À Frangy, en Haute-Savoie, l’Atelier Alban Chassagne conçoit et fabrique du mobilier et des agencements sur mesure pour les particuliers et les professionnels. L’ébéniste travaille à partir d’un intérieur, d’une atmosphère et d’un usage afin de créer des pièces qui s’accordent avec leur environnement. Un meuble n’est pas étudié comme un élément isolé : ses proportions, sa matière, sa lumière, ses rangements et sa relation avec la circulation participent tous à la composition d’un espace. Le bois constitue la base de cette démarche, mais il peut être associé au métal, au papier, à la pierre ou à la terre.
L’atelier intervient sur des projets très différents : meubles, tables, bibliothèques, cuisines, dressings, luminaires, escaliers, chambres, salles de bains, pièces entières ou aménagements destinés à un commerce, un restaurant, un hôtel ou un bureau. Cette diversité ne transforme pas son travail en production standardisée. Chaque réalisation commence par une situation particulière, avec des dimensions, une lumière et des habitudes qui lui sont propres. Un meuble suspendu ne répond pas aux mêmes contraintes qu’une cuisine familiale, et une pièce de mobilier destinée à un hall professionnel ne se regarde pas comme une table utilisée chaque jour.
La conception s’appuie sur des échanges, des croquis, des images de référence et des échantillons. Ces supports permettent de parler des volumes, des couleurs, des textures et des matières avant la fabrication. Une personne peut exprimer une envie de sobriété, de chaleur, de légèreté ou de contraste ; l’ébéniste traduit cette intention en choix concrets. La hauteur d’un plateau, la profondeur d’un rangement, le dessin d’une façade ou la manière dont une porte s’ouvre ont autant d’incidence sur l’usage que sur l’apparence. Le projet se précise progressivement pour rester fidèle à l’intérieur et à la personnalité de celles et ceux qui vont l’habiter.
La lumière naturelle et la lumière artificielle sont prises en compte dans l’étude. Elles révèlent le grain du bois, soulignent une texture, modifient la perception d’un angle ou donnent une autre présence à un luminaire. Une façade mate ne réagit pas comme une surface polie ; un panneau sculpté ne se lit pas de la même manière selon l’orientation de l’éclairage. Le mobilier peut alors contribuer à l’atmosphère générale d’une pièce, en accompagnant une fenêtre, en créant une zone plus intime ou en organisant la circulation autour d’un point lumineux.
Le bois est choisi pour sa diversité de textures, de teintes et de comportements. L’atelier privilégie les essences locales lorsque le projet le permet, afin de limiter les transformations, les transports et le recours aux peintures ou aux vernis. Le bois peut rester très lisible, recevoir une huile ou un vernis mat, être travaillé par des reliefs ou dialoguer avec une autre matière. Le choix dépend de la fonction du meuble, du contact attendu, de l’exposition à la lumière et de la relation recherchée avec les éléments déjà présents.
L’Atelier Alban Chassagne explore aussi les matériaux nobles, locaux ou recyclés. Le métal peut alléger visuellement une structure ou créer une liaison nette entre plusieurs parties. Le papier peut introduire une surface plus souple et un décor qui capte différemment la lumière. La pierre apporte un poids, une minéralité et un toucher particuliers. La terre peut intervenir dans un aménagement ou dans une finition. Mélanger ces matières demande de réfléchir à leurs épaisseurs, à leurs mouvements et à leurs assemblages, mais aussi à la manière dont elles vont vieillir ensemble.
La fabrication commence dans l’imaginaire et se poursuit par le dessin. Alban Chassagne explique aimer imaginer une pièce, en tracer les lignes, choisir les éléments qui la composent, puis les travailler jusqu’à leur première mise en place. Scier, assembler, poncer, égrener, polir et observer sont autant d’étapes qui transforment une idée en meuble. Le bois conserve les marques de son fil et de ses variations, tandis que les assemblages donnent à la pièce sa stabilité. La finition ne cherche pas à effacer la matière, mais à la révéler et à l’accorder avec l’usage.
La photographie occupe une place particulière dans son regard. Formé à l’E.N.S. Louis-Lumière en 2010, Alban Chassagne aborde les intérieurs avec une attention portée à l’image, au cadrage et à la lumière. Cette perspective se retrouve dans la manière d’équilibrer une façade, de construire un rythme ou de laisser un espace respirer autour d’un meuble. Une composition réussie ne dépend pas uniquement de la richesse des détails. Elle doit aussi conserver une lecture claire depuis la porte, depuis une assise ou depuis le passage quotidien.
Le mobilier de cuisine illustre cette rencontre entre usage et présence. Une cuisine sur mesure doit accueillir des gestes répétés, organiser les appareils, les ustensiles et les provisions, mais elle peut aussi devenir le cœur d’un espace de vie. L’atelier a réalisé un ensemble où le châtaignier, le marbre, l’acier, le cèdre et l’épicéa se répondent. Les dimensions, les poids, les surfaces et les finitions sont étudiés pour que la pièce reste fonctionnelle tout en gardant une identité forte. La matérialité de chaque élément accompagne les repas, les échanges et les moments ordinaires.
Le travail de bureau demande une autre précision. Un plateau doit trouver sa place dans une pièce, offrir une surface confortable et s’accorder avec la structure qui le soutient. Dans un projet de bureau en mezzanine, le châtaignier a été conservé en un seul morceau pour mettre en valeur sa présence, tandis qu’un pied fin donne une impression de légèreté. Des appliques intégrées dans un mur en terre crue participent également au caractère du lieu. Le mobilier ne se contente donc pas de remplir une fonction : il s’inscrit dans une architecture et accompagne la façon dont on y travaille.
Les meubles de rangement sont conçus autour de ce qui doit être conservé et de ce qui peut rester visible. Un dressing, une bibliothèque ou une console suspendue peut dissimuler certains objets, accueillir des éléments décoratifs et dégager le sol. Des façades en noyer, des baguettes façonnées à la main, du laiton brossé, de la marqueterie de paille ou un tissu peuvent créer des contrastes sans rompre l’unité de l’ensemble. Les poignées, les ouvertures et les jeux d’ombre deviennent des détails d’usage autant que des signes décoratifs.
Les assemblages traditionnels et les finitions manuelles donnent au meuble sa cohérence dans le temps. Une queue d’aronde visible dans un tiroir, une jonction précise entre deux panneaux ou un bord adouci changent la relation à l’objet. Le toucher révèle alors la différence entre une surface travaillée et un revêtement simplement posé. Le ponçage prépare le bois, l’huile ou le vernis accompagnent sa couleur et le cirage peut apporter une profondeur supplémentaire. Le choix de la finition doit rester compatible avec l’entretien et avec la fréquence d’utilisation de la pièce.
Les luminaires sont étudiés comme des objets d’éclairage et comme des éléments de mobilier. Leur forme doit accueillir la lumière, orienter les ombres et trouver une proportion adaptée au plafond, à une table ou à un mur. Une suspension peut devenir le centre visuel d’une salle à manger ; une lampe plus discrète peut accompagner une console ou un coin lecture. Le bois offre une matière chaleureuse, tandis que le métal ou le papier peuvent modifier la diffusion. Le dessin, le câblage, la stabilité et la maintenance doivent être pensés ensemble pour que la pièce reste belle et pratique.
L’atelier réalise également des projets pour des architectes et des designers. La collaboration peut concerner une fabrication précise, une mise en œuvre, un agencement ou une pièce produite en petite série. Le rôle de l’ébéniste consiste alors à traduire un dessin en matière et à trouver les solutions d’assemblage adaptées. Un projet professionnel peut demander une répétition régulière, une résistance particulière ou une installation dans un espace très fréquenté. Les contraintes de fabrication ne sont pas séparées de l’esthétique : elles participent à la fiabilité et à la qualité de l’ouvrage.
La démarche accorde une place à l’expérimentation. Le bois, les métaux, la pierre, le papier et la terre n’offrent pas les mêmes possibilités. Chercher comment les assembler, tester une texture, reprendre une technique ou modifier une finition permet d’affiner le résultat. L’atelier considère la technique comme un moyen au service de l’esthétique, et non comme une fin autonome. Les essais peuvent faire apparaître une solution plus simple, un détail plus juste ou une manière de mieux laisser respirer la matière.
Cette recherche se retrouve dans des réalisations très différentes, de la table basse en chêne et acier à la console en noyer et laiton, du dressing habillé de marqueterie de paille à la cuisine en matériaux multiples. Chaque projet conserve une relation avec l’architecture et avec les personnes qui l’utiliseront. Un meuble peut être conçu pour accompagner un appartement, une maison bioclimatique, un espace professionnel ou un lieu d’accueil. Le niveau de détail varie, mais la même attention revient dans les proportions, les textures, les assemblages et la lumière.
À Frangy, l’Atelier Alban Chassagne développe une ébénisterie tournée vers les espaces singuliers. Le bois y est façonné pour devenir mobilier, agencement, luminaire ou élément architectural, puis associé si nécessaire à des matières locales, recyclées ou choisies pour leur qualité visuelle. Les croquis, images et échantillons permettent de construire un projet sur mesure ; le travail manuel transforme ensuite les panneaux, les pièces et les assemblages en une réalisation cohérente. La photographie, le design intérieur et l’artisanat se rencontrent dans une approche qui cherche la sobriété, la simplicité et la présence des matières.
L’Atelier Alban Chassagne propose ainsi de créer des intérieurs qui ne ressemblent pas à des décors interchangeables. Une cuisine peut devenir un lieu de partage, une bibliothèque peut organiser une pièce, un luminaire peut modifier une atmosphère et une table peut réunir plusieurs textures autour d’un usage quotidien. Le bois garde son grain, le métal apporte une ligne, la pierre donne du poids, le papier adoucit une surface et la terre introduit une profondeur minérale. À Frangy, Alban Chassagne relie conception, fabrication et mise en œuvre pour donner aux meubles et aux espaces une identité durable.