À Paris, la maison À Paris chez Antoinette Poisson fait revivre le savoir-faire de la dominoterie et les décors intérieurs du XVIIIe siècle. Créée en 2012 par Vincent Farelly et Jean-Baptiste Martin, tous deux restaurateurs de patrimoine spécialisés en papier peint, elle développe des papiers dominotés, des papiers peints, des tissus et des objets faits main. Le travail du dominotier consiste à composer un décor sur papier, à imprimer chaque feuille et à lui donner ses couleurs avec une attention particulière au motif, à la répétition et à la qualité de la surface.
Le papier dominoté est imprimé manuellement à partir de planches gravées. Les motifs peuvent être floraux, géométriques ou inspirés d’un modèle historique. Une feuille est positionnée sur la planche encrée, puis pressée pour recevoir le dessin. La mise en couleur intervient ensuite à la main, avec des pinceaux et des teintes choisies pour accompagner les lignes imprimées. Chaque étape exige une bonne maîtrise du registre, c’est-à-dire de la manière dont un motif se répète et se raccorde sur les bords. Une petite variation de placement peut modifier le rythme général d’un décor.
Au XVIIIe siècle, ces papiers servaient à habiller des corridors, des alcôves, des coffres, des armoires et des livres. Ils pouvaient également recouvrir des boîtes et des coffrets ou constituer les pages de garde d’un ouvrage. La maison reprend cette histoire sans chercher à produire un décor figé. Les motifs anciens sont réédités ou réinterprétés, et les compositions peuvent être adaptées à des usages actuels. Un même dessin peut dialoguer avec une reliure, un panneau mural, un meuble ou un objet de papeterie.
La collection de papiers dominotés est dessinée et imprimée feuille à feuille dans l’atelier parisien. Cette production demande d’organiser les couleurs, les planches, les séchages et les contrôles de chaque série. Le papier doit rester assez régulier pour recevoir l’impression tout en conservant une texture agréable. La couleur est déposée en tenant compte du grain du support et de la densité du motif. Une teinte profonde peut renforcer un feuillage, tandis qu’une nuance plus légère laisse respirer les espaces entre les formes.
Le papier peint au mètre constitue une autre application. La maison propose des décors panoramiques et des compositions qui peuvent être ajustés aux dimensions d’un mur. Un projet peut demander de déplacer un élément, de modifier une couleur ou de supprimer une partie du décor afin de tenir compte d’une porte, d’une fenêtre ou d’un meuble. Le dessin doit alors conserver son équilibre malgré le changement d’échelle. Le studio échange avec les architectes, les décorateurs et les particuliers pour préciser les mesures, la répétition, les raccords et le mode de pose.
Les tissus prolongent le vocabulaire des papiers. Le lin, le coton et les mélanges lin-coton peuvent recevoir des motifs imprimés en France. Le support textile ne réagit pas exactement comme une feuille : la fibre, le tissage et le tombé modifient la perception des couleurs. Un motif floral peut être utilisé pour un rideau, un coussin, une nappe ou un vêtement, tandis qu’un dessin géométrique apporte une structure plus régulière. Les choix de largeur, de placement et de sens du motif sont déterminés en fonction de l’objet qui sera fabriqué.
Les objets faits main mettent le décor à l’échelle du quotidien. La maison présente des abat-jour, des boîtes de mariage, des petits carnets, des cadres, des cartes et des éléments de papeterie. Un abat-jour doit répartir un motif autour d’une forme et laisser passer une lumière adaptée. Une boîte nécessite des raccords propres sur les angles, les couvercles et les charnières. Un carnet associe le papier décoré à une structure qui doit pouvoir être ouverte et manipulée. Ces réalisations demandent de coordonner le dessin avec la construction de l’objet.
La couleur occupe une place centrale dans la démarche. Les motifs sont classés par familles de teintes, avec des bleus, des indigos, des jaunes, des roses, des rouges, des verts et des compositions noir et blanc. Une palette peut évoquer une pièce historique sans la copier à l’identique. Elle peut aussi être conçue pour s’accorder avec une peinture, un bois, un métal ou un textile déjà présent dans un intérieur. Les échantillons permettent d’observer la couleur réelle, car l’écran, la lumière et la texture du support changent la perception.
La relation avec les professionnels commence par l’analyse du projet. Un architecte ou un décorateur peut fournir un plan, une élévation, des photographies et les dimensions du mur ou du meuble. La maison peut alors proposer une composition, une échelle et un sens de pose. Le dessin doit rester lisible depuis la distance de regard prévue. Dans un petit espace, un motif dense peut créer une impression enveloppante ; dans une grande pièce, une composition plus ouverte peut organiser la perspective. Les raccords et les réserves nécessaires à la pose sont définis avant la fabrication.
Les collaborations montrent la capacité du dominotier à travailler avec d’autres univers. À Paris chez Antoinette Poisson a réalisé des motifs pour des maisons de décoration, de mode, de parfum et d’édition. Certaines collaborations reprennent des fleurs, des feuillages ou des compositions inspirées des arts décoratifs. D’autres adaptent un dessin à un coffret, à un tissu, à un objet ou à une boutique. Le travail consiste à conserver l’identité du motif tout en respectant la matière, le format et la fonction du support.
Le projet mené avec le château de Versailles s’inspire d’une pièce des bains de Marie-Antoinette et de vues de jardin associées au règne de Louis XV. Cette réalisation illustre la manière dont un décor historique peut être étudié, redessiné et adapté à un espace contemporain. La recherche documentaire nourrit le motif, tandis que les contraintes de pose et de circulation imposent une composition lisible. Le dominotier travaille donc autant avec l’histoire des formes qu’avec les réalités matérielles d’un chantier.
La pose et l’entretien doivent être anticipés. Un papier imprimé à la main peut demander une préparation du mur, un encollage adapté et une manipulation soigneuse pour éviter les marques. Les tissus doivent être protégés de l’humidité excessive et de la lumière directe selon leur usage. Les objets décorés se dépoussièrent avec douceur afin de préserver la surface et les couleurs. Les recommandations varient selon le support, la finition et la pièce concernée ; elles sont à demander au moment de la commande.
À Paris, À Paris chez Antoinette Poisson associe restauration de patrimoine, dessin, gravure, impression feuille à feuille, mise en couleur et création d’objets. Papiers dominotés, papiers peints, tissus, boîtes, carnets, cadres et abat-jour prolongent une tradition du XVIIIe siècle dans des intérieurs actuels. La maison travaille pour des particuliers comme pour des professionnels et peut adapter un décor à un mur, un meuble, un coffret ou une collection. Les dimensions, les échantillons, les délais, les raccords et les modalités de fabrication sont à confirmer directement avec l’équipe.