Atelier & professionnel

Atelier Bulle de Verre — Jérôme Poussier et Karine Saint-Maur, vitraillistes à Arles-sur-Tech

Arles-sur-Tech

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Arles-sur-Tech, dans les Pyrénées-Orientales, l’Atelier Bulle de Verre réunit Jérôme Poussier et Karine Saint-Maur autour du vitrail et de la décoration sur verre. Installé depuis 2015 dans une ancienne usine de tissage réhabilitée par la commune, l’atelier partage ce lieu avec d’autres artisans. Ce voisinage nourrit un environnement de métiers et de matières, mais le travail de Jérôme et Karine possède une identité propre : créer des vitraux, restaurer des ouvrages liés au patrimoine et expérimenter différentes manières de colorer, assembler ou transformer le verre. L’atelier travaille pour des particuliers, des architectes, des commanditaires privés et des collectivités. Il propose aussi des pièces uniques de décoration et des initiations permettant de découvrir les gestes du vitrail.

Le vitrail constitue le cœur de l’activité. Un projet peut être une création originale conçue pour un intérieur, une ouverture, un lieu collectif ou un édifice, mais aussi une restauration attentive d’un ouvrage existant. Dans les deux cas, la lumière joue avec les couleurs, les plombs, les contours et les transparences. Un vitrail ne se regarde pas comme une image posée sur un mur : il change selon l’heure, l’orientation, la météo et l’éclairage de la pièce. La composition doit donc trouver un équilibre entre le dessin observé de face et l’effet produit lorsque la lumière traverse les verres. L’atelier décrit chaque vitrail comme une création unique, ce qui laisse place à une réponse conçue pour le lieu et non à une simple répétition de motif.

La restauration de vitraux demande d’abord de comprendre l’ouvrage avant d’intervenir. Les pièces de verre peuvent être fragilisées, les réseaux de plomb déformés et les assemblages marqués par le temps. Une opération patrimoniale doit préserver ce qui peut l’être et retrouver la cohérence de l’ensemble. Pour une collectivité ou un propriétaire, le travail s’inscrit dans une histoire architecturale et dans un usage concret du bâtiment. Les couleurs, les dessins, les réparations anciennes et les traces d’usure donnent des indications sur la manière dont le vitrail a été fabriqué et entretenu. Le geste du restaurateur ne consiste donc pas à effacer toute marque : il cherche à redonner solidité et lisibilité à l’ouvrage en respectant sa composition.

Jérôme Poussier apporte également une pratique de la peinture sur verre développée depuis plus de vingt ans. Dans cette approche, le verre devient un support à part entière, comparable à une surface picturale mais traversé par la lumière. Une peinture peut préciser un visage, un animal, un végétal, une architecture ou un détail narratif ; elle peut aussi renforcer une ombre, un contour ou une profondeur dans une composition. La peinture ne s’ajoute pas simplement à la couleur du verre. Elle doit être pensée avec la transparence et la position de l’ouvrage, car un même trait ne sera pas perçu de la même façon devant un fond clair ou dans une lumière plus faible. Cette maîtrise ouvre un champ expressif marqué pour les créations comme pour les interventions sur des vitraux figuratifs.

L’atelier explore plusieurs techniques complémentaires. Le fusing permet d’assembler des éléments de verre par la chaleur et de former des plaques ou des objets dont la matière peut rester lisible dans la composition finale. Le thermoformage apporte des reliefs et des courbes en faisant prendre une forme au verre dans un four. Le sablage modifie l’aspect de la surface et crée des zones plus mates, tandis que la gravure ajoute un dessin ou une intervention précise. Ces procédés peuvent être utilisés séparément ou combinés selon la pièce. Le choix dépend de l’effet recherché, de la place de la lumière, du support et de la destination de l’ouvrage. Une création murale, un élément de décoration intérieure et un vitrail destiné à un bâtiment ne demandent pas nécessairement la même succession d’opérations.

Les objets fusionnés de l’Atelier Bulle de Verre se distinguent par un travail d’inclusion de feuilles de cuivre et d’aluminium, associé à des émaux opalescents. Ces éléments introduisent dans le verre des lignes, des éclats et des variations de couleur qui peuvent devenir particulièrement intenses après la cuisson. Une feuille métallique n’est pas un décor posé à la fin : elle participe à la composition avant le passage au four et se trouve intégrée à la pièce. Les émaux opalescents ajoutent une profondeur différente selon leur concentration et la lumière qui les atteint. L’atelier peut ainsi produire des plats, des objets décoratifs, des luminaires ou des bijoux où le verre conserve une dimension graphique et lumineuse. Chaque pièce garde les nuances liées à la disposition de la matière et au processus de cuisson.

Les luminaires prolongent naturellement cette recherche. La lumière n’est plus seulement celle qui traverse une fenêtre ou un panneau ; elle devient une présence produite par l’objet lui-même. Un verre texturé, coloré ou enrichi d’inclusions peut diffuser l’éclairage, le fragmenter ou en accentuer certains points. La forme du luminaire doit tenir compte de l’éclairage, de la distance d’observation et de l’usage quotidien. Une suspension, une applique ou une lampe de table ne se perçoit pas à la même hauteur et ne crée pas le même environnement. Le travail du verre apporte alors une ambiance autant qu’un objet. Pour les arts de la table et les bijoux, l’échelle change encore : les inclusions, les bords et les détails deviennent visibles à proximité, dans la main ou sur une table.

Les commandes architecturales et les projets décoratifs demandent un échange en amont. Un architecte peut intégrer un vitrail à une construction neuve ou à une rénovation ; un particulier peut souhaiter une pièce adaptée à une ouverture ou à un intérieur ; une collectivité peut confier la restauration d’un ouvrage qui appartient à l’histoire d’un bâtiment. Les dimensions, le dessin, la palette de couleurs, le type de support et les conditions de lumière orientent les propositions. L’atelier doit également tenir compte de la perception depuis plusieurs endroits, de la relation avec les murs et de la manière dont le verre sera protégé et entretenu. Cette phase de dialogue permet de faire correspondre l’intention artistique avec les contraintes de l’architecture sans réduire la création à une solution standard.

La transmission complète l’activité de création et de restauration. L’atelier propose des stages d’initiation au vitrail pour les personnes curieuses de découvrir les techniques. Le vitrail au plomb et la méthode Tiffany, qui utilise du cuivre pour assembler les éléments, offrent deux façons d’aborder la construction d’un panneau. Une initiation permet d’expérimenter la coupe, la préparation des pièces, l’assemblage et les finitions à une échelle accessible. Le participant découvre aussi que le dessin doit être pensé en fonction des lignes de construction et de la fragilité du verre. La formation ne remplace pas le temps nécessaire à la maîtrise du métier, mais elle rend visibles les décisions et les gestes qui donnent sa cohérence à un ouvrage.

Le lieu de l’atelier favorise enfin la rencontre avec le public. Les visiteurs peuvent découvrir la boutique et observer les artisans au travail pendant les périodes d’accueil annoncées par l’atelier. Cette proximité permet de comprendre la différence entre un verre industriel et une pièce qui a été composée, chauffée, peinte, gravée ou assemblée à la main. Elle permet aussi d’aborder les créations sous plusieurs angles : objets de décoration, arts de la table, bijoux, luminaires, vitraux et travaux destinés à l’architecture. Le verre se révèle dans ses détails, mais aussi dans sa capacité à modifier un espace par la couleur et la lumière.

À Arles-sur-Tech, Jérôme Poussier et Karine Saint-Maur font dialoguer le vitrail, la peinture sur verre et les techniques de transformation au four. L’Atelier Bulle de Verre restaure des ouvrages liés au patrimoine, crée des vitraux originaux et développe des pièces uniques en fusing et en thermoformage. Les inclusions de cuivre et d’aluminium, les émaux opalescents, le sablage et la gravure enrichissent leur palette d’intervention. Cette diversité ne disperse pas leur pratique : elle leur permet d’adapter le verre à une fenêtre, un décor intérieur, un objet, un bijou ou un luminaire. Le fil conducteur reste la lumière, observée à travers la matière, retenue par une peinture, diffusée par une texture ou révélée par une inclusion métallique.

Métiers exercés

Traçabilité

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