Atelier & professionnel

Atelier TER — poteries en grès à Pomayrols

Pomayrols

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

Une céramique tournée et construite à la corde

À Pomayrols, dans l’Aveyron, Muriel Thomas développe au sein de l’Atelier TER une pratique de céramiste orientée vers les volumes généreux et les surfaces travaillées. Son approche repose sur plusieurs gestes complémentaires : le tournage, le montage aux colombins, le façonnage à la plaque et une technique particulière de fabrication des jarres à la corde. Le choix de la méthode dépend de la forme recherchée, de sa taille et de l’effet souhaité sur la surface. La terre n’est pas seulement un support à décorer ; elle détermine la construction, le rythme du travail et la présence finale de l’objet.

La jarre à la corde occupe une place singulière dans l’atelier. Muriel Thomas conçoit elle-même ses gabarits afin d’obtenir le volume qu’elle souhaite donner à chaque pièce. La corde accompagne la montée de la terre et aide à maintenir une forme ample pendant sa construction. Une fois le volume établi, les parois sont terminées aux colombins. Cette succession entre gabarit, corde et colombins permet de travailler de grosses pièces tout en conservant une relation directe avec la matière. Le résultat peut garder une surface lisse ou recevoir une texture, selon le traitement choisi.

La technique produit des jarres dont la silhouette se lit d’abord par son ampleur. Un grand volume demande de surveiller la régularité des parois, les assemblages et le séchage. Les colombins doivent être réunis avec soin pour que la pièce reste cohérente à mesure qu’elle monte. Le gabarit accompagne le dessin général sans imposer une forme industrielle. Il sert de repère au geste, tandis que la main ajuste les courbes, les transitions et l’épaisseur. Cette façon de faire donne à chaque jarre une construction visible dans ses proportions et dans le rapport entre sa base, sa panse et son ouverture.

Le grès blanc et le grès rouge

Muriel Thomas façonne ses jarres en grès blanc ou en grès rouge. Ces deux terres offrent des tonalités différentes et permettent de faire varier la relation entre le volume, le décor et la cuisson. Le grès donne une matière dense, adaptée aux grandes formes et aux objets qui doivent conserver une présence solide après le passage au feu. Les pièces peuvent être lissées pour laisser une continuité douce à la surface, ou texturées pour faire apparaître un relief plus sensible sous la lumière.

L’atelier travaille aussi la porcelaine, notamment dans les pièces tournées. Cette terre ouvre un registre différent, plus fin et plus clair, tandis que le grès reste associé aux volumes construits et aux grosses jarres. Le tournage permet de centrer la motte, d’ouvrir la forme puis de faire monter la paroi autour d’un axe. La régularité du mouvement donne une structure circulaire, mais la finition, l’épaisseur du bord et la proportion du volume gardent la marque du travail manuel.

Les poteries décoratives sont réalisées aux colombins ou avec la technique de la plaque. Le colombin consiste à monter la forme par anneaux de terre assemblés les uns aux autres. Il convient aux volumes qui doivent garder une présence construite et permet de travailler sans dépendre de la rotation d’un tour. La plaque, elle, fournit des surfaces qui peuvent être réunies pour former une silhouette plus anguleuse ou plus architecturée. Dans les deux cas, Muriel Thomas peut lisser, texturer et décorer la terre avec des pinceaux ou des éponges.

Cette diversité de gestes permet de passer d’une pièce qui naît autour d’un axe à une forme qui se construit par ajout ou par assemblage. Le tournage donne une continuité circulaire ; les colombins laissent davantage sentir la montée progressive du volume ; la plaque introduit des plans et des raccords. La jarre à la corde ajoute encore une autre manière de maîtriser la croissance d’une grande forme. Ces techniques ne sont pas utilisées comme des effets isolés : elles organisent la silhouette et orientent le traitement de la surface.

Engobes, oxydes et surfaces

Le décor des jarres et des poteries est préparé à partir d’engobes vitrifiés à haute température, réalisés par Muriel Thomas. Elle utilise aussi des jus d’oxyde. L’engobe ajoute une terre colorée sur la surface et peut accompagner les volumes, souligner une courbe ou créer un contraste entre deux zones. Le jus d’oxyde intervient avec une présence plus fluide et permet de travailler la variation plutôt qu’une couverture uniforme. Le pinceau et l’éponge ne laissent pas la même trace : l’un peut conduire une ligne, l’autre déposer une matière plus diffuse.

La surface peut donc être envisagée comme un relief autant que comme une couleur. Une zone lissée renvoie la lumière de manière régulière ; une texture la disperse et rend les irrégularités visibles. Sur une grande jarre, le décor doit suivre une paroi qui se courbe dans plusieurs directions. Un motif ou une teinte change d’aspect lorsque le regard se déplace autour de la pièce. Le travail des engobes et des oxydes accompagne cette lecture circulaire sans effacer la construction du volume.

Les émaux de cendre et de cuivre sont également présents dans l’univers de Muriel Thomas. Avec les engobes vitrifiés, ils forment une palette de finitions qui relie la terre à la cuisson. La matière déposée avant le feu ne garde pas exactement le même aspect après transformation. La température, l’atmosphère du four et la durée du cycle modifient la couleur, la brillance et les nuances. La préparation du décor consiste donc à choisir une application, tout en laissant la cuisson accomplir son propre travail.

Une cuisson au four à granulés

Les céramiques de l’Atelier TER sont cuites dans un four à granulés de bois. Les indications de l’atelier situent les cuissons entre 1260 et 1350 °C, tandis que la présentation professionnelle décrit un four de 450 litres, des cycles d’environ douze à quatorze heures et une cuisson réductrice comprise entre 1280 et 1320 °C. Cette atmosphère modifie la manière dont les émaux, les engobes et les oxydes réagissent. Le feu participe ainsi à l’aspect définitif au même titre que le façonnage et le décor.

Un cycle aussi long demande de préparer la pièce avec patience. La terre doit sécher progressivement pour limiter les tensions dans les parois, surtout lorsqu’il s’agit d’une grosse jarre ou d’un volume construit par plusieurs colombins. Les raccords, les épaisseurs et la position de la pièce dans le four influencent sa tenue pendant la cuisson. Après le refroidissement, la surface révèle les effets de l’engobe vitrifié, du jus d’oxyde, de l’émail de cendre ou de cuivre et de l’atmosphère réductrice.

Les grosses jarres sont présentées comme non gélives. Cette caractéristique les destine à conserver une présence stable dans des espaces où elles peuvent être exposées aux variations de température, dans les limites liées à leur usage et à leur installation. La taille devient alors un élément de la création : une grande pièce transforme la relation entre la céramique et le lieu qui l’accueille, tandis que ses textures et ses couleurs restent lisibles à distance.

Parmi les œuvres présentées par l’Atelier TER figurent La belle bleue, Figue et Planète. Ces noms ouvrent des pistes différentes pour regarder les formes, les couleurs et les surfaces. Ils montrent aussi que la production ne se réduit pas à une seule famille de jarres. Les pièces décoratives peuvent prendre des silhouettes variées, recevoir un traitement plus lisse ou plus texturé et laisser la cuisson modifier les nuances préparées au pinceau ou à l’éponge.

Des stages autour de la terre

L’Atelier TER accueille aussi des temps de transmission. Pour les enfants de quatre à douze ans, les séances de modelage sont organisées sous la forme de cours de deux heures, en petits groupes de quatre à six participants. Les thèmes annoncés comprennent les animaux et les personnages. Le modelage permet de commencer par le contact direct avec la terre, sans demander d’abord la maîtrise du centrage sur le tour. Les mains construisent, ajoutent, retirent et précisent progressivement une forme.

Les stages pour adultes s’adressent à tous les publics dans un groupe de six personnes au maximum. Une formule annoncée sur deux jours représente quatorze heures de pratique. L’initiation à la poterie africaine propose de façonner une pièce aux colombins puis de la décorer à l’engobe. Cette proposition fait écho au travail de l’atelier, où le montage par colombins et le décor de surface occupent une place réelle. Une autre initiation porte sur le tournage et suit les étapes de pétrissage, centrage, tournage et tournassage.

Le matériel de stage comprend la terre, l’engobe et la cuisson. Les pièces réalisées restent donc liées au même cycle de transformation que les créations de l’atelier. Le participant découvre le comportement de la matière pendant le façonnage, puis attend le séchage et le passage au four pour voir apparaître l’état final. La possibilité de loger sur place est également annoncée pour les stages adultes, ce qui peut faciliter une immersion de deux jours dans la pratique.

Ces stages rendent visibles les différences entre les techniques. Le colombin donne une construction progressive et permet de travailler une forme sans tour. Le décor à l’engobe ajoute une couleur ou une terre différente avant la cuisson. Le tournage demande une coordination entre la rotation, l’humidité et la pression des doigts. Le tournassage intervient ensuite pour reprendre le pied ou la base de la pièce. Chaque étape possède son propre rythme et ses propres contraintes.

À Pomayrols, Muriel Thomas réunit ainsi recherche de grands volumes, poteries décoratives et transmission. La jarre à la corde, les colombins, la plaque et le tournage offrent des chemins distincts pour construire la forme. Le grès blanc, le grès rouge et la porcelaine répondent à des usages et à des sensations différents. Les engobes vitrifiés, les jus d’oxyde, les émaux de cendre et de cuivre prolongent le travail sur la surface, avant une cuisson au four à granulés qui transforme la pièce. L’Atelier TER s’adresse aux personnes attirées par les céramiques de caractère, les grandes silhouettes, les matières texturées et l’apprentissage patient des gestes du potier.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. official-directory-profile

    Atelier TER — Muriel Thomas (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    Profil professionnel de Muriel Thomas à Pomayrols : jarres à la corde avec gabarits personnels et finition aux colombins, grès blanc ou rouge, engobes vitrifiés et jus d’oxyde, pièces lissées ou texturées, poteries aux colombins ou à la plaque, cuissons réductrices au four à granulés, œuvres présentées et stages de grandes pièces.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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