À Loix, sur l’île de Ré, l’Atelier Quillet réunit restauration de documents, reliure, dorure et encadrement dans un lieu consacré au livre et au papier. Créée en 1987 par Lionel Quillet, l’entreprise est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2007. L’équipe intervient pour des fonds patrimoniaux, des musées, des bibliothèques, des archives et des particuliers. Livres anciens, affiches, cartes, gravures, plans, parchemins et registres sont étudiés selon leur matière et leur usage.
La diversité des supports est l’une des caractéristiques de l’atelier. Un papier vergé, un calque, un parchemin, un cuir ou un document imprimé ne réagit pas de la même manière à l’humidité, au nettoyage ou à la mise à plat. Les techniciens observent la structure et la surface avant de choisir un traitement. Les cahiers d’un ouvrage de bibliothèque peuvent demander une couture, tandis qu’une affiche ou une carte sera plutôt consolidée sur un support adapté. Le protocole est ajusté à la typologie et à l’état réel de la pièce.
Le nettoyage et le dépoussiérage constituent la première étape annoncée pour de nombreuses restaurations. Une gomme non abrasive peut retirer les salissures superficielles du papier, tandis qu’une brosse adaptée enlève les particules retenues dans les plis et les tranches. Cette opération prépare la suite du traitement et permet de mieux repérer les déchirures, les lacunes et les inscriptions. Le niveau de nettoyage dépend de la stabilité des encres, des pigments et de la fibre. Une surface fragile ne doit pas être frottée comme un document courant.
La restauration du corps d’ouvrage vise les feuillets et leur cohésion. Selon l’état du papier, un feuillet peut être doublé localement ou en plein, et les parties lacunaires peuvent être comblées. Le papier japonais est choisi pour sa finesse et sa résistance, tandis que les adhésifs d’amidon sont utilisés avec une logique de réversibilité. Les réparations restent limitées aux zones nécessaires pour soutenir le document. La lecture, l’ordre des pages et les traces d’usage sont préservés autant que possible.
La couture est réalisée à la main selon l’époque et la structure du volume. Une couture sur nerfs, sur ficelles ou sur ruban ne produit pas la même ouverture ni la même répartition des tensions. Le choix dépend du type de cahiers, du poids du livre et de la façon dont il sera consulté. Une couture correctement réglée évite que les feuillets se détachent et permet au volume de s’ouvrir sans forcer. Les fils de lin sont retenus parmi les matériaux naturels employés par l’atelier.
Après la restauration du papier et la couture, la reliure peut être réalisée selon la méthode d’origine ou selon une solution nouvelle définie avec le propriétaire. Pleine toile, plein cuir, demi-cuir, papier marbré et parchemin sont proposés comme matériaux de couvrure. La couleur, la texture et la résistance sont comparées à la nature du livre. Une reliure personnalisée peut recevoir une pièce de titre ou un décor, tandis qu’une reliure de conservation privilégie la stabilité et la lisibilité.
La restauration de reliure concerne les coiffes, les coins, les plats et les lacunes de cuir. L’atelier conserve les éléments qui peuvent être maintenus et choisit des compléments compatibles avec les matériaux existants. Un coin manquant peut être comblé, un plat consolidé et une coiffe reprise afin de protéger les cahiers. La retouche est dosée pour rendre l’intervention discrète sans faire passer un ajout neuf pour une partie ancienne. Le résultat est observé à la distance de lecture habituelle et de près.
La dorure est réalisée manuellement au fer à dorer, directement sur la reliure ou sur une pièce de cuir. Le titre, la date ou un motif sont positionnés selon la composition du dos et des plats. La pression, la température et le temps de contact doivent être maîtrisés pour obtenir une empreinte nette. Une dorure peut identifier un registre, accompagner un décor ou rendre un volume plus facile à classer. Les choix sont adaptés au caractère et à l’époque de l’ouvrage.
Les documents à plat, comme les affiches, les cartes et les gravures, peuvent recevoir un entoilage ou un doublage au papier japonais. Après le dépoussiérage, le gommage et la mise à plat, un nettoyage à l’humide peut être envisagé si les encres sont stables. Le support est ensuite consolidé pour limiter les déchirures et les déformations. Des rehauts de couleur sont possibles selon l’état du document, mais ils restent distincts de la matière originale. Le conditionnement protège ensuite la feuille pendant le rangement.
La restauration de parchemin demande une humidification contrôlée et une mise à plat sous tension. Le parchemin réagit fortement aux variations d’humidité, ce qui peut provoquer des ondulations ou des tensions sur les attaches. L’atelier indique pratiquer le gommage, le dépoussiérage, l’humidification en chambre humide, le comblement et le doublage des lacunes ou des déchirures avec du papier japonais ou du parchemin. La protection finale doit maintenir la pièce sans la contraindre.
L’encadrement sur mesure complète les activités de reliure et de restauration. Un cadre est choisi pour protéger et présenter une affiche, une gravure, une photographie ou un tableau. Les matériaux et les finitions sont étudiés selon le format, la lumière et le lieu d’exposition. Un verre adapté, un passe-partout et un support neutre peuvent limiter les contacts avec l’œuvre. La construction doit rester démontable afin de permettre un contrôle et un entretien ultérieurs.
Les particuliers peuvent confier un livre de famille, une affiche, une gravure ou un manuscrit. Les institutions peuvent demander une campagne sur des registres, des plans, des matrices ou des collections iconographiques. L’atelier indique assurer le transport des commandes jusqu’à Loix pour les institutions, avec une attention portée à la sécurité et à la confidentialité des documents. Un inventaire, des photographies et des indications sur l’usage facilitent la préparation d’un devis et d’un calendrier.
La librairie et la galerie de l’Atelier Quillet permettent aussi de découvrir des livres anciens, des éditions rares, des bandes dessinées, des affiches, des cartes et des gravures. Les ouvrages sont nettoyés et restaurés avant leur mise en rayon lorsque leur état le demande. Des visites guidées présentent les métiers de la restauration et de la conservation. Les dates, la durée, la réservation et les conditions d’accueil évoluent ; elles doivent être confirmées directement auprès de l’établissement.
À Loix, l’Atelier Quillet associe restauration du corps d’ouvrage, couture, reliure, dorure, restauration de reliures, traitement des documents à plat, restauration de parchemins, encadrement sur mesure et conditionnement. Créé en 1987 et labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, il travaille pour les collections publiques et privées. Le respect de la neutralité des matériaux, la réversibilité des colles et la précision du geste permettent de prolonger la vie des documents tout en conservant leur histoire.