Atelier & professionnel

Atelier CoRéum, conservation-restauration de mobilier et objets d’art à Pluméliau-Bieuzy

Pluméliau-Bieuzy

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Pluméliau-Bieuzy, dans le Morbihan, l’Atelier CoRéum réunit plusieurs savoir-faire pour la conservation et la restauration du patrimoine mobilier. L’équipe intervient sur des meubles, des retables, des statues, des décors polychromes, des éléments sculptés et des objets d’art, en associant menuiserie d’art, ébénisterie, sculpture, dorure, polychromie et étude préalable. Cette organisation permet de traiter une œuvre dans sa globalité : comprendre son état, protéger ses matériaux, intervenir sur sa structure, restituer certains volumes et reprendre les décors lorsque cela est nécessaire.

Une histoire d’atelier et de transmission

L’histoire de CoRéum commence en 1986, lorsque Gilbert Le Goël crée un atelier spécialisé dans la conservation-restauration du mobilier et des objets d’art. En 2009, il transmet l’entreprise à ses collaborateurs, qui créent l’Atelier CoRéum. Cette continuité explique la place accordée à la transmission des gestes, à l’expérience collective et à la complémentarité des métiers. L’atelier travaille aujourd’hui avec une équipe d’une dizaine de techniciens qualifiés et expérimentés.

L’activité s’adresse à des institutions culturelles, à des communes, à des architectes, à des conservateurs, à des propriétaires et à des collectionneurs. Les interventions peuvent concerner un meuble isolé, un ensemble de boiseries, une statue ou un décor lié à un édifice civil ou religieux. Le périmètre d’action s’étend dans le Grand Ouest, avec des travaux conduits sur des objets et des ensembles patrimoniaux de différentes dimensions.

Le travail en équipe ne signifie pas que les compétences sont interchangeables. La menuiserie d’art s’intéresse au bâti, aux assemblages et aux éléments en bois. La sculpture intervient sur les volumes, les motifs et les parties manquantes. La polychromie et la dorure prennent en charge les surfaces peintes ou métalliques. Le bureau d’études rassemble les observations et prépare les choix d’intervention. Cette répartition permet de faire dialoguer les spécialités autour d’un même objet.

Le bureau d’études avant les travaux

Une restauration commence par l’observation de l’œuvre et de son environnement. Le bureau d’études de CoRéum réalise des études préalables à la restauration du mobilier, sous la direction de conservateurs des Monuments historiques, de conservateurs des antiquités et objets d’art ou d’architectes du patrimoine. L’objectif est de rassembler les informations nécessaires avant le chantier : nature des matériaux, état de conservation, altérations visibles, interventions antérieures, contraintes de manipulation et conditions de présentation.

Le diagnostic aide à distinguer ce qui relève de la structure, du décor et de l’environnement. Une statue en bois polychrome peut présenter des fentes, des soulèvements de couche picturale, des attaques d’insectes ou des manques de volume. Un retable peut avoir des assemblages fragilisés, des éléments déplacés et des zones où la polychromie a disparu. Un meuble peut cumuler déformations du bois, lacunes, encrassement, reprises anciennes et problèmes de stabilité. Chaque altération demande une réponse adaptée.

L’étude prend aussi en compte la manière dont l’objet sera manipulé, exposé ou conservé après l’intervention. Pour un chantier dans un édifice, la protection du mobilier peut être nécessaire avant des travaux de gros œuvre. CoRéum intervient alors pour conditionner et sécuriser les objets d’art, avec des précautions adaptées à leur fragilité, à leur volume et à la durée du chantier. Cette assistance technique évite qu’une œuvre soit exposée à des chocs, à la poussière ou à des déplacements mal préparés.

Menuiserie et ébénisterie d’art

Le pôle de menuiserie rassemble des menuisiers, des ébénistes et des sculpteurs qui interviennent sur différents types de mobiliers et d’objets en bois. Les assemblages anciens doivent être compris avant d’être démontés. Tenons, mortaises, chevilles, panneaux et traverses ont été conçus pour accompagner les mouvements du bois. Une consolidation trop rigide pourrait créer de nouvelles tensions ; une réparation insuffisante laisserait la structure vulnérable.

Les travaux peuvent porter sur la restauration d’un meuble, d’un élément architectural ou d’une boiserie. Il faut parfois déposer certaines parties, repérer les pièces, nettoyer les surfaces, refaire un élément disparu et remonter l’ensemble. La fabrication d’après copie et la réalisation de mobiliers ou d’éléments de menuiserie selon une commande spécifique complètent l’activité de restauration. Dans ce cas, le projet part d’un modèle existant ou d’un besoin précis et s’appuie sur la connaissance des constructions traditionnelles.

Le bois peut être massif, plaqué ou sculpté. Son état dépend de son essence, de son âge, des conditions de conservation et des interventions qu’il a déjà subies. La restauration d’un meuble ne se réduit donc pas à un ponçage ou à une nouvelle finition. Les surfaces doivent rester liées à la structure, aux décors et aux usages de l’objet. Une partie de la matière ancienne peut être conservée tandis qu’une greffe ou un complément redonne à l’ensemble sa stabilité et sa lisibilité.

Sculpture sur bois, plâtre et pierre

Le pôle sculpture intervient sur des éléments sculptés, des ornements et de la statuaire en ronde-bosse. Le bois permet de reprendre un volume ou de compléter un motif, tandis que le plâtre appelle une méthode liée à ses armatures et à sa fragilité. CoRéum assure la restauration de statues en plâtre depuis le traitement des armatures corrodées jusqu’à la sculpture des parties cassées. La prise d’empreinte et le moulage de certaines pièces peuvent également permettre de préparer un tirage en plâtre.

Une statue en bois peut nécessiter un nettoyage, un traitement insecticide et fongicide, une consolidation du matériau, un complément de volumes et une remise en polychromie. La succession de ces opérations doit respecter l’ordre de construction de l’œuvre. Il est difficile de reprendre une couleur avant d’avoir stabilisé le support ou de sculpter un manque sans avoir compris la forme d’origine. Le volume restitué doit s’intégrer à l’ensemble sans produire un motif arbitraire.

La pierre présente d’autres facteurs d’altération. Dans le cas du tuffeau polychrome, la migration de l’humidité et les efflorescences de sels solubles peuvent modifier la surface et fragiliser les décors. Les retables de type lavallois et les sculptures de calvaire demandent donc une observation de la pierre, de la polychromie et de l’environnement dans lequel l’œuvre se trouve. Le travail peut associer nettoyage, consolidation, sculpture de complément et traitement des couleurs selon les résultats de l’étude.

Polychromie et dorure

Les décors polychromes et dorés sont présents sur la statuaire en bois, en pierre ou en plâtre, mais aussi sur les retables, les plafonds peints, les meubles et les boiseries. Une surface peinte peut avoir été recouverte par plusieurs couches, partiellement nettoyée ou altérée par l’humidité. La conservation-restauration cherche à préserver les témoins existants et à rendre l’ensemble lisible, sans transformer le décor en surface neuve.

La dorure à la feuille demande une préparation régulière du support et une maîtrise du rapport entre la lumière, la matière et l’architecture. Elle peut concerner un élément de patrimoine extérieur, une inscription, une statue ou un détail d’ornementation. Sur un monument aux morts, par exemple, le nettoyage, la mise en peinture et la remise en dorure des inscriptions n’ont pas le même rôle que la dorure d’un épi de faîtage. Le choix des gestes dépend de la matière, de la place de l’objet et de son exposition.

Les travaux sur le patrimoine extérieur associent souvent nettoyage, réintégration picturale et dorure. Une plaque commémorative peut présenter des inscriptions gravées dont la lecture a diminué avec le temps. Un calvaire en bois et métal peut nécessiter une reprise de polychromie et de dorure. Les traitements sont conduits pour retrouver une lecture équilibrée tout en tenant compte des matériaux exposés aux intempéries.

Des méthodes traditionnelles et des outils techniques

CoRéum associe des savoir-faire traditionnels à des techniques plus récentes. Le traitement insecticide par anoxie permet de traiter des objets infestés dans un environnement privé d’oxygène. Cette méthode s’inscrit dans un ensemble de précautions visant à préserver les matériaux et à éviter la propagation des insectes xylophages. La radiographie des objets peut compléter l’observation en révélant des éléments internes, des assemblages ou des zones qui ne sont pas visibles directement.

L’emploi d’un outil technique reste lié à une question précise. Une radiographie peut aider à comprendre la construction d’une statue ou d’un meuble, tandis qu’une étude stratigraphique peut renseigner sur les différentes couches de polychromie d’un retable. L’observation des matériaux guide ensuite le choix des produits, des consolidations et des restitutions. La technique ne remplace pas les gestes de l’artisan ; elle apporte des informations qui rendent ces gestes plus sûrs et plus mesurés.

La combinaison des spécialités est particulièrement utile sur les œuvres complexes. Un retable associe menuiserie, sculpture, polychromie, dorure et parfois éléments métalliques. Une statue peut présenter un support en bois ou en pierre, une préparation, plusieurs couches de couleur et des parties rapportées. Un meuble peut mêler structure, placage, décor sculpté et finition. L’équipe peut ainsi faire circuler les informations entre l’étude, le nettoyage, la consolidation et la restitution.

Des chantiers documentés en Bretagne et dans le Grand Ouest

Les références de CoRéum montrent la diversité des interventions. À Bodilis, l’atelier a restauré en polychromie les retables d’une église. À Saint-Georges-de-Gréhaigne, douze statues ont été restaurées et sécurisées en 2022. À Saint-Caradec, une étude des décors polychromes de trois retables a été présentée avant la restauration. Ces projets demandent de travailler avec les responsables scientifiques, les collectivités et les intervenants du bâtiment.

Les références comprennent aussi des retables et des statues à Saint-Brieuc, Stival, Locronan, Landudal, Bréal-sous-Montfort, Drouges, La Ferrière, Quimper, Ploemeur et Moréac. Chaque édifice apporte ses propres contraintes de lumière, d’accès, de climat et de conservation. Une intervention dans une chapelle, une cathédrale ou une église ne peut pas être séparée de l’architecture qui accueille l’œuvre. La protection, le démontage éventuel, le transport et la repose font partie de la préparation du chantier.

À Pluméliau-Bieuzy, l’Atelier CoRéum réunit ainsi menuiserie d’art, ébénisterie, sculpture, polychromie, dorure et étude préalable pour prendre soin du patrimoine mobilier. Retables, statues, meubles, boiseries, plafonds peints et objets d’art sont examinés selon leurs matériaux, leurs altérations et leur environnement. Traitement par anoxie, radiographie, consolidation du bois, sculpture de complément, nettoyage, mise en couleur et dorure à la feuille peuvent s’inscrire dans des interventions distinctes ou complémentaires. L’histoire de l’atelier, transmise de Gilbert Le Goël à ses collaborateurs, se poursuit dans une pratique collective où la précision de l’étude prépare des gestes respectueux de l’intégrité et de la lisibilité des œuvres.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

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