Atelier & professionnel

Atelier Mishima — céramique et sculpture à Mazerolles-du-Razès

Mazerolles-du-Razès

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

La terre, le geste et le feu

À Mazerolles-du-Razès, dans l’Aude, Julie Fenoul développe l’Atelier Mishima autour de la céramique et de la sculpture. Son travail s’appuie sur une relation attentive avec la matière : la terre est modelée, marquée, préparée puis confiée au feu, tandis que la main donne à chaque pièce son relief et sa présence. L’atelier réunit des créations utilitaires, des objets décoratifs et des sculptures, ainsi que des cours et des stages pour les personnes qui souhaitent découvrir ou approfondir le travail de l’argile.

Julie Fenoul a grandi avec un intérêt pour l’art. Elle s’est d’abord formée seule, en avançant par la pratique et par l’observation. À l’âge de quarante ans, une période de fatigue professionnelle l’a conduite à chercher une activité qui puisse renouer avec la création concrète. La découverte de la terre a ouvert cette nouvelle direction. L’argile permet de travailler avec le corps, de ralentir le geste et de faire apparaître une forme à partir d’une matière souple. Cette rencontre a progressivement pris la place d’une simple curiosité pour devenir un métier.

Son parcours s’est enrichi par plusieurs formations courtes consacrées à l’émaillage, au tournage, au Raku et à la sculpture. Chacune de ces approches apporte une manière différente de comprendre la céramique. Le tournage demande une attention continue à l’équilibre de la masse et à la régularité du mouvement. Le modelage permet de construire une forme directement avec les doigts et les outils. L’émaillage ajoute une réflexion sur la surface et la transformation qui se produit pendant la cuisson. Le Raku, quant à lui, ouvre un rapport plus spectaculaire entre la pièce, la chaleur et l’aspect final.

Un atelier construit par l’expérimentation

Pour installer son activité, Julie Fenoul a transformé un garage en atelier et acheté un four. Ce changement a rendu possibles les essais réguliers, les cuissons et la mise au point de formes personnelles. La pratique céramique se construit par étapes : la terre doit être choisie et préparée, la forme doit sécher progressivement, puis la cuisson révèle la tenue de la pièce et la qualité du travail de surface. Chaque expérience permet de mieux comprendre la matière et d’ajuster le geste suivant.

Cette place accordée aux essais se retrouve dans la diversité des pièces réalisées à l’Atelier Mishima. Certaines sont destinées à un usage quotidien, d’autres cherchent surtout une présence visuelle ou une expression sculpturale. Une assiette, un pichet ou un saladier doit rester agréable à prendre en main et cohérent avec son usage. Une sculpture peut au contraire s’appuyer sur une posture, une silhouette, une empreinte ou un rapport particulier à l’espace. Les deux démarches ont en commun la précision du modelage et l’attention portée à la surface.

La sculpture a pris une place plus affirmée après un stage de sculpture féminine d’après modèle vivant, suivi au Créatoire de Grégory Poussier à Montmaur. Cette expérience a encouragé Julie Fenoul à développer un travail figuratif et à considérer le corps comme un terrain de recherche. Le modèle vivant permet d’observer les proportions, les appuis, les tensions et les lignes de mouvement. En céramique, cette observation doit ensuite être traduite dans une matière qui se déforme, sèche et se transforme au four.

Le résultat n’est pas une reproduction mécanique. La sculpture conserve une part d’interprétation, dans la manière de simplifier une posture, de prolonger une ligne ou de laisser visibles certaines irrégularités. La terre garde la trace du contact des mains et des outils. Elle peut recevoir une empreinte, une incision, une texture ou une peinture. Le travail de Julie Fenoul s’intéresse ainsi à la rencontre entre une forme reconnaissable et les signes propres à la matière céramique.

Les coquelicots comme motif de surface

Parmi les réalisations de l’atelier, la gamme consacrée aux coquelicots associe le grès, l’empreinte de feuilles et la peinture à la main. Les feuilles sont utilisées pour inscrire un motif végétal dans la surface de la terre. Leur présence ne se limite pas à un décor ajouté après le modelage : l’empreinte relie directement l’objet à une forme observée dans le monde naturel. Les nervures, les contours et les irrégularités de la feuille deviennent des éléments du relief.

Cette méthode convient à des pièces différentes. Les assiettes de présentation peuvent accueillir les empreintes de coquelicot sur une surface pensée pour être regardée autant qu’utilisée. Le pichet reprend le même univers sur un objet qui doit rester pratique à saisir et à déplacer. Les saladiers en grès prolongent la série avec un volume plus profond, adapté à la table et à la présentation de préparations. Dans chaque cas, la forme générale et le motif doivent cohabiter sans que l’un rende l’autre illisible.

La peinture à la main apporte une intervention supplémentaire. Elle permet de souligner certaines lignes, d’accompagner le relief ou de donner au motif une présence plus sensible. Le geste n’est pas parfaitement identique d’une pièce à l’autre, ce qui participe au caractère artisanal de la série. Les objets gardent une famille visuelle commune, tout en conservant des nuances liées au travail manuel, au séchage et à la cuisson.

Le grès convient aussi à la volonté de créer des pièces qui puissent trouver leur place dans la vie quotidienne. Une assiette de présentation peut servir à mettre en valeur un plat ou rester exposée comme un objet décoratif. Un pichet et un saladier ont une relation plus directe avec la table, mais leur surface travaillée leur donne une dimension qui dépasse la seule fonction. L’Atelier Mishima développe ainsi des objets où le motif végétal accompagne l’usage sans devenir un simple ornement interchangeable.

Figures et danseuses en céramique

Les geishas font partie des sculptures en grès présentées par l’Atelier Mishima. Ces figures prolongent le travail du corps et de la posture dans une forme qui peut être observée sous plusieurs angles. Le grès donne une structure à la silhouette et permet de travailler les volumes, les vêtements suggérés et les détails de surface. Les empreintes de coquelicot et la peinture à la main créent un lien avec la gamme utilitaire, tout en produisant une expression différente sur le volume sculpté.

Les danseuses de lyre explorent une autre relation entre le corps et l’espace. La danseuse de lyre n°1 est une sculpture en grès papier installée sur un cercle en fer forgé. La danseuse de lyre n°2 est réalisée en grès chamotté et repose également sur un cercle en fer forgé. Ces deux pièces évoquent le cerceau aérien, discipline dans laquelle le corps s’organise autour d’une structure circulaire. Le cercle n’est donc pas un support neutre : il participe à la lecture de la posture et donne à la sculpture une direction dans l’espace.

Le choix de deux terres différentes modifie la manière d’aborder la forme. Le grès papier et le grès chamotté ne produisent pas exactement la même sensation au travail. La texture, la tenue et la réponse aux outils influencent la construction de la figure. La sculpture doit aussi tenir compte de la relation avec le fer forgé, de l’équilibre de l’ensemble et de la façon dont le regard circule entre le corps et l’anneau. Ces pièces associent donc modelage, étude de la posture et réflexion sur le support.

Le thème de la danse aérienne donne aux figures un mouvement particulier. Le corps semble s’appuyer sur le cercle tout en le dépassant, et la ligne de la sculpture peut suggérer une suspension ou un élan. La céramique conserve pourtant sa densité et sa fragilité. Cette tension entre la sensation de légèreté et le poids réel de la terre nourrit le caractère des danseuses de lyre.

Des cours pour découvrir plusieurs techniques

L’Atelier Mishima accueille des débutants comme des personnes déjà familiarisées avec la céramique. Les cours et les stages peuvent être suivis seul, en famille ou entre amis. L’accompagnement est personnalisé afin que chacun puisse avancer à partir de son expérience et de son projet. Une première séance peut être consacrée aux gestes de base du modelage, tandis qu’un participant plus expérimenté peut chercher à améliorer une forme, une finition ou une technique de cuisson.

L’atelier découverte propose une première approche des gestes de la terre. Il donne le temps de toucher la matière, de comprendre sa résistance et de construire un objet simple. Le modelage ne consiste pas seulement à donner une forme extérieure. Il faut aussi penser l’épaisseur, les raccords, les ouvertures et la manière dont la pièce pourra sécher. Les premiers gestes sont ainsi accompagnés par des explications concrètes et par une observation attentive de la terre.

L’atelier au trimestre offre un cadre plus régulier pour progresser. La répétition permet d’affiner la coordination entre l’œil et la main, de comparer plusieurs essais et de mieux anticiper les réactions de la matière. Un projet peut évoluer au fil des séances, depuis une idée ou un volume de départ jusqu’aux finitions. Cette durée convient à une personne qui souhaite installer la pratique dans son quotidien et prendre le temps de développer son propre langage formel.

Le stage Raku fait découvrir une technique présentée comme ancestrale au Japon. Il met l’accent sur le rapport entre la pièce et la cuisson, ainsi que sur les effets de surface qui apparaissent pendant le processus. La séance permet d’aborder une autre manière de penser la céramique, où la préparation de l’objet et le moment de la cuisson sont étroitement liés. Le Raku demande de la précision, de l’attention et une compréhension des différentes étapes qui conduisent à l’aspect final.

Un stage consacré à la lampe en porcelaine explore la finesse et la transparence de cette terre. La porcelaine permet de travailler une enveloppe qui laisse passer la lumière lorsqu’elle est suffisamment fine. La réalisation demande de réfléchir à la forme, à la régularité des parois et aux ouvertures qui dessineront les zones lumineuses. Cette approche invite à considérer la céramique comme un objet qui change d’apparence lorsqu’il est éclairé.

Une pratique à découvrir en Occitanie

Mazerolles-du-Razès est une commune de l’Aude située en Occitanie. C’est dans ce cadre rural que l’Atelier Mishima accueille ses activités et développe ses créations. La vie de l’atelier s’organise autour de la terre, des outils, du four et des projets en cours. La visite peut intéresser les personnes qui cherchent une pièce artisanale en céramique, une sculpture figurative ou une activité manuelle accompagnée.

Les créations de Julie Fenoul s’adressent à des usages et à des sensibilités variés. Les pièces de table peuvent rejoindre un intérieur et accompagner un repas. Les sculptures peuvent être choisies pour leur silhouette, leur motif ou leur rapport à l’espace. Les cours et les stages permettent de vivre directement le contact avec l’argile et d’expérimenter des techniques comme le modelage, la porcelaine ou le Raku.

L’identité de l’Atelier Mishima vient de cette circulation entre plusieurs pratiques. Le motif du coquelicot relie la nature et la surface de l’objet. Les geishas et les danseuses de lyre donnent à la terre une dimension figurative. Les ateliers de transmission rendent les gestes accessibles à des personnes de niveaux différents. Dans tous les cas, le travail conserve une place centrale pour l’expérimentation, la précision du modelage et la transformation par le feu.

Pour découvrir l’univers de Julie Fenoul, il est possible de consulter les créations, les propositions d’ateliers et les informations présentées par l’Atelier Mishima. Une assiette marquée par une feuille, un pichet peint à la main, une sculpture en grès ou une figure construite autour d’un cercle en fer forgé témoigne d’une même attention au dialogue entre la forme et la matière. À Mazerolles-du-Razès, la céramique devient ainsi un travail patient du geste, de la surface et de la présence.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. official-directory-profile

    Atelier Mishima — Julie Fenoul (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    Profil de Julie Fenoul : céramiste et sculptrice à Mazerolles-du-Razès, parcours d’autodidacte, formations courtes, ouverture de l’atelier en août 2021, cours et stages de modelage, productions utilitaires et décoratives, œuvres en grès et sculptures présentées.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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