À Loches, dans le sud de la Touraine, l’Atelier du Billot réunit deux artisans d’art aux savoir-faire complémentaires : Stéphanie Landais, doreuse ornemaniste et peintre en décors, et Bertrand Poncelet, menuisier-ébéniste. Leur association donne naissance à des projets de rénovation, d’agencement et de création sur mesure où le bois, la dorure, les usages et l’histoire des lieux sont pensés ensemble. L’atelier s’adresse aux particuliers comme aux architectes, décorateurs et designers, pour des intérieurs, des meubles, des décors et des réalisations destinées à des lieux de caractère.
Deux parcours qui se répondent
Stéphanie Landais s’est formée aux arts appliqués puis à la dorure traditionnelle. Elle a perfectionné son regard et sa pratique au sein d’un atelier parisien reconnu. Son parcours l’a conduite à intervenir sur des sites emblématiques tels que Versailles, le Palais de l’Élysée, la Bibliothèque nationale de France et l’Hôtel Lauzun. Ces expériences l’ont placée au contact de décors, de boiseries et d’objets où la dorure doit s’accorder à une architecture, à un mobilier et à une histoire.
Installée aujourd’hui à Loches, elle travaille sur la restauration de décors anciens et sur des créations contemporaines pour la décoration intérieure, le mobilier et la dorure sur bois. Sa pratique ne se limite donc pas à reproduire un aspect doré. Elle doit comprendre la place du décor, la nature du support et la relation entre les surfaces. Une boiserie ancienne, un élément de mobilier ou une création destinée à un intérieur contemporain ne demandent pas la même lecture ni le même accompagnement.
Bertrand Poncelet est menuisier-ébéniste. Issu d’une formation d’excellence, il s’est formé dans plusieurs ateliers avant de fonder le sien en 2015. Son activité couvre la menuiserie intérieure et extérieure, le mobilier sur mesure, la restauration de monuments historiques et l’agencement de lieux prestigieux comme des restaurants, des hôtels ou des boutiques. Il associe la maîtrise technique du bois à une attention portée aux finitions et au dialogue avec les architectes, les décorateurs et les maîtres d’ouvrage.
Leurs parcours ne se juxtaposent pas simplement. La menuiserie et l’ébénisterie construisent ou restaurent les supports ; la dorure et la peinture en décors donnent aux surfaces leur présence, leur profondeur et leur relation avec l’espace. Lorsqu’un projet réunit ces gestes, chacun apporte une compétence précise tout en restant attentif au travail de l’autre.
Écouter le lieu avant de fabriquer
L’Atelier du Billot place l’écoute du lieu et de ses usages au début de sa méthode. Un meuble, une cuisine, une boiserie ou un agencement doivent trouver leur place dans un environnement réel. Les dimensions, les circulations, la lumière, les habitudes et la fonction de la pièce influencent la conception. Le décor n’est pas séparé de l’architecture, et l’objet ne peut pas être pensé indépendamment de la manière dont il sera utilisé.
Cette attention est particulièrement visible dans les projets sur mesure. Une cuisine haut de gamme doit répondre aux gestes du quotidien tout en s’accordant à l’espace. Un mobilier d’exception doit trouver un équilibre entre sa présence, son confort et la qualité de ses finitions. Un décor destiné à un restaurant, un hôtel ou une boutique doit accompagner une identité intérieure et supporter une fréquentation adaptée à son usage. Chaque réalisation demande donc une réflexion qui dépasse le simple choix d’une forme.
L’atelier met aussi en avant la complémentarité des gestes. Le travail du bois peut préparer une structure, un panneau, une façade ou un meuble ; la dorure et la peinture en décors peuvent ensuite souligner les reliefs, enrichir une surface ou introduire une continuité avec un décor existant. Le projet avance par échanges entre les deux métiers. Les choix de proportions, de matières et de finition sont ajustés au fur et à mesure que la pièce prend forme.
La recherche de la justesse, du confort et de la durabilité constitue un autre fil conducteur. La justesse concerne l’équilibre entre le projet et le lieu. Le confort rappelle qu’un objet ou un agencement doit rester agréable à utiliser. La durabilité invite à penser la construction, les matériaux et la possibilité d’entretenir ou de restaurer la réalisation au fil du temps. Cette approche donne une place égale à la beauté, à l’usage et à la longévité.
La dorure et les décors bois
La dorure traditionnelle apporte une dimension particulière aux projets de l’atelier. La lumière se déplace sur une surface dorée, révèle un relief et peut modifier la perception d’une boiserie ou d’un meuble. La finition doit cependant rester liée à la forme qui la porte. Une dorure bien intégrée accompagne une moulure, une sculpture ou une composition sans effacer la structure du bois.
Stéphanie Landais intervient sur des restaurations de décors anciens, mais aussi sur des créations contemporaines. Dans un décor patrimonial, l’enjeu consiste à respecter l’histoire des lieux et à rendre cohérentes les parties restaurées. Dans une réalisation actuelle, la dorure peut dialoguer avec des lignes sobres, des volumes de menuiserie ou des matériaux associés. Le même savoir-faire s’exprime alors dans des contextes différents, avec une attention constante à la qualité de la surface et à sa relation avec l’ensemble.
Les décors bois et dorés peuvent s’inscrire dans une boiserie, un mobilier, un panneau ou un agencement. Leur présence dépend de la distance de regard, de l’éclairage et de la fonction du lieu. Une surface observée de près révèle les détails et la matière ; une composition installée dans un espace plus vaste doit conserver sa lisibilité à distance. La dorure ne se pense donc pas seulement comme une finition, mais comme un élément de l’architecture intérieure.
La peinture en décors complète ce travail. Elle peut prolonger une ambiance, reprendre un registre décoratif ou accompagner une création contemporaine. Le choix des effets, des teintes et des proportions dépend du support et du projet. Dans un lieu ancien, la peinture doit s’accorder à des éléments déjà présents. Dans un intérieur contemporain, elle peut devenir un signe plus libre, intégré à une composition pensée avec un architecte ou un décorateur.
Menuiserie, ébénisterie et mobilier sur mesure
Le travail de Bertrand Poncelet couvre la menuiserie intérieure et extérieure ainsi que l’ébénisterie. La menuiserie construit des éléments qui organisent un espace, ferment une ouverture, structurent un agencement ou accompagnent l’architecture. L’ébénisterie s’attache davantage au mobilier, à ses proportions, à ses assemblages, à ses détails et à ses finitions. Dans les deux cas, le projet doit répondre à des contraintes précises tout en conservant une qualité de présence.
Un meuble sur mesure ne se résume pas à une adaptation de dimensions. Il doit tenir compte des usages, de la manière dont il sera ouvert, déplacé, éclairé ou regardé. Les choix de conception influencent la durabilité et la possibilité d’intervenir plus tard sur la pièce. L’atelier associe ainsi l’écoute du projet à une réalisation technique qui vise un résultat cohérent, utile et durable.
Les agencements peuvent concerner des intérieurs privés ou des lieux professionnels. Dans un restaurant, le mobilier et les éléments en bois participent à l’identité du lieu tout en étant soumis à une utilisation fréquente. Dans un hôtel, un décor doit s’intégrer à une atmosphère générale et résister aux sollicitations quotidiennes. Dans une boutique, les volumes, les présentoirs et les finitions accompagnent les objets exposés. Chaque contexte demande un dialogue entre la fabrication et la scénographie.
L’atelier peut également intervenir sur des projets de menuiserie extérieure. Les éléments destinés à l’extérieur doivent être conçus en tenant compte de leur exposition et de leur usage. La réalisation conserve la précision du travail d’atelier tout en répondant à des contraintes différentes de celles d’un meuble intérieur. Cette diversité permet au duo de travailler sur des échelles variées, de la pièce singulière à l’aménagement plus vaste.
Restauration et patrimoine
La restauration de décors anciens et de monuments historiques occupe une place dans l’activité de l’Atelier du Billot. Le site mentionne des interventions sur des éléments classés dans des églises, des hôtels particuliers et des châteaux. Ces chantiers demandent de respecter la relation entre le décor, le bâtiment et les usages du lieu. Ils impliquent aussi une coordination avec les personnes qui suivent le projet, qu’il s’agisse d’architectes, de décorateurs, de responsables de patrimoine ou de maîtres d’ouvrage.
Restaurer un élément ancien suppose de regarder les traces du temps avec discernement. Les usures, les reprises, les variations de surface et les modifications successives peuvent renseigner sur l’histoire du décor. Le travail ne consiste pas à effacer toute irrégularité pour produire une apparence neuve. Il cherche plutôt à retrouver une cohérence, à préserver les éléments significatifs et à rendre la lecture du lieu plus claire.
La complémentarité entre ébénisterie, dorure et peinture en décors est particulièrement utile dans ce contexte. Un support en bois peut nécessiter une intervention de menuiserie ou d’ébénisterie avant de recevoir une finition. Une partie dorée peut devoir être réintégrée dans un ensemble polychrome. Un décor peut demander des ajustements pour que les parties restaurées dialoguent avec les éléments conservés. Le projet avance alors par observations et par décisions adaptées à chaque ensemble.
Des projets singuliers entre Touraine et autres territoires
L’Atelier du Billot est implanté à Loches, dans le sud de la Touraine. Son activité rayonne dans un périmètre qui comprend notamment Tours, Orléans, Poitiers, Saumur, Blois, Chinon, Châtellerault et Amboise, et l’atelier indique se déplacer aussi en France et à l’international pour les projets qui le justifient. Cet ancrage local n’empêche pas une relation avec des lieux et des commanditaires éloignés ; il donne au contraire un point de départ stable à une activité qui associe atelier, chantier et collaboration.
Le travail avec les architectes, designers et décorateurs permet d’intégrer les compétences de l’atelier à des projets plus larges. Les plans, les usages, les matériaux et les contraintes de pose sont discutés avec les autres intervenants. Avec les particuliers, l’échange peut partir d’un intérieur, d’un meuble familial ou d’une envie d’aménagement. Dans tous les cas, le projet est construit autour d’un dialogue et d’une recherche de cohérence.
À Loches, Stéphanie Landais et Bertrand Poncelet font ainsi dialoguer la dorure, la peinture en décors, la menuiserie et l’ébénisterie. Leur association permet de passer de la restauration d’un décor ancien à la création d’une cuisine, d’un mobilier d’exception ou d’un agencement scénographique. Chaque réalisation conserve la trace d’un travail de matière, mais elle répond aussi à un lieu, à une fonction et à une histoire. L’Atelier du Billot propose une approche où la précision du geste sert des projets singuliers, durables et pensés sur mesure.