Atelier & professionnel

Atelier Meyer — dorure, restauration de peintures et encadrement à Schiltigheim

Schiltigheim

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Schiltigheim, dans le Bas-Rhin, l’Atelier Meyer réunit trois activités étroitement liées : la dorure, la conservation-restauration des peintures et la fabrication de cadres. La maison est référencée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français depuis 1928 et porte le label Entreprise du Patrimoine Vivant. Son histoire familiale est marquée par trois générations de Meilleurs Ouvriers de France dans la dorure. Michel Meyer, Jean-Jacques Meyer et Pascal Meyer ont transmis et développé une pratique où la feuille d’or, la peinture, le bois et l’encadrement sont étudiés ensemble.

La dorure ne se résume pas à appliquer une couleur métallique sur une surface. La feuille d’or modifie la relation entre la lumière, le relief et la matière qui la reçoit. Un cadre sculpté, une boiserie, une statue, un élément architectural ou un objet décoratif demandent chacun une préparation particulière. L’état du support, la présence d’une ancienne dorure, les zones mates et brillantes, les reliefs et les traces d’usage orientent le traitement. L’atelier annonce une capacité à dorer différents matériaux et à réaliser des projets sur mesure, en associant gestes traditionnels, outillage adapté et expérience de la conservation.

La famille Meyer travaille la dorure depuis plusieurs générations. Michel Meyer a commencé son apprentissage à Strasbourg auprès des doreurs Gerner et Metz avant de créer son propre atelier en 1956. Jean-Jacques Meyer l’a rejoint en 1958 et a obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France en 1972. Michel Meyer a reçu cette distinction en 1976. Pascal Meyer, troisième génération de la famille à obtenir le titre, l’a obtenu en 2000. Cette continuité explique la place donnée à la transmission, mais elle ne fige pas la pratique : l’atelier s’est installé à Schiltigheim en 2002, a accueilli un premier apprenti en 2005 et a continué à faire évoluer ses équipements et ses espaces.

La collaboration avec les Monuments historiques remonte, selon la chronologie publiée par l’atelier, à la fin des années 1970. Elle a conduit l’équipe à travailler sur des décors et des objets dont la valeur tient autant à leur matière qu’à leur place dans un ensemble patrimonial. Une dorure peut appartenir à un cadre, à une sculpture, à une boiserie ou à un élément d’architecture. La décision ne consiste pas seulement à retrouver un éclat uniforme. Il faut tenir compte de la fonction de l’objet, de la perception du relief, de la lumière du lieu et des parties anciennes qui subsistent.

La restauration des peintures sur toile et sur bois constitue le deuxième grand domaine de l’atelier. Eladia Arrizabalaga Meyer s’est formée à l’Institut d’art et de restauration du Palazzo Spinelli, avec une spécialisation dans la restauration des peintures sur toile et sur bois. Son parcours comprend également une collaboration avec l’atelier florentin Studio Amorosi, présentée comme toujours active par le site professionnel. L’équipe peut ainsi aborder des tableaux dont le support souple, le panneau rigide, la préparation, la couche picturale et le vernis ont chacun une histoire différente.

Les principes annoncés pour la conservation-restauration sont la réversibilité, la limitation de l’intervention et la compatibilité des traitements avec les matériaux. Une intervention doit pouvoir être retirée sans endommager l’original. Le choix d’un produit, d’une retouche ou d’une consolidation dépend donc de son comportement dans le temps et de sa relation avec les couches existantes. La limitation de l’intervention évite d’ajouter des gestes qui ne répondent pas à une altération réelle. La compatibilité physique et esthétique aide à préserver la structure comme l’apparence de l’œuvre.

Ces principes changent la manière de regarder une peinture. Une toile peut présenter un encrassement, un vernis jauni, des soulèvements, des lacunes, une déchirure ou une ancienne retouche. Un panneau peut être déformé, fendu ou recouvert de couches qui masquent la peinture. Le traitement doit distinguer ce qui relève du support, de la préparation, des pigments ou de la protection finale. La page de conservation de l’atelier montre plusieurs catégories d’œuvres : portrait de jeune fille, nature morte, Vierge à l’Enfant et portrait d’homme. Ces sujets ne définissent pas une méthode unique ; ils témoignent de la diversité des tableaux étudiés.

Le respect de l’intégrité historique accompagne la fonction esthétique. Une peinture ancienne conserve des traces de son parcours, des effets de matière et parfois des interventions antérieures. Les retirer ou les recouvrir sans examen pourrait supprimer des informations sur l’objet. Une retouche doit donc rétablir une lecture sans prendre la place de la peinture originale. Le degré d’intervention dépend de l’état, du contexte de conservation et du rôle de l’œuvre. Un tableau exposé dans un lieu patrimonial, une peinture de collection et une œuvre destinée à un intérieur privé peuvent appeler des décisions différentes.

La dorure et la restauration se rencontrent souvent dans les cadres. Un cadre protège les bords d’une toile, organise sa présentation et construit une relation visuelle entre l’œuvre et le mur. Une dorure lacunaire, un relief cassé, une moulure déformée ou une préparation fragilisée modifient la perception du tableau. L’Atelier Meyer restaure des cadres et présente des opérations de pose de feuille d’or, de dorure et de brunissage. Le brunissage intervient dans la relation entre les parties dorées et la qualité de leur surface ; il participe à la différence entre un éclat brillant et un aspect mat.

La fabrication de cadres complète la conservation des œuvres existantes. Le site professionnel indique que l’atelier réalise des cadres sur mesure en s’appuyant sur des techniques anciennes et contemporaines. Plusieurs modèles sont présentés : un cadre intemporel EIS, un cadre Régence Double, un cadre Louis XVI pour miroir et un cadre ovale. Ces noms renvoient à des proportions, des profils et des usages différents. Un cadre destiné à un miroir ne se conçoit pas comme celui d’une peinture ; un modèle Régence ne produit pas la même présence qu’une ligne plus sobre. La fabrication s’accorde aux dimensions, au sujet, à la lumière et à l’espace de présentation.

Les cadres peuvent aussi être pensés en dialogue avec des artistes, des collectionneurs et des spécialistes de l’art. L’atelier se présente comme un lieu de rencontre autour de la création de cadres, de la restauration et de la dorure. La pièce doit assurer une fonction de protection tout en soutenant la lecture de l’œuvre. La largeur des montants, le relief, la teinte de la dorure et la profondeur de la feuillure modifient la distance entre le tableau et le regard. Le choix se construit donc à partir de l’œuvre réelle, de ses dimensions et de l’environnement où elle sera installée.

Les réalisations de dorure montrent des supports qui dépassent le cadre traditionnel. L’atelier présente les grandes orgues de la cathédrale de Strasbourg, un luminaire, des décorations de piscine ainsi que des fauteuils et un miroir. Ces exemples relient la dorure à des objets liturgiques, à l’éclairage, à l’architecture intérieure et au mobilier. Une surface exposée à la lumière naturelle ne vieillit pas comme un décor protégé dans une salle. Un luminaire doit être observé sous plusieurs angles ; des fauteuils dorés doivent conserver une relation avec leur structure et leur usage. La technique se déploie ainsi dans des contextes très variés.

La restauration d’éléments architecturaux appartient également à l’activité de l’atelier. La notice institutionnelle évoque des statues et tout élément architectural qui nécessite une intervention. La galerie présente la dorure de la façade de l’Auberge Paul Bocuse. Une façade impose des contraintes de climat, de distance et de lecture depuis l’espace public. La préparation du support, l’adhérence, la protection et la continuité du décor doivent être examinées avec la configuration du bâtiment. Une restauration extérieure ne peut pas être conduite comme celle d’un petit cadre conservé à l’intérieur.

L’histoire récente de l’Atelier Meyer comprend plusieurs étapes liées à son développement. Le couple Pascal Meyer et Eladia Arrizabalaga Meyer a ouvert l’entreprise à Schiltigheim en 2002. L’atelier a reçu le label Entreprise du Patrimoine Vivant en 2006 et l’habilitation des Musées de France en 2008, selon la chronologie professionnelle. En 2012, une collection de moules a été acquise ; en 2015, l’inventaire d’un atelier parisien a rejoint les ressources de la maison. En 2019, le relief de Saint Guillaume, restauré par l’atelier, a été sélectionné pour l’exposition « Trésors restaurés du Moyen Âge ».

La collection de moules et l’inventaire d’un atelier ancien peuvent enrichir la capacité à reproduire ou compléter un profil, mais chaque projet reste lié à l’objet examiné. Un moulage ne doit pas effacer la différence entre une partie ancienne et un élément refait. La connaissance des profils et des décors aide à retrouver une cohérence, tandis que l’observation du cadre ou de la boiserie détermine la forme réellement nécessaire. Cette distinction est particulièrement précieuse pour les objets patrimoniaux, où une réparation doit rester lisible pour les personnes qui étudieront l’œuvre plus tard.

La feuille d’or est également utilisée dans des créations contemporaines. L’atelier présente la dorure comme une activité sur mesure, avec des projets qui peuvent concerner des matériaux et des supports variés. La matière dorée peut souligner une sculpture, accompagner un mobilier, modifier un luminaire ou participer à un décor intérieur. La lumière révèle alors les différences de relief et de préparation. Une surface parfaitement lisse renvoie un éclat différent d’un fond mat ou d’un décor gravé. La sélection du support, la préparation et la finition construisent ensemble l’apparence finale.

Les distinctions professionnelles associées à l’atelier rappellent cette double orientation. Les trois générations de Meilleurs Ouvriers de France illustrent la maîtrise de la dorure ; le label Entreprise du Patrimoine Vivant souligne l’ancrage d’un savoir-faire dans une entreprise ; l’habilitation des Musées de France relie l’activité à la conservation des collections. Le site mentionne également le Groupement Monuments Historiques et Qualibat. Ces reconnaissances ne remplacent pas la description d’un chantier, mais elles situent l’atelier dans un environnement de restauration, de fabrication et de conservation.

Pour un tableau, un cadre ou un objet doré, l’examen doit porter sur la matière et sur le contexte de présentation. Les photographies peuvent montrer une surface, mais elles ne suffisent pas toujours à comprendre une adhérence, une déformation, une cassure ou la nature d’une finition. La taille de l’objet, son poids, sa fragilité, son historique connu et le lieu où il doit être conservé orientent la suite du projet. L’atelier réunit des compétences permettant de traiter la dorure, la peinture et l’encadrement au sein d’une même maison, tout en s’appuyant sur des principes de conservation qui limitent les interventions inutiles.

À Schiltigheim, l’Atelier Meyer fait dialoguer trois générations de dorure, la restauration de peintures sur toile et sur bois, la conservation des surfaces dorées et la fabrication de cadres sur mesure. Le parcours de Michel, Jean-Jacques et Pascal Meyer, la spécialisation d’Eladia Arrizabalaga Meyer, les collaborations avec les Monuments historiques et les réalisations de la cathédrale de Strasbourg, de l’Auberge Paul Bocuse et de plusieurs cadres donnent une identité précise à la maison. La dorure y est envisagée comme une relation entre lumière, support et histoire ; la restauration comme un travail mesuré, réversible et compatible avec l’œuvre ; le cadre comme un élément qui protège et accompagne le regard.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle notice-professionnelle

    Atelier Meyer — Institut pour les Savoir-Faire Français (site externe)

    Organisme : Institut pour les Savoir-Faire Français

    Fait soutenu
    La notice institutionnelle présente l’Atelier Meyer à Schiltigheim, les métiers de restaurateur de peintures, doreur et encadreur, la création en 1928, le label EPV, l’habilitation des Musées de France, le parcours de Pascal Meyer et les réalisations de dorure et de restauration.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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