Atelier & professionnel

Atelier Klemans — céramique sculpturale en grès à Meulan-en-Yvelines

Meulan-en-Yvelines

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Meulan-en-Yvelines, Stéphane Leclercq développe sous le nom Klemans une sculpture céramique contemporaine construite autour du grès, du tournage et de la tension entre les formes. Son travail ne cherche pas à enfermer la terre dans une silhouette stable et immédiatement décorative. Il observe au contraire ce qui se produit lorsqu’un volume semble s’incliner, se retenir, s’assembler ou rester en équilibre sur le point de basculer. Le mouvement, le déséquilibre et l’équilibre constituent les lignes de force de sa recherche. Ses pièces donnent ainsi à voir une matière qui paraît en train de se transformer, alors même que la cuisson l’a fixée.

Le tournage occupe une place centrale dans la pratique de Klemans. La girelle du tour impose un mouvement circulaire, mais elle ne produit pas pour autant des objets identiques. Le geste fait monter la terre, ouvre un passage, resserre un col ou élargit un volume ; la répétition du cercle devient un langage. Le tournassage prolonge ce dialogue lorsque la pièce, devenue assez ferme, est reprise pour préciser son profil, affiner une base ou régler une relation entre le plein et le vide. Dans les sculptures de l’atelier, le tour n’est donc pas seulement un outil de fabrication : il organise une manière de penser la forme et la trace laissée par la main.

Le grès offre à cette recherche une matière à la fois plastique avant cuisson et durable après le passage au feu. Il permet de construire des volumes qui doivent garder leur cohérence malgré les tensions introduites par le dessin, l’assemblage ou le modelage. La terre peut être tournée pour obtenir une structure initiale, puis reprise afin de déplacer une ligne ou d’accentuer une irrégularité. Certaines œuvres associent plusieurs éléments et rendent visible leur rencontre. Le raccord, la jointure et la continuité des surfaces deviennent alors aussi expressifs que le contour extérieur. L’œil suit une arête, revient vers une ouverture, découvre une épaisseur et comprend progressivement comment le volume tient.

Stéphane Leclercq est en grande partie autodidacte dans cette pratique de la céramique. Avant de se consacrer aux formes libres qu’il construit aujourd’hui dans la terre, il a travaillé pendant vingt ans comme modéliste spécialisé dans l’industrie textile haut de gamme. Cette expérience du corps et du vêtement éclaire son rapport actuel aux volumes sans le réduire à une simple transposition. Le modéliste devait comprendre une morphologie, une ligne de coupe, une tension de matière et la manière dont une forme accompagne un mouvement. Le céramiste travaille désormais avec une matière minérale, mais il conserve une attention aux proportions, aux tensions et aux rapports entre les parties d’une même construction.

Ce changement de domaine explique la présence récurrente de formes qui semblent avoir une attitude. Une sculpture peut évoquer une enveloppe, un organisme, un objet architectural ou un fragment sans se laisser enfermer dans une représentation précise. La terre garde son autonomie et résiste à l’image trop descriptive. Klemans parle de formes libres, de geste comme langage et de forme comme sujet. Cette orientation conduit à regarder la pièce pour elle-même : sa masse, son rythme, sa surface et sa capacité à modifier l’espace autour d’elle comptent davantage qu’un récit imposé.

L’équilibre est souvent instable dans ces constructions. Une partie étroite peut soutenir une masse plus large ; un vide peut interrompre une continuité ; une base peut sembler trop légère pour le volume qu’elle porte. Ce type de relation crée une attente chez le spectateur. On ne regarde pas seulement la sculpture comme un objet immobile : on imagine le mouvement qui l’a produite et l’énergie qui paraît encore circuler entre ses éléments. Le déséquilibre n’est pas une erreur à corriger, mais une qualité plastique qui donne à la pièce sa présence. La stabilité technique reste nécessaire, mais elle devient assez discrète pour laisser l’impression d’une suspension.

Le vocabulaire visuel de Klemans comprend aussi le cercle et la cible. Le logo de l’atelier accompagne son travail depuis plus de vingt ans et constitue une trace fondatrice. Les cercles ne désignent pas un point à atteindre ; ils rappellent le mouvement du tournage, le tournassage, le rythme de la main et la rotation de la girelle. Ils peuvent apparaître comme un signe, une empreinte ou une répétition au creux d’une pièce. Cette référence n’ajoute pas un motif plaqué à la surface : elle relie une image personnelle à l’action concrète qui transforme la terre.

L’inspiration attribuée à Jasper Johns appartient à cette histoire du signe. Chez Klemans, la cible devient moins une image reconnaissable qu’un principe de retour. Le cercle peut être régulier puis se déformer, se rapprocher d’un bord, disparaître dans un assemblage ou réapparaître comme une marque discrète. Sa répétition introduit une continuité entre des œuvres différentes. Elle rappelle également que la céramique garde la mémoire du geste : même lorsqu’une surface paraît lisse, elle est issue d’une succession de rotations, de pressions, d’attentes et de reprises.

Le modelage intervient aux côtés du tournage. Il permet de modifier une forme après sa construction initiale, d’ajouter une présence, de déplacer un plan ou d’accentuer le caractère organique d’un volume. L’assemblage ouvre une autre possibilité : plusieurs éléments peuvent être rapprochés, opposés ou superposés pour produire une architecture singulière. Le passage d’une technique à l’autre répond à la question de ce que la pièce doit devenir. Le tour apporte une mémoire circulaire et une précision de rotation ; le modelage introduit une réponse plus directe de la main ; l’assemblage fait naître une relation entre des parties qui n’existaient pas ensemble.

Dans une sculpture en grès, la surface participe pleinement à la perception du volume. Une arête accroche la lumière, une cavité l’absorbe, un plan plus mat ralentit le regard et une zone plus sombre donne de la profondeur. La forme se découvre selon la distance et le déplacement autour de l’œuvre. Un objet qui semble compact de face peut révéler un passage ou une ouverture lorsqu’on le contourne. Cette lecture changeante est cohérente avec le travail sur le mouvement figé : la sculpture ne bouge pas, mais elle oblige le regard à bouger.

Les œuvres exposées sous le nom Klemans sont des pièces uniques ou des formes produites en séries limitées, selon les recherches et les présentations. La répétition n’y efface pas la singularité. Reprendre un principe de cercle, de volume ou d’équilibre ne conduit pas à reproduire mécaniquement une même sculpture. La terre réagit à chaque construction, l’épaisseur varie, les assemblages déplacent les proportions et la cuisson stabilise un résultat qui ne peut pas être entièrement prévu depuis le dessin. Une série peut donc être comprise comme une famille de questions plutôt que comme une suite de copies.

Le travail de l’atelier est aussi lié à la manière dont les pièces rencontrent un lieu. Une sculpture placée dans une exposition ne se contente pas d’occuper un socle. Elle dialogue avec la distance de circulation, la lumière, la hauteur du regard et la présence des œuvres voisines. Klemans présente son travail depuis 2022 dans différentes expositions en France et ses œuvres sont également montrées dans des contextes européens. Chaque présentation offre une occasion de mesurer ce que le volume fait à l’espace et ce que l’espace révèle du volume. Une même pièce peut paraître plus compacte dans une salle dense, plus ouverte dans un parcours aéré ou plus architecturale lorsqu’elle est isolée.

Cette attention à l’exposition rejoint l’intérêt de Klemans pour la perception du spectateur. Le mouvement n’est pas seulement contenu dans le geste du tournage ; il se poursuit dans la manière dont on se place devant l’œuvre. La silhouette se recompose en avançant, les vides apparaissent puis se ferment, et une ligne de tension devient lisible depuis un autre côté. Une sculpture peut donc produire plusieurs expériences sans changer de matière. Le visiteur n’a pas besoin d’une explication longue pour entrer dans cette relation : la construction l’invite à ralentir et à chercher son point d’appui.

L’atelier conserve enfin un lien avec les réseaux professionnels des métiers d’art. Klemans est présenté comme céramiste et tourneur céramique dans le répertoire d’Ateliers d’Art de France, et Stéphane Leclercq indique être membre actif de ce syndicat depuis 2025. Il est également rattaché à la Maison des artistes et à l’ADAGP selon les informations publiées sur son site. Ces appartenances accompagnent une pratique d’artiste-auteur qui se situe à la rencontre de l’artisanat, de la sculpture et de la création contemporaine. Elles situent l’activité dans un environnement professionnel identifié.

À Meulan-en-Yvelines, l’Atelier Klemans propose ainsi une céramique sculpturale où le grès devient un espace de recherche sur le cercle, le poids, le vide et la tension. Le parcours de Stéphane Leclercq, passé par vingt années de modélisme textile avant la construction de formes libres, nourrit une attention particulière aux proportions et au mouvement. Tournage, tournassage, modelage et assemblage se répondent pour donner naissance à des volumes qui semblent retenir une impulsion. Les cibles et les cercles prolongent la mémoire de la girelle, tandis que les œuvres uniques ou limitées invitent chacun à observer leur équilibre depuis plusieurs points de vue. La terre cuite ne raconte pas une scène : elle garde la trace d’un geste et transforme cette trace en présence dans l’espace.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source officielle site-artisan

    Klemans — atelier et démarche (site externe)

    Organisme : Atelier Klemans

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Stéphane Leclercq comme artiste auteur, sa sculpture céramique en grès, le tournage comme langage, les thèmes du mouvement, de l’équilibre et du déséquilibre, son ancien métier de modéliste textile, ses expositions depuis 2022 et son adhésion aux Ateliers d’Art de France.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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