Atelier & professionnel

Atelier L’Athanor, fonderie d’art et moulage à Liouville

Liouville

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Liouville, dans la Meuse, Ivan Jofa fait vivre l’Atelier L’Athanor, une fonderie d’art consacrée au bronze, à l’aluminium, au moulage et aux reproductions en résine. Le lieu travaille pour des artistes, des artisans, des particuliers et des projets liés au patrimoine. La réalisation peut commencer par l’étude d’une œuvre ou d’un modèle, se poursuivre par la fabrication du moule, puis passer par la cire, la coulée, le nettoyage, le ciselage et la patine. Cette continuité permet de suivre une pièce depuis sa préparation jusqu’à sa finition, avec une attention adaptée à sa forme, à son usage et à son matériau.

Une fonderie d’art au pied des Côtes de Meuse

L’Athanor a ouvert ses portes en 2007 dans une bâtisse ancienne située au pied des Côtes de Meuse. Le site officiel présente Ivan Jofa et son fils Evel comme réunis par une même pratique de la fonderie d’art et de la reproduction en résine. Le cadre n’est pas un simple décor pour l’activité : il rappelle l’histoire métallurgique de la Lorraine et donne à l’atelier une place singulière parmi les métiers du feu. Les œuvres passent par des étapes où la chaleur, le plâtre, les élastomères, la cire et le métal se répondent.

L’atelier intervient dans plusieurs domaines. Le statuaire peut concerner une création originale, une reproduction ou une série. L’ameublement ouvre la voie à des éléments de mobilier ou à des meubles complets. La décoration comprend notamment des luminaires, des poignées de portes et des poignées de tiroirs. Ces usages demandent des réponses différentes : une sculpture se regarde sous plusieurs angles, une pièce de mobilier doit s’intégrer à une structure, et un élément décoratif doit associer présence visuelle et résistance aux manipulations.

Le travail commence par une compréhension du projet. La forme, les dimensions, le nombre de pièces, le métal souhaité, la finition et la destination orientent les choix techniques. Un modèle destiné à une fonte unique ne se prépare pas de la même manière qu’une pièce appelée à être reproduite. Le moulage doit conserver les détails utiles, le système de coulée doit permettre au métal de circuler, et la finition doit retrouver l’intention de départ sans effacer les qualités de la matière.

Le bronze à la cire perdue

La cire perdue est l’une des techniques mises en avant par la fonderie. Une reproduction en cire est réalisée à partir d’un moule élastomère. Des conduits d’arrivée du métal et de sortie des gaz sont ensuite ajoutés en cire afin de préparer la circulation pendant la coulée. L’ensemble est enrobé de matière réfractaire par couches successives pour former une carapace capable de recevoir le bronze chaud.

La cuisson transforme cette préparation. La cire fond et s’évacue, tandis que le moule réfractaire est porté à une température adaptée à la coulée. Le bronze est amené en fusion puis versé dans le moule encore chaud. Une fois le métal refroidi, le moule est détruit pour libérer la pièce. Cette disparition du modèle en cire explique le nom de la technique et rend chaque opération dépendante de la préparation précédente. Une épaisseur mal anticipée, un conduit mal placé ou une fragilité du moule peut modifier le résultat final.

Après la sortie de la pièce, le travail continue. Le métal est nettoyé, les parties liées au système de coulée sont retirées et les marques de fabrication sont reprises. Le ciselage permet de corriger les traces laissées par la coulée et de retrouver les lignes du modèle. La patine termine la transformation visuelle du bronze. Elle peut donner une tonalité, une profondeur et un degré de contraste qui accompagnent le volume sans masquer les détails.

La technique convient aux statues, aux éléments décoratifs, aux pièces d’ameublement et à des créations plus modestes. Le bronze associe une grande présence à une capacité de finition étendue. Il peut être regardé pour son volume, pour la précision de sa surface ou pour la manière dont la lumière glisse sur ses reliefs. Une petite poignée et une œuvre statuaire ne demandent pas la même préparation, mais toutes deux dépendent de la justesse du modèle, du moule et de la finition.

La fonte au sable et l’aluminium

L’Athanor travaille également selon la technique de la fonte au sable. Cette méthode répond à d’autres situations que la cire perdue et peut être choisie selon la géométrie de la pièce, le modèle disponible et le résultat recherché. Le sable forme le moule autour de l’empreinte, puis il est préparé pour résister au passage du métal. La qualité de l’empreinte et la bonne organisation des conduits restent essentielles, car elles déterminent la manière dont la matière remplit le volume.

L’aluminium fait partie des métaux proposés par l’atelier. Sa légèreté change la relation entre la pièce et son support. Pour un élément de décoration ou d’ameublement, elle peut faciliter la manipulation et modifier les contraintes de fixation. Le choix ne se résume pas à une couleur ou à un poids : il dépend aussi de la forme, de l’épaisseur, de la finition et de l’environnement dans lequel l’objet sera installé. Le bronze, l’aluminium et la résine ne réagissent pas de la même façon, et la préparation doit tenir compte de ces différences.

Une demande de fonte peut venir d’un sculpteur qui dispose déjà d’un modèle, d’un artisan qui souhaite réaliser une série d’éléments ou d’un propriétaire qui cherche à remplacer une partie manquante. L’atelier peut accompagner le projet de la conception de la pièce jusqu’au soclage ou à l’installation pour un monument. Cette continuité aide à maintenir une cohérence entre la forme initiale, la fabrication et la présentation finale.

Les moules en élastomère, en plâtre et en résine

Le moulage est au centre de nombreuses réalisations. L’élastomère de silicone est présenté par l’atelier comme un matériau capable de prendre l’empreinte de presque tous les supports sans les altérer. Sa souplesse facilite le démoulage de formes comportant des reliefs ou des contre-dépouilles. Il peut servir à préparer des tirages en cire, en plâtre ou en résine. Le choix de la membrane, de la chape et du nombre de parties dépend de la forme du modèle et de la manière dont la pièce doit être retirée.

Le moule en plâtre possède d’autres caractéristiques. Il est utilisé notamment pour des applications liées à la céramique et pour des reproductions en plâtre. Sa fragilité et sa mise en œuvre plus contraignante demandent une préparation attentive. Un moule perdu, un moule destiné à une pièce creuse et un moule utilisé pour une reproduction répétée ne répondent pas au même objectif. L’atelier adapte donc la technique à la pièce plutôt que de lui imposer une solution unique.

La résine peut former un moule rigide pour des surfaces importantes ou pour une reproduction en série. Elle se conserve bien dans le temps, mais son champ d’application dépend des textures et des matériaux du modèle. La fabrication demande d’anticiper la séparation des parties, les zones de prise et la stabilité de l’ensemble. Une empreinte réussie restitue la forme avec fidélité tout en permettant un démoulage sûr.

Le moulage ne consiste pas seulement à copier une silhouette. Il conserve une texture, une marque d’outil, un relief et parfois une irrégularité qui participent au caractère de l’œuvre. Un détail trop fin peut disparaître au cours de la préparation ; un plan trop fragile peut se déformer ; une chape mal pensée peut rendre la sortie difficile. La lecture du modèle et la compréhension de son comportement sont donc aussi nécessaires que la connaissance des produits employés.

La résine pour la sculpture et la reproduction

L’atelier présente plusieurs familles de résines : polyester, polyuréthane, époxy et acrylique. Chacune possède des caractéristiques propres et une mise en œuvre différente. Certaines conviennent mieux à une résistance mécanique, d’autres à une utilisation dans un environnement humide ou à un effet visuel particulier. Le choix dépend de la taille de la pièce, de sa destination, de son exposition et de la finition envisagée.

La résine stratifiée permet de réaliser des pièces creuses en appliquant des couches de tissu de verre derrière la résine. Cette structure peut donner un objet à la fois léger et résistant, utilisable pour des installations intérieures comme extérieures lorsque le projet s’y prête. La résine peut être déposée dans un moule en résine ou en élastomère, ou être stratifiée directement sur une sculpture en polystyrène. La méthode modifie la manière de contrôler l’épaisseur et la surface.

Les pièces de volume limité peuvent être coulées pleines. Cette possibilité est aussi utilisée pour certaines résines transparentes qui cherchent un aspect proche du verre. Une résine chargée de poudres minérales ou métalliques peut imiter le marbre, le bois ou le bronze. La charge transforme le poids, la texture et la perception de la surface. Une patine peut ensuite renforcer l’illusion de matière et donner à la pièce une tonalité cohérente avec son modèle ou son environnement.

La résine sert aussi à fabriquer des reproductions lorsque le bronze ou le métal ne sont pas nécessaires. Une œuvre peut être destinée à une installation légère, à un décor, à une maquette de présentation ou à une série. Le matériau est alors choisi pour répondre à la fonction de la pièce et aux contraintes de son emplacement. La forme reste au centre du projet, mais sa réalisation est pensée avec les propriétés de la résine retenue.

Restaurer les bronzes et les monuments

L’Athanor intervient dans la restauration de bronzes statuaires et monumentaux. Les monuments posent des contraintes liées à leur taille, à leur poids et à leur fragilité. Des assemblages anciens réalisés par rivets peuvent avoir perdu de leur solidité, et le déplacement d’un ensemble volumineux exige des moyens adaptés. La méthode présentée par l’atelier permet de travailler sur un bronze sans le démonter lorsque la situation le permet, avec l’objectif de retrouver sa patine originelle.

La restauration commence par un brossage dont l’intensité varie selon les zones. Cette opération retire les oxydes nuisibles, les traces de pollution et les saletés accumulées au fil du temps. Le bronze reçoit ensuite un traitement anticorrosion destiné à arrêter l’action des oxydes et à former une couche de sels stables. La cire microcristalline est finalement appliquée sur la surface pour raviver le lustre de la patine. Des retouches de couleur peuvent être réalisées dans les parties les plus abîmées.

Cette approche distingue le nettoyage, la stabilisation et la reprise esthétique. Une surface ancienne ne doit pas être traitée comme une matière neuve. Les nuances de la patine, les reliefs et les différences d’exposition appartiennent à l’histoire de la pièce. Une intervention mesurée conserve ce qui peut l’être et concentre les reprises sur les zones qui menacent la lecture ou la conservation du bronze. L’entretien régulier recommandé par l’atelier prolonge ensuite le travail réalisé et aide à préserver l’aspect de la patine.

La restauration peut concerner un monument installé dans l’espace public, une sculpture, un élément de mobilier ou une pièce décorative. Dans chaque cas, l’examen doit prendre en compte le matériau, les assemblages, l’état de la surface et les conditions auxquelles l’objet est soumis. Le bronze exposé dehors ne vieillit pas comme une pièce conservée à l’intérieur. La pluie, les variations de température, la pollution et les manipulations modifient les besoins de protection.

Des projets de la conception à l’installation

La fonderie accompagne des projets qui associent plusieurs métiers. Le modèle peut venir d’un artiste, être développé avec l’atelier ou demander la création d’un moule avant toute coulée. Le travail des volumes, la préparation des plans de joint, la fabrication du système d’alimentation et le choix de la finition forment une chaîne continue. Lorsque la pièce doit rejoindre un monument ou un ensemble de mobilier, le soclage et l’installation prolongent la fabrication.

Cette organisation est particulièrement utile pour les œuvres qui ne peuvent pas être considérées comme des objets isolés. Une sculpture installée dans un lieu doit tenir compte de son support, de sa visibilité, de son poids et de la manière dont le public la découvre. Un élément d’ameublement doit s’accorder à une structure existante. Un luminaire doit associer une présence décorative à une fixation fiable. La fonderie ne sépare pas la matière de l’usage final, car la réussite dépend de leur accord.

L’atelier peut également travailler pour des petites séries. La reproduction demande alors de stabiliser le modèle, de préparer un moule durable et de contrôler chaque tirage. Les pièces ne deviennent pas pour autant interchangeables. Les opérations de démoulage, de nettoyage, de ciselage et de patine introduisent une part de travail manuel qui donne à chaque exemplaire ses nuances. La régularité recherchée concerne la forme et les dimensions, tandis que la finition conserve la présence du geste.

La transmission par les stages

L’Athanor propose des stages à la demande en fonderie d’art, en moulage élastomère, en moulage plâtre, en résine et en tirage d’épreuves. Le contenu est ajusté à l’emploi du temps et aux besoins de la personne. Un parcours peut couvrir toutes les étapes, du modèle au soclage du bronze, ou se concentrer sur une opération comme la cire, la fabrication du moule, la coulée, le ciselage ou la patine.

Les stages de fonderie peuvent utiliser la cire perdue ou le moulage au sable. Les participants découvrent la préparation de la cire, la construction du moule réfractaire, la cuisson, la coulée, le décochage, le nettoyage, l’ébarbage, le ciselage et la patine. Certaines opérations liées au métal en fusion restent réalisées par les bronziers de l’atelier, tandis que les autres étapes permettent de comprendre la progression complète d’une pièce.

Les stages de moulage élastomère abordent la réalisation de membranes souples pour des reproductions en cire, en plâtre ou en résine. Le plâtre répond à des applications différentes, dont les moules à creux perdus et les reproductions en plâtre ou en céramique. La résine stratifiée permet de réaliser des moules rigides. Ces apprentissages montrent pourquoi le matériau du moule doit être choisi en fonction de la forme, de la série et de la matière de tirage.

Des sessions collectives de trois ou cinq jours sont également présentées, avec un maximum annoncé de cinq élèves par session. Le programme de cinq jours en fonderie part d’une cire directe ou d’un tirage en cire réalisé dans un moule. Il comprend la retouche et le montage de la cire, les moules réfractaires, la cuisson, la coulée du bronze, le décochage, le nettoyage, l’ébarbage, le ciselage et la patine. Une personne qui vient découvrir les arts du feu peut ainsi relier les gestes de préparation aux étapes qui révèlent la pièce.

La Salamandre, un prolongement consacré aux arts du feu

À côté de la fonderie, La Salamandre est présentée comme une galerie installée dans les caves réhabilitées de la bâtisse. Elle accueille des expositions et un espace de vente pour des artisans d’art locaux. On y trouve des objets de décoration, des peintures, des gravures, du mobilier de créateur, des luminaires et des bijoux. Cet espace donne à voir plusieurs manières de transformer la matière et crée un lien entre la production de l’atelier et d’autres savoir-faire.

La Salamandre accueille aussi des démonstrations autour des métiers d’art. La proximité avec la fonderie rend lisible le rapport entre le métal, la chaleur, le moule et la finition. Le visiteur peut comprendre qu’une pièce exposée est le résultat d’une suite d’opérations, de décisions et de gestes. Le lieu contribue ainsi à faire connaître les arts du feu dans un environnement rural, en réunissant création, transmission et découverte.

À Liouville, l’Atelier L’Athanor associe donc la fonderie de bronze et d’aluminium, la fonte au sable, la cire perdue, le moulage, la résine et la restauration. Ivan Jofa peut travailler sur une sculpture, un élément de mobilier, une pièce décorative, un monument ou un projet de reproduction. La diversité des techniques ne dilue pas l’identité de l’atelier : elle permet de choisir une méthode en fonction de la forme, de la matière, de la destination et du degré de finition recherché. Dans la Meuse, ce lieu consacré aux arts du feu fait dialoguer les gestes anciens de la fonte avec des solutions actuelles de moulage et de reproduction.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-professionnel

    Fonderie d’art L’Athanor — site professionnel (site externe)

    Organisme : Atelier L’Athanor

    Fait soutenu
    Le site de l’atelier présente Ivan Jofa et Evel, l’ouverture de la fonderie en 2007, la fonderie de bronze et d’aluminium, le moulage, la résine, la restauration, les domaines du statuaire, de l’ameublement et de la décoration, ainsi que l’accompagnement des projets.
    Consultée le
    10 septembre 2026

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction