Atelier & professionnel

Atelier Bejaïa, restauration de mobilier et marqueterie de paille à Pantin

Pantin

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Pantin, en Seine-Saint-Denis, Chloé Cathala dirige l’Atelier Bejaïa, consacré à la restauration de mobilier, à l’ébénisterie et à la marqueterie de paille. L’atelier travaille sur des meubles anciens auxquels il peut redonner une cohérence, une fonction et une présence nouvelle. Il propose aussi de personnaliser des pièces existantes grâce à un décor en paille de seigle, afin de faire dialoguer la mémoire du meuble avec une écriture plus contemporaine. Cette orientation associe le respect de l’objet conservé à la possibilité d’en faire une création singulière.

Le parcours de Chloé Cathala commence dans le droit avant une reconversion vers les métiers du bois. Elle a obtenu un CAP d’ébéniste puis un titre professionnel de restauratrice de mobilier à l’école Boulle. Ces formations lui donnent une double approche. L’ébénisterie apprend à comprendre la construction, les assemblages, les proportions et les finitions d’un meuble. La restauration ajoute une attention à l’histoire de la pièce, aux transformations anciennes et aux parties qui peuvent être conservées. L’Atelier Bejaïa est fondé en 2023 avec l’envie de prolonger la vie des meubles plutôt que de les remplacer systématiquement.

Restaurer un meuble commence par une observation attentive. Il faut regarder les essences utilisées, le type d’assemblage, l’état des placages, les traces d’usage et les réparations déjà réalisées. Une rayure superficielle ne demande pas la même intervention qu’un placage soulevé, qu’un pied fragilisé ou qu’une structure déformée. La restauration cherche à retrouver la stabilité et la lisibilité de la pièce sans effacer tous les signes de son parcours. Les marques qui témoignent de l’âge, des usages et des transformations peuvent faire partie de son identité.

Le bois impose une lecture précise de la matière. Le fil, la couleur, la densité et les variations d’une essence influencent la manière dont une réparation sera perçue. Une partie remplacée doit dialoguer avec les éléments conservés, sans produire un contraste artificiel. Les assemblages doivent rester solides, mais ils doivent aussi respecter la logique de construction du meuble. Un tiroir, une porte, un piètement ou un plateau se travaillent selon leur rôle dans l’ensemble. Le geste de l’ébéniste relie donc la technique à la compréhension de l’objet.

La restauration traditionnelle peut redonner à un meuble sa fonction quotidienne. Une commode doit retrouver des tiroirs qui coulissent correctement. Une chaise ou un petit meuble doit rester stable lorsqu’il est manipulé. Une porte doit s’ouvrir sans contrainte et conserver un alignement satisfaisant. Les finitions accompagnent cette remise en état. Elles protègent le bois tout en laissant apparaître son dessin. Le choix du traitement dépend de l’histoire de la pièce, de son usage futur et de l’effet recherché dans l’intérieur qui l’accueillera.

La personnalisation par marqueterie de paille apporte une autre dimension au travail. Un meuble ancien peut recevoir un décor nouveau sans perdre complètement sa silhouette. La paille devient une surface de couleur, de lumière et de texture qui transforme un panneau, un tiroir, un plateau ou un élément de façade. Le projet doit tenir compte du style du meuble, de son état et des zones qui peuvent accueillir un placage. Le motif n’est pas posé sur une surface abstraite : il doit s’adapter aux lignes, aux angles, aux moulures et aux ouvertures déjà présentes.

La paille de seigle utilisée en marqueterie est d’abord séchée, puis préparée pour devenir un ruban plat. Chaque brin est ouvert et écrasé à la main. Cette opération demande de la patience et une bonne compréhension de la matière, car l’épaisseur, la largeur et la régularité du brin influencent la pose. Les rubans sont ensuite collés un à un sur le support selon le dessin préparé. La direction des fibres, la jonction entre les bandes et la continuité du motif donnent au décor sa précision.

La lumière révèle les particularités de la paille. Une bande posée dans un sens peut réfléchir une clarté différente d’une bande orientée autrement. Les nuances se déplacent lorsque l’on change de point de vue. Une surface peut paraître douce et mate dans une zone, puis prendre un éclat plus vif sur une autre. Le décor gagne ainsi une profondeur qui ne dépend pas uniquement de la couleur. La marqueterie conserve une relation directe avec le geste de pose et avec les variations naturelles de la matière.

Le choix des teintes fait partie de la conception. L’Atelier Bejaïa présente une palette de pailles colorées permettant de rechercher un accord avec le bois du meuble, les murs, les textiles et les autres objets de la pièce. Un décor bleu et doré peut souligner une forme classique. Une composition verte, turquoise ou anthracite peut donner à un meuble ancien une présence plus actuelle. Le laiton peut être associé à la paille pour créer un contraste entre une surface métallique, un reflet et une matière végétale.

Le motif peut être choisi dans une famille existante ou dessiné spécialement pour le projet. Une composition géométrique organise les bandes selon des lignes, des angles et des répétitions. Un motif plus libre peut suivre les courbes d’un panneau ou accompagner une forme centrale. Le dessin doit prévoir les raccords, les changements de direction et les zones qui seront vues de près. Les dimensions du meuble déterminent aussi l’échelle du décor. Un motif trop dense peut alourdir un petit panneau ; une trame trop espacée peut perdre sa continuité sur une grande surface.

La personnalisation ne se limite pas à la pose de la paille. Le meuble peut recevoir une restauration complète afin que la structure, les parties en bois et le nouveau décor forment un ensemble durable. L’ébéniste examine alors l’état général, les supports et les finitions avant de déterminer l’ordre des interventions. La marqueterie doit trouver une surface stable, préparée et compatible avec la colle. Le nettoyage final retire les traces résiduelles et rend aux brins leur couleur et leur brillance.

L’atelier s’inscrit dans une démarche de réemploi. Prolonger la vie d’un meuble ancien évite de réduire sa valeur à son apparence du moment. Une pièce peut retrouver sa place dans un intérieur après une réparation, une adaptation ou une transformation décorative. Le bois, la paille et le laiton sont choisis pour leur résistance et leur capacité à durer lorsqu’ils sont entretenus correctement. Les produits utilisés sont présentés comme biosourcés ou à faible potentiel de composés organiques volatils, et les chutes de laiton issues des créations sont recyclées.

Cette attention aux matériaux modifie la façon de concevoir un projet. Le meuble existant n’est pas un simple support destiné à recevoir une décoration. Il possède une histoire, des proportions et une manière particulière de prendre place dans une pièce. La création doit s’appuyer sur ces qualités. Une table, un chevet, une commode ou un miroir peut devenir plus actuel sans perdre le lien avec sa construction. La marqueterie ajoute une nouvelle lecture plutôt qu’un habillage uniforme.

Les objets décoratifs complètent le travail sur le mobilier. Un miroir au paon et des détails de marqueterie présentés par l’atelier montrent comment la paille peut quitter le seul registre du meuble pour accompagner une pièce destinée à être regardée. Le décor peut se concentrer sur un encadrement, une façade, un petit panneau ou une forme qui devient un élément autonome. Dans un format réduit, la régularité de la pose et la relation entre les teintes sont particulièrement visibles. Le moindre raccord participe à l’équilibre de l’ensemble.

La pratique de Chloé Cathala associe ainsi plusieurs temps de travail. Il faut comprendre l’objet, préparer le support, dessiner le motif, choisir la palette, ouvrir et aplatir la paille, poser les rubans, reprendre les détails et protéger la réalisation. Chaque phase dépend des précédentes. Une bonne connaissance du meuble facilite la personnalisation ; une marqueterie bien préparée respecte la structure qui la reçoit. Le résultat reste artisanal parce que la matière est manipulée, ajustée et observée à chaque étape.

À Pantin, l’Atelier Bejaïa fait dialoguer restauration de mobilier et création contemporaine. Les meubles anciens peuvent être stabilisés, réparés et remis en usage. Ils peuvent aussi recevoir une marqueterie de paille de seigle, des teintes choisies, des détails en laiton ou un motif conçu pour leur nouvelle place. L’ébénisterie apporte la connaissance du bois et des assemblages ; la restauration protège ce qui mérite d’être conservé ; la marqueterie transforme la surface par la couleur, la lumière et la précision des gestes. Chaque projet cherche ainsi à prolonger la vie d’un objet tout en lui donnant une expression actuelle.

Métiers exercés

Traçabilité

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