Atelier & professionnel

Atelier A.KONOMI — création et production de tapisseries à Aubusson

Nouvelle-Aquitaine

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Aubusson, dans la Creuse, l’Atelier A.KONOMI est un atelier indépendant de création et de production de tapisseries. Aiko Konomi y travaille sur métier de basse lisse en s’appuyant sur les techniques traditionnelles de la tapisserie d’Aubusson et en les ouvrant à des projets contemporains. Son approche part d’une image, d’une intention ou d’une collaboration, puis cherche le juste équilibre entre la main, la couleur et la matière. La tapisserie devient ainsi une manière de raconter, de traduire une scène et de donner une épaisseur textile à un univers visuel.

Le métier de basse lisse présente la chaîne horizontalement. Le carton est placé sous le plan de travail et le tissage avance à l’envers de l’image finale. Cette position demande au lissier de garder en mémoire la composition tout en observant les passages de fils, les limites de couleurs et la densité des points. Une partie du dessin se construit par petites zones, avec des battages, des croisages et des dégradés. La surface ne se révèle entièrement qu’au moment de la tombée de métier. Le tissage est donc un travail de durée, où la décision prise dans une petite zone influence la lecture de l’ensemble.

Aiko Konomi interprète des dessins et des visuels confiés par des clients. Le projet commence par l’observation de l’image et la compréhension de son intention. Il faut ensuite établir un carton, rechercher les couleurs, choisir les fils et déterminer les solutions techniques capables de traduire les rythmes et les textures. Une photographie, une illustration ou une composition graphique ne se comporte pas de la même manière lorsqu’elle passe sur un métier. Certains détails doivent être conservés pour maintenir le caractère de l’image ; d’autres peuvent être rapprochés ou simplifiés afin de rester lisibles dans le tissage. L’interprétation cherche la fidélité à l’esprit du modèle, sans transformer la tapisserie en simple reproduction mécanique.

La couleur occupe une place particulière dans cette pratique. Pour un projet de grande dimension, le choix d’une nuance ne se réduit pas à trouver un fil proche dans une gamme existante. Aiko Konomi participe à la recherche et à la composition des couleurs, à leur mise au point, à leur organisation et aux décisions techniques du tissage. L’atelier travaille à partir d’environ 350 couleurs de base, en laine, soie, lin, mohair et autres fibres, pour développer près de 850 teintes. Plus de 650 nuances de vert ont été réunies pour un projet. Une telle palette permet de moduler un feuillage, une ombre, une atmosphère ou une transition sans juxtaposer des aplats trop durs.

Les fibres ne produisent pas toutes le même effet. La laine donne une présence mate et une certaine profondeur au passage de couleur. La soie accroche davantage la lumière et peut souligner une zone fine. Le lin introduit une texture plus sèche, tandis que le mohair apporte une douceur et un halo particuliers. Le papier washi japonais peut aussi entrer dans la chaîne d’une œuvre, comme dans les pièces inspirées du Saga Nishiki. La rayonne est utilisée pour certains éléments portables et ajoute un autre comportement de surface. Le choix ne dépend donc pas seulement de la teinte : il tient compte du toucher, de la brillance, de la résistance et de la façon dont la matière se mêlera aux fils voisins.

L’atelier travaille également sur des projets publics de grande tenture. Aiko Konomi peut intervenir comme lissière indépendante ou responsable de projet pour des institutions publiques et privées. Dans ce contexte, le travail comprend le tissage mais aussi l’organisation, la recherche de couleur, la spécification technique et le suivi de l’avancement. Une grande tenture impose de penser les dimensions, les raccords, le poids de l’ouvrage et les conditions de présentation. Les attentes de l’artiste et du commanditaire doivent être traduites en décisions concrètes sur le carton, les fils et la construction du métier.

Parmi les projets représentatifs figure la participation à « The Gardens of the Merking’s palace », seizième œuvre du projet « Aubusson tisse Tolkien » de la Cité internationale de la tapisserie. Aiko Konomi a également pris en charge la conduite du tissage de « La Sieste de Mei et Totoro », projet de la tenture consacrée à l’imaginaire de Hayao Miyazaki. Cette pièce de très grande taille mobilise la responsabilité de l’avancement, le mélange des fils de couleur, leur organisation, la spécification technique et le tissage, en collaboration avec deux ateliers d’Aubusson. Ces réalisations montrent la place du lissier dans une chaîne de production où la création, l’interprétation et la coordination se répondent.

Les créations originales d’Aiko Konomi développent une rencontre entre cultures française et japonaise. Les scènes narratives s’inspirent de motifs connus au Japon et en France. Le dialogue entre la tradition des tapisseries médiévales françaises, les mille-fleurs et les figures animales japonaises produit un langage personnel. Les personnages et les objets ne sont pas seulement décoratifs : ils construisent une histoire, comme le faisaient les tentures narratives. Les titres, les jeux de compréhension entre les langues et la présence de motifs issus de plusieurs héritages donnent aux pièces une dimension intime, liée à une vie entre deux cultures.

Les petits formats permettent d’expérimenter cette recherche avec une échelle différente. Des pièces réalisées en coton, laine, papier japonais, soie et rayonne montrent comment une matière peut définir un détail. Un fil de Saga Nishiki peut devenir la chaîne d’une figure, la soie peut éclairer un verre à vin et la rayonne peut donner une souplesse spécifique à un élément mobile. Une œuvre de petit format n’est pas nécessairement plus simple : la proximité du regard rend visibles les choix de texture, les irrégularités de la main et les rencontres entre les fibres.

Aubusson constitue un environnement cohérent pour cette activité. La ville est associée à une production de tapisseries dont l’histoire remonte au XVe siècle. Le savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2009 et bénéficie d’une indication géographique depuis 2018. L’Atelier A.KONOMI s’inscrit dans ce territoire tout en revendiquant une création pour le XXIe siècle. La tradition fournit une technique, une organisation du métier et une culture du tissage ; les sujets, les collaborations et les matériaux ouvrent la pratique vers le présent.

Pour une commande, les éléments utiles sont l’image ou le dessin de départ, les dimensions, la destination de la pièce, les contraintes d’accrochage et le calendrier souhaité. Une collaboration artistique demande en plus de préciser la part d’interprétation, les essais de couleur et la manière dont l’œuvre sera regardée. Dans un projet institutionnel, la coordination des ateliers et les spécifications techniques prennent une importance particulière. Dans une création originale, le dialogue entre le récit, les motifs et les fibres guide les choix. À Aubusson, Aiko Konomi relie ainsi basse lisse, recherche chromatique, tissage sur mesure et narration franco-japonaise au sein d’un atelier indépendant.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Mon atelier — Atelier A.KONOMI (site externe)

    Organisme : Atelier A.KONOMI

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Aiko Konomi, son atelier indépendant à Aubusson, le tissage sur métier basse-lisse, l’interprétation d’images, les collaborations artistiques, les projets publics, les créations originales franco-japonaises et la recherche de couleurs et de matières.
    Consultée le
    10 septembre 2026

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction