À Lyon, l’Atelier Stéphanie Rey est spécialisé depuis plus de trente ans dans la conservation et la restauration des bois dorés et polychromes, du XVIIe au XXe siècle. Stéphanie Rey intervient sur des cadres, des miroirs, des consoles, des sièges, des sculptures et des éléments de mobilier qui portent encore les traces d’une histoire décorative. Son travail associe l’observation de l’objet, la compréhension de ses matériaux et la maîtrise de techniques transmises par la pratique de la dorure et de la peinture sur bois. L’atelier accompagne des particuliers, des collectionneurs, des antiquaires, des encadreurs, des décorateurs, des commissaires-priseurs et des institutions.
Un parcours lié aux objets d’art
Stéphanie Rey a grandi dans l’univers des antiquités aux côtés de son père, antiquaire à Lyon puis installé au Louvre des Antiquaires à Paris. Cette proximité avec les objets anciens a nourri son goût du détail et son attention à la qualité d’une surface, d’un décor ou d’une proportion. Elle s’est ensuite formée auprès d’un maître doreur, lui-même maître artisan. Cet apprentissage lui a transmis la rigueur des gestes et la connaissance de techniques ancestrales utilisées pour restaurer les bois dorés et polychromes.
La conservation-restauration demande de regarder une pièce avant d’intervenir. Un meuble, un cadre ou une sculpture ne se résume pas à sa couleur visible. La surface peut conserver plusieurs états, des reprises anciennes, des usures liées aux manipulations ou des zones où la dorure s’est atténuée. Le restaurateur doit donc comprendre la construction de l’objet, distinguer les matières et repérer les parties qui appartiennent à son histoire. Cette lecture guide ensuite les choix de nettoyage, de consolidation, de reprise et de finition.
L’atelier travaille sur des objets allant du XVIIe au XXe siècle. Cette amplitude couvre des formes et des décors différents : un cadre sculpté ne se traite pas comme une console, un miroir ne se lit pas comme une statue polychrome et un élément architectural impose d’autres contraintes qu’un meuble indépendant. Chaque intervention doit tenir compte du support, de la place de l’objet dans un intérieur et de la relation entre sa structure et son décor.
La dorure à la feuille et les bois dorés
La dorure à la feuille occupe une place centrale dans le savoir-faire de l’atelier. Elle donne au bois une surface lumineuse, mais elle ne masque pas la sculpture qui la porte. Les reliefs d’un cadre, les ornements d’une console ou les détails d’une statue restent lisibles grâce au travail préparatoire du support et à la manière dont la feuille est posée. La lumière se déplace sur les volumes et révèle les différences entre une zone plane, une moulure, une feuille ou un élément sculpté.
Les réalisations présentées par l’atelier comprennent des cadres anciens, de grandes glaces en bois doré, une console à décor de dauphins, un guéridon aux pieds en forme de lion, une statue de la Vierge à l’Enfant et des détails de mobilier doré des XVIIIe et XIXe siècles. Ces exemples montrent la variété des interventions. Une glace demande de préserver l’équilibre entre la structure, le décor et la surface réfléchissante. Une console impose de suivre les reliefs et les parties sculptées. Un guéridon associe la stabilité du meuble, la forme de ses pieds et la continuité de la dorure sur les éléments visibles.
La dorure ne se réduit pas à une couleur appliquée sur le bois. Elle dépend de la préparation du support, de l’état de la sculpture, de la régularité des surfaces et du choix de la finition. Les nuances, les usures et les reprises doivent rester cohérentes avec l’objet. Une pièce ancienne peut avoir besoin d’une intervention discrète qui maintient une patine existante, tandis qu’une zone très lacunaire peut demander une reprise plus visible pour retrouver la continuité du décor.
La peinture à la colle et la polychromie
L’atelier réalise aussi des travaux de polychromie. Cette technique concerne les parties colorées qui ne sont pas dorées, comme les vêtements, les corps, les instruments de musique ou les éléments végétaux d’une sculpture. Stéphanie Rey décrit l’utilisation d’une peinture à la colle composée d’un liant, la colle de peau de lapin, diluée à l’eau et mélangée à une charge telle que le blanc de Meudon et à des pigments.
La préparation commence par un support propre et exempt de corps gras. Un encollage nourrit les pores du bois et crée une accroche pour les couches suivantes. La peinture à la colle donne une surface mate et veloutée, différente de l’éclat d’une feuille métallique. Cette différence permet de faire dialoguer une partie dorée avec une partie colorée dans une même sculpture ou un même panneau. Le travail des pigments doit tenir compte de la forme sculptée, de la profondeur des creux et de la manière dont la lumière se pose sur le décor.
La patine intervient après la pose de la peinture. Elle s’appuie sur différents outils qui recréent des usures du temps et sur des dilutions chromatiques qui nuancent la couleur. L’objectif n’est pas de salir la surface, mais de retrouver une relation crédible entre les zones en relief, les parties manipulées et les passages moins exposés. Une polychromie restaurée doit garder une présence vivante tout en restant liée aux formes anciennes qu’elle accompagne.
Un haut de porte du XVIIIe siècle présenté dans la galerie illustre cette démarche. La sculpture en bois associe des instruments de musique, des motifs végétaux et une finition polychrome. L’intervention ne porte pas seulement sur une teinte uniforme : elle doit rendre lisibles les différents éléments du décor, respecter les volumes et rétablir une harmonie entre les couleurs. D’autres exemples montrent des sièges en bois laqué, un fauteuil en cabriolet de l’époque Louis XV et des boiseries ornées d’anges polychromes.
Conservation et restauration du mobilier
La conservation-restauration concerne des meubles et des objets qui peuvent continuer à être regardés, transmis ou replacés dans un intérieur. L’intervention doit améliorer leur état sans effacer les marques qui renseignent sur leur parcours. Le travail sur un bois doré peut comprendre une attention portée aux reliefs, aux parties fragiles, aux cadres, aux panneaux ou aux éléments sculptés. La restauration d’un objet ancien ne consiste donc pas à lui donner l’apparence d’une pièce neuve, mais à retrouver une cohérence entre sa structure, son décor et son usage.
Les réalisations de l’atelier comprennent notamment un tabernacle baroque d’Italie du Nord de la fin du XVIIe siècle, avec dorure à la feuille d’or et d’argent et imitation de marbre. Elles comprennent aussi un blason en bois doré et polychrome du XVIIe siècle, un miroir du XVIIIe siècle, des anges en bois doré et polychrome et des éléments de retable. Ces pièces montrent la diversité des objets religieux et décoratifs qui peuvent réunir plusieurs techniques sur un même ensemble.
Un tabernacle associe des volumes architecturés, des parties dorées et parfois des imitations de matériaux précieux. Une intervention doit conserver la lecture de ces différents registres. Un blason ou un retable demande une attention particulière aux reliefs, aux bordures et aux transitions entre la couleur et la dorure. Sur une sculpture polychrome, le visage, les vêtements et les attributs peuvent avoir des traitements différents. L’expérience du restaurateur permet de relier ces éléments sans les confondre.
Le conseil fait partie de l’accompagnement proposé par Stéphanie Rey. Avant d’entreprendre une restauration, il est utile de comprendre l’état de l’objet, les zones à préserver et le niveau d’intervention adapté à sa destination. Un cadre de collection, une console familiale, une glace ancienne ou une sculpture religieuse n’ont pas la même histoire ni les mêmes contraintes. L’échange avec le propriétaire ou l’institution permet de replacer la pièce dans son contexte et de définir un projet cohérent.
Des œuvres anciennes comme points de référence
Le parcours de Stéphanie Rey l’a conduite à participer à des salons à Antibes, Monaco et Paris ainsi qu’à la Biennale des Antiquaires. Ces rencontres ont renforcé son intérêt pour les objets d’art et pour la préservation de leur élégance. Elles ont également placé son activité dans un environnement où la connaissance des styles, des matières et des finitions est essentielle pour dialoguer avec des collectionneurs, des antiquaires et des professionnels du patrimoine.
Les références montrées dans la galerie ne sont pas de simples motifs décoratifs. Elles servent à rendre visibles les types d’objets sur lesquels l’atelier intervient : grands miroirs, cadres sculptés, consoles, guéridons, statues, tabernacles, blasons, boiseries et sièges. Le visiteur peut observer la relation entre la forme et la finition, la façon dont un détail doré accompagne une sculpture ou la manière dont une polychromie retrouve sa profondeur grâce aux nuances de la peinture à la colle.
Cette diversité permet aussi de comprendre la différence entre dorure et polychromie. La première travaille la présence de la feuille et la lumière qu’elle renvoie ; la seconde organise une gamme de couleurs, des matières mates et des effets de patine. Un même objet peut réunir ces deux dimensions. Dans une statue, un vêtement peut être doré tandis qu’un visage ou un attribut reçoit une couleur ; dans une boiserie, une partie sculptée peut se détacher sur un fond polychrome ; dans une console, les reliefs peuvent être soulignés par la dorure et les zones moins saillantes par une finition différente.
Lyon, un territoire d’antiquaires et d’artisans
L’Atelier Stéphanie Rey est situé à Lyon, dans le quartier d’Ainay et d’Auguste Comte, au cœur d’un secteur associé par l’atelier aux artisans et aux antiquaires lyonnais. L’Insee identifie Lyon par le code officiel géographique 69123 et la situe dans le Rhône et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cet ancrage facilite le lien avec des particuliers, des collectionneurs, des professionnels du mobilier et des institutions qui recherchent une intervention sur des objets dorés ou polychromes.
Le cadre lyonnais rappelle que la restauration est une activité de proximité autant qu’un savoir-faire patrimonial. Un meuble peut être confié par une famille, un cadre par un encadreur, une sculpture par un collectionneur ou un ensemble décoratif par une institution. Dans chaque cas, la relation commence par l’observation et l’écoute. La pièce porte une histoire matérielle ; le travail consiste à la stabiliser, à la rendre lisible et à préserver la cohérence de ses finitions.
À Lyon, Stéphanie Rey poursuit ainsi un métier où la main rencontre l’histoire de l’objet. La dorure à la feuille, la peinture à la colle, la polychromie et la patine sont mobilisées pour des cadres, des miroirs, des meubles, des sculptures et des éléments architecturaux. Plus de trente ans de pratique, une formation auprès d’un maître doreur et un héritage familial lié aux antiquités nourrissent une restauration attentive aux reliefs, aux couleurs et aux traces du temps.