À Muespach, dans le Haut-Rhin, Hubert Gardère exerce le métier de tailleur de pierre et dirige Artisan de la Pierre. Son activité associe les ouvrages en pierre naturelle, la sculpture, la création sur mesure et la restauration. Fontaines, escaliers, dallages, murs, colonnes, encadrements, appuis, éviers et éléments décoratifs font partie des réalisations présentées par l’atelier. La pierre intervient aussi dans des projets liés aux monuments historiques, aux résidences, aux monuments aux morts et à l’art funéraire. Le travail s’adresse aux particuliers comme aux entreprises, avec une attention portée à la forme de l’ouvrage, à son emplacement et à la manière dont le matériau doit durer.
La pierre naturelle impose de commencer par le projet avant de choisir une mise en œuvre. Un escalier, une fontaine ou un dallage ne répond pas aux mêmes contraintes qu’une colonne, un évier ou un objet décoratif. Les dimensions, la position, les sollicitations, l’écoulement de l’eau et la relation avec les matériaux voisins influencent la forme à donner au bloc. Un ouvrage destiné à l’extérieur doit dialoguer avec le sol, les murs et les variations de lumière ; un élément intérieur doit s’accorder avec l’architecture et l’usage quotidien. Le tailleur de pierre étudie donc la fonction autant que l’aspect.
Le dallage constitue une application où la régularité et l’adaptation au lieu se rejoignent. Les pierres doivent être choisies, débitées et ajustées pour former une surface stable. La composition peut suivre une trame régulière ou accompagner la géométrie d’un espace existant. Les joints, les seuils, les raccords et les différences de niveau participent au résultat final. Dans une rénovation, le nouveau dallage doit parfois se rapprocher d’une pierre déjà présente ; dans une création, il peut au contraire établir un dessin plus contemporain. La finition modifie la façon dont la lumière révèle le grain et les variations naturelles.
Les escaliers demandent une étude précise des proportions et du passage. Chaque marche doit s’inscrire dans la structure du bâtiment ou de l’aménagement extérieur, avec une hauteur et une profondeur adaptées. La pierre peut être utilisée en marches massives, en éléments rapportés ou en combinaison avec d’autres matériaux. Les nez de marche, les paliers et les raccords doivent être pensés ensemble. En rénovation, l’intervention peut chercher à retrouver une géométrie ancienne ou à remplacer les parties abîmées sans rompre la continuité de l’ensemble. En construction neuve, le dessin peut s’appuyer sur une architecture plus actuelle.
Les encadrements et les appuis de fenêtre donnent à la pierre une place visible dans la façade. Ils organisent les ouvertures, protègent les parties sensibles et participent au caractère du bâtiment. La taille doit respecter les dimensions de la baie, l’épaisseur du mur et les lignes de l’architecture. Une reprise sur une maison ancienne ne se traite pas comme une création isolée : la pierre choisie, la finition et les proportions doivent dialoguer avec les encadrements conservés. Un appui peut aussi être créé pour une construction contemporaine, avec un profil et une surface définis selon le projet.
La fontaine réunit la taille, l’assemblage et la relation entre la pierre et l’eau. Le bassin, le socle, la colonne ou le couronnement doivent être organisés pour que l’ouvrage soit stable et que l’eau circule selon le dessin retenu. Une fontaine peut reprendre une forme traditionnelle, s’inspirer d’un modèle ancien ou être conçue comme un élément plus sobre pour un jardin. Les surfaces ne reçoivent pas toutes la même finition : certaines peuvent être lisses pour faciliter l’entretien, d’autres garder une texture qui accroche la lumière et donne du relief à l’ensemble.
Les colonnes et les murs en pierre sèche appartiennent à des constructions différentes. Une colonne travaille par sa verticalité, ses bases, ses chapiteaux éventuels et la manière dont elle transmet les charges. Un mur en pierre sèche repose sur l’équilibre des pierres et sur la qualité de leur disposition, sans que les joints de mortier assurent seuls la stabilité. Dans un aménagement extérieur, le mur peut accompagner une pente, délimiter un espace ou soutenir une terre. La sélection des blocs, leur orientation et leur emboîtement donnent à l’ouvrage sa résistance et sa silhouette.
La sculpture ouvre la pierre à des formes qui ne répondent pas seulement à une fonction constructive. Hubert Gardère présente des sculptures et des créations pour l’intérieur comme pour l’extérieur, ainsi que du mobilier et des objets décoratifs réalisés sur mesure. Un banc, une table, un élément de jardin ou une pièce plus autonome peut être étudié à partir d’un dessin, d’une idée ou d’un volume à intégrer dans un lieu. La pierre conserve alors son poids, son grain et ses nuances, mais le travail de taille lui permet de devenir un objet dont la forme est liée à un usage ou à une intention artistique.
Le mobilier d’extérieur doit supporter les variations de température, l’humidité et les manipulations. Un banc, une table ou un autre élément destiné au jardin est dessiné en tenant compte de sa stabilité et de la manière dont il sera posé. Le choix de la pierre et de la finition influence le toucher, l’entretien et la façon dont l’objet évoluera dans son environnement. Le mobilier d’intérieur répond à d’autres attentes : il doit trouver sa place dans la pièce, s’accorder avec le bois, le métal ou le textile et rester agréable à utiliser. Dans les deux cas, la conception associe le dessin et la matière.
La rénovation concerne les bâtiments, les ouvrages anciens et les éléments patrimoniaux. Une façade, un calvaire, une fontaine ou un monument peut présenter des pierres fissurées, des parties disparues, des surfaces érodées ou des reprises plus récentes. Avant d’intervenir, il faut comprendre la construction et distinguer ce qui peut être conservé de ce qui doit être remplacé. La nouvelle pierre peut être taillée pour retrouver une forme manquante, prolonger une ligne ou rétablir un équilibre. La finition doit ensuite s’accorder avec l’existant sans donner à l’ensemble un aspect artificiellement uniforme.
L’entretien des monuments historiques demande une attention particulière à la lecture du lieu. Une pierre ancienne porte les marques du temps, de l’exposition et des interventions successives. Une restauration respectueuse ne cherche pas nécessairement à effacer toutes les traces. Elle vise à stabiliser l’ouvrage, à rendre sa forme compréhensible et à remplacer les éléments qui empêchent sa conservation. Les encadrements, les moulures, les socles, les croix et les parties sculptées peuvent demander des solutions différentes. Le tailleur adapte son geste à la nature de la pierre et à la fonction de l’élément dans le monument.
Artisan de la Pierre travaille également dans le domaine funéraire. La création d’une pierre tombale, d’une stèle ou d’un objet funéraire demande de prendre en compte le lieu, les dimensions, la résistance aux intempéries et la relation personnelle associée à l’ouvrage. Une stèle peut recevoir une forme simple, une inscription ou un décor sculpté. La rénovation d’un monument aux morts ou d’une stèle existante impose de respecter les proportions et les signes déjà présents. Le projet se construit avec la personne, la famille ou la collectivité qui souhaite créer, entretenir ou restaurer l’ouvrage.
Les réalisations sur mesure commencent par l’écoute et le dessin. Une personne peut arriver avec une idée encore imprécise, une photographie, une forme observée dans un bâtiment ou le souhait d’adapter un ouvrage à un espace particulier. L’atelier accompagne le choix du matériau, de la dimension et de la finition en fonction de la faisabilité du projet. La pierre offre de nombreuses nuances de grain et de couleur ; elle peut être laissée proche de son aspect naturel ou recevoir une finition qui modifie sa lumière et son toucher. Le dessin sert de lien entre l’intention et le bloc à travailler.
La transmission occupe une place dans la pratique d’Hubert Gardère. L’atelier propose des cours de taille et de sculpture sur demande, et accueille régulièrement des apprentis et des stagiaires. Apprendre la pierre ne consiste pas seulement à connaître les outils : il faut aussi comprendre le sens du grain, la résistance du bloc, la place des dégrossissages et la succession des reprises. Le geste s’affine en observant la matière, en contrôlant les arêtes et en acceptant d’avancer par étapes. Cette transmission permet de faire découvrir un métier où la patience et la précision sont indissociables.
À Muespach, Hubert Gardère réunit ainsi construction, décor et patrimoine autour de la pierre naturelle. Dallages, escaliers, encadrements, appuis, fontaines, colonnes, murs en pierre sèche, sculptures, mobilier, ouvrages funéraires et restaurations répondent à des projets différents, mais tous exigent une relation juste entre le bloc, la forme et le lieu. L’atelier travaille pour les particuliers et les entreprises, accompagne les créations sur mesure et partage son savoir-faire par l’accueil d’apprentis, de stagiaires et de personnes désireuses de s’initier à la taille. La pierre y est envisagée comme une matière durable, capable de porter une architecture, un usage ou une mémoire.