Atelier & professionnel

Atelier Braja — Anaïs Braja, restauratrice de céramiques et de verre à Franconville

Franconville

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Franconville, dans le Val-d’Oise, l’Atelier Braja est consacré à la restauration d’objets d’art et d’archéologie. La structure est référencée depuis 2015 par l’Institut pour les Savoir-Faire Français dans les domaines de la restauration de céramiques et de la restauration du verre et du cristal. L’atelier accueille les projets sur rendez-vous à Franconville et à Paris. Il travaille sur des objets en terre crue ou cuite, faïence, terre vernissée, porcelaine, grès, verre, cristal et métal émaillé.

Cette variété de matières appelle une observation précise avant toute intervention. Une terre cuite archéologique peut être poreuse, couverte de dépôts ou fragmentée ; une faïence peut porter une glaçure et un décor qui doivent rester lisibles ; une porcelaine peut présenter une cassure fine ou une lacune sur une partie délicate ; un verre et un cristal réagissent différemment aux tensions et aux adhésifs. Le métal émaillé ajoute encore une relation entre un support métallique et une couche de verre coloré. Le traitement doit donc être adapté à l’objet, à son état et à la place qu’il occupe dans une collection.

Les images associées à l’Atelier Braja montrent plusieurs moments du travail. Un vase en faïence est observé sur l’établi pour établir un constat d’état. Une terre cuite archéologique est présentée au cours d’un nettoyage. Un cadran émaillé apparaît avant puis après restauration. Une pièce de verre est montrée pendant une opération de collage. Ces étapes ne décrivent pas une suite automatique pour toutes les œuvres, mais elles rendent visible la diversité des problèmes rencontrés : comprendre l’état initial, retirer ce qui masque la surface, stabiliser une matière et réunir des fragments.

Le constat d’état donne une base au projet. Il permet de relever les cassures, les éclats, les lacunes, les déformations, les dépôts et les anciennes réparations. Pour un objet archéologique, il peut aussi être nécessaire de conserver les informations liées au contexte de découverte et à la disposition des fragments. Pour un objet de collection, l’examen porte sur le décor, la structure, les traces d’usage et la manière dont l’œuvre sera présentée. Cette première observation aide à distinguer une opération de nettoyage, une consolidation, un collage, un comblement ou une restitution plus étendue.

Le nettoyage n’a pas la même fonction selon la matière. Sur une terre cuite, il peut révéler la surface et les traces qui étaient couvertes par la terre ou les dépôts. Sur une faïence, il peut dégager un décor sans affaiblir la glaçure. Sur un verre, il faut tenir compte des altérations produites par l’enfouissement, du blanchiment éventuel et de l’état des bords. Le nettoyage doit progresser par essais et observations, car une action trop forte pourrait retirer une information ou accentuer une fragilité. L’objectif est de rendre l’objet lisible tout en respectant ce qui a traversé le temps.

Le collage réunit les fragments lorsque leur rapprochement est possible. L’alignement des bords, la stabilité du support et la résistance de l’adhésif sont pris en compte avant de refermer une cassure. Une pièce de verre peut être lourde ou très fine ; une céramique peut présenter une paroi courbe et un décor qui rendent la jonction visible ; un cadran émaillé peut demander une attention particulière pour ne pas abîmer sa surface. L’Atelier Braja présente le collage d’un verre parmi ses réalisations, ce qui montre une intervention centrée sur l’assemblage et la conservation de la pièce.

Les lacunes et les éléments manquants peuvent conduire à un comblement ou à une restitution. La forme ajoutée doit s’accorder avec les parties conservées sans faire passer une hypothèse pour une certitude. Une anse, un bord, un relief ou une partie de décor ne se reconstitue pas de la même manière. Les documents disponibles, les fragments, les comparaisons typologiques et l’étude de l’objet peuvent orienter la proposition. Selon le but de la restauration, le complément peut rester visible ou être intégré plus discrètement à l’ensemble.

La restauration d’une œuvre archéologique demande une attention particulière à la distinction entre l’ancien et le restitué. Les fragments peuvent avoir été déplacés depuis la fouille, réunis dans une ancienne présentation ou conservés séparément. L’intervention doit préserver la compréhension de l’objet et de son histoire. Les terres cuites, les verres et les métaux émaillés n’ont pas les mêmes altérations ni les mêmes contraintes de manipulation. Le travail peut donc associer étude, nettoyage, collage et présentation, en conservant des repères pour le public et pour les personnes qui étudient la collection.

Anaïs Braja a signé une étude consacrée à trois vitres gallo-romaines conservées au musée de la Porte du Croux à Nevers. Elles proviennent du site archéologique de Compierre et mesurent environ soixante centimètres sur quarante-cinq, pour une épaisseur comprise entre cinq et sept millimètres. Très fragmentées mais presque complètes, elles avaient été collées sur des panneaux de bois rectangulaires. L’article s’intéresse à leur histoire matérielle, à leur fabrication, à leur état de conservation et aux conditions nécessaires pour les présenter à nouveau.

Cette étude commence par les archives et par l’histoire de la collection. Les vitres étaient associées à une collection ancienne, mais leur dossier d’œuvre était très peu documenté. La recherche a permis de relier leur présence au musée à des découvertes effectuées au XIXe siècle sur le site de Compierre. L’emplacement archéologique a ensuite été précisé par des travaux topographiques. Cette démarche montre le rôle des documents et du contexte dans la restauration : la matière seule ne suffit pas toujours à comprendre la trajectoire d’un objet.

La recherche technologique complète l’étude historique. Les traces d’outils, les bords et les aspérités de surface ont été observés, notamment avec l’aide du pôle vitrail du Laboratoire de recherche des Monuments historiques. La comparaison des marques de fabrication avec les procédés connus du verre plat antique a conduit à retenir l’hypothèse d’un coulage libre sur une pierre réfractaire, avec un travail de tassage à chaud. Cette conclusion relie l’examen de la surface à la connaissance des gestes anciens, sans réduire la vitre à son seul aspect décoratif.

Le constat d’état des vitres a révélé des altérations liées à leur usage, à leur enfouissement et à leur ancien montage. La face collée au support de bois avait subi des modifications chimiques et mécaniques, tandis que la face exposée à l’air était mieux conservée. Le panneau de bois s’était déformé sous l’effet de l’humidité, ce qui avait comprimé les fragments les uns contre les autres et provoqué des cassures ou des éclats récents. Comprendre cette relation entre le support et le verre était nécessaire pour choisir une méthode de démontage et de remontage.

Pour l’une des trois vitres, le démontage du panneau de bois a été retenu afin de préserver l’objet sur le long terme. L’ancien adhésif a été solubilisé progressivement le long des cassures avec un mélange d’eau et d’éthanol. Le papier d’interface a été maintenu contre le verre pendant la dissociation afin de limiter le risque d’arrachement des zones fragiles. Après la dépose, de l’eau déminéralisée a été apportée avec mesure au travers d’un tissu microporeux pour retirer ce papier sans créer de nouvelles tensions. Les restes de colle ont ensuite été retirés mécaniquement sous observation rapprochée.

Le remontage a concerné cent treize tessons. L’adhésif choisi pour cette opération était une résine stable, réversible et assez résistante pour tenir compte du poids de la vitre, évalué à environ deux kilogrammes et demi. Un cadre en bois construit sur mesure a maintenu l’objet pendant le travail. La solution ne reposait donc pas seulement sur le produit de collage : le support temporaire, la position de la pièce et la progression de l’assemblage participaient à la sécurité de l’intervention.

La présentation finale a fait l’objet d’une étude mécanique. Le réseau de cassures pouvait former des ouvertures ou des blocages différents selon l’orientation de la vitre. Des tests d’inclinaison ont permis de rechercher la position où les fragments s’auto-bloquaient le mieux et d’identifier les tessons qui assuraient le maintien de l’ensemble. Des modèles réduits ont été fabriqués pour observer le comportement du réseau dans plusieurs positions. Cette étape a conduit à un soclage incliné, solide et transparent, conçu pour ne pas masquer les bords porteurs d’informations archéologiques.

La vitre restaurée a été exposée au musée de la Porte du Croux à Nevers à partir d’octobre 2015. Cette réalisation illustre un principe essentiel de la conservation-restauration : une intervention ne s’achève pas lorsque les fragments sont réunis. Il faut aussi permettre à l’objet d’être présenté, transporté et regardé dans des conditions compatibles avec sa structure. Le support, l’inclinaison, l’accès aux bords et la lisibilité des marques anciennes font partie du projet autant que le nettoyage ou le collage.

Le travail de l’Atelier Braja peut également concerner des collections qui associent plusieurs types d’objets. Un musée ou un service archéologique peut avoir besoin d’un examen de terres cuites, de verres, de cristaux ou de pièces en métal émaillé. Un collectionneur peut confier une faïence, une porcelaine, un grès ou une œuvre décorative. Dans chaque situation, les photographies de l’objet, les dimensions, les fragments disponibles, la provenance connue et les conditions de conservation aident à préparer le premier échange. La méthode ne peut être définie sérieusement qu’après avoir compris l’œuvre et ses fragilités.

La relation avec les professionnels et les particuliers est annoncée sur rendez-vous. Un projet peut viser la conservation d’une collection, la restauration d’un objet d’art, la stabilisation d’une pièce archéologique ou l’amélioration de sa présentation. Les informations disponibles permettent de distinguer une intervention destinée à l’étude d’une intervention préparant une exposition. Un objet très fragmenté peut nécessiter un support spécifique ; une surface émaillée peut appeler des essais prudents ; une céramique décorée peut demander une restitution limitée. Le dialogue avec la personne responsable de l’œuvre sert à définir le degré d’intervention et le résultat attendu.

À Franconville, l’Atelier Braja associe restauration de céramiques, de verre et de cristal, traitement de terres cuites et de faïences, conservation de pièces archéologiques et étude de matériaux émaillés. Les réalisations montrées vont du constat d’état d’un vase à la restauration d’un cadran, du nettoyage d’une terre cuite au collage d’un verre. L’étude des vitres gallo-romaines de Compierre ajoute une dimension historique et technologique à cette pratique, avec recherche documentaire, observation des traces de fabrication, démontage prudent, remontage de fragments et conception d’un soclage. La restauration y apparaît comme un travail de compréhension, de stabilité et de transmission.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle notice-professionnelle

    Atelier Braja — Institut pour les Savoir-Faire Français (site externe)

    Organisme : Institut pour les Savoir-Faire Français

    Fait soutenu
    La notice professionnelle présente l’Atelier Braja, son référencement depuis 2015, la restauration de céramiques, de verre et de cristal, l’accueil à Franconville et Paris, les matières traitées et les réalisations illustrées.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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