À Villeurbanne, Mélanie Faucher développe l’Atelier Faucher, consacré au vitrail contemporain et ancien. Son travail explore la relation entre le verre, la lumière, l’architecture et les usages d’un lieu. Vitraux sur mesure, cloisons décoratives, verrières et pièces uniques sont conçus pour des particuliers, des architectes, des décorateurs, des artistes et des designers. La peinture sur verre, la gravure, le thermoformage, le sertissage au plomb et d’autres techniques permettent de donner au verre une fonction à la fois matérielle, lumineuse et artistique.
Un parcours des arts plastiques au vitrail
Mélanie Faucher explique que sa pratique des arts plastiques l’a conduite à découvrir le vitrail contemporain et le travail d’artistes qui en renouvellent les usages. Cette rencontre l’a amenée à se former à Paris, puis à ouvrir son atelier à Lyon en 2017. Son activité actuelle s’inscrit dans cette continuité : elle s’appuie sur des savoir-faire traditionnels tout en questionnant les formes, les matériaux et la place du verre dans l’espace.
Le vitrail n’est donc pas abordé comme un simple décor appliqué à une fenêtre. Il peut devenir une paroi, une cloison, un filtre de lumière ou une œuvre autonome. Sa présence modifie la perception d’une pièce en jouant sur la transparence, la translucidité, la couleur, la texture et les ombres. L’Atelier Faucher travaille cette dimension spatiale en recherchant un accord entre l’ouvrage, l’architecture et la manière dont les personnes vivent ou traversent le lieu.
Le parcours de Mélanie Faucher associe une sensibilité d’artiste à une pratique artisanale. Les gestes de peinture, de gravure et de montage demandent une grande précision, mais ils ne sont jamais séparés de la réflexion sur la forme. Le dessin, le choix du verre, la circulation de la lumière et la fonction de la pièce avancent ensemble. Une verrière intérieure, un panneau placé au-dessus d’une table ou une composition destinée à un lieu public ne produisent pas le même effet et ne se construisent pas à partir des mêmes contraintes.
Le vitrail comme architecture de lumière
Dans un intérieur, un vitrail peut séparer sans fermer. Une cloison vitrée laisse passer la lumière tout en créant une limite entre deux espaces. Une surface texturée peut préserver une part d’intimité devant un vis-à-vis. Un verre coloré peut donner une tonalité particulière à une entrée, un couloir, une cage d’escalier ou une salle à manger. Le travail du vitrailliste consiste à composer avec ces usages, puis à choisir les matières et les techniques qui leur correspondent.
L’Atelier Faucher présente des projets lyonnais où le vitrail s’intègre à une architecture existante. Dans un plafond vitrail réalisé pour une villa des années 1930, du verre soufflé artisanal de la verrerie Saint-Just, peint à la main et serti au plomb, s’inscrit dans une corniche réalisée sur mesure. La lumière venue du dessus transforme la perception de l’espace repas, tandis que la structure métallique dessinée par les architectes participe à l’intégration de l’ouvrage.
Dans une cage d’escalier, un autre projet associe du verre mécanique texturé et une cive ancienne dans un sertissage au plomb. Les verres texturés et opalescents filtrent la lumière et limitent la perception du vis-à-vis. Le vitrail n’est pas ajouté comme une image indépendante : il agit sur la profondeur, l’intimité et la chaleur de l’espace.
Une cloison inspirée par l’École de Nancy utilise du verre plaqué soufflé artisanal, gravé à l’acide et opalescent. Ses couleurs changent selon la lumière. Cette variation fait partie de la conception : l’œuvre ne reste pas identique à chaque heure du jour, car la matière reçoit et redistribue l’éclairage de la pièce.
Verres, couleurs et textures
Le choix du verre détermine une grande partie du caractère d’un vitrail. Un verre soufflé peut présenter des irrégularités et une profondeur qui diffèrent d’une production mécanique. Un verre texturé décompose la lumière et brouille les formes. Un verre opalescent diffuse la couleur et adoucit les contrastes. Une cive ancienne porte une histoire de fabrication et une surface particulière. L’Atelier Faucher combine ces qualités en fonction du projet et de son environnement.
La couleur ne se limite pas à une teinte posée sur une feuille. Elle peut devenir une transparence, une zone dense, un reflet ou une ombre colorée. Dans le projet Arches, des verres plaqués soufflés de la verrerie Saint-Just sont gravés à la roue et peints à l’émail. Des tons roses et bleus donnent au couloir une présence graphique, tandis qu’un caisson lumineux placé dans une feuillure de bois permet un rétro-éclairage.
La peinture sur verre apporte une autre façon de travailler le motif. Dans une verrière d’angle séparant une cuisine, un salon et une entrée, un verre clair reçoit une peinture réalisée à la main. Une frise haute évoque des branchages et accompagne les couleurs franches de l’espace. Le verre conserve sa fonction de séparation tout en apportant une intervention picturale adaptée à l’architecture intérieure.
La texture agit elle aussi sur la lumière. Une surface gravée, sablée, thermoformée ou constituée de verres aux reliefs différents ne renvoie pas les rayons de la même façon. Elle peut accentuer un contour, créer un halo, fragmenter un reflet ou donner au panneau une présence tactile. Ces effets sont étudiés en relation avec la distance de regard, l’éclairage naturel et l’usage de la pièce.
Techniques traditionnelles et recherches contemporaines
L’Atelier Faucher cite le vitrail au plomb, la peinture sur verre, la sérigraphie, la gravure et le sablage parmi ses techniques. Le sertissage au plomb relie les pièces de verre et dessine la structure de l’ouvrage. La peinture et la sérigraphie permettent d’ajouter des motifs ou des zones de couleur. La gravure intervient dans la profondeur de la matière et peut modifier la manière dont la lumière traverse la surface. Le sablage crée une autre qualité de diffusion.
Le thermoformage ouvre des possibilités de relief et de volume. Le verre peut être transformé pour sortir du plan et dialoguer avec une structure ou un objet. Cette approche s’inscrit dans les recherches de l’atelier autour d’un vitrail qui ne serait pas limité à une fenêtre traditionnelle. Le verre devient alors une matière capable de construire un espace, de faire écran, de se déployer ou de produire une relation entre deux faces.
Le projet Paroi illustre cette recherche. Il est né du désir d’explorer le vitrail autrement, en s’éloignant de ses formes habituelles pour interroger sa surface et sa fonction. La pièce Nocturne associe trois formes en verre — carré, rectangle et cylindre — à un système d’interconnexions en laiton. Des verres gravés modulent la lumière et la couleur, tandis que la structure permet plusieurs compositions. La réalisation associe également du frêne, du laiton et du verre plaqué gravé.
Dans ce type de projet, la technique sert une réflexion sur le plein et le vide, le transparent et le translucide, le recto et le verso. La composition peut séparer les espaces tout en les reliant visuellement. Les éléments peuvent être assemblés de différentes façons, afin de s’adapter aux contraintes du lieu et à ses usages. Le vitrail quitte la seule logique du panneau fixe pour devenir une structure modulable.
Des créations conçues sur mesure
L’Atelier Faucher crée des vitraux contemporains qui s’harmonisent avec l’architecture. Chaque projet est conçu comme une proposition singulière. Les dimensions, les ouvertures, la lumière disponible, les matériaux déjà présents et la fonction du lieu orientent le dessin. Le verre peut être placé dans une menuiserie, une feuillure en bois, une structure métallique ou un dispositif lumineux.
Pour un particulier, la demande peut concerner une verrière intérieure, une imposte, une paroi décorative ou un élément destiné à une pièce de vie. Pour un architecte ou un décorateur, le vitrail doit dialoguer avec un projet global, ses volumes, ses lignes et ses matériaux. La conception prend alors en compte les détails de pose et la relation avec les autres corps de métier.
Les exemples présentés montrent des réponses très différentes. Un vitrail placé au-dessus d’une table diffuse une lumière douce. Une composition dans un escalier protège l’intimité. Une cloison rappelle les recherches de l’École de Nancy tout en utilisant une technique contemporaine. Une verrière d’angle reçoit une peinture à la main pour accompagner les branchages d’un décor intérieur. Dans chaque cas, le choix formel et le choix technique sont liés à un usage précis.
La fabrication sur mesure demande aussi d’anticiper la manière dont l’ouvrage sera vu. Une couleur peut changer selon l’orientation de la fenêtre. Une gravure peut se révéler davantage lorsque le soleil rase la surface. Un verre texturé peut être lumineux depuis un côté et plus dense depuis l’autre. Le vitrailliste doit penser à ces variations pour que l’œuvre reste cohérente dans la durée et dans les différents moments de la journée.
Collaborer avec artistes et designers
Mélanie Faucher accueille des designers et des artistes pour la réalisation de pièces uniques ou de petites séries autour du verre et du vitrail. La collaboration commence par l’écoute d’une intention, d’un dessin ou d’une idée de matière. Elle se poursuit par l’étude des procédés capables de traduire cette intention en une œuvre réalisable. Les ajustements techniques ne sont pas séparés de la démarche artistique ; ils permettent de trouver la forme concrète du projet.
Une table basse de la collection Orée, conçue avec le designer Grégoire de Lafforest et la maison Mercoeur, utilise des verres soufflés de Saint-Just assemblés selon la technique Tiffany, de la peinture à la main et une structure en acier patiné. Le vitrail est travaillé à l’horizontale, dans un meuble plutôt que dans une baie. Cette position modifie la relation à la lumière et à l’objet, tout en conservant le principe d’un assemblage de verres qui construit une surface.
L’Atelier Faucher a également collaboré à une pièce en grès et miroir conçue avec Lalile création. Des fragments de miroir découpés à la main par l’atelier sont intégrés à une brique modelée en grès. Ce projet montre que la pratique du verre peut entrer en dialogue avec la terre et avec des objets de petite taille. La compétence verrière devient alors une ressource pour des artistes qui cherchent à introduire des reflets, des fragments ou des effets de surface dans leurs propres formes.
Le travail collectif demande une attention particulière aux étapes de conception et de réalisation. Les dimensions, les tolérances, les assemblages et la résistance des matériaux doivent être partagés avec clarté. Le vitrailliste apporte une expérience des verres et des techniques de montage ; l’artiste ou le designer apporte une intention, une forme et un contexte d’usage. L’œuvre finale naît de cette mise en commun.
Intervenir pour les lieux publics
L’Atelier Faucher répond aussi à des commandes pour des collectivités, des entreprises et des commerces. Dans l’espace public, le vitrail dialogue avec des volumes plus vastes et avec des usages partagés. L’ouvrage doit être lisible dans son environnement, résister aux conditions du lieu et contribuer à l’expérience de celles et ceux qui le fréquentent.
Pour la librairie La Ruche, l’atelier a imaginé des vitres peintes mobiles, superposables et coulissantes afin de rendre utilisables de hautes étagères difficiles d’accès. Le projet apporte une nouvelle lumière et crée une composition modulaire que les libraires peuvent manipuler. Le verre devient ainsi un outil d’aménagement, de lumière et d’organisation plutôt qu’un décor fixe.
Dans l’ancienne église de Belvezet, le projet de vitraux utilise du verre mécanique, de la peinture à la main et du sablage. Les petites ouvertures ont conduit à une composition simple et à des signes clairs, en relation avec l’architecture romane du bâtiment. Pour l’église Saint-Denis de Bron, du verre plaqué soufflé est gravé à l’acide, sérigraphié puis serti au plomb. Les fragments, le vide et l’image inachevée participent à la réflexion présentée autour de ce chantier.
Ces réalisations montrent une pratique capable de s’adapter à des lieux, des échelles et des usages différents. Une église, une librairie, une maison, un appartement ou un meuble ne demandent pas la même réponse. Le vitrail conserve son identité de matière lumineuse, mais son rôle varie selon l’architecture et les personnes auxquelles il s’adresse.
Une ouverture vers la transmission
L’Atelier Faucher propose également une initiation au vitrail contemporain en partenariat avec l’Agence AMAC. À partir d’un projet artistique, les participants découvrent des techniques de fabrication, de décoration et de montage. L’atelier prévoit aussi un accompagnement à la production d’œuvres destinées aux expositions ou à l’architecture. Cette transmission s’inscrit dans la continuité de la pratique : les gestes traditionnels sont abordés avec une attention portée aux recherches contemporaines et aux projets personnels.
Le partage des savoir-faire permet de comprendre que le vitrail réunit plusieurs domaines. Il faut appréhender le verre, le dessin, la couleur, la lumière, le montage et la relation avec un lieu. Une initiation peut donner accès aux gestes de base ; un accompagnement de production demande une étude plus précise des matériaux, des dimensions et des contraintes de réalisation.
Une vitrailliste installée à Villeurbanne
Mélanie Faucher a ouvert son atelier en 2017 et exerce aujourd’hui à Villeurbanne, dans le Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes. L’Insee situe la commune dans la Métropole de Lyon. L’Atelier Faucher associe la création de vitraux contemporains, la restauration et l’exploration de formes nouvelles autour du verre.
Son travail peut prendre la forme d’une verrière qui filtre une lumière, d’une cloison qui sépare sans assombrir, d’un vitrail intégré à un édifice, d’une pièce collaborative ou d’une composition autonome. La peinture, la gravure, le sablage, le thermoformage et le sertissage au plomb donnent à chaque projet une réponse adaptée à son matériau et à son usage. À Villeurbanne, l’Atelier Faucher fait ainsi dialoguer tradition verrière, création contemporaine et architecture, avec une attention constante portée à la lumière et aux détails.