Atelier & professionnel

Atelier Scordatura — lutherie et archèterie historique à Montpellier

Montpellier

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Montpellier, l’Atelier Scordatura réunit lutherie, archèterie et connaissance des instruments historiques. Installé dans l’Hôtel Faulquier, un hôtel particulier du XIXe siècle, il accueille des violons, altos, violoncelles, contrebasses, archets et instruments anciens. L’atelier assure la fabrication, la restauration, l’entretien, les réglages, le montage d’époque, la vente, la location et l’expertise. Cette diversité permet d’accompagner un musicien qui découvre un instrument comme un professionnel qui prépare un concert, un collectionneur qui souhaite comprendre une pièce ou une famille qui confie un instrument ancien à restaurer.

Le nom Scordatura renvoie à l’usage d’accorder différemment un instrument afin d’ouvrir d’autres possibilités musicales. Ce choix donne une direction à l’atelier : les instruments sont considérés selon leur histoire, leur construction, leur accordage et la musique à laquelle ils sont destinés. Une même famille, comme le violon ou l’alto, peut être abordée dans une tradition classique, baroque, traditionnelle ou plus actuelle. Le rôle du luthier consiste à relier les caractéristiques de l’objet aux gestes du musicien, à son répertoire et à la réponse sonore qu’il recherche.

L’atelier reprend l’histoire de Frédéric Becker. Arrivé à l’âge de la retraite, celui-ci transmet son atelier à Olivier Calmeille, qui reprend les rênes en septembre 2021. Scordatura conserve alors le caractère généraliste du lieu tout en y ajoutant l’expérience d’Olivier dans la lutherie historique. Le projet prend place à Montpellier, dans un bâtiment ancien dont les boiseries, les hauts plafonds à caissons et la coupole forment un environnement particulier pour l’exposition et le travail. Une salle est consacrée aux essais ; les espaces situés à l’arrière permettent la restauration, le reméchage des archets et la fabrication.

Olivier Calmeille est diplômé de l’école de lutherie de Newark-on-Trent, au Royaume-Uni, en 2003. Son parcours commence par l’ébénisterie à Toulouse, puis il rejoint l’école anglaise en 1999. Il se forme ensuite auprès de plusieurs professionnels et spécialistes des instruments baroques, notamment à Paris, en Hollande et à Berlin. De retour à Montpellier en 2006, il crée avec Arnaud Giral l’Atelier Sous l’Écorce, consacré à la fabrication et au montage d’instruments historiques inspirés des grands maîtres et de relevés conservés dans les musées. Cette expérience nourrit son goût pour les pièces uniques sculptées et pour les instruments qui portent une forte dimension historique.

La reprise de Scordatura permet de réunir deux univers. La lutherie classique donne les bases de l’entretien et de la fabrication des instruments du quatuor ; la lutherie historique invite à étudier les formes anciennes, les montages, les accordages et les usages musicaux qui leur sont associés. L’atelier souhaite faire connaître les instruments et archets historiques ainsi que la richesse de leurs répertoires. La musique classique, la musique baroque, les traditions populaires et le jazz peuvent ainsi trouver leur place dans les échanges avec les musiciens.

La restauration va de la révision annuelle à la remise en état complète. Un instrument passe parfois de main en main pendant plusieurs siècles. Ses égratignures, ses réparations et ses transformations racontent une partie de son parcours. Avant d’intervenir, le luthier observe la structure, le vernis, les collages, le chevalet, l’âme, les chevilles et les zones qui ont subi la tension des cordes. Une fissure, un décollement ou une déformation n’appelle pas automatiquement la même réponse. Le travail doit préserver les éléments significatifs tout en rendant l’instrument utilisable et stable.

La restauration peut concerner un violon, un alto, un violoncelle, une contrebasse ou une viole de gambe. La taille, les épaisseurs, les assemblages et les contraintes diffèrent d’une famille à l’autre. Un violon destiné à un élève n’est pas manipulé comme un instrument de collection, et une contrebasse ne se transporte pas ni ne se règle comme un alto. Le diagnostic prend donc en compte l’objet réel, son état, son usage futur et les interventions déjà réalisées. La conservation ne cherche pas à faire disparaître toute trace du temps : elle cherche à protéger la matière et la fonction de l’instrument.

L’archèterie occupe une place centrale dans l’activité de Scordatura. L’atelier travaille sur des archets modernes et baroques, avec une attention portée à la qualité des crins et aux matériaux qui composent la hausse, la poignée et les garnitures. Le site cite le fil d’argent, le cuir, l’os, l’ivoire, la nacre et l’ébène. Ces éléments influencent la prise en main, l’équilibre et la manière dont l’archet accompagne le geste. Le reméchage demande de choisir une quantité et une qualité de crins adaptées, puis de les installer avec une tension régulière.

Un archet ne se juge pas seulement à son apparence. Sa baguette, sa cambrure, sa hausse, sa mèche et son équilibre déterminent la précision de l’attaque et la facilité des changements de direction. Un musicien peut ressentir une perte de souplesse, une difficulté dans les sauts de corde ou une réponse moins régulière sans identifier immédiatement l’origine du problème. L’archetier examine alors les différentes parties et relie l’état matériel aux sensations décrites. Une intervention mesurée peut préserver une pièce ancienne tout en améliorant les conditions de jeu.

Le montage d’époque permet d’adapter un instrument ancien à une pratique historique. Olivier Calmeille travaille sur des instruments allant du XVIIe au début du XXe siècle, en respectant les exigences liées à leur construction et les attentes actuelles des musiciens. Le choix des cordes, la position du chevalet, l’âme, le cordier, les chevilles et d’autres éléments modifient la réponse. Un montage destiné à un répertoire baroque ne poursuit pas nécessairement le même équilibre qu’un montage moderne. La discussion avec le musicien permet de préciser le diapason, le répertoire, la tension et le confort recherchés.

La fabrication sur mesure prolonge cette recherche. Les luthiers de l’atelier peuvent reproduire une silhouette historique ou construire un instrument selon un projet particulier. Les décorations et les sculptures sont étudiées avec le modèle, le style et le rôle musical de la pièce. Le bois doit être choisi et préparé en fonction de la table, du fond, des éclisses, du manche et des autres éléments. La construction associe dessin, travail des voûtes, mise en forme, assemblage, vernis et montage final. Chaque étape influe sur la vibration et sur le caractère de l’instrument.

La fabrication d’un instrument du quatuor demande de comprendre la relation entre les parties visibles et les éléments internes. La table transmet les vibrations, le fond et les éclisses structurent la caisse, les barrages orientent la réponse et le manche établit la relation avec la touche. Le chevalet, l’âme et les cordes participent ensuite à la mise en tension de l’ensemble. Une erreur de mesure ou un choix mal adapté peut se faire sentir dans la justesse, la projection ou la facilité de jeu. Le luthier avance donc en observant la matière autant qu’en suivant le modèle.

L’équipe de Scordatura rassemble plusieurs compétences. Laurent Blanchard, luthier-archetier, est formé à l’École internationale de lutherie de Crémone. Installé à Uzès depuis 1993, il exerce depuis plus de trente ans et s’intéresse particulièrement au réglage des petits instruments pour faciliter la prise en main des jeunes musiciens. Sa pratique de l’orchestre nourrit son écoute des instrumentistes. Depuis plus de dix ans, il approfondit aussi l’archèterie, notamment le réglage des archets d’enfants et l’optimisation des archets d’adultes. Il rejoint Scordatura en 2024 et poursuit la restauration d’archets anciens et de valeur.

Astrid Raillard représente une génération plus récente de lutherie. Diplômée de l’école de Mirecourt et musicienne depuis son plus jeune âge, elle rejoint l’atelier en novembre 2025. Son travail s’inscrit dans les opérations de fabrication, de réglage et de restauration qui structurent la vie quotidienne du lieu. Marion Déteix assure l’administration et la communication depuis mars 2026. Son parcours dans le stylisme, la communication culturelle et le spectacle vivant l’a conduite vers un atelier où le patrimoine et la pratique musicale se rencontrent.

La vente permet de choisir un instrument en fonction d’un niveau, d’un répertoire et d’un budget. Scordatura propose principalement des instruments anciens, du XVIIIe au XXe siècle, ainsi que des archets. Les pièces sont examinées par les luthiers avant d’être présentées. Un violon d’étude, un alto pour un musicien confirmé et un instrument ancien de collection ne demandent pas le même échange. L’essai permet d’observer la réponse sous les doigts, la facilité d’émission, l’équilibre entre les registres et la manière dont l’instrument se comporte avec l’archet utilisé.

La location offre une solution aux conservatoires, aux écoles de musique, aux débutants et aux musiciens qui souhaitent disposer d’un instrument pendant une période donnée. L’instrument, l’archet et l’étui ou la housse doivent former un ensemble cohérent avec la taille et le niveau de la personne. Une location peut accompagner les premières années d’apprentissage, une préparation de concert ou une transition avant l’achat. Le choix se fait avec l’atelier afin que l’équipement ne crée pas une difficulté supplémentaire au moment où le musicien apprend ses premiers gestes.

L’expertise et l’estimation répondent à des questions différentes de la réparation. Un propriétaire peut vouloir faire décrire un instrument, comprendre son état, connaître les réparations visibles ou établir une valeur dans le cadre d’une transmission. Scordatura indique être adhérent de l’ALADFI, l’Association des luthiers et des archetiers pour le développement de la facture instrumentale des instruments du quatuor. L’examen distingue l’authenticité, la construction, l’état de conservation, les transformations et les éléments qui influencent la valeur. Une expertise écrite ne se remplace pas par une simple impression visuelle.

L’entretien quotidien protège l’instrument et l’archet. Après avoir joué, le musicien peut retirer la poussière de colophane avec un chiffon sec en coton et détendre la mèche de l’archet. Le bois réagit aux variations d’humidité et de température ; un étui adapté et un rangement stable limitent les risques. Les crins, les cordes, les chevilles, le chevalet et les collages peuvent évoluer selon la fréquence de jeu et les conditions de transport. Un contrôle régulier aide à intervenir avant qu’une petite évolution ne devienne une réparation plus lourde.

Un rendez-vous à l’atelier permet de préparer un essai, un réglage, une restauration ou une demande de fabrication. Le musicien peut venir avec ses partitions, son archet, ses cordes habituelles et les informations connues sur l’instrument. Pour une pièce ancienne, les photographies de réparations précédentes, les documents de provenance et l’historique de conservation peuvent être utiles. Pour une fabrication, le répertoire, l’accordage, le diapason, la projection et les sensations recherchées donnent une direction concrète au projet. L’équipe adapte ensuite l’échange à la nature de la demande.

À Montpellier, l’Atelier Scordatura fait dialoguer lutherie classique, facture historique et archèterie. La restauration préserve les instruments anciens, le montage d’époque rapproche une pièce de son répertoire, la fabrication donne forme à un projet personnel et l’entretien accompagne les musiciens dans la durée. Violons, altos, violoncelles, contrebasses, violes de gambe et archets y sont abordés avec une attention portée à la matière, au geste et au son. Dans l’Hôtel Faulquier, l’atelier poursuit depuis 2021 une histoire de transmission en réunissant instruments, savoir-faire et pratiques musicales de plusieurs époques.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

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