Atelier & professionnel

Atelier Les Mots Bleus — Aude Vaxelaire, sculptrice métal à La Bresse

La Bresse

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À La Bresse, au cœur du massif vosgien, Aude Vaxelaire développe une pratique de sculptrice métal au sein de l’Atelier Les Mots Bleus. Son travail associe la métallerie, la tôlerie, la serrurerie et la sculpture pour donner naissance à des pièces décoratives et à des œuvres de plus grand format. Le métal y est découpé, forgé, sculpté et façonné, mais l’atelier explore aussi le bois, la pierre, la glace et la neige. Cette pluralité de matières nourrit une écriture personnelle où la solidité du fer peut prendre des formes délicates, courbes ou lumineuses.

Aude Vaxelaire a d’abord été formée au dessin technique et au métier de dessinatrice-métreur à l’école technique Le Corbusier d’Illkirch-Graffenstaden, en 1995. Elle a ensuite travaillé pendant de nombreuses années dans l’entreprise familiale de métallerie créée par son père. Cette expérience lui a donné une connaissance concrète des métaux, des assemblages, des outils et des contraintes rencontrées dans l’atelier et sur les chantiers. Après la fermeture de l’entreprise en 2015, elle est revenue au dessin et à la création en ouvrant son propre atelier en 2016. Son parcours relie ainsi l’univers de la construction métallique à une recherche plus libre autour du volume et de l’expression artistique.

Le geste de la sculptrice commence par une idée de forme. Avant de devenir une pièce, le métal doit être observé pour sa résistance, son épaisseur, sa capacité à se plier et la manière dont il réagit aux outils. Une tôle ne se comporte pas comme une barre, une plaque ne reçoit pas les mêmes contraintes qu’un tube et une pièce destinée à rester dehors doit être pensée différemment d’un objet d’intérieur. Le dessin aide à établir les proportions, les appuis et les passages, mais la matière intervient ensuite avec ses propres tensions. Le travail consiste à accompagner ces réactions pour obtenir une silhouette stable et expressive.

La découpe ouvre la surface et prépare les éléments qui composeront l’œuvre. Une ligne droite peut définir une arête franche, tandis qu’une courbe crée une transition plus douce ou un mouvement continu. Les découpes peuvent rester visibles et participer au dessin, ou être reprises par des opérations de façonnage et de finition. La précision du tracé conditionne l’assemblage, surtout lorsque plusieurs pièces doivent se rejoindre pour former un volume. Aude Vaxelaire s’appuie sur sa maîtrise de la métallerie pour transformer une plaque ou un profilé en une structure qui garde la trace du geste tout en présentant une construction équilibrée.

Le forgeage permet de modifier la forme du métal par la chaleur et le travail de l’outil. La matière devient plus souple, puis se resserre en refroidissant. Cette transformation demande de choisir le moment de l’intervention et de surveiller les déformations qui peuvent apparaître. Un bord peut être étiré, un élément peut être cintré ou une surface peut recevoir une courbure qui donnera du mouvement à la pièce. La forge n’est pas seulement une opération de fabrication : elle donne au métal une présence qui rappelle son passage par le feu et la force des gestes nécessaires pour le modeler.

La sculpture ajoute une dimension de volume et de rythme. Une œuvre peut s’organiser autour d’un axe, d’une ouverture, d’une torsion ou d’un déséquilibre maîtrisé. Les pleins et les vides deviennent aussi présents que la matière elle-même. Un espace traversant permet à la lumière de circuler ; une superposition crée des ombres ; une ligne fine peut contraster avec une masse plus dense. Le métal se prête à ces jeux de tension parce qu’il peut être à la fois porteur, découpé, plié et suspendu. Les décisions de construction servent alors le regard autant que la stabilité de l’œuvre.

L’Atelier Les Mots Bleus réalise des sculptures uniques et variées, avec une sensibilité que les présentations consacrées à Aude Vaxelaire décrivent comme féminine. Cette dimension ne réduit pas les œuvres à un style décoratif déterminé. Elle renvoie à une manière de faire dialoguer force et douceur, lignes souples et structures métalliques, présence monumentale et détails délicats. Une pièce peut évoquer une silhouette, une plante, une aile, une dentelle ou un mouvement abstrait sans être enfermée dans une représentation littérale. Le dessin reste un point de départ, puis la matière guide la transformation et introduit des surprises.

Le métal peut aussi devenir un support de lumière. Une sculpture lumineuse doit être pensée à la fois comme un volume visible de jour et comme une forme qui change lorsque la lumière traverse ses ouvertures ou se pose sur ses reliefs. Les découpes, les espacements et les surfaces produisent des ombres différentes selon la position de l’éclairage. Une structure métallique peut ainsi dessiner une présence dans un intérieur, un espace d’accueil ou un environnement extérieur. La lumière ne sert pas seulement à éclairer l’œuvre : elle révèle les vides, souligne les contours et donne une autre lecture aux assemblages.

Les cadres décoratifs constituent une autre possibilité. Un cadre en métal peut entourer une image, une matière, un miroir ou un espace laissé volontairement ouvert. Sa fonction structurelle devient un élément de composition, avec des angles, des courbes et des textures choisis pour accompagner ce qu’il met en valeur. Le cadre peut rester sobre et géométrique, ou recevoir un travail plus organique qui rappelle une branche, une dentelle ou une ligne de paysage. La finition modifie alors la relation entre le métal et le contenu : une surface mate absorbe davantage la lumière, tandis qu’un poli ou une teinte plus claire accentue certains reliefs.

Les sculptures monumentales demandent de penser l’œuvre dans l’espace. La taille, le poids, les points d’appui et les possibilités de transport doivent être étudiés avant la fabrication. Une pièce destinée à un jardin n’est pas regardée comme une sculpture installée dans une salle ; le vent, l’humidité, le sol et les distances de circulation entrent dans la conception. Un projet extérieur peut jouer avec la silhouette des Vosges, la lumière changeante et la relation entre la matière industrielle et le paysage. Le métal peut s’élever, s’ouvrir ou se déployer tout en conservant une structure capable de tenir sa place dans un environnement vaste.

Le travail de la tôle offre une grande liberté de surface. Elle peut être pliée, roulée, cintrée ou découpée pour construire une enveloppe. Les raccords donnent au volume sa continuité, alors que les ouvertures permettent de voir l’intérieur de la forme. Selon la finition, les marques d’outil peuvent rester visibles et raconter la fabrication, ou être atténuées pour privilégier une lecture plus lisse. La sculptrice choisit l’équilibre entre traces du geste et netteté de la silhouette. Cette décision participe au caractère de l’œuvre et à la manière dont elle se comporte sous une lumière naturelle ou artificielle.

La serrurerie et la métallerie apportent une connaissance des assemblages. Une sculpture doit pouvoir être maintenue sans que les éléments techniques prennent toute la place dans le regard. Les soudures, fixations et renforts sont disposés pour respecter la ligne générale et garantir la solidité. Un socle peut prolonger la forme, la stabiliser ou créer un contraste de matière. Pour une œuvre suspendue, les points d’accrochage et la répartition du poids deviennent partie prenante du projet. L’expérience acquise dans les travaux métalliques aide à résoudre ces questions sans séparer la technique de l’intention artistique.

Le bois et la pierre offrent d’autres résistances et d’autres textures. Le bois introduit un rapport au fil, à la chaleur et à la profondeur, tandis que la pierre oppose une masse plus minérale et une surface qui se révèle par la taille. Dans une approche mêlant plusieurs matières, le métal peut servir de liaison, de support ou de contraste. Une pièce métallique peut entourer un élément de bois, s’appuyer sur une pierre ou dialoguer avec une surface plus irrégulière. Le choix ne repose pas uniquement sur l’apparence : les poids, les dilatations, les fixations et la tenue de l’ensemble doivent être conciliés.

La glace et la neige ouvrent un rapport différent au temps. Ces matières sont liées au froid, à la saison et à une transformation qui ne suit pas les mêmes règles que le métal. Elles permettent de travailler la transparence, l’érosion, la lumière et la fragilité. Une sculpture de glace ou de neige peut être conçue pour être regardée pendant une durée limitée, avec une forme qui évolue au fil des heures. L’expérience de la métallerie reste présente dans l’attention portée au volume, à l’équilibre et à la construction, mais le matériau impose ici d’accepter une part d’éphémère.

Le dessin technique reste un outil précieux dans la préparation des œuvres. Une esquisse peut montrer une vue d’ensemble, un profil, un détail d’assemblage ou la relation entre la sculpture et son socle. Pour une commande de grande dimension, les plans servent à comprendre l’échelle, l’emprise au sol et les contraintes d’installation. Ils permettent aussi de discuter de la place du vide, du mouvement et de la visibilité depuis plusieurs points de vue. Aude Vaxelaire peut ainsi mettre en relation la précision héritée de son parcours de dessinatrice-métreur et la liberté propre à la création sculpturale.

Le métal se prête également à des objets décoratifs de dimension plus intime. Une pièce peut trouver sa place dans un intérieur, sur un meuble, contre un mur ou dans un espace de passage. La taille modifie la relation au geste : un petit format se découvre à proximité, tandis qu’une sculpture plus haute se lit à distance et accompagne le mouvement d’une personne dans la pièce. Un objet décoratif peut utiliser une découpe fine, une texture de surface, une courbe ou un jeu de lumière pour apporter une présence sans saturer l’espace. Le même savoir-faire se décline alors dans des proportions adaptées à la destination de l’œuvre.

La création sur mesure demande un échange autour du lieu et de l’intention. Une entreprise, un particulier, un décorateur ou une collectivité peut rechercher une œuvre pour une entrée, un jardin, un espace public ou une pièce de vie. Le projet doit préciser les dimensions souhaitées, la relation avec l’architecture, l’exposition à la lumière et les conditions d’installation. La sculptrice peut proposer une forme qui tient compte du mouvement des personnes, de la visibilité depuis plusieurs angles ou d’un dialogue avec les matériaux déjà présents. Le résultat ne consiste pas à agrandir un objet existant : il doit être conçu à l’échelle du lieu.

Les textures de métal donnent une identité différente à chaque pièce. Une surface peut conserver les traces de la forge, recevoir des marques régulières de l’outil ou être travaillée pour obtenir un aspect plus doux. Les arêtes peuvent être accentuées, les creux approfondis et les raccords fondus dans une continuité visuelle. Une finition plus sombre renforce les ombres et donne de la densité ; une surface plus claire révèle les volumes et les ouvertures. Ces choix accompagnent la forme sans la décorer artificiellement. Ils permettent au regard de comprendre comment la matière a été transformée.

L’atelier de La Bresse s’inscrit dans un territoire où le paysage vosgien offre une présence forte. Les reliefs, les forêts, la neige et les variations de lumière peuvent nourrir l’imaginaire d’une sculptrice qui travaille la matière et le volume. Aude Vaxelaire ne réduit pas pour autant ses œuvres à une représentation du paysage. Le lien au massif apparaît plutôt dans l’attention aux contrastes, aux forces naturelles et aux formes qui se déploient dans l’espace. Une sculpture en métal peut porter une énergie verticale, une courbe de branche ou une impression de mouvement tout en restant une œuvre abstraite et personnelle.

La formation d’Artisan d’Art obtenue en 2023 auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Grand Est s’inscrit dans cette évolution professionnelle. Elle vient reconnaître un parcours qui associe pratique des métaux, création et autonomie d’atelier. La sculptrice poursuit une activité où la technique n’est jamais séparée de l’imagination. Découper, forger, sculpter et façonner sont autant de moyens de chercher une forme, de tester un équilibre et de donner une existence matérielle à une idée. Chaque œuvre garde ainsi la trace d’un cheminement qui commence par le dessin et se poursuit dans la résistance du matériau.

À La Bresse, l’Atelier Les Mots Bleus développe une sculpture métal qui s’appuie sur la métallerie tout en ouvrant un espace de création très personnel. Aude Vaxelaire réalise des œuvres décoratives, des cadres, des sculptures lumineuses et des formats monumentaux, en travaillant la découpe, la forge, le façonnage et l’assemblage. Le bois, la pierre, la glace et la neige élargissent parfois le dialogue autour du métal et introduisent d’autres textures, poids et rapports au temps. Pour une pièce unique ou une création conçue pour un lieu précis, le dessin, la structure, les vides et la lumière sont étudiés ensemble afin que l’œuvre trouve une présence juste dans son environnement.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Aude Vaxelaire — sculptrice métal

    Organisme : Atelier Les Mots Bleus / Aude Vaxelaire

    Fait soutenu
    Le site professionnel présente Aude Vaxelaire comme sculptrice métal, son parcours depuis 1995, la création de l’Atelier Les Mots Bleus à La Bresse en 2016, les matières travaillées et les domaines de métallerie, décoration et sculpture.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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