Atelier & professionnel

Alba’Laine, feutre de laine d’Albane de Lagrevol à Tracy-le-Mont

Tracy-le-Mont

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Tracy-le-Mont, dans l’Oise, Albane de Lagrevol développe Alba’Laine autour du feutre de laine et de l’art textile. Elle transforme la laine de mouton avec ses mains pour créer des objets, des accessoires, des luminaires et des œuvres qui explorent la texture, la transparence et le volume. Son parcours relie les arts du fil, la transmission et une recherche plus personnelle autour de la matière. Le feutre devient une étoffe non tissée, mais aussi un paysage, une forme sculptée ou une surface qui invite à regarder et à toucher.

La découverte d’une matière vivante

Albane de Lagrevol s’est d’abord intéressée à plusieurs pratiques textiles : dentelle au fuseau, tissage et tapisserie de Bayeux. Ces expériences l’ont familiarisée avec le fil, la tension, la répétition et la construction progressive d’une surface. Son goût pour l’argile et les arts plastiques l’a également conduite à observer les matières par leur volume et leur texture. Le feutre a réuni ces deux approches, en permettant de passer directement de la fibre à une étoffe sans tissage ni couture.

La rencontre décisive avec la laine a eu lieu lors des Journées de la laine à Felletin en 2015. Albane de Lagrevol y a découvert les différentes étapes de la filière, de la tonte au produit fini, ainsi que les nombreuses transformations possibles de la fibre. Elle s’est ensuite formée à Lainamac, centre consacré à la transformation de la laine. Cette formation lui a donné des bases techniques pour comprendre la fibre, préparer les nappes et accompagner la naissance du feutre.

Le feutre se forme lorsque les fibres de laine s’accrochent et se resserrent jusqu’à constituer une étoffe cohérente. La laine possède des écailles qui permettent aux fibres de se lier sous l’action de l’humidité, de la pression et du mouvement. Le résultat ne repose pas sur une trame régulière comme un tissu tissé. Il naît d’un entrelacement irrégulier, où l’épaisseur et l’orientation des fibres participent à la solidité et à l’aspect de la surface.

Cette transformation rend le geste particulièrement visible. Une nappe de laine peut sembler légère et dispersée avant le travail, puis devenir une matière dense, souple ou sculpturale. La main accompagne le rapprochement des fibres et observe la manière dont elles réagissent. La surface se construit par étapes, avec des différences de densité qui peuvent rester perceptibles dans l’objet terminé. Le feutre garde ainsi la mémoire de sa formation.

Des fibres sous plusieurs formes

Alba’Laine travaille la laine sous différentes formes : brute, cardée, peignée ou filée. Une toison brute conserve davantage le caractère initial de la fibre et peut offrir des variations de longueur, de couleur et de toucher. La laine cardée est ouverte et préparée pour être répartie plus facilement. La laine peignée présente des fibres orientées, tandis que la laine filée introduit une ligne continue et une autre manière de créer un relief.

Les toisons utilisées viennent de moutons français ou européens. Leur origine peut influencer la couleur, la longueur et la finesse de la fibre. Une laine sombre ne donne pas le même fond qu’une laine claire ; une fibre longue ne se comporte pas comme une fibre courte ; une matière souple ne produit pas la même surface qu’une toison plus nerveuse. Le choix est donc lié à la forme, au toucher et à l’effet recherché.

La toile de jute peut être associée à la laine. Cette fibre végétale apporte une trame visible et une texture plus sèche, en contraste avec la douceur du feutre. Elle peut servir de support, apparaître par endroits ou participer à la composition d’une œuvre textile. Le dialogue entre jute et laine élargit les possibilités de transparence, de superposition et de résistance. La pièce devient alors un assemblage de matières qui ne réagissent pas de la même façon.

Les couleurs et les épaisseurs sont organisées avant la transformation. Une surface peut rester presque monochrome pour faire ressortir le relief, ou accueillir plusieurs nuances qui se rencontrent progressivement. Les fibres sont réparties selon une direction, une masse ou une intention graphique. Lorsqu’elles sont resserrées, elles produisent une matière dont la densité varie. Les contrastes ne viennent donc pas seulement de la teinture : ils peuvent naître de la quantité de laine et de la manière dont elle est posée.

Fabriquer une étoffe sans couture

Le feutrage permet de créer une étoffe continue à partir de fibres dispersées. Il n’y a pas de ligne d’assemblage à cacher, pas de patron cousu qui impose une jonction entre des morceaux. La forme se dessine pendant la transformation. Une ouverture, un bord, une épaisseur ou une courbe doit être anticipé dans la disposition initiale de la laine. La matière se resserre ensuite autour de cette intention et conserve une continuité particulière.

Cette construction sans couture convient aux accessoires et aux vêtements. Une étole peut être souple et légère, tandis qu’un tapis ou un objet de décoration assume davantage de densité. Les bords peuvent rester fins, épais, irréguliers ou renforcés selon l’usage. Le feutre accompagne alors le corps ou l’espace en offrant une surface qui ne se comporte pas comme un textile industriel uniforme.

La résistance dépend de la fibre, de l’épaisseur et du niveau de feutrage. Une pièce destinée à être portée doit garder de la souplesse et suivre les mouvements. Un luminaire doit conserver une forme et laisser passer la lumière. Un dessous de verre doit supporter les manipulations courantes. Une œuvre murale peut privilégier le relief, la légèreté ou la transparence. Chaque usage oriente donc la manière de répartir et de resserrer la laine.

Le toucher fait partie de l’expérience. Une surface peut être douce sur une face et plus structurée sur l’autre. Les fibres visibles, les superpositions et les zones plus compactes invitent la main à parcourir l’objet. La lumière révèle les différences d’épaisseur et les espaces où le feutre devient presque translucide. Le regard et le toucher se complètent pour découvrir une matière qui change selon l’angle, la distance et la pression exercée.

Des objets contemporains et utiles

Albane de Lagrevol utilise la technique ancestrale du feutre pour fabriquer des objets contemporains. Les luminaires donnent à la laine une fonction de filtre. La fibre adoucit la lumière, crée une ombre et transforme l’éclairage en présence textile. Une lampe de chevet ou une guirlande en feutre peut être regardée comme un objet décoratif lorsqu’elle est éteinte, puis modifier l’atmosphère d’une pièce lorsqu’elle s’allume.

Le travail de la lumière dépend de la densité de la laine. Une surface épaisse absorbe davantage l’éclat et produit une luminosité feutrée. Une zone plus ouverte laisse filtrer des passages lumineux. Les superpositions peuvent créer des différences entre un fond et un relief. Le luminaire devient ainsi une composition où la forme, la matière et la lumière se lisent ensemble. Le choix d’une teinte et d’une épaisseur ne relève pas seulement de l’apparence : il agit directement sur l’ambiance créée.

Les chapeaux constituent un autre registre. La forme doit épouser la tête, garder sa tenue et rester confortable. Le feutre permet de modeler une silhouette avec une courbe continue, sans multiplier les coutures. Un chapeau cloche peut jouer sur la profondeur de la calotte et la largeur du bord. Un béret ou une casquette demande une autre relation entre le volume, le liseré et la manière dont l’accessoire se porte.

Certains chapeaux associent des laines de moutons différentes. Un modèle présenté par Alba’Laine utilise une laine noire du Velay pour l’intérieur et une laine noire corse pour l’extérieur. Les deux surfaces ne jouent pas exactement le même rôle et peuvent donner une différence de texture ou de densité. La matière animale reste ainsi perceptible dans la construction de l’accessoire, tout en étant transformée en une forme adaptée au quotidien.

Les dessous de verre montrent comment un objet simple peut devenir une étude de matière. Le feutre protège la table, apporte une surface douce et permet de travailler des couleurs ou des contours variés. Un objet de petite taille rend visible la densité de l’étoffe et la régularité du bord. Il peut aussi servir d’échantillon pour découvrir le toucher de la laine avant d’aborder une pièce plus grande.

Les guirlandes, semelles, savons feutrés et petits objets élargissent encore la gamme. Une semelle demande une épaisseur et une résistance adaptées à la marche. Un savon feutré associe la laine à un usage de toilette et transforme progressivement sa surface au contact de l’eau. Une guirlande travaille la répétition de formes et la relation entre la fibre et la lumière. Ces objets gardent un lien avec la matière brute tout en répondant à des gestes précis.

Paysages, arbres et œuvres immersives

En 2024, Albane de Lagrevol a commencé à transformer et à peindre le feutre comme une matière textile, après une rencontre avec l’artiste Anita Johnson. Cette orientation a élargi sa pratique. La laine n’est plus seulement travaillée pour former une étoffe ou un objet : elle devient aussi une surface qui peut recevoir une intervention picturale, un relief et une composition plus vaste. Peindre sur le feutre demande de tenir compte de son absorption, de son grain et de sa souplesse.

La nature et les arbres sont des sources d’inspiration centrales. Ils peuvent être évoqués par des lignes, des épaisseurs, des zones d’ombre et des superpositions. L’œuvre ne cherche pas nécessairement à reproduire un paysage reconnaissable. Elle peut en retenir une sensation : un entrelacement de branches, une clairière, une profondeur végétale ou un changement de lumière. Les fibres donnent alors une forme tactile à une impression qui pourrait rester abstraite dans un dessin.

Les œuvres immersives jouent avec la relation entre le spectateur et la matière. Une pièce suspendue peut être traversée du regard, tandis qu’une surface plus dense invite à s’approcher. Les transparences apparaissent lorsque plusieurs voiles de laine se superposent. Les reliefs se lisent d’abord par les ombres, puis par le toucher lorsque celui-ci est possible. La création ne se limite donc pas à une image placée devant un visiteur : elle organise une expérience de proximité.

Albane de Lagrevol invite aussi les chorégraphes à danser à travers ses œuvres et les conteurs à y associer des récits. Cette ouverture vers le mouvement et la parole souligne la dimension spatiale du feutre. Une installation peut devenir un décor traversable, une membrane entre plusieurs personnes ou un paysage qui accompagne une histoire. Les fibres se mettent alors en relation avec le corps, la voix, la lumière et le temps de la représentation.

La laine peut évoquer un cocon, mais elle ne produit pas toujours une forme fermée. Une œuvre ajourée laisse circuler le regard et l’air. Une paroi souple peut créer une limite sans devenir un mur. Une superposition de voiles transforme progressivement la profondeur. Ces qualités donnent au feutre une présence architecturale légère, capable de modifier un espace sans le saturer.

La transmission par l’expérience

Le parcours d’Albane de Lagrevol a commencé dans l’enseignement. Son premier métier de professeure des écoles a développé son goût pour la transmission de techniques artistiques et artisanales. Cette expérience se retrouve dans les ateliers qu’elle propose autour du feutre de laine. Les participants découvrent la fibre par les mains, observent sa transformation et repartent avec une réalisation qui porte la trace de leur propre geste.

Les ateliers d’initiation permettent de créer une fleur, un échantillon de feutre ou un photophore. Ces projets abordent plusieurs dimensions du matériau. La fleur fait comprendre la construction d’un volume et la répartition des pétales. L’échantillon permet de comparer les fibres, les couleurs et les épaisseurs. Le photophore ajoute la question de la lumière et de la transparence. Chaque exercice offre une entrée différente dans la matière.

Les ateliers de perfectionnement peuvent conduire de l’échantillon à la tenture ou de l’échantillon au volume. Le participant apprend alors à agrandir une intention, à conserver une cohérence de surface et à donner une tenue à une forme. Une tenture demande de penser la largeur, le poids et la manière dont la pièce sera suspendue. Un volume ajoute des questions de courbe, de maintien et d’espace intérieur. Le feutre devient progressivement une matière de projet.

Des formats personnalisés sont proposés pour un anniversaire, un groupe, une famille ou un projet particulier. Les ateliers destinés aux collectivités peuvent concerner des écoles, collèges, lycées, centres de loisirs, maisons de retraite ou structures accueillant des personnes en situation de handicap. La découverte du feutre mobilise la motricité fine, la créativité, le toucher et l’observation. La transformation de la laine rend visibles des phénomènes naturels et permet de relier une technique ancienne à une expérience contemporaine.

Les kits de fabrication prolongent cette découverte en dehors d’une séance encadrée. Ils réunissent la laine et les éléments nécessaires pour créer une boule de relaxation, une fleur ou une autre petite réalisation. Le kit ne remplace pas le regard de la feutrière, mais il permet de poursuivre l’exploration à son propre rythme. L’essentiel reste l’expérience de la fibre : la répartir, l’humidifier, la presser et comprendre le moment où elle commence à se lier.

Une pratique ancrée à Tracy-le-Mont

Albane de Lagrevol a créé son entreprise en 2021 et développe depuis Alba’Laine entre artisanat, art textile et transmission. Son activité associe les objets en feutre de laine, les accessoires, les luminaires et les œuvres plus immersives. La diversité des formats ne disperse pas la recherche : elle permet au contraire d’examiner comment la même matière répond à un vêtement, un objet de maison, une installation ou un atelier collectif.

Le Département de l’Oise a présenté Alba’Laine comme créatrice d’objets en feutre de laine et ambassadrice de la marque territoriale J’aime l’Oise lors de son Marché Artisanal 2026. Cette mise en avant rejoint la démarche de la créatrice, qui cherche à faire connaître la laine et à participer au réveil de la filière. Les créations relient une matière issue de l’élevage, un geste manuel et des usages qui trouvent leur place dans les intérieurs ou les pratiques artistiques.

Tracy-le-Mont appartient au département de l’Oise et à la région Hauts-de-France. Dans cette commune, Alba’Laine fait dialoguer les textures de la laine, les formes du jardin et les besoins d’un objet. Une fleur feutrée peut devenir un élément de décoration, une nappe de fibres peut se transformer en paysage, et un chapeau peut donner au feutre une relation directe avec le corps. La matière reste au centre, mais elle change d’échelle et de rôle selon le projet.

À Tracy-le-Mont, Albane de Lagrevol développe ainsi une pratique de feutrière attentive à la fibre et à ce qu’elle permet d’imaginer. Toisons françaises ou européennes, laine brute, cardée, peignée ou filée, toile de jute, lumière et couleur se rencontrent dans des objets et des œuvres fabriqués à la main. Les chapeaux, luminaires, dessous de verre, semelles, savons feutrés, guirlandes et paysages textiles montrent plusieurs visages d’une même étoffe. Le feutre devient une matière douce, résistante, sculpturale et sensorielle, capable d’accompagner un usage quotidien comme une expérience artistique.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-professionnel

    Albalaine — la laine, une matière naturelle magique (site externe)

    Organisme : Albane de Lagrevol

    Fait soutenu
    Le site professionnel présente Alba’Laine, Albane de Lagrevol comme artiste textile en feutre de laine de mouton, les œuvres uniques, les paysages organiques, tactiles et lumineux, la fabrication d’objets et les ateliers autour du feutre.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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