Atelier & professionnel

Atelier Anne Hoguet — éventailliste et restauration d’éventails à Paris

Île-de-France

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Paris, l’Atelier Anne Hoguet fait vivre un savoir-faire d’éventailliste transmis sur quatre générations. L’histoire familiale remonte à 1876, lorsque Joseph Hoguet Duroyaume crée à Sainte-Geneviève, dans l’Oise, un atelier consacré aux montures d’éventails. La famille travaille alors la nacre, l’écaille, l’os, la corne et les bois précieux, en façonnant, sculptant, ajourant, guillochant, gravant et incrustant les pièces. L’activité évolue ensuite avec Marius Hoguet, puis avec Hervé Hoguet, qui réunit les compétences du tabletier et de l’éventailliste après l’acquisition du fonds de la maison Kees à Paris. Cette continuité explique la présence actuelle d’un atelier et d’un musée dédiés à un objet à la fois accessoire de mode, support décoratif et pièce de collection.

Anne Hoguet est nommée Maître d’art en 1994. Dans son atelier parisien, elle confectionne des éventails pour l’opéra, le théâtre, le cinéma et la haute couture, et restaure des éventails pour des clients situés dans toute la France. Un éventail demande la coordination de nombreuses matières et de plusieurs gestes. La monture doit rester régulière et équilibrée ; les brins, les panaches et les rivures permettent l’ouverture et la fermeture ; la feuille reçoit parfois une peinture, une dentelle, des paillettes, des plumes ou un décor imprimé. La restauration commence par l’identification de ces éléments et par l’observation de leurs relations, car une faiblesse localisée peut se transmettre à toute la structure lorsqu’elle est manipulée.

La fabrication d’une monture appartient à l’histoire de la tabletterie. Les éléments sont découpés, amincis et ajustés pour former un ensemble qui s’ouvre sans contrainte excessive. Une matière comme la nacre peut être travaillée pour sa couleur, sa translucidité et son éclat ; un bois précieux apporte une autre sensation au toucher et une autre résistance. Le guillochage et la gravure ajoutent un rythme de lignes, tandis que l’ajourage crée des espaces qui allègent la pièce. Les incrustations et les détails métalliques demandent une précision supplémentaire, car ils modifient le poids et la manière dont la lumière se pose sur la monture.

L’éventailliste parisien intervient aussi sur la feuille, partie haute qui habille la monture. Selon les époques et les commandes, cette feuille peut être peinte, imprimée, brodée ou ornée de dentelle et de paillettes. Elle doit rester suffisamment souple pour accompagner le mouvement des brins, mais assez solide pour supporter les ouvertures répétées. Une déchirure, un pli marqué ou un décollement ne se traite pas de la même manière selon la fibre et la technique employée. L’examen de la feuille aide à choisir une consolidation discrète, une remise en tension ou une intervention plus étendue, tout en conservant les motifs et les nuances qui font son caractère.

La réparation d’un éventail ancien exige une grande prudence. Le site de l’atelier rappelle que l’objet est fragile et que certains matériaux sont protégés ou ont disparu. Avant d’ajouter une pièce ou de remplacer un élément, il faut donc comprendre ce qui subsiste, repérer les assemblages et déterminer la meilleure manière de limiter les manipulations. Une rivure desserrée, un brin fendu, une feuille déformée ou une monture voilée peuvent avoir des causes différentes. L’intervention cherche à rétablir un fonctionnement et une présentation cohérents sans transformer l’éventail en objet neuf. La matière originale et les marques de son parcours restent au centre du diagnostic.

La conservation préventive est une partie essentielle du soin. L’atelier recommande de protéger l’éventail de la lumière, de la poussière et de la sécheresse. Une exposition prolongée au soleil peut modifier les pigments et fragiliser certains papiers ou textiles ; une atmosphère trop sèche peut accentuer les tensions et les cassures. La poussière s’accumule dans les plis et les décors et rend les nettoyages plus risqués. Pour une pièce de famille ou de collection, un support adapté et une manipulation limitée peuvent prolonger la durée de vie de la monture comme de la feuille. Les conditions de présentation sont donc discutées avec la restauration, plutôt que traitées après coup.

L’expertise aide à identifier les caractéristiques et le temps d’origine d’un éventail. La forme des brins, la matière de la monture, le type de feuille, la technique décorative et l’état de conservation fournissent des indices. L’objet peut avoir été conçu pour la toilette, pour un costume de scène, pour une cérémonie ou comme pièce décorative. Les thèmes peints, les inscriptions et les ornements peuvent également orienter l’étude. L’atelier accompagne le propriétaire dans la compréhension de ces éléments et conseille les étapes de restauration ou de préservation. Une photographie peut préparer le premier contact, mais la manipulation et l’observation directe restent nécessaires pour confirmer les matériaux et les fragilités.

La création actuelle s’inscrit dans une histoire de la mode. L’éventail accompagne les silhouettes et les usages avant de connaître un renouveau avec le New Look de Christian Dior en 1947, puis avec l’intérêt de créateurs comme Karl Lagerfeld. L’Atelier Anne Hoguet met ce savoir-faire au service de la haute couture, des costumes d’opéra, des productions théâtrales et du cinéma. Une commande de scène peut demander un format particulier, une couleur, une résistance supérieure ou une relation précise avec un costume. Une pièce destinée à un défilé ne se prépare pas comme un éventail de collection : le mouvement, la visibilité et la répétition des gestes entrent dans la conception.

La transmission ne passe pas uniquement par la fabrication. Anne Hoguet partage son expérience lors de conférences consacrées à l’histoire de l’éventail, à la fabrication des montures et aux modes et thèmes qui ont marqué l’objet. Certaines rencontres sont accompagnées d’un bref atelier et durent au minimum une demi-journée. Le public peut ainsi comprendre la succession des métiers nécessaires à la réalisation d’un éventail, la différence entre tabletterie et montage de feuille, et les raisons de la fragilité de certaines pièces. Cette médiation complète le rôle du musée et contribue à maintenir un vocabulaire technique vivant.

L’atelier et le musée ont aussi présenté leur savoir-faire hors les murs, dans des expositions et des collaborations avec des institutions culturelles. Les projets cités par l’atelier concernent notamment des expositions à Paris, Amboise, Caudry, Lunéville, Zurich et Versailles, ainsi que des présentations liées à la haute couture et aux accessoires. Ces expériences montrent combien l’éventail peut dialoguer avec la peinture, la dentelle, la plume, le costume et les arts décoratifs. À Paris, l’Atelier Anne Hoguet associe ainsi création, réparation, expertise, conférences et conservation, autour d’un objet dont chaque pli révèle une partie de l’histoire des métiers d’art.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Atelier Anne Hoguet — Éventails (site externe)

    Organisme : Atelier Anne Hoguet

    Fait soutenu
    Le site officiel présente l’histoire familiale depuis 1876, la transmission sur quatre générations, l’atelier et le musée à Paris, le titre de Maître d’art d’Anne Hoguet, la création d’éventails pour l’opéra, le théâtre, le cinéma et la haute couture, la restauration et l’expertise, les conseils de conservation, les conférences et les expositions hors les murs.
    Consultée le
    10 septembre 2026

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction