Atelier & professionnel

Atelier Barrois — verre d’architecture à Brioude

Auvergne-Rhône-Alpes

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Brioude, l’Atelier Barrois développe une pratique du verre d’architecture à la croisée de l’artisanat, du design et de la recherche. Fondé par Emmanuel Barrois, il réunit des artisans d’art, des techniciens et des ingénieurs autour d’études et de réalisations verrières destinées à des bâtiments, des espaces intérieurs, des installations et des œuvres. L’atelier ne se limite pas à appliquer une technique déjà connue : chaque projet fait l’objet d’une phase de recherche et d’expérimentation qui permet d’adapter la matière, la forme, la lumière et les procédés de fabrication au contexte. Cette démarche donne au verre une place active dans l’architecture, comme surface, filtre, relief, structure ou élément de narration.

Le travail commence par une compréhension précise du projet. Un élément verrier ne produit pas le même effet selon son orientation, sa dimension, son épaisseur, son environnement et la lumière qui le traverse ou se réfléchit sur lui. Une façade exposée au sud peut devoir filtrer le rayonnement et préserver le confort intérieur. Une dalle destinée à un sol doit supporter les contraintes de passage tout en conservant sa qualité visuelle. Un mur installé dans une exposition peut rechercher une présence sculpturale ou une transformation du regard. L’Atelier Barrois examine donc la fonction et l’expérience attendue avant de déterminer la solution technique.

La conception s’appuie sur un dialogue entre plusieurs métiers. Les artisans apportent la connaissance des gestes et des transformations du verre ; les techniciens et les ingénieurs étudient la faisabilité, les dimensions, les assemblages et les contraintes physiques ; les architectes et les designers inscrivent l’élément dans un espace et une intention. Des artistes, des industriels et des chercheurs peuvent également participer à la mise au point. Cette organisation ne supprime pas le geste manuel. Elle l’inscrit dans un projet élargi où la précision du matériau et la pertinence de la forme dépendent de plusieurs regards réunis autour d’un même objet.

L’atelier associe les techniques traditionnelles verrières aux technologies industrielles les plus récentes. Cette combinaison permet d’explorer des effets qui ne seraient pas accessibles avec un seul mode de fabrication. Le thermoformage peut donner au verre une courbure, une torsion ou un relief. La trempe augmente sa résistance après la mise en forme. Le feuilletage assemble plusieurs couches pour répondre à des exigences de sécurité ou de tenue. Une résine, une texture ou un traitement de surface peut ensuite modifier la manière dont la lumière circule et dont la pièce est perçue. Chaque opération doit être pensée selon la précédente, car le verre conserve les conséquences des choix effectués pendant la fabrication.

Le projet du Musée Crozatier au Puy-en-Velay illustre cette relation entre texture et architecture. La façade de la nouvelle extension est composée de 400 panneaux de verre de 12 millimètres, thermoformés puis trempés. Le verre reçoit un relief inspiré de la pierre, mais chaque plaque possède une texture unique et aléatoire. La surface ne se comporte donc pas comme une paroi parfaitement uniforme. Elle accroche la lumière de manière variable, produit des différences d’ombre et donne à l’ensemble une profondeur qui évolue selon l’heure et le point de vue. La double peau de verre agit aussi comme un filtre thermique et solaire, tout en contribuant à préserver l’intimité des espaces du musée.

Cette réalisation montre comment le verre peut réunir une fonction environnementale et une expression plastique. La façade doit participer au confort du bâtiment, mais elle ne se réduit pas à une performance invisible. Le relief, la transparence et les variations de surface donnent une identité à l’extension. Le traitement de la lumière devient un élément de conception à part entière. L’Atelier Barrois travaille ainsi sur plusieurs niveaux simultanés : le matériau doit répondre aux contraintes d’un bâtiment, la surface doit dialoguer avec l’architecture et l’ensemble doit offrir une expérience sensible aux visiteurs comme aux personnes qui observent le musée depuis l’extérieur.

Le mur de verre réalisé pour l’exposition WONDER LAB au Musée National de Tokyo en 2017 explore une autre relation entre verre et espace. L’installation est composée de cent lames de verre laiteuses torsadées par thermoformage dynamique. La répétition des lames crée un rythme, tandis que la torsion transforme la manière dont chacune reçoit la lumière. Le verre n’est plus seulement une limite plane ; il devient une suite de présences verticales, capables de produire des variations de profondeur et de mouvement. Le projet emprunte à la fois aux techniques verrières traditionnelles et aux nouvelles technologies numériques, selon une logique de recherche qui fait de la fabrication une partie de la conception.

La teinte laiteuse modifie la perception de la transparence. Le verre laisse passer une lumière diffuse, mais il ne livre pas tout ce qui se trouve derrière lui avec la même netteté qu’un vitrage clair. Les lames torsadées déplacent les reflets et créent des zones d’opacité relative. Le visiteur perçoit alors le mur par ses contours, ses épaisseurs et les changements de luminosité qui l’accompagnent. La forme n’est pas ajoutée après coup à une plaque déjà définie : elle naît de la manière dont la matière est thermoformée. La technique devient visible dans l’espace, sans être dissociée de l’effet recherché.

La Samaritaine présente un troisième aspect du savoir-faire de l’atelier, avec la production de 600 m² de dalles de verre en 2020. Le verre extra-blanc est thermoformé pour recevoir un relief carré sur sa face supérieure et un motif de pointe de diamant sur sa face inférieure. Il est ensuite trempé puis feuilleté. Une résine métallisée couleur champagne est appliquée en sous-face. L’ouvrage associe donc plusieurs niveaux de lecture : le dessin géométrique, la texture sous le pied ou sous le regard, la profondeur créée par les couches et la nuance donnée par la résine. La dalle devient un composant architectural qui participe à l’ambiance générale du lieu.

Un tel projet demande de considérer la matière à l’échelle d’un espace de grande dimension. La répétition des dalles doit préserver la cohérence du motif tout en acceptant les exigences de fabrication. La lumière peut se poser sur les reliefs, glisser sur les faces et révéler la résine selon l’angle de vue. Les choix de thermoformage, de trempe et de feuilletage sont liés à la destination de l’ouvrage. Le verre doit être à la fois résistant, stable et capable de porter un dessin. L’Atelier Barrois met ainsi en relation étude technique, fabrication verrière et qualité d’usage.

Emmanuel Barrois a commencé à apprendre le travail du verre dans les années 1990, après une formation d’agronome. Il s’est formé en autodidacte en restaurant des vitraux de cathédrales et d’abbayes. Cette première approche l’a conduit à observer les édifices anciens et la manière dont les verriers du XIIIe siècle construisaient une architecture de lumière. Son intérêt ne se résume pas à reproduire les gestes du passé. Il cherche à comprendre ce que ces gestes ont rendu possible et à prolonger cette capacité d’invention dans l’architecture actuelle. Le verre devient un matériau historique et prospectif, capable de relier mémoire des techniques et recherche contemporaine.

Les rencontres avec les architectes Claude Parent et Paul Andreu ont contribué à préciser cette orientation. Elles ont renforcé l’idée qu’un verrier d’architecture doit dialoguer avec le projet dès ses premières étapes. La matière ne vient pas seulement habiller une forme décidée ailleurs. Elle peut modifier la lumière, la circulation, la profondeur et la perception d’un bâtiment. Elle peut aussi ouvrir une solution qui n’était pas visible au départ. Pour cette raison, l’Atelier Barrois intervient dans les phases d’étude comme dans les phases de réalisation, en cherchant une réponse où la qualité plastique et la faisabilité se soutiennent mutuellement.

L’atelier développe aussi ses propres installations verrières. Cette recherche permet de tester des formes, des textures et des procédés qui pourront ensuite nourrir des collaborations avec des architectes, des designers ou des institutions culturelles. Une installation peut servir de laboratoire pour une nouvelle manière de tordre le verre, de travailler un relief ou de composer une lumière diffuse. Les essais ne sont pas séparés de la production : ils contribuent à enrichir la compréhension du matériau et à préparer des réponses adaptées à des programmes très différents, d’une façade de musée à un dispositif scénographique.

Les expositions et les conférences de l’Atelier Barrois témoignent de cette volonté de faire circuler les idées. Les présentations au Jardin du Palais-Royal, à la Galerie Nationale des Gobelins, au Musée National de Chine, au Musée National de Tokyo, au Centre Pompidou et à l’École Nationale des Beaux-Arts ont placé le travail de l’atelier dans des contextes consacrés au design, à l’architecture et aux métiers d’art. Ces rendez-vous permettent d’aborder le verre comme une matière de construction, de lumière et de recherche. Ils donnent aussi l’occasion d’expliquer les choix techniques et la relation entre geste artisanal, innovation et projet collectif.

Le titre de Maître d’Art attribué à Emmanuel Barrois en 2010 situe son parcours dans une histoire de savoir-faire reconnus et transmis. Cette distinction accompagne une pratique qui ne sépare pas la connaissance du verre de sa capacité à évoluer. L’expérience de la restauration des vitraux, la maîtrise des procédés contemporains et le travail avec des équipes pluridisciplinaires composent une même trajectoire. La transmission peut passer par l’atelier, par les échanges avec les architectes, par les rencontres publiques et par l’observation attentive des réalisations. Elle concerne autant les gestes que la manière de penser un projet verrier.

À Brioude, l’Atelier Barrois fait du verre un matériau d’architecture, de design et d’expérimentation. Les façades texturées du Musée Crozatier, les lames torsadées de WONDER LAB et les dalles de la Samaritaine montrent trois manières de relier relief, lumière, résistance et espace. La démarche d’Emmanuel Barrois s’appuie sur une équipe réunissant savoir-faire manuels, compétences techniques et recherche, avec une attention constante au contexte de chaque réalisation. Le verre y devient une matière active : il filtre, réfléchit, diffuse, structure et transforme la perception d’un lieu.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source officielle site-officiel

    L’atelier — Atelier Emmanuel Barrois (site externe)

    Organisme : Atelier Barrois

    Fait soutenu
    La présentation officielle décrit une équipe pluridisciplinaire qui conçoit, étudie et réalise des éléments verriers pour l’architecture, le design et les arts, en associant techniques verrières et technologies industrielles.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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