À Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, l’Atelier Tromelin conçoit et fabrique du mobilier sur mesure pour des projets d’aménagement intérieur. Baptiste Tromelin y développe une ébénisterie contemporaine qui associe le bois massif, le placage et d’autres matériaux comme le laiton, le métal, le miroir ou les éclairages intégrés. L’atelier travaille à partir des envies de ses clients, mais aussi des contraintes d’un lieu : dimensions, circulation, rangement, lumière et usages quotidiens. Une bibliothèque, un dressing, un bureau, une banquette, un bar ou un meuble destiné à dissimuler un équipement doivent trouver leur place dans une architecture existante. La conception sert à équilibrer la forme et la fonction, tandis que le travail de l’ébéniste donne une présence durable à l’ouvrage.
Le parcours de Baptiste Tromelin passe par l’école Boulle, où il approfondit ses compétences autour du bois et découvre les secrets de l’ébénisterie. Son approche reste attachée aux traditions du métier, tout en recherchant de nouvelles associations de matières et des réponses adaptées aux intérieurs actuels. Le bois peut être laissé visible, teinté, huilé, ciré ou verni selon l’essence et l’effet souhaité. Il peut aussi dialoguer avec du laiton massif, un stratifié, un miroir, du cuir ou une source lumineuse. Ces combinaisons ne sont pas seulement décoratives. Elles doivent être compatibles avec la construction, l’entretien et l’usage du meuble. Une partie métallique peut souligner une ligne, un placage peut organiser une façade et une lumière intégrée peut améliorer la perception d’une étagère ou d’un rangement.
Le travail commence par un échange autour du projet. Les dimensions de la pièce, les habitudes de rangement, les objets à intégrer et les zones de passage permettent de définir les grandes lignes. L’atelier annonce une co-modélisation des envies en projet final, avec des réflexions sur les matériaux et les finitions et, lorsque cela convient, des croquis ou des plans en trois dimensions. Cette étape rend les choix plus concrets. Elle permet de mesurer la hauteur d’une bibliothèque, la profondeur d’un placard, l’ouverture d’une porte ou la place nécessaire devant un bureau. Le projet est ensuite ajusté avant l’accord sur les matériaux, les délais de production et la fabrication.
Les réalisations présentées montrent la diversité des demandes. Un dressing toute hauteur peut exploiter la hauteur d’une chambre et transformer des espaces auparavant perdus en rangements. Un couloir peut recevoir des niches d’exposition et des rangements intégrés sans devenir un passage encombré. Une bibliothèque peut suivre un mur courbe lorsque des lignes droites ne permettraient pas une intégration satisfaisante. Un meuble de télévision suspendu peut réunir une bibliothèque, des tasseaux et un volume de rangement en conservant une impression de légèreté. Chaque réponse dépend de la géométrie du lieu et des objets à conserver. Le meuble sur mesure n’est donc pas un modèle standard réduit ou agrandi : il est construit autour d’une situation particulière.
Le bois massif occupe une place centrale dans plusieurs projets. L’atelier montre notamment des réalisations en chêne, en merisier et en orme. Le chêne peut servir à fabriquer des plateaux, des tasseaux, des étagères, des piètements ou des éléments de claustra. Le merisier massif peut devenir le point de départ d’une table à manger renforcée par des papillons intégrés à la main. L’orme apporte une autre lecture du grain et peut être associé à du granit des Vosges et à de l’acier dans une table basse à trois matériaux. Le choix d’une essence ne se limite pas à sa couleur. Le fil, la densité, les dimensions disponibles, les mouvements du bois et la finition influencent la construction et le résultat visible.
Les placages offrent une liberté différente. Une feuille de bois permet de couvrir une grande surface avec une continuité de dessin et une épaisseur réduite. Elle peut être associée à du bois massif pour donner de la rigidité ou souligner certaines parties du meuble. L’atelier présente des compositions en placage, massif et loupe de noyer ou de sycomore, avec des plateaux de grande longueur. La loupe apporte un dessin plus concentré et irrégulier ; elle demande d’être positionnée afin que le motif serve la forme du meuble. Une façade, un plateau ou une porte n’appelle pas nécessairement la même orientation du fil. La préparation des feuilles, le choix des raccords et la protection finale participent à la cohérence de l’ensemble.
Les ouvrages courbes demandent une préparation particulière. Une bibliothèque autour d’un mur arrondi doit suivre une géométrie qui ne se laisse pas simplement reporter sur des panneaux rectilignes. Les étagères, les portes, les chants et les supports doivent accompagner la courbe tout en conservant des jeux réguliers. Le meuble doit rester stable et accessible, sans perdre de capacité de rangement. Le cintrage d’éléments peut être utilisé lorsque la forme le nécessite. Dans un bureau de direction présenté par l’atelier, le chêne massif, le placage et le cintrage participent à un même aménagement. Ces techniques rendent possible une réponse qui épouse le lieu plutôt que de le contraindre à recevoir un meuble conçu pour une autre pièce.
Le laiton massif apparaît dans plusieurs réalisations. Des tasseaux de chêne peuvent recevoir une bande de laiton afin de créer des jeux de lumière lorsque l’on circule dans la pièce. Cette association met en relation la chaleur du bois et le reflet du métal. Le laiton doit être positionné avec précision pour que les lignes restent régulières et que les jonctions ne gênent pas l’usage. Dans un cache-compteur, un motif composé de huit essences de bois différentes est façonné pièce par pièce pour former la porte de la structure. Dans une entrée, un claustra en chêne massif peut séparer deux espaces tout en conservant une relation visuelle entre eux. Le décor devient alors une partie de la construction et de l’organisation de l’intérieur.
L’atelier fabrique aussi des meubles destinés à des usages particuliers. Un meuble pour piano numérique peut intégrer l’instrument sur une table coulissante et prévoir des rangements dans sa partie basse. Lorsque le piano est éteint, il se range dans le meuble et se fond dans l’environnement du salon. Un bureau d’enfant peut être découpé pour préserver l’ouverture d’une fenêtre et occuper un espace qui aurait été difficile à aménager. Un meuble de bar peut organiser des casiers à bouteilles, des rangements et un éclairage réglable. Ces projets demandent de comprendre les dimensions de l’objet, les mouvements nécessaires pour l’utiliser et les contraintes de sécurité. L’ébéniste dessine une réponse qui permet au meuble de remplir sa fonction sans sacrifier l’harmonie de la pièce.
La lumière fait partie de certaines créations. Une bibliothèque en noyer peut recevoir un rétroéclairage LED réglable pour mettre en valeur les objets ou modifier l’atmosphère d’un salon. Une lampe d’ambiance en chêne massif, conçue en forme d’hexagone ouvert, joue sur la diffusion indirecte et sur la présence graphique du bois. L’éclairage doit être placé de manière à rester discret et accessible pour l’entretien. La chaleur, le passage des câbles, les ombres et la relation entre la lumière et la finition doivent être anticipés. Une source lumineuse ne se pose pas simplement sur un meuble : elle modifie sa perception et peut devenir un élément de composition à part entière.
L’Atelier Tromelin met en avant un sourcing attentif des matériaux, choisi selon leur qualité, leur provenance et le respect de l’environnement. Les essences locales proposées comprennent notamment le bouleau, le cèdre, le chêne, l’érable sycomore, le frêne, le hêtre, la loupe de noyer, le merisier et le platane. La teinte d’une même essence peut varier selon la finition retenue. Une huile, une cire, un vernis ou une teinte ne produit pas la même profondeur ni le même toucher. Le choix doit donc être observé sur un échantillon et rapproché de la lumière de la pièce. La matière sélectionnée influence également la possibilité de réparer ou de faire évoluer le meuble au fil du temps.
La démarche de l’atelier comprend un engagement en faveur d’un mobilier durable et réparable. La valorisation des chutes et la recherche d’une production avec une faible toxicité sont mentionnées parmi les engagements. Les produits de finition, les émissions de composés organiques volatils, le traitement des déchets et les normes adaptées à certains usages sont pris en compte dans cette réflexion. Cette orientation ne remplace pas la qualité de la construction : un meuble durable doit aussi être stable, accessible pour l’entretien et réparable lorsque cela est possible. Une façade, une tablette ou un élément de quincaillerie doit pouvoir être compris et entretenu. Le choix des matériaux et des techniques prépare ainsi la vie du meuble après son installation.
Le suivi du projet se poursuit pendant la fabrication. L’atelier indique mettre à disposition des contenus multimédias montrant des étapes clés, de la scierie à l’installation, dans un espace dédié. Ce suivi permet de voir la progression d’un projet qui passe du matériau brut aux pièces débitées, préparées, assemblées puis finies. La livraison et l’installation sont suivies de conseils d’entretien afin que le mobilier conserve son aspect et sa fonction. Une bibliothèque, un dressing ou une banquette doit être posé avec précision pour que les portes, tiroirs, lignes et raccords restent réguliers. L’installation constitue donc le prolongement naturel du travail réalisé en atelier.
À Levallois-Perret et dans la petite couronne parisienne, l’Atelier Tromelin relie la conception, la fabrication et l’aménagement intérieur autour de meubles conçus à la demande. Le bois massif et le placage y sont associés à des essences variées, au laiton, au métal, au miroir, au cuir et à la lumière intégrée. Les réalisations montrent des réponses pour les salons, chambres, couloirs, bureaux, entrées, espaces de rangement et objets singuliers comme un piano ou un bar. La recherche de proportions justes, la précision des assemblages, l’attention aux finitions et la volonté de produire du mobilier durable donnent à chaque projet une identité propre. Le savoir-faire de Baptiste Tromelin s’exprime dans cette capacité à faire dialoguer la matière, la forme et l’usage.