Atelier & professionnel

Atelier DPJ — Bruno Jacomet, imagier au pochoir à Sète

Sète

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Sète, l’Atelier DPJ fait vivre une pratique d’impression d’art qui associe la gravure sur bois, la presse typographique et la mise en couleur au pochoir. Bruno Jacomet y intervient comme imprimeur d’art et perpétue une technique familiale dont le principe consiste à accompagner une image imprimée par des passages de couleur réalisés à la main. L’atelier travaille avec des artistes pour créer des estampes originales, parfois en tirage limité, où la reproduction d’une composition reste liée à une succession de gestes précis.

Le pochoir repose sur une séparation des couleurs. L’image est préparée afin de déterminer les zones qui recevront chaque teinte, puis des caches sont utilisés pour protéger certaines parties du papier pendant l’application. Pour une composition riche, plusieurs pochoirs peuvent être nécessaires. Leur découpe et leur positionnement demandent de comprendre le dessin, les superpositions et la manière dont une couleur modifie celles qui ont déjà été posées. La réussite dépend autant de la préparation que de la mise en couleur elle-même.

Dans l’atelier, le pochoir est employé pour des estampes originales. Une œuvre peut être tirée sur papier avant de recevoir ses couleurs, ou être construite autour de plusieurs opérations d’impression et de mise en teinte. Les passages sont réalisés feuille après feuille, avec un contrôle du registre et de l’intensité. Le registre désigne la correspondance entre les différentes étapes : si un cache se décale, un contour peut perdre sa netteté ou une couleur peut recouvrir une zone qui devait rester libre. Le travail manuel exige donc une attention constante à la position du papier et du pochoir.

Bruno Jacomet utilise des pochoirs en zinc pour coloriser des estampes. Le métal offre un support suffisamment stable pour être manipulé et repositionné lors des passages successifs. Chaque cache doit toutefois être préparé en fonction du dessin et des limites de la zone à colorer. Une ouverture trop large ferait déborder la teinte ; une découpe trop fine pourrait fragiliser le cache ou laisser passer une couleur de façon irrégulière. La fabrication de l’outil fait partie du travail d’image, car elle traduit une composition artistique en étapes réalisables à la main.

La couleur est appliquée avec un geste adapté au pochoir. La brosse, la quantité de matière et la pression exercée influencent l’intensité du passage. Une teinte peut être légère et transparente, ou plus dense afin de construire un contraste. Les couches doivent rester cohérentes avec le papier et avec les couleurs précédentes. Le pochoir protège les réserves, mais il ne décide pas seul du résultat : la main de l’imprimeur dose, répartit et contrôle la matière. De petites différences peuvent apparaître d’une feuille à l’autre, tout en restant dans l’esprit de la composition conçue avec l’artiste.

La gravure sur bois constitue une autre compétence de l’Atelier DPJ. Le graveur prépare une matrice en retirant certaines parties du bois pour laisser en relief les lignes qui recevront l’encre. La gouge creuse, dégage et précise la surface. La direction du fil, la profondeur des tailles et la largeur des réserves influencent l’aspect du tirage. Un trait peut devenir plus dense, une surface peut produire une texture, et une zone épargnée peut laisser le papier apparaître. La matrice garde ainsi la mémoire des décisions prises pendant la gravure.

L’impression typographique met la matrice en relation avec le papier. L’encre est déposée sur les parties prévues, puis la presse exerce une pression régulière. Le papier reçoit alors les lignes, les masses et les accidents de texture préparés sur le bois. Le choix du papier, sa préparation et son positionnement modifient la présence de l’image. Une feuille souple ne réagit pas comme un support plus épais, et une même matrice peut produire des nuances selon la quantité d’encre et le réglage de la presse.

Le tirage se fait feuille après feuille. L’imprimeur vérifie la couverture d’encre, la netteté des traits et la cohérence entre les exemplaires. Cette répétition ne transforme pas l’estampe en produit uniforme. La matrice reste la même, mais l’encrage, la pression, le papier et les passages de couleur introduisent une part de variation. Lorsque le pochoir intervient après l’impression, chaque feuille doit être repositionnée avec soin pour que les couleurs retrouvent les contours du dessin.

L’atelier collabore avec l’artiste à chaque étape du travail. Le projet commence par une image, une intention ou une œuvre à transposer dans un procédé d’impression. Les choix techniques sont discutés en fonction de la fidélité recherchée, des couleurs, de la texture et du nombre d’exemplaires. L’imprimeur peut attirer l’attention sur une zone trop fine pour le pochoir, sur une superposition qui assombrirait le motif ou sur un papier qui ne répondrait pas correctement à la presse. La collaboration permet de préserver l’esprit de l’œuvre sans ignorer les contraintes de la fabrication.

Une image destinée au pochoir doit être analysée avant la découpe. Les masses, les contours et les détails ne sont pas tous traduits de la même manière. Une ligne continue peut demander un cache différent d’une zone ponctuée ou d’un dégradé. Le nombre de couleurs transforme également le nombre de passages et l’ordre des opérations. La conception doit donc rendre compatibles la lecture de l’image, la résistance des caches, la surface du papier et la répétition du geste.

Le procédé de mise en couleur au pochoir garde un lien avec les anciens métiers de l’image imprimée. Il permet de multiplier une composition tout en conservant une intervention manuelle visible dans la teinte, la texture et la relation entre les passages. La multiplication ne signifie pas une disparition du geste. Elle repose au contraire sur une préparation soigneuse et sur une série d’actions répétées qui doivent rester précises. Le résultat est une estampe qui existe en plusieurs exemplaires, mais dont chaque feuille est passée par l’atelier.

L’histoire de la famille Jacomet est attachée à la phototypie et au coloris au pochoir. Daniel Jacomet a développé un procédé réunissant ces deux techniques et l’a transmis à ses fils André et Pierre. Bruno Jacomet a ensuite repris cet héritage et continue de le développer dans le domaine de l’estampe originale au pochoir. Cette transmission ne consiste pas à reproduire un geste figé. Elle permet de conserver une manière de travailler tout en l’appliquant aux œuvres et aux formats proposés par les artistes contemporains.

Les artistes associés à l’histoire de l’atelier appartiennent à des univers très différents. Le site cite notamment Sonia Delaunay, Paul Signac, Picasso, Chagall, Miró, Hervé Di Rosa, Eduardo Arroyo, Jan Voss, Cabu, Georges Wolinski, Olivier Debré et Villeglé. Ces collaborations montrent que le pochoir peut accompagner des images figuratives, des compositions abstraites, des scènes de bande dessinée ou des recherches liées à la couleur. La technique ne définit pas un style unique : elle offre un ensemble de moyens pour traduire une œuvre avec des réserves et des passages de teinte.

Une estampe de Sonia Delaunay ou de Signac demande une lecture de la couleur et du rythme qui ne se confond pas avec une composition de Picasso ou de Chagall. Le travail de l’imprimeur consiste à comprendre la logique de l’artiste avant de la répartir entre la matrice, l’encre et les caches. Les contrastes, les aplats, les lignes et les superpositions ne produisent pas le même effet selon le papier et la quantité de matière. La qualité du résultat vient de cette capacité à adapter les gestes à l’image plutôt qu’à appliquer une recette identique.

Les tirages peuvent être signés et numérotés. La numérotation situe chaque feuille dans une série définie, tandis que la signature relie l’estampe à l’artiste qui en a conçu ou validé la composition. Le nombre d’exemplaires, le format et le support sont déterminés en fonction du projet. Une série limitée demande de conserver des repères tout au long des opérations. Les feuilles doivent rester identifiables et la couleur doit garder une cohérence suffisante pour que l’ensemble soit perçu comme une même œuvre.

La mise en couleur modifie la relation entre l’estampe et la lumière. Un passage transparent laisse voir le papier ou une couche précédente, tandis qu’un aplat plus dense donne davantage de poids à une zone. Les brosses, les caches et la quantité de pigment influencent la texture. Une marge blanche peut être conservée pour faire respirer la composition ; une couleur posée jusqu’au bord peut au contraire renforcer un effet d’image pleine. Les décisions sont prises en fonction du dessin et de l’intention de l’artiste.

Le papier intervient à chaque moment. Il doit supporter l’encre, les manipulations et les passages de couleur sans perdre sa planéité ni sa tenue. Un support choisi pour une estampe peut avoir une texture qui accroche la matière et donne un relief subtil, ou une surface plus régulière qui favorise la netteté des aplats. Le positionnement doit rester stable durant l’impression et pendant les opérations au pochoir. Une variation du papier peut modifier la sensation de profondeur, la saturation d’une teinte et la manière dont les traits apparaissent.

L’impression d’art est aussi une affaire de rythme. La presse impose une séquence, le pochoir une autre, et chaque opération doit être menée dans un ordre qui protège les zones déjà travaillées. Les temps de séchage, la propreté des outils et le rangement des caches évitent les transferts indésirables. L’imprimeur doit garder une vision de l’ensemble alors qu’il travaille sur une seule feuille. Les contrôles intermédiaires permettent de repérer une différence de registre ou de couleur avant que la série ne soit terminée.

L’Atelier DPJ accueille des œuvres originales et des projets d’artistes contemporains. Certaines estampes sont disponibles dans l’espace-vente de Sète et dans la boutique en ligne, mais la nature des œuvres, les formats et les disponibilités évoluent. Le travail central reste la rencontre entre une image et un procédé. Une œuvre peut entrer dans l’atelier comme un dessin, une peinture ou une composition préparée, puis ressortir sous la forme d’une estampe où l’encre et la couleur ont été construites par plusieurs passages manuels.

La gravure sur bois et le pochoir ne produisent pas la même marque. La première crée une empreinte à partir d’une matrice en relief ; le second dépose une couleur à travers une réserve. Les deux gestes peuvent se compléter. Le bois apporte une ligne, une texture et un contraste d’impression, tandis que le pochoir ajoute des aplats, des nuances et une organisation chromatique. Cette combinaison permet de construire une image par couches, en faisant dialoguer la trace de la gouge et la régularité contrôlée du cache.

La transmission du savoir-faire se lit également dans la relation avec les artistes et le public. Comprendre une estampe au pochoir suppose de voir les caches, les brosses, les matrices, la presse et les feuilles à différents stades. L’image finale paraît parfois immédiate, alors qu’elle résulte d’une préparation qui répartit le motif entre plusieurs supports et plusieurs passages. La découverte de l’atelier rend visible cette construction et montre pourquoi la patience, la propreté du geste et le contrôle du registre comptent autant que le choix de la couleur.

À Sète, Bruno Jacomet poursuit ainsi une pratique d’imprimerie d’art fondée sur la gravure sur bois, la presse typographique et la mise en couleur au pochoir. L’Atelier DPJ travaille avec les artistes pour transformer des images en estampes originales, signées et parfois numérotées, en respectant leurs intentions tout au long de la fabrication. Les matrices gravées, les encres, les pochoirs en zinc, les brosses, le papier et la presse concourent à un résultat où chaque exemplaire reste lié à la main. Héritier d’une histoire familiale commencée avec le procédé Jacomet, Bruno fait du pochoir un outil vivant pour des œuvres de styles et de générations différentes.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel ressource-technique-officielle

    Mise en couleur au pochoir par Bruno Jacomet — Atelier DPJ (site externe)

    Organisme : Atelier DPJ

    Fait soutenu
    La ressource professionnelle présente Bruno Jacomet, la mise en couleur au pochoir, la gravure sur bois, la presse typographique, les estampes originales et l’espace-vente de l’atelier à Sète.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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