Atelier & professionnel

Atelier In-Octavo — Garance Ricol, restauratrice d’arts graphiques à Chaussan

Chaussan

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Chaussan, dans le Rhône, Garance Ricol a fondé l’Atelier In-Octavo, consacré à la conservation et à la restauration du patrimoine graphique. Affiches, gravures, dessins, albums pour la jeunesse, bandes dessinées, livres et objets en trois dimensions peuvent entrer dans son champ d’intervention. Le papier, le carton et le parchemin possèdent chacun leurs fragilités, leurs réactions et leur histoire. Les gestes de la restauratrice cherchent à préserver ces supports tout en rendant leur lecture plus stable et plus claire.

Une formation dédiée aux arts graphiques

Garance Ricol s’est orientée vers les études de conservation-restauration après un intérêt durable pour l’histoire de l’art et une fascination particulière pour le papier. Elle a obtenu un Bachelor de Préservation du Patrimoine, puis un Master II en conservation et restauration du patrimoine à l’École de Condé, avec une spécialisation en arts graphiques. Son mémoire de fin d’études portait sur deux albums des Aventures de Tintin d’Hergé datant de la fin des années 1940.

Ce travail de recherche étudiait le retrait des colorations de masses adhésives après vieillissement, avec une comparaison menée autour de la membrane Evolon®. Un tel sujet montre la variété des questions posées par un document illustré. La restauration ne consiste pas seulement à réparer une déchirure visible : elle demande aussi de comprendre les adhésifs, les colorants, les supports et les effets du temps sur les matériaux qui les composent.

Son parcours comprend des expériences dans plusieurs institutions et ateliers. Aux Archives municipales de Lyon, elle a travaillé sur des plans, des calques, des correspondances sur parchemin, des registres et des conditionnements. Aux Archives de Paris, elle a abordé des registres, des affiches de grand format, des doublages, des photographies et des modèles de reliure de conservation. Un stage à l’Atelier de Restauration du Château de Versailles lui a permis de se familiariser avec l’encadrement, le nettoyage aqueux sur table aspirante, les gravures, les retouches et les conditionnements.

D’autres expériences ont porté sur les livres anciens et modernes, les affiches, les gravures, les aquarelles, les parchemins et des ensembles de grande longueur. Cette diversité nourrit une pratique attentive aux particularités de chaque objet. Un livre ne se traite pas comme une affiche ; un parchemin ne réagit pas comme un carton ; une image encadrée ne se manipule pas comme un registre. Le support, la technique, le format, la fonction et l’état de conservation doivent être considérés ensemble.

Observer avant d’intervenir

L’Atelier In-Octavo annonce une analyse préalable du bien afin de proposer les traitements les plus adaptés. Cette étape permet de distinguer les altérations, les anciennes réparations, les salissures, les déformations et les parties encore stables. Elle sert aussi à comprendre la manière dont l’objet a été fabriqué, conservé et consulté. Une affiche pliée, un album dont la couverture se détache ou une gravure tachée ne demandent pas une réponse uniforme.

La restauratrice examine les fibres, les plis, les bords, les déchirures, les lacunes, les collages et les marques de manipulation. Pour un livre, la couture, les plats, le dos, les gardes et les feuilles forment un ensemble solidaire. Pour un dessin ou une estampe, la planéité, la tension et la relation avec le support de montage influencent la lecture de l’image. Pour un parchemin, les variations de surface et les tensions du matériau peuvent être liées à son environnement.

Le diagnostic sert à hiérarchiser les urgences. Une déchirure peut progresser à chaque manipulation ; une couverture détachée peut exposer les cahiers ; un adhésif jauni peut modifier la couleur d’une image ; une humidité ancienne peut avoir laissé des déformations. L’intervention doit répondre à ces risques sans multiplier les opérations. Dans certains cas, une amélioration des conditions de conservation et un conditionnement adapté apportent davantage qu’un traitement esthétique trop poussé.

Les principes de l’Atelier In-Octavo

La pratique de l’atelier s’appuie sur les principes de la charte E.C.C.O. des conservateurs-restaurateurs : innocuité, réversibilité, lisibilité et compatibilité. Ces repères encadrent la relation entre le document et les produits ou matériaux employés. Une réparation ne doit pas créer une fragilité nouvelle, masquer les traces de l’histoire ou empêcher une intervention future.

L’innocuité conduit à choisir des méthodes qui limitent les risques pour le papier, les encres, les pigments, les colles et les éléments associés. La compatibilité demande d’accorder les matériaux de restauration aux supports existants, en tenant compte de leur souplesse, de leur acidité, de leur porosité et de leur réaction aux variations. La réversibilité invite à pouvoir retirer ou reprendre une intervention lorsque les connaissances ou les besoins de conservation évoluent.

La lisibilité ne signifie pas que toutes les marques du temps doivent disparaître. Elle vise à permettre une lecture plus juste de l’œuvre ou du document, en réduisant les perturbations qui empêchent de comprendre son image, son texte ou sa structure. Une lacune peut être stabilisée sans être maquillée comme si elle n’avait jamais existé. Une réparation peut rester discrète tout en demeurant identifiable pour un regard professionnel.

Affiches, gravures et dessins

Les affiches et les grands formats sont sensibles aux plis, aux déchirures, aux tensions et aux manipulations. Leur taille rend parfois difficile une conservation à plat et exige un conditionnement qui soutient la feuille sans la comprimer. Les bords peuvent être fragilisés par des accroches anciennes ou par des montages trop serrés. Un examen du revers renseigne sur les réparations, les doublages et les traces de colle.

La gravure ajoute la question de la pression et de la matière déposée sur le papier. Une estampe peut présenter une encre dense, une impression légère, des marges irrégulières ou des salissures qui perturbent la lecture. Le nettoyage, lorsqu’il est retenu, se décide en fonction de la stabilité du support et de la tenue des encres. Le dessin et l’aquarelle demandent la même prudence : une couleur soluble, une réserve de blanc ou une touche légère peut être modifiée par un traitement trop humide.

Les documents graphiques sont souvent consultés et transportés. Une affiche destinée à être exposée, une gravure conservée en réserve et un dessin transmis dans une collection n’ont pas exactement les mêmes besoins. Le conditionnement, le montage et l’encadrement peuvent être étudiés pour réduire les manipulations et protéger les bords. Une présentation adaptée permet de voir l’œuvre sans la soumettre à une tension ou à une lumière excessive.

Livres, albums et bandes dessinées

Les livres et les albums réunissent des pages, des couvertures, des coutures et parfois des éléments collés ou imprimés de nature différente. La restauration doit préserver la possibilité de consulter l’ouvrage lorsque cet usage est compatible avec son état. Une couverture abîmée peut être consolidée ; un cahier détaché peut être replacé ; un dos fragilisé peut retrouver une cohésion sans perdre les informations de sa fabrication.

Les albums pour la jeunesse et les bandes dessinées portent souvent des traces d’usage plus visibles. Les coins s’usent, les pages se froissent, les agrafes rouillent, les couleurs se ternissent et les réparations domestiques peuvent laisser des adhésifs difficiles à retirer. Le restaurateur doit prendre en compte à la fois l’image, le texte, la séquence des pages et la structure de l’objet. Une réparation qui rend une page solide mais couvre un détail imprimé ne répondrait pas correctement à cette relation entre support et contenu.

Le mémoire consacré aux albums de Tintin s’inscrit dans cette attention portée aux matériaux et aux adhésifs. Les masses collantes peuvent changer de couleur en vieillissant et produire des auréoles ou des tensions. Leur retrait doit être étudié avec précaution, car la couche colorée et les fibres du papier peuvent avoir été fragilisées par le temps. L’emploi d’une membrane comme Evolon® dans la recherche rappelle que les outils et les matériaux de conservation sont choisis pour résoudre un problème précis, non pour appliquer une recette générale.

Parchemins, registres et documents d’archives

Le parchemin possède une structure différente du papier. Sa surface peut se tendre, se rétracter ou se déformer selon l’humidité et la manière dont elle est maintenue. Les correspondances, les registres et les documents anciens présentent parfois des plis, des déchirures, des lacunes ou des couches picturales qui doivent être stabilisés. L’observation du revers, des bords et des systèmes de couture aide à comprendre la façon dont le document peut être manipulé.

Les archives imposent également une réflexion sur le conditionnement. Un document conservé dans un ensemble doit pouvoir être identifié, déplacé et consulté avec un risque réduit. Une chemise, un étui ou un montage adapté protège les bords et limite les frottements. Le rangement doit soutenir l’objet sans l’enfermer dans des matériaux incompatibles. La conservation préventive accompagne ainsi la restauration proprement dite.

Les photographies et les documents de grand format demandent d’autres précautions. Une image peut être sensible aux rayures, aux traces de doigts, à la lumière ou aux contraintes d’un montage. Un grand document peut avoir besoin d’un support de manipulation et d’un conditionnement qui répartit son poids. La conception de ces protections fait partie des compétences développées dans le parcours de Garance Ricol auprès des archives et des ateliers spécialisés.

Un atelier installé à Chaussan

L’Atelier In-Octavo a ouvert en mai 2024 à Chaussan. Cette installation dans le Rhône place l’activité dans le sud-ouest lyonnais, entre le monde des collections privées, les fonds d’archives, les bibliothèques et les institutions patrimoniales. Le nom de l’atelier évoque le format du livre, mais son champ dépasse la seule reliure : affiches, gravures, dessins, albums, bandes dessinées, livres et objets en trois dimensions y sont pris en compte.

Le travail peut concerner un document isolé ou un ensemble qui doit conserver sa cohérence. Une collection familiale, un fonds d’images, des archives professionnelles ou des ouvrages transmis entre plusieurs générations ne se résument pas à leur état matériel. Leur classement, leur histoire et leur usage orientent les priorités. La restauratrice peut alors distinguer ce qui doit être stabilisé rapidement, ce qui demande une étude complémentaire et ce qui relève d’un conditionnement ou d’une présentation mieux adaptée.

Les demandes peuvent commencer par un échange et une observation de l’objet. Des photographies de face et de revers, les dimensions, la nature supposée du support et les informations connues sur son histoire peuvent aider à préparer ce dialogue, sans remplacer l’examen direct lorsque le traitement doit être défini.

Une jeune pratique déjà reconnue

Garance Ricol a été présentée par Ateliers d’Art de France parmi les lauréates 2026 du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art. Le dossier professionnel souligne son parcours de conservation-restauration, ses formations en France et en Belgique et la création de l’Atelier In-Octavo. Cette reconnaissance s’inscrit dans une pratique où la minutie, la patience et la recherche accompagnent les gestes matériels.

À Chaussan, Garance Ricol défend une restauration des arts graphiques qui associe connaissance des supports, éthique professionnelle et attention à la lecture des œuvres. Affiches, gravures, dessins, livres, albums, bandes dessinées, parchemins et archives ne sont pas réduits à des surfaces fragiles : chacun possède une construction, des usages et une mémoire. L’analyse guide les choix, les traitements restent mesurés et les conditionnements prolongent la protection. L’Atelier In-Octavo offre ainsi un espace où le patrimoine graphique peut être consolidé, compris et transmis sans perdre les traces qui font sa singularité.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

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