Atelier & professionnel

Atelier Lanzetta — Sandrine Pialat, feutrière à Paris

Paris

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Paris, Sandrine Pialat a créé l’Atelier Lanzetta, un atelier de création textile consacré au feutre de laine artisanal. Elle façonne à la main des objets uniques et des petites séries pour l’intérieur, en travaillant la laine comme une matière à la fois souple, dense, tactile et sculpturale. Corbeilles, bols, coussins, tentures et sculptures apparaissent dans sa galerie sous des formes inspirées par les reliefs, les couleurs et les détails observés dans la nature. Le feutre devient ainsi un matériau de décor, mais aussi un moyen de donner du volume à une fibre naturelle et de faire entrer une présence sensible dans les espaces du quotidien.

Le parcours de Sandrine Pialat commence par le stylisme et le modélisme de mode. Ces formations l’ont conduite vers la création textile, la teinture, les patines textiles et le tissage, avant sa découverte du feutre de laine artisanal. La matière l’a retenue par sa capacité à changer d’aspect selon la fibre, la densité, la couleur et le traitement de surface. Pour approfondir cette pratique, elle s’est formée auprès de feutrières reconnues. L’Atelier Lanzetta porte un clin d’œil à son arrière-grand-mère italienne, modiste prénommée Lanzetta, dont elle dit avoir reçu le goût du travail fait main et de la qualité.

Le feutre artisanal est un textile non tissé. Il ne se construit pas par l’entrecroisement de fils sur un métier, mais par l’amalgame progressif de fibres de laine. Sandrine Pialat part de fibres cardées ou peignées, qu’elle répartit avant de les humidifier et de les travailler avec de l’eau et du savon. Le massage, le roulage, le malaxage et le foulage rapprochent les fibres jusqu’à ce qu’elles s’accrochent de manière irréversible. La chaleur et l’humidité accompagnent cette transformation. La matière obtenue peut rester plate ou être construite directement en volume, avec une densité adaptée à l’usage et à la forme recherchée.

Le travail manuel demande d’anticiper le comportement de la laine. Une fibre légère peut devenir résistante et compacte après le feutrage, mais elle ne se rétracte pas de façon identique selon son origine, sa longueur, sa finesse et la manière dont elle est sollicitée. Le dessin doit donc prévoir l’évolution de la matière pendant le roulage et le foulage. Pour une corbeille, un bol ou une sculpture, le patron et la répartition des fibres doivent être pensés en fonction de la profondeur et des bords. Pour une tenture ou un coussin, la surface, la souplesse et le poids jouent un rôle différent. Chaque objet demande une préparation adaptée.

Les outils de l’atelier restent simples. Des blocs de savon de Marseille, des récipients, des tapis de bambou ou de paille, de l’eau et quelques outils à main suffisent pour accompagner les opérations de feutrage et les finitions. L’absence de machine laisse une place centrale au toucher. Les mains perçoivent l’épaisseur, les zones qui se resserrent, les fibres qui restent ouvertes et les endroits où le volume doit encore être stabilisé. Le geste alterne pression, déplacement, roulage et observation. La surface se construit peu à peu, au rythme de la matière et de la forme qui se précise.

Le choix de la laine influence l’apparence et la fonction du feutre. Certaines fibres donnent une surface fine et régulière, d’autres conservent un caractère plus rustique ou une texture plus visible. L’Atelier Lanzetta emploie des laines provenant d’élevages français ou européens. Ces fibres peuvent être laissées dans une gamme naturelle ou recevoir une teinture lorsque le projet le demande. La sélection associe la recherche d’une couleur, la réaction de la fibre et la résistance attendue pour l’objet. Une surface destinée à être touchée ne se traite pas comme une tenture regardée à distance.

La couleur est travaillée avec une attention particulière aux matières naturelles. Sandrine Pialat utilise des teintures issues de plantes ou des teintures réalisées par des fabricants labellisés GOTS, selon les choix annoncés par l’atelier. Les végétaux offrent des nuances qui peuvent varier en fonction de la fibre et du bain. La couleur ne se pose pas toujours comme une couche parfaitement uniforme : elle peut accompagner les reliefs, se concentrer dans certaines zones ou dialoguer avec une seconde fibre. L’atelier récolte également l’eau de pluie pour ses teintures et recycle ses bains, dans une démarche visant à réduire l’impact de la production.

La laine peut être associée à d’autres fibres naturelles et nobles. Un fil, une surface brillante ou une texture différente peut créer un contraste dans le feutre et modifier la façon dont la lumière se pose sur l’objet. Ces associations sont choisies en fonction de la forme et de l’effet recherché. Un coussin peut jouer sur le toucher et le rythme d’un motif, tandis qu’une tenture peut mettre en avant un relief plus ample. Le feutre supporte ainsi des compositions qui restent douces et mates, mais aussi des détails qui introduisent une variation de couleur ou d’éclat.

Les créations de l’atelier naissent souvent d’une observation de la nature. L’infiniment petit, les formes végétales, les nervures, les coquillages, les vagues et les irrégularités du paysage fournissent des points de départ graphiques ou formels. L’inspiration ne conduit pas à copier un motif de manière littérale. Elle aide plutôt à comprendre une courbe, un rythme, une superposition ou une distribution de couleurs. Une sculpture de coquillage ou de nautile peut traduire un mouvement spiralé ; une tenture peut évoquer une écume ou un relief côtier ; une corbeille peut faire sentir la douceur d’une surface organique.

La galerie de l’Atelier Lanzetta montre des familles d’objets pensées pour les intérieurs. Les corbeilles en feutre peuvent conserver une forme souple ou présenter un motif contrasté. Les bols associent parfois la laine à des teintes bleues, dorées ou naturelles. Les coussins jouent avec les rayures, les aplats et les compositions en duo. Les sculptures donnent au feutre une dimension plus libre, entre objet décoratif et forme autonome. Les tentures s’étendent sur la paroi et utilisent la densité, le relief et la couleur pour modifier la perception d’un espace. Ces catégories permettent de découvrir les possibilités de la matière sans réduire les créations à un seul style.

Le travail de Sandrine Pialat s’inscrit dans une fabrication entièrement manuelle. Chaque pièce prend du temps, depuis la préparation de la fibre jusqu’à la stabilisation du feutre et aux finitions. La régularité ne vient pas d’une production identique répétée par une machine, mais d’une attention portée à l’épaisseur, à la forme et aux transitions. Dans une petite série, les objets peuvent partager une intention ou une gamme de couleurs tout en conservant des variations de surface. Dans une pièce unique, ces différences deviennent une partie du résultat et donnent au feutre son caractère vivant.

L’atelier travaille aussi dans une logique de commande et de personnalisation. Une création peut être adaptée à un intérieur, à une dimension ou à une palette de couleurs. Le projet doit tenir compte de la place de l’objet, de la lumière, de la fréquence de manipulation et du rendu recherché. Une tenture ne sera pas étudiée comme un bol ; un coussin destiné à être utilisé doit conserver une souplesse et une résistance adaptées. L’échange autour des dimensions, des textures et de la couleur permet de construire une pièce qui garde la signature de l’atelier tout en répondant à une intention particulière.

La démarche de l’Atelier Lanzetta associe tradition et regard contemporain. Le feutre est une technique ancienne, mais Sandrine Pialat l’emploie pour créer des objets actuels, destinés à des usages et à des espaces variés. Le travail de la laine rejoint son expérience du stylisme, du modélisme, de la teinture et du textile, tandis que les formes s’éloignent parfois du vêtement pour investir le mobilier et la décoration. La matière conserve sa douceur et sa densité, mais elle peut devenir une paroi, un volume, un récipient ou un élément de confort.

Sandrine Pialat est membre d’Ateliers d’Art de France depuis 2023 et des Artisans de Belleville depuis 2022. Ces appartenances accompagnent une pratique qui cherche à faire connaître le feutre de laine et ses possibilités dans la création contemporaine. À Paris, l’Atelier Lanzetta propose ainsi une approche personnelle de la feutrière : fibres choisies en France ou en Europe, travail à l’eau et au savon, teintes végétales ou certifiées, économie de l’eau et fabrication sans machine se réunissent autour d’objets sensibles. Corbeilles, bols, coussins, sculptures et tentures prennent forme par le contact prolongé entre la laine, les mains et le dessin, jusqu’à obtenir une pièce durable, tactile et singulière.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Atelier Lanzetta — feutre de laine artisanal à Paris (site externe)

    Organisme : Atelier Lanzetta

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Sandrine Pialat et l’Atelier Lanzetta, feutrière à Paris, ses créations en feutre de laine artisanal, ses objets uniques et petites séries, ses engagements concernant les fibres naturelles et ses appartenances professionnelles.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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