Atelier & professionnel

Atelier Art Restaurer — Candice Carpentier, restauratrice de céramiques à Charenton-le-Pont

Charenton-le-Pont

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Charenton-le-Pont, l’Atelier Art Restaurer de Candice Carpentier se consacre à la conservation-restauration des céramiques et des objets d’art. Faïence, porcelaine, terre cuite, biscuit, grès et céramique architecturale font partie des matériaux traités, ainsi que certaines pièces particulières comme les têtes de poupée en porcelaine. L’atelier accueille des objets anciens ou contemporains dont la matière, la forme ou le décor ont été altérés. Chaque intervention est pensée en fonction de l’œuvre, de son histoire et de l’usage qui lui sera rendu.

Candice Carpentier a grandi dans le Pays de Bray, une région marquée par la tradition potière. Elle a découvert très tôt le modelage et le travail du volume grâce à des cours de poterie suivis aux Beaux-Arts de Beauvais. Son parcours s’est poursuivi avec un baccalauréat STI Arts appliqués, puis un diplôme en restauration et conservation des céramiques homologué par l’État. Elle a créé son atelier à Charenton-le-Pont en 2007. En 2013, elle a obtenu le titre de Maître Artisan en restauration d’œuvre d’art, avant de recevoir en 2020 le prix de l’artisan d’art de l’année du territoire Paris Est Marne et Bois.

La restauration commence par l’observation de l’objet. Une pièce peut être brisée, ébréchée, fissurée, déformée ou recouverte d’une ancienne réparation. Son décor peut présenter des lacunes, des repeints ou des zones devenues instables. La restauratrice examine la nature de la pâte, la surface, l’émail, les assemblages et les traces de fabrication. Elle cherche aussi à comprendre la place de l’objet dans l’histoire de la céramique ou dans la vie de la personne qui le possède. Cette lecture permet de distinguer une intervention destinée à stabiliser la pièce d’une restitution plus complète de son apparence.

Les matériaux ne réagissent pas tous de la même manière. Une porcelaine fine, une faïence émaillée, un grès dense, une terre cuite poreuse ou un biscuit non émaillé présentent des surfaces et des résistances différentes. La couleur, la brillance, la texture et la porosité influencent la façon dont une réparation pourra être intégrée. Un éclat sur un bord ne se traite pas comme une cassure traversant une paroi. Une pièce archéologique ne pose pas les mêmes questions qu’un objet décoratif destiné à retrouver sa place dans un intérieur. Le traitement doit donc rester ajusté à la matière et à l’histoire de chaque œuvre.

L’atelier distingue plusieurs niveaux d’intervention. Une restauration dite illusionniste cherche à rendre les manques peu perceptibles lorsque cette orientation correspond au souhait du propriétaire et à la nature de la pièce. Une restauration de type muséal peut au contraire conserver les lacunes et rendre visibles les fragments d’origine. La décision dépend de la valeur documentaire de l’objet, de l’état des éléments conservés et de la manière dont il sera regardé. Restaurer ne signifie pas nécessairement reconstituer tout ce qui a disparu : il peut être préférable de laisser une perte lisible plutôt que d’ajouter une forme insuffisamment étayée.

La faïence occupe une place très présente dans les réalisations de l’atelier. Une bouteille de Longwy, une potiche de Delft, une chevrette de pharmacie, une pendule, un plat Art Nouveau ou des carreaux anciens peuvent avoir subi des chocs et des pertes. Les formes, les couleurs et les décors orientent le travail. Une anse manquante demande une reconstruction qui respecte la courbe et le point de raccord ; un éclat sur un pied modifie l’équilibre de l’objet ; des fragments nombreux obligent à comprendre leur ordre et leur position. Le réassemblage, la restitution et la finition doivent rester en accord avec le dessin d’origine.

Parmi les réalisations présentées figure une boîte de Théodore Deck. La pièce appartient à l’histoire de la faïence décorative et demande de respecter à la fois sa forme et son décor. D’autres travaux concernent une bouteille de Longwy dont l’anse avait disparu, une bouteille à l’émail jaune, une potiche de Delft brisée en de nombreux fragments et une chevrette de pharmacie. Ces exemples montrent des situations différentes : reconstituer un élément manquant, reprendre un éclat, réunir des morceaux ou rétablir la cohérence d’une pièce utilitaire. La restauratrice adapte son choix à ce qui subsiste réellement.

La porcelaine exige une attention particulière à la finesse de la pâte et à la délicatesse des décors. Les pièces présentées par l’atelier comprennent une vasque de style « Athénienne », des statuettes, des vases, des magots, un miroir de Meissen, des vases en porcelaine de Paris et une demi-figurine. Certaines œuvres combinent une forme fragile avec des éléments rapportés ou un décor en relief. Une restauration doit alors tenir compte du poids, des points de rupture, des zones de contact et de la manière dont la lumière se pose sur la surface. Une retouche trop mate, trop brillante ou trop dense pourrait rompre l’équilibre visuel de l’ensemble.

Le biscuit, qui ne possède pas la même surface vitrifiée qu’une porcelaine émaillée, apparaît dans plusieurs pièces restaurées. Statuette de Capodimonte, sculpture de Le Guluche, sculpture de Marie-Anne Collot, baigneur, statuette de jeune fille en prière et poupée SFBJ figurent dans le catalogue des réalisations. Ces objets peuvent être très sensibles aux frottements et aux salissures. Leur aspect mat laisse lire les volumes et les détails du modelage. Les compléments doivent donc retrouver une continuité de forme et de ton sans donner à la surface un brillant étranger à la matière.

La terre cuite et le grès élargissent encore le champ de l’atelier. Vase, potiche, sculpture, lampe à huile, oenochoé étrusque, statuette ou objet archéologique ne présentent pas les mêmes enjeux. Une terre cuite peut conserver des traces de cuisson, une patine ou des irrégularités qui témoignent de son ancienneté. Un grès émaillé peut associer une pâte dense à un décor coloré ou craquelé. La restauratrice observe les cassures, les manques, la surface et la stabilité générale avant de choisir une intervention. La cohérence esthétique ne doit pas faire disparaître les informations portées par la matière.

Les céramiques architecturales demandent de considérer l’objet dans un ensemble plus vaste. Des carreaux, une façade, une vasque ou des potiches destinées à un bâtiment ne se regardent pas comme une petite pièce posée sur une étagère. Les dimensions, le poids, le mode de fixation et la relation avec le support participent à la conservation. L’atelier présente notamment des carreaux de Montpellier du XVIIIe siècle, traités selon une approche muséale qui stabilise et met en valeur les fragments sans dissimuler les manques. La restauration respecte alors l’objet tout en conservant la lecture de son état.

Les objets qui arrivent à l’atelier ont parfois déjà été réparés. Une colle ancienne peut avoir jauni, un repeint peut masquer une cassure, ou un complément peut avoir été réalisé dans une matière qui ne suit pas les mouvements de la pièce. La dé-restauration consiste à examiner ces ajouts et à décider, avec le propriétaire, s’ils doivent être retirés ou conservés. La cruche de Faenza du XVe siècle présentée par l’atelier illustre cette situation : après retrait d’une couche de peinture, des fragments faux et des interventions anciennes sont apparus. Une restauration muséale a été choisie pour mettre en valeur les tessons authentiques et éviter de transformer l’objet en pastiche.

La restauration d’une œuvre peut aussi demander une fabrication sur mesure. Le couvercle perdu d’un sucrier de Quimper, par exemple, a été copié à partir du couvercle d’une théière assortie. Le nouvel élément doit retrouver les dimensions, la courbe et la relation visuelle qui liaient les deux pièces, tout en restant identifiable comme une réalisation actuelle. Ce type d’intervention repose sur un modèle existant et sur une observation attentive des détails. Il ne s’agit pas d’inventer librement une forme, mais de construire un complément cohérent à partir des indices disponibles.

Les sculptures en céramique ajoutent le relief et la présence du volume aux difficultés de la restauration. Une chimère en grès arrivée sans sa patte a nécessité la fabrication d’un nouvel élément, puis son intégration à la forme existante. Une statuette ou une figure en biscuit peut comporter des doigts, des fleurs, des plis ou des accessoires très fins. Les parties manquantes doivent retrouver leur place sans alourdir la silhouette. La restauratrice travaille ainsi sur l’équilibre entre la reconstitution, la lisibilité de l’intervention et le respect du modelé d’origine.

Le travail de Candice Carpentier s’adresse aux particuliers, aux collectionneurs et aux professionnels qui souhaitent conserver ou présenter une œuvre. Un objet transmis dans une famille peut porter une valeur affective qui ne se mesure pas à son prix. Une pièce de manufacture, une sculpture, un carreau ancien ou une céramique archéologique peut, de son côté, demander un traitement attentif à sa valeur historique. Le dialogue permet de définir l’aspect recherché, le niveau de restitution et les conditions de présentation. Les photographies, les dimensions et une description des dommages facilitent un premier examen avant l’accueil de la pièce.

L’atelier accueille également des personnes qui souhaitent découvrir la restauration d’art. Des cours et des stages sont proposés et adaptés au besoin de l’élève. Cette transmission permet d’aborder la matière, l’observation des altérations et les gestes qui accompagnent une intervention. Elle donne à comprendre pourquoi un même produit ou une même méthode ne convient pas à toutes les céramiques. L’apprentissage passe par l’examen des surfaces, l’attention aux détails et la progression mesurée d’un travail qui ne peut pas être séparé de la nature de l’objet.

Depuis 2022, Carlotta Ilardo travaille comme cheffe d’atelier en restauration de céramiques auprès de Candice Carpentier. Après une formation suivie au Centre de Formation Professionnelle de l’atelier en 2017 et plusieurs années d’activité indépendante, elle a rejoint cette organisation. La présence de plusieurs restauratrices permet de faire vivre les compétences et d’accompagner des projets variés. Le travail reste fondé sur les mêmes principes : examiner l’œuvre, choisir des matériaux adaptés, respecter son histoire et rendre sa lecture aussi juste que possible.

À Charenton-le-Pont, l’Atelier Art Restaurer associe ainsi une pratique de conservation-restauration, un regard attentif sur les matériaux et une connaissance étendue des céramiques. Faïence de Longwy ou de Delft, porcelaine de Meissen, biscuit de Capodimonte, terre cuite, grès, carreaux anciens et objets singuliers sont abordés selon leur construction et leurs altérations. Les restaurations illusionnistes et muséales répondent à des intentions distinctes ; les copies sur mesure et les compléments donnent une nouvelle cohérence à certaines pièces ; les cours et les stages prolongent la transmission. Candice Carpentier et son équipe travaillent ainsi à préserver des formes, des décors et des souvenirs, sans séparer la beauté de l’objet de l’histoire qui l’a conduit jusqu’à l’atelier.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Art Restaurer — restauration céramique professionnelle (site externe)

    Organisme : Atelier Candice Carpentier

    Fait soutenu
    La présentation officielle décrit Candice Carpentier, maître artisan restauratrice à Paris–Charenton, les matériaux traités, les restaurations présentées et l’actualité de l’atelier.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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