À Rouen, ARTURASS crée des luminaires et des objets de décoration en s’appuyant sur le pliage, l’origami et une fabrication annoncée comme entièrement française. Arturas Sargaitis, artisan d’art reconnu depuis 2013 et Maître Artisan d’Art depuis 2025, a ouvert son showroom-atelier rouennais en 2016. Il y confectionne et présente des lampes à poser, des lampadaires, des suspensions et des abat-jour dont les formes jouent avec la géométrie, les textures et la lumière. Le pliage n’est pas utilisé comme un simple motif décoratif : il donne sa structure au luminaire et organise les ombres qui se déploient autour de lui.
Une surface pliée transforme la lumière de manière particulière. Les arêtes peuvent la renvoyer par petites touches, tandis que les creux créent des zones plus douces. Selon l’angle de vue, un même luminaire peut paraître plus fermé, plus ouvert ou presque architectural. La forme doit pourtant rester fonctionnelle. Une lampe à poser doit trouver un équilibre sur son support et orienter la lumière de façon agréable. Un lampadaire doit conserver une assise stable et une hauteur cohérente avec les meubles voisins. Une suspension doit se lire dans le volume sans gêner les gestes ni la circulation. Chez ARTURASS, la recherche visuelle reste donc liée à des contraintes concrètes.
La collection présentée par l’atelier comprend des modèles de différentes échelles. Les lampes à poser accompagnent un meuble, une console ou une table de chevet. Les lampadaires introduisent une présence verticale dans un salon, un espace d’accueil ou une zone de lecture. Les suspensions peuvent ponctuer une table, un îlot ou un grand volume. Les abat-jour et les objets décoratifs prolongent le même vocabulaire de lignes et de facettes. Les noms de modèles comme DODY, OCTA, TRIA, AMA, DELTILLE, ASTROID WAVE, HEXA, DECA, DODECAGON, TETRA et SPIRU ULAM montrent la variété des géométries explorées, des formes compactes aux volumes plus spectaculaires.
L’origami apporte une méthode de construction autant qu’une inspiration. Un pli modifie la rigidité d’une feuille et crée une succession de plans. Le dessin doit anticiper les points de rencontre, les ouvertures, les tensions et la manière dont la matière se comportera une fois montée. Une forme régulière demande une précision constante dans les mesures. Une silhouette plus libre peut accepter des variations, mais elle doit rester équilibrée et répétable si elle appartient à une série. La mise au point associe ainsi étude de la géométrie, choix de la matière et observation de la lumière.
ARTURASS travaille aussi avec les professionnels. La ligne ESPACE, ouverte au marché professionnel en 2020, a été conçue pour des volumes spectaculaires. Un projet d’architecture, d’hôtellerie, de commerce ou de restauration peut demander un luminaire plus grand, une série coordonnée ou une adaptation de finition. Les dimensions, la hauteur d’installation, la maintenance et la relation avec le mobilier doivent être étudiées dès les premières esquisses. Un objet destiné à un hall n’est pas regardé à la même distance qu’une lampe posée dans un appartement. L’échelle modifie la densité des plis et la puissance de la présence visuelle.
Le sur-mesure permet de partir d’un besoin réel. Un particulier peut rechercher une suspension adaptée à une pièce, un lampadaire qui accompagne un fauteuil ou un ensemble de luminaires construisant une ambiance commune. Un architecte peut fournir des plans, une palette ou un volume à éclairer. Un décorateur peut demander une couleur, une texture ou une taille qui s’accorde à une composition déjà définie. L’atelier échange alors sur les dimensions, l’usage, la position de l’ampoule et l’effet recherché. La réalisation finale conserve le caractère d’ARTURASS tout en répondant aux particularités du lieu.
Les matières nouvelles évoquées pour la collection 2026 élargissent les possibilités de création. Elles peuvent modifier la façon dont le pli se tient, dont la lumière traverse la surface et dont l’objet se ressent au toucher. Le choix ne dépend pas uniquement de l’apparence : la matière doit convenir à la forme, à l’assemblage et à l’usage du luminaire. Une surface très fine peut produire une lumière délicate, tandis qu’une matière plus dense donne un volume plus marqué. Les essais permettent de voir comment une géométrie réagit lorsqu’elle est éclairée, éteinte, regardée de près ou observée depuis l’autre côté de la pièce.
La fabrication locale annoncée par l’atelier concerne aussi la relation avec le client. Voir une collection dans le showroom permet de comparer les proportions, les silhouettes et les effets d’ombre. Une rencontre sur rendez-vous peut aider à préciser un projet qui ne correspond pas à un modèle existant. Les modalités d’installation, les choix électriques, la finition et l’entretien se discutent selon la pièce retenue. Les conditions exactes d’une commande et les possibilités du moment sont déterminées avec l’atelier, car une création personnalisée ne répond pas aux mêmes contraintes qu’un modèle déjà disponible.
La lumière est au cœur de la démarche, mais elle ne s’exprime pas seulement lorsque le luminaire est allumé. Éteint, l’objet doit trouver sa place dans la décoration par son volume, ses plis et ses proportions. Allumé, il révèle une autre lecture, faite de contrastes, de halos et de surfaces qui se répondent. Cette double présence explique l’attention portée à l’origami : le pli construit une silhouette visible le jour et une architecture lumineuse le soir.
À Rouen, ARTURASS réunit donc dessin, pliage, fabrication française et recherche sur la lumière. Arturas Sargaitis développe des lampes à poser, des lampadaires, des suspensions et des abat-jour dont les formes peuvent être sobres, géométriques ou spectaculaires. Le showroom-atelier accueille les collections et les projets personnalisés, tandis que la ligne destinée aux professionnels ouvre le travail à des volumes architecturaux. Chaque luminaire est pensé comme un objet fonctionnel qui garde la trace du geste, de la matière et de la géométrie qui l’ont fait naître.