À Orée d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, l’Atelier de Forge Robert & Robert réunit ferronnerie d’art, serrurerie ancienne, métallerie et restauration d’ouvrages. L’entreprise s’inscrit dans une histoire commencée en 1967, lorsque Jean Robert a créé l’atelier comme ferronnier d’art. En 2002, la transmission à ses fils David et Emmanuel a donné naissance à l’appellation actuelle. Le site professionnel présente une maison où la fabrication sur mesure, les interventions sur le patrimoine et les créations contemporaines se répondent sans se confondre. Cette continuité permet de travailler aussi bien sur une pièce décorative que sur un ouvrage destiné à un édifice ancien ou à un projet architectural.
La ferronnerie d’art s’appuie sur la transformation de l’acier à la forge et sur une connaissance précise des proportions, des assemblages et des finitions. L’atelier conçoit et fabrique des rampes, des garde-corps, des portes, des portails, des marquises, des enseignes et des tringles anciennes. Les pièces sont pensées en fonction de leur usage, de leur environnement et du dessin retenu. Une rampe doit accompagner un déplacement et se saisir naturellement ; un garde-corps doit trouver sa place dans une façade ou une circulation ; un portail doit associer présence visuelle, résistance et fonctionnement quotidien. La ligne, le rythme des éléments et la qualité des raccords donnent à l’ouvrage sa cohérence.
Le travail ne se limite pas aux grands ouvrages. L’atelier présente aussi du mobilier classique ou contemporain : tables, chaises, consoles, bougeoirs et lampes. Ces objets montrent une autre échelle de la ferronnerie, où la relation entre la main, le volume et l’usage devient particulièrement lisible. Une table en métal doit rester stable et agréable à vivre ; une chaise demande une géométrie adaptée au corps ; un bougeoir ou une lampe associe une silhouette, un équilibre et une fonction. Les formes décrites par l’atelier privilégient une ferronnerie contemporaine simple, fine et épurée, tout en conservant la possibilité d’un vocabulaire plus traditionnel.
La restauration d’ouvrages anciens demande une lecture attentive de la pièce conservée. Serrures, espagnolettes, fiches forgées, charnières, loquets, verrous, targettes, loqueteaux, heurtoirs et poignées de porte peuvent présenter des usures, des déformations ou des éléments manquants. Avant de fabriquer une partie, il faut comprendre le fonctionnement de l’ensemble, la nature des assemblages et le rapport entre les pièces mobiles et les pièces fixes. Une intervention réussie permet de retrouver un usage fiable sans effacer les traces qui témoignent de l’histoire de l’objet. L’atelier indique également réaliser des éléments de serrurerie contemporaine sur demande, avec une réponse adaptée à un projet neuf ou à une rénovation.
La serrurerie ancienne occupe ainsi une place particulière dans le métier de Robert & Robert. Les formes d’une ferrure ne sont pas seulement décoratives : elles accompagnent l’ouverture d’une porte, le maintien d’un volet, la fermeture d’un portail ou la protection d’un bâtiment. Une poignée doit être agréable à prendre en main ; un verrou doit coulisser correctement ; une charnière doit supporter les efforts répétés de l’ouvrant. Pour une restauration, la fidélité au dessin ancien doit s’accorder avec les contraintes d’un usage actuel. Cette attention aux détails explique la complémentarité entre forge, ajustage et montage sur le bâtiment.
La métallerie élargit le champ des réalisations. L’atelier travaille à partir de plans fournis par le client ou de dessins établis par ses professionnels. Il réalise des escaliers à limon central ou à deux limons, des menuiseries métalliques en profils fins ou dans d’autres sections, des baies et portes vitrées, des verrières, des parois vitrées et des passerelles. Le métal peut alors structurer un espace tout en laissant passer le regard et la lumière. Dans une verrière, le dessin des montants compte autant que la précision des assemblages ; dans une passerelle, la circulation, les appuis et la relation avec le bâti guident la conception ; dans un escalier, la géométrie doit conjuguer confort, solidité et présence visuelle.
Les réalisations en profils fins donnent une place particulière à la sobriété. Une menuiserie métallique peut dessiner une séparation sans alourdir la pièce, encadrer une baie ou accompagner un vitrage existant. Une porte vitrée demande une mise au point précise des dimensions, des jeux et des points de rotation. Une paroi vitrée doit s’inscrire dans l’architecture tout en recevant les éléments de quincaillerie nécessaires. Le travail de l’atelier s’étend ainsi de la pièce forgée visible à la structure métallique qui organise un volume intérieur ou une façade.
Les escaliers et les rampes associent plusieurs savoir-faire. Le dessin doit tenir compte de la hauteur à franchir, de la largeur disponible, de la position des appuis et de la circulation autour de l’ouvrage. Le choix d’un limon central ne produit pas le même effet qu’une solution à deux limons. Les garde-corps, les retours et les points de liaison complètent la structure et participent à la lecture générale de l’ensemble. Les pages de réalisations de l’atelier montrent des ouvrages où la ferronnerie, la métallerie et l’intégration de l’éclairage peuvent se rencontrer, notamment dans des projets de circulation et d’aménagement.
Robert & Robert intervient également sur des commandes liées au patrimoine. La liste publiée par l’atelier mentionne des réalisations pour le Musée de Cluny, le Val de Grâce, les Invalides, l’ambassade des États-Unis à Paris, le Musée de Minneapolis, plusieurs châteaux, le Musée de Senlis, le Château de Gien, le Château de Chavaignes, le Château de Vair et le Passage Pommeraye à Nantes. Ces références sont présentées par périodes et par lieux ; elles montrent la diversité des contextes dans lesquels des menuiseries métalliques, des garde-corps, des ouvrages de serrurerie ou des éléments de restauration peuvent prendre place. Chaque bâtiment impose son vocabulaire, ses proportions et ses contraintes de pose.
La réédition de tringles du XVIIIe siècle constitue un autre volet singulier. L’atelier indique avoir travaillé avec les tapissiers Michel Chauveau et Sébastien Ragueneau pour des rééditions destinées à des décors historiques. Les références publiées comprennent l’Hôtel de Saint-Florentin, l’Hôtel de Beauharnais, plusieurs espaces du Château de Versailles, l’Hôtel de Brienne, le Château de Valençay et les Wrightsman Galleries du Metropolitan Museum of Art à New York. Une tringle ancienne ne se résume pas à une barre fonctionnelle : ses supports, ses embouts et ses ornements doivent dialoguer avec les tentures et l’architecture intérieure. Ce type de commande mobilise donc la ferronnerie, l’observation des modèles et le dialogue avec d’autres métiers d’art.
Les ouvrages d’art complètent les commandes architecturales. La page consacrée à la métallerie cite notamment le trophée du Festival du Scoop et du journalisme. Dans un objet destiné à distinguer un événement, la matière doit produire une silhouette immédiatement lisible tout en restant manipulable et durable. Le dessin, le volume, l’équilibre et la finition participent ensemble à l’identité du trophée. Cette capacité à passer d’une structure de bâtiment à un objet symbolique montre l’étendue des compétences mobilisables dans un même atelier.
Le rapport entre tradition et création contemporaine traverse la présentation de Robert & Robert. La forge et la restauration demandent de connaître les formes anciennes, les assemblages et les gestes liés au métal. Les projets contemporains ouvrent un autre espace d’invention, avec des lignes plus dépouillées, des profils fins et des meubles ou luminaires conçus pour des intérieurs actuels. Ces deux orientations peuvent se nourrir mutuellement : l’expérience des ouvrages anciens renforce la précision des pièces neuves, tandis que la recherche de formes simples donne une lecture claire aux objets de ferronnerie.
L’atelier déclare compter cinq professionnels qualifiés et former régulièrement des apprentis. La transmission ne concerne pas seulement les gestes de forge. Elle comprend aussi l’interprétation d’un dessin, la préparation d’une pièce, l’ajustage, la lecture d’un bâtiment, la sécurité autour des outils et l’attention portée aux finitions. Dans les métiers du métal, la progression passe par la répétition des opérations, mais aussi par la compréhension de la raison qui guide chaque choix. Savoir pourquoi un assemblage est placé à un endroit donné ou pourquoi une épaisseur convient à un usage permet de construire une pratique autonome et responsable.
Les demandes peuvent porter sur une création, une restauration ou un ouvrage lié à un aménagement. Un projet de portail n’obéit pas aux mêmes contraintes qu’une lampe ; une serrure ancienne ne se traite pas comme une cloison vitrée ; une rampe patrimoniale appelle une relation étroite avec le bâtiment. L’échange initial sert à préciser le type d’ouvrage, ses dimensions, son environnement et son usage. Les plans peuvent être fournis ou dessinés par l’atelier dans le cas de la métallerie. Les réalisations présentées montrent que les commandes s’adressent aux particuliers, aux entreprises et aux acteurs du patrimoine.
À Orée d’Anjou, l’Atelier de Forge Robert & Robert propose donc une approche complète du métal, depuis la ferronnerie forgée jusqu’aux menuiseries métalliques vitrées. Portails, rampes, garde-corps, marquises, enseignes, escaliers, verrières, parois, passerelles, serrureries anciennes, mobilier, luminaires et objets décoratifs appartiennent à des registres différents, mais reposent sur la même exigence de conception et de fabrication sur mesure. La restauration ajoute une attention particulière à l’existant, à ses proportions et à son fonctionnement. La création contemporaine ouvre de nouvelles formes, tandis que la transmission des gestes entretient une pratique enracinée dans l’histoire de l’atelier depuis 1967.