À Montpellier, Angéline Clermont dirige un atelier de vitrail qui associe création contemporaine, restauration, peinture sur verre, diagnostic et transmission. Maître verrier depuis 2003, elle exerce dans le vitrail depuis 2000 et a fondé l’Atelier de Vitrail Montpellier. Son parcours s’inscrit dans un héritage familial : fille d’un maître verrier et d’une styliste italienne, elle a choisi de faire vivre un savoir-faire traditionnel tout en développant une sensibilité artistique personnelle. Elle travaille pour des particuliers, des collectivités et des institutions, sur des œuvres classiques, figuratives, abstraites ou contemporaines.
Angéline Clermont est titulaire d’un BMA Arts et techniques du verre. Cette formation lui a apporté une base technique et artistique pour comprendre la découpe, l’assemblage, la peinture et la restauration. Au fil des années, elle a appris à intervenir sur des vitraux anciens et à construire des projets de création. L’atelier peut ainsi passer d’une baie contemporaine abstraite dans une villa à la conservation d’un ensemble figuratif dans une église. La diversité des demandes repose sur une même attention portée à la lumière, aux verres et au lieu.
La création de vitraux est proposée dans des styles contemporains ou classiques, figuratifs ou abstraits. Un projet peut commencer par une idée de couleur, un dessin, une photographie ou une contrainte architecturale. L’atelier accompagne la conception de la maquette jusqu’à la pose. Les croquis sont élaborés avec le client, puis les verres sont choisis parmi de nombreuses teintes, textures et transparences disponibles à l’atelier. La composition est ensuite fabriquée à la main selon la technique retenue.
Un vitrail peut trouver sa place dans une porte, une fenêtre, une cloison ou une verrière. Il peut aussi prendre la forme d’un totem ou d’une pièce artistique indépendante. Dans un appartement ou une maison, le verre transforme la lumière au fil de la journée. Un rayon de soleil peut être coloré par un verre transparent, fragmenté par une texture ou adouci par une opalescence. La création est pensée pour l’espace réel, avec ses volumes, ses orientations et les habitudes de ses occupants.
Les collaborations avec d’autres métiers facilitent l’intégration de l’ouvrage. L’atelier travaille avec des menuisiers, des ferronniers, des ébénistes et des miroitiers afin de choisir l’encadrement le plus adapté. Une cloison vitrée peut demander une structure métallique ; une porte peut nécessiter une menuiserie précise ; une fenêtre ancienne impose parfois un support sur mesure. Le choix du cadre, des joints et des fixations est discuté avant la fabrication pour que le panneau reste stable et facile à entretenir.
Parmi les réalisations d’envergure, l’atelier présente une maison d’architecte située en bord de mer. Le projet comprend quarante mètres carrés de vitraux répartis sur deux murs rideaux de vingt mètres carrés chacun. Chaque mur est composé de six panneaux insérés dans un double vitrage anti-effraction et retenus par une structure métallique de trois mètres de large sur sept mètres de hauteur. Les vitraux sont réalisés de manière traditionnelle, avec du verre et des plombs armés pour améliorer la tenue sur les parties verticales. La pose a nécessité un bras télescopique, un palonnier à ventouses, un échafaudage et une équipe spécialisée.
Une autre réalisation habille la longue verrière d’une coursive d’appartement haussmannien à Sète. Les vingt mètres carrés de vitraux géométriques associent transparences et opalescences pour tamiser la lumière tout en conservant la profondeur des volumes. Les rythmes verticaux et horizontaux accompagnent la perspective de la coursive. Selon l’heure, les panneaux projettent des éclats colorés sur le sol et transforment un passage en espace de contemplation. Le projet a été conçu sur mesure en collaboration avec les Ateliers Abiver.
L’atelier a également réalisé une verrière de bureau en acier thermolaqué, intégrant une porte dans une structure de trois mètres cinquante sur trois mètres cinquante. Les verres colorés et les verres incolores texturés créent un jeu de lumière discret. Chaque panneau est fabriqué à la main selon les techniques artisanales du vitrail. Le métal apporte une ligne contemporaine, tandis que le verre et les plombs conservent la finesse du geste traditionnel. Cette réalisation montre comment un vitrail peut s’intégrer à un espace de travail sans perdre sa dimension artistique.
La restauration de vitraux anciens commence par une expertise et un diagnostic. L’atelier observe l’état des verres, des plombs, des soudures, des armatures et du support. Cette étape permet d’identifier les fissures, les déformations, les pièces manquantes et les interventions anciennes. Le protocole est défini selon le style, l’époque, l’usage du bâtiment et le niveau de conservation recherché. Une restauration peut comprendre une dépose, un nettoyage, un repiquage, une consolidation et une remise en place.
Angéline Clermont restaure des vitraux de toutes les époques et peut reproduire, copier ou recréer une partie absente. La reproduction ne consiste pas à fabriquer un motif isolé : elle doit respecter la composition, les proportions et la gamme de couleurs de l’ensemble. Un verre de complément est choisi en fonction de sa transparence, de sa texture et de sa relation avec les pièces conservées. Lorsque les plombs sont fragilisés, le panneau peut être remonté avec une structure adaptée, sans effacer les traces qui témoignent de son histoire.
Les chantiers présentés comprennent des restaurations à Saint-Jean-de-Védas, à la Visitation de Montpellier, à Sainte-Eulalie, à Saint-Cléophas, à Notre-Dame des Tables, aux Pénitents bleus, au Carré Sainte-Anne et dans plusieurs domaines ou édifices de la région. Les photographies montrent des panneaux avant intervention, des structures en cours, des peintures, des échafaudages et des vitraux remis en place. Ces projets illustrent la diversité des situations : église, monument, bâtiment culturel, demeure et espace public.
La mise en double vitrage fait partie des techniques citées par l’atelier. Elle permet de protéger un vitrail tout en améliorant le confort d’un bâtiment lorsque la configuration le permet. Le panneau ancien doit être observé, restauré et placé dans un dispositif qui respecte sa ventilation et sa stabilité. Le choix du support, les jeux, les joints et l’accès pour l’entretien sont étudiés afin de ne pas enfermer l’humidité ou imposer une contrainte au verre.
La peinture sur verre ouvre une autre dimension. Un vitrail simple est constitué de pièces de verre découpées et montées en plomb sans traitement particulier de la surface. Des œuvres plus complexes reçoivent des peintures et des émaux qui modifient la lecture du verre. Angéline Clermont maîtrise la grisaille et utilise aussi le pochoir, la peinture à main levée, la cage à mouche, le Damas, la mousseline, le jaune d’argent, le sablage et la gravure. Ces traitements sont réalisés à la main pour des créations destinées notamment à des particuliers.
La grisaille permet de déposer des contours, des ombres et des détails tout en conservant une part de transparence. Les émaux ajoutent des couleurs qui sont fixées par cuisson. Le jaune d’argent crée des nuances jaunes et dorées, tandis que le pochoir répète un motif avec régularité. La peinture à main levée laisse davantage de place au geste. La cage à mouche, le Damas et la mousseline produisent des effets de texture et de densité. Le sablage et la gravure travaillent la surface du verre et modifient la diffusion de la lumière.
Les stages d’initiation et de perfectionnement permettent à chacun de créer un vitrail de A à Z sous la supervision de la maître verrier. Le parcours commence par un dessin et le choix d’un motif, puis se poursuit par la découpe, l’ajustage et l’assemblage. Le participant découvre les outils, les règles de sécurité et la manière de manipuler les verres. Selon le projet, il peut explorer le plomb, le cuivre ou la peinture. L’accompagnement s’adapte au niveau et laisse le temps de comprendre chaque opération.
Un stage peut aussi servir à approfondir une technique. Une personne qui connaît déjà la découpe peut travailler la mise en plomb, les soudures ou la peinture. Une autre peut découvrir le Tiffany ou la dalle de verre, deux techniques plus récentes que le vitrail au plomb médiéval. L’objectif reste de fabriquer une pièce personnelle et de comprendre les choix qui la rendent stable et lumineuse. Le résultat est observé dans différentes conditions afin de mesurer l’effet des couleurs et des textures.
Le diagnostic est proposé pour des vitraux d’églises comme pour des pièces installées chez des particuliers. Une visite permet d’examiner l’état du panneau, son support et son environnement. Les recommandations peuvent concerner l’entretien, la protection, la restauration ou la pose. Cette expertise aide le propriétaire à distinguer une urgence d’une intervention à programmer et à choisir un protocole proportionné. Pour un édifice public, les échanges peuvent associer une collectivité, un architecte et les services chargés du patrimoine.
Angéline Clermont est membre des Ateliers d’art de France, de la Maison des artistes et de la Chambre syndicale nationale du vitrail. Ces réseaux inscrivent son activité dans une communauté professionnelle et artistique. Ils permettent de rester en lien avec les évolutions techniques, les projets d’architecture et les questions liées à la conservation. L’atelier met en avant une pratique où la rareté du métier devient une force de transmission et de création.
Le projet est suivi de la maquette à la pose. Les choix de verres, la structure, les éventuelles peintures et le mode d’encadrement sont discutés avant la fabrication. Un particulier peut demander une séparation colorée, une porte décorative ou une pièce artistique. Une collectivité peut confier une restauration dans une église. Un architecte peut intégrer un vitrail abstrait à une façade ou une maison contemporaine. Le même savoir-faire se déploie dans des contextes différents sans perdre sa précision.
À Montpellier, l’atelier d’Angéline Clermont associe donc tradition et création. Le plomb, le Tiffany et la dalle de verre rencontrent la peinture, les émaux, le sablage et la gravure. Les restaurations de vitraux anciens côtoient des compositions modernes, des cloisons, des portes et des réalisations de grande hauteur. Les diagnostics, les stages et les collaborations avec d’autres artisans prolongent la fabrication. Chaque ouvrage est conçu pour un lieu précis, avec une lumière, une histoire et un usage, afin que le verre conserve sa force expressive tout en restant durable.