnes, un meuble de salon doit trouver son équilibre avec les assises et les circulations, tandis qu’une cuisine doit organiser les rangements et les gestes de préparation. Dans un espace professionnel, le mobilier peut contribuer à l’accueil, à la présentation des produits ou à l’identité visuelle du lieu. Les dimensions et les matières ne sont donc pas choisies indépendamment : elles sont liées à la manière dont l’objet sera utilisé et regardé.
La palette de projets présentée par l’atelier comprend des ensembles pour le salon, des tables, des meubles, une cuisine et des pièces d’exception. Plusieurs réalisations portent des noms propres, comme Zanami, Yali, Séléné, Kanumi, Azteca, Liv, Amka, Issa, Kök, Table Mei et Amaya. Ces appellations montrent la diversité des réponses sans les enfermer dans une collection industrielle. Un meuble portant un nom peut rester une création singulière, étudiée pour une composition, une pièce ou un besoin particulier. La présence d’un paravent DJ dans les pièces d’exception souligne également la capacité du mobilier à devenir un élément de décor et de séparation.
Le mélange du bois massif et du métal apporte une opposition entre la chaleur et le veinage d’un côté, la finesse ou la rigidité d’une structure de l’autre. Le métal peut soutenir un plateau, dessiner un piètement, encadrer une façade ou créer un détail visible. L’assemblage doit tenir compte des différences de dilatation et de la manière dont les matières se fixent. Les jonctions participent à la lecture du meuble : elles peuvent rester discrètes pour laisser les surfaces dominer ou devenir un motif qui affirme le caractère contemporain de l’ensemble.
La résine époxy ouvre un autre registre. Transparente, colorée ou utilisée comme élément de liaison, elle peut créer un contraste avec les fibres du bois et attirer le regard sur une fente, un bord ou une partie du plateau. Son emploi demande de réfléchir à l’épaisseur, au niveau de surface et à la protection de l’ouvrage. La résine ne transforme pas automatiquement une pièce en objet décoratif : son intérêt vient de la façon dont elle accompagne le dessin, révèle une matière et s’intègre à un usage quotidien. Elle peut devenir une zone lumineuse ou un accent visuel dans un meuble qui reste fonctionnel.
Le valchromat apporte encore une autre qualité. Ce matériau teinté dans la masse possède une couleur plus homogène que le bois naturel et peut souligner une découpe, un chant ou une géométrie. Associé à un bois massif, il crée un dialogue entre un veinage irrégulier et une surface régulière. Ce contraste convient à des meubles contemporains où la composition repose sur plusieurs plans et plusieurs tonalités. Le choix de la matière influence la façon dont une arête se lit, dont une porte se détache ou dont la lumière glisse sur une façade.
Le travail d’Anouchka Monin s’intéresse aussi aux associations de matières. Une combinaison réussie ne consiste pas à accumuler des éléments différents ; elle demande de leur donner une place claire. Le bois peut porter la structure ou la surface principale, le métal peut souligner la ligne et la résine peut introduire une transparence ou une couleur. Le valchromat peut former un intérieur, une façade ou un détail graphique. La modélisation en trois dimensions permet d’examiner ces rapports avant la fabrication, mais les essais de matière et le travail manuel restent nécessaires pour apprécier le toucher, les chants et les raccords.
Les meubles destinés au salon offrent une grande liberté de composition. Une table basse peut concentrer l’attention sur un plateau, un piètement ou une incrustation. Une console doit conserver une présence légère tout en restant stable. Un meuble de rangement peut organiser les objets et dissimuler certaines fonctions derrière des façades. Le dessin de la pièce dépend de la hauteur du regard, de la proximité des assises et de la lumière qui traverse le lieu. Une création unique permet d’adapter les proportions à l’intérieur au lieu de laisser l’espace s’ajuster à une dimension standard.
La cuisine constitue un projet plus technique. Les meubles sont sollicités par l’humidité, les variations de température, les ouvertures répétées et les usages nombreux. Les surfaces doivent être agréables à entretenir et les rangements accessibles. Les zones de préparation, de cuisson et de circulation doivent trouver une organisation cohérente. Une cuisine sur mesure peut aussi exprimer une identité par le choix des façades, des poignées, des plans et des contrastes entre les matériaux. Le travail de l’ébéniste relie alors la précision de la construction à une vision d’ensemble de la pièce.
Les espaces professionnels appellent d’autres réponses. Un commerce, un restaurant, un cabinet ou un bureau peut avoir besoin de meubles qui organisent l’accueil et les déplacements tout en donnant une image reconnaissable. Un présentoir doit mettre un objet en valeur sans gêner sa prise en main. Un comptoir doit résister à une utilisation répétée et permettre au personnel de travailler confortablement. Un paravent peut séparer deux zones, créer une profondeur ou devenir un repère visuel. Les matériaux contemporains servent ces usages lorsqu’ils sont choisis en fonction de la résistance, de la maintenance et de la manière dont le public les perçoit.
La recherche de formes originales reste liée à la durabilité d’un meuble. Une pièce pensée pour durer doit pouvoir être utilisée, entretenue et regardée au fil des années. Les choix de construction influencent sa solidité, mais l’intemporalité dépend aussi de la relation entre les proportions, les matières et la fonction. Une association très marquée peut rester équilibrée si chaque élément a une raison d’être. Le bois apporte une présence qui évolue avec la lumière et le temps ; le métal, la résine ou le valchromat ajoutent d’autres surfaces, mais ne doivent pas empêcher le meuble de rester lisible.
Le travail sur mesure suppose un échange précis avec la personne ou l’équipe qui porte le projet. Les dimensions du lieu, les objets à intégrer, les habitudes, les circulations et les attentes esthétiques doivent être réunis pour guider la conception. Une photographie, un croquis ou une idée peuvent servir de point de départ, puis la modélisation aide à transformer cette intention en volume. La discussion porte sur les matières, les ouvertures, les assemblages, les finitions et les détails d’usage. Cette progression donne à la pièce une cohérence avant même le début de la fabrication.
La pratique autodidacte d’Anouchka Monin ne signifie pas une absence de méthode. Elle s’appuie sur un CAP d’ébéniste, une expérience acquise par la réalisation et une formation traditionnelle prolongée par l’apprentissage d’outils modernes. La recherche permanente peut concerner une technique, une matière, un logiciel ou une manière différente de résoudre un détail. Le meuble contemporain se construit ainsi à la rencontre de plusieurs compétences : lecture du bois, dessin des volumes, choix des matériaux, précision de l’assemblage et qualité de la finition.
À Saint-Quentin-la-Poterie, Wenga Bois réunit l’ébénisterie d’art, le mobilier sur mesure et l’agencement contemporain. Anouchka Monin imagine des pièces uniques pour les maisons et les espaces professionnels, en associant le bois massif au métal, à la résine époxy et au valchromat. Les projets sont étudiés en trois dimensions puis réalisés à l’atelier, avec des réponses qui vont de la table basse au meuble de salon, de la cuisine au paravent et aux pièces d’exception. L’atelier affirme ainsi une voie personnelle où la tradition de construction du meuble sert une création actuelle, fonctionnelle et attentive aux rencontres entre les matières.