Atelier & professionnel

Atelier de l’Éventail — éventailliste-tabletier à Déols

Déols

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Déols, l’Atelier de l’Éventail de Martine Hacquart fait revivre un accessoire qui associe mouvement, élégance et précision. Éventailliste et tabletier, l’artisane conçoit des pièces contemporaines en travaillant à la fois la monture et la feuille. Cette maîtrise de l’ensemble distingue le métier : il ne s’agit pas seulement de décorer un éventail déjà assemblé, mais de réfléchir à sa structure, à son ouverture, à son équilibre et à la relation entre les matériaux. Les créations peuvent être uniques ou réalisées en très petites séries, dans des styles adaptés au quotidien comme aux occasions habillées.

L’éventail se compose de deux familles d’éléments. La monture rassemble les brins qui se déploient et les pièces qui assurent leur articulation. La feuille, fixée sur une partie de la monture, accompagne le mouvement et donne à l’objet sa surface visuelle. Le tabletier travaille la monture dans le bois, le carbone ou d’autres matières adaptées ; l’éventailliste prépare, plisse, découpe ou habille la feuille avec du textile, du papier, du cuir ou des matières plus légères. Lorsque la même personne réalise les deux parties, les proportions peuvent être pensées dès le départ afin que l’objet s’ouvre sans forcer et se referme avec fluidité.

Le parcours de Martine Hacquart a commencé dans les arts graphiques, où elle a travaillé pendant une vingtaine d’années. Sa découverte de l’artisanat d’art puis de l’univers de l’éventail est liée à une pratique de la danse de salon et à l’envie de proposer des modèles moins standardisés. Une formation suivie auprès de la Société d’Encouragement des Métiers d’Art, avec la maître éventailliste Olivia Oberlin, lui a permis de développer les gestes propres à l’éventail français. Cette transition nourrit une approche qui associe dessin, recherche de matières et fabrication manuelle.

La monture donne son caractère à l’objet. Un bois indigène peut apporter un toucher chaleureux et une variation de veinage ; un bois précieux comme l’ébène ou le palissandre introduit une profondeur sombre et une présence plus dense. Le carbone ouvre une voie plus légère et graphique. Le choix dépend du poids souhaité, de la longueur des brins, de la souplesse de l’ensemble et du type d’usage. Une monture destinée à être manipulée souvent doit rester confortable dans la main. Une pièce de soirée peut privilégier une silhouette plus élancée, une matière brillante ou un décor qui accompagne la tenue.

La feuille offre un autre champ d’expression. Elle peut être réalisée en tissu, en soie, en satin, en lin, en cuir, en plume ou dans une matière choisie pour son tombé et sa résistance. Le plissage doit rester régulier pour que les plis se referment correctement autour de la monture. La tension de la feuille, la largeur des panneaux et la position des points de fixation influencent l’ouverture. Un motif imprimé, peint, brodé ou tissé n’est pas perçu de la même manière lorsque l’éventail est déployé puis replié ; le dessin doit donc anticiper ces deux états.

L’atelier explore les matières et les finitions au lieu de répéter une forme unique. Des bois différents peuvent être associés à une feuille de soie, de jacquard ou de cuir. Une feuille légère convient à un objet destiné à être agité facilement, tandis qu’une matière plus structurée peut donner une présence architecturale à une pièce décorative. Les contrastes de texture, la transparence, les reflets et la manière dont la lumière traverse le tissu participent à l’identité de chaque modèle. Ces choix sont aussi guidés par la façon dont l’éventail sera porté, offert, exposé ou manipulé.

La réalisation complète demande une succession d’opérations minutieuses. Les brins de la monture sont préparés, mis en forme et assemblés pour obtenir une ouverture régulière. Les articulations doivent être assez solides pour supporter les mouvements, mais suffisamment souples pour éviter les à-coups. La feuille est ensuite découpée selon le gabarit, plissée et fixée à la monture. Les bords sont contrôlés afin qu’aucune fibre ne s’effiloche et que le contact reste agréable. Les finitions peuvent être réalisées à la main, avec une attention portée aux raccords, à l’alignement des plis et à la fermeture de l’objet.

Martine Hacquart ne travaille pas nécessairement seule sur chaque projet. L’Atelier de l’Éventail peut faire appel à des artistes peintres, à un maître gainier ou à des joailliers lorsque la création demande une compétence complémentaire. Une collaboration à quatre mains permet d’associer une feuille peinte, une monture particulière, une garniture de cuir ou un détail précieux. Le rôle de l’éventailliste reste de coordonner ces apports pour préserver le fonctionnement de l’objet. La décoration ne doit pas alourdir l’éventail ni empêcher son déploiement ; la beauté se construit avec la mécanique et non à ses dépens.

Les créations de l’atelier montrent des éventails destinés à des usages différents. Un modèle quotidien peut être discret, solide et facile à glisser dans un sac. Une pièce destinée au théâtre, à l’opéra ou à une soirée peut devenir un accessoire de silhouette, avec une feuille plus travaillée et des matières choisies pour leurs reflets. Une commande particulière peut accompagner un costume, une représentation, un mariage, une collection ou un décor. Pour l’étudier, il est utile de préciser le contexte, la taille souhaitée, les couleurs, la manière de tenir l’objet et le niveau de personnalisation recherché.

L’entretien dépend de la matière. Un éventail en bois et textile doit être conservé à l’abri d’une forte humidité, d’une chaleur directe et d’une pression prolongée. Il est préférable de l’ouvrir sans écarter brutalement les brins, puis de le refermer en suivant le sens naturel des plis. Les taches sur une feuille fragile ne se traitent pas comme une marque sur une monture ; une intervention improvisée peut fixer la salissure ou déformer le tissu. Pour une pièce ancienne, un éventail transmis ou une création dont la feuille est délicate, un examen par une professionnelle permet de distinguer nettoyage, réparation et restauration.

Le métier d’éventailliste-tabletier reste rare en France, ce qui donne à chaque atelier une responsabilité de transmission et d’innovation. L’Atelier de l’Éventail contribue à maintenir cette pratique en la rapprochant de formes contemporaines, de matières actuelles et de collaborations artistiques. À Déols, Martine Hacquart relie ainsi la monture et la feuille, la tradition et le design, le geste individuel et le travail partagé. Ses éventails sont conçus comme des objets vivants : ils se déploient, accompagnent un mouvement, modifient une silhouette et rendent sensible la rencontre entre le bois, le textile, le cuir, la plume et la main qui les assemble.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Martine Hacquart — Atelier de l’Éventail (site externe)

    Organisme : ArtisanArt

    Fait soutenu
    La page professionnelle présente Martine Hacquart, son activité d’éventailliste-tabletière à Déols, les montures, les feuilles, les collaborations et la formation au métier.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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