Atelier & professionnel

Atelier Vitrail Saint-Joseph, maîtres verriers à Ruffec

Ruffec

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Ruffec, en Charente, l’Atelier Vitrail Saint-Joseph est dirigé par Françoise Théallier et Philippe Riffaud. Leur parcours dans le vitrail commence avant l’installation de l’atelier en Nord Charente, puis se poursuit à Ruffec depuis 1997 dans les anciens bâtiments de l’école Saint-Joseph. Le duo travaille pour des projets de création, de restauration et de conservation, en associant le dessin, la couleur, la coupe du verre, la peinture et le sertissage. Leur pratique s’adresse aux particuliers, aux entreprises et aux responsables de bâtiments patrimoniaux.

Françoise Théallier et Philippe Riffaud sont tous deux distingués comme Meilleurs Ouvriers de France depuis 2011. Le travail du duo repose sur une complémentarité : Philippe apporte son expertise du mariage des couleurs et Françoise développe les dessins et les compositions. Ensemble, ils abordent des styles très variés, de l’Art déco à l’Art nouveau, du classique au contemporain, ainsi que des univers plus fantastiques ou inspirés de la bande dessinée et du manga.

Un atelier né d’une transmission familiale

L’histoire de l’Atelier Vitrail Saint-Joseph est liée au parcours de Philippe Riffaud. Après une première formation technique en ajustage mécanique et en dessin industriel, il choisit de se consacrer au vitrail. En 1987, il commence son apprentissage à Chartres auprès du maître verrier Pierre Millous, qui lui transmet les bases de la restauration et de la fabrication des dalles de verre. Il participe alors au concours SEMA et obtient un prix régional, puis un prix national en 1989.

Philippe Riffaud poursuit son expérience auprès de Van Guy à Tours, puis part à Lausanne en 1992 dans l’atelier de Pierre Chiara. Ce séjour lui ouvre un contact avec la création contemporaine et avec des artistes qui utilisent le verre comme un moyen d’expression architecturale. En 1993, il reprend l’atelier de sa mère installé à Chenon. Le lieu déménage à Ruffec en 1997, dans un bâtiment ancien qui devient le cadre de la production et de la conservation des œuvres.

Françoise Théallier commence son apprentissage de verrier en 1989 dans l’atelier de Van Guy, au pied de la cathédrale Saint-Gatien de Tours. Elle y travaille sur des vitreries géométriques et participe à la restauration de vitraux. Elle se forme aussi à la peinture sur verre, puis approfondit la restauration auprès de Weinling, près de Dijon. Son parcours comprend notamment des interventions sur les vitraux de l’hospice de Beaune et une distinction départementale et régionale obtenue dans le cadre de la SEMA en 1991.

Leur rencontre professionnelle donne naissance à une façon de travailler où le dessin et la couleur avancent ensemble. La composition n’est pas séparée de la matière : les lignes doivent être traduites en calibres, les tons choisis en fonction de la lumière et les différentes pièces réunies pour former un ensemble stable. Le résultat dépend autant de la sensibilité artistique que de la précision des gestes.

Dessiner avant de couper le verre

Pour un projet de vitrail, l’atelier commence par comprendre le lieu, le style recherché et la relation entre la lumière et l’espace. Une verrière intérieure, une imposte au-dessus d’une porte, un paravent ou une crédence n’ont pas les mêmes proportions ni les mêmes conditions de regard. La première proposition doit donc tenir compte de l’architecture, de la circulation et de l’effet souhaité lorsque la lumière traverse les verres.

Le dessin permet de préciser les motifs et les couleurs avant la réalisation. Il peut s’appuyer sur une géométrie régulière, sur des formes végétales, sur une scène figurative ou sur un univers plus libre. L’atelier présente des réalisations allant des motifs classiques aux compositions abstraites, en passant par des paons, des oiseaux, des dragons, des fleurs et des formes inspirées de l’Art nouveau. Cette variété ne signifie pas que le dessin est interchangeable : chaque projet est construit pour un intérieur et pour une ouverture déterminés.

Le choix des verres modifie ensuite la lecture de l’ensemble. Un verre soufflé peut apporter une surface irrégulière et une profondeur particulière. Un verre coloré transparent transforme la lumière sans l’arrêter complètement. Une pièce plus texturée diffuse les rayons et projette des nuances sur les murs. Les contrastes entre transparence, opacité et relief donnent au vitrail son mouvement au fil de la journée.

Le sertissage organise les éléments découpés. Les pièces de verre prennent place dans un réseau qui doit suivre le dessin tout en assurant la cohésion de la verrière. La soudure relie les parties et accompagne les lignes de la composition. Ce travail demande de conserver la finesse du motif sans fragiliser l’objet, notamment lorsque la verrière doit être installée dans une porte, une cloison ou un espace soumis à des manipulations régulières.

Des créations pour la maison et les bâtiments privés

L’Atelier Vitrail Saint-Joseph réalise des verrières extérieures et intérieures, des impostes, des paravents, des sculptures, des crédences de cuisine et des décors de salle de bains. Ces œuvres peuvent être pensées comme des éléments architecturaux ou comme des objets qui organisent la lumière dans une pièce. Une séparation vitrée laisse deviner l’espace voisin tout en dessinant une limite colorée. Une imposte donne une présence particulière à une porte. Un paravent transforme la lumière sans construire un mur plein.

Le projet est accompagné de la conception jusqu’à la pose. Une visite de cadrage permet d’observer le support, les dimensions et les conditions d’éclairage. Un dessin précise le motif et les couleurs. Les différents morceaux sont ensuite préparés et assemblés dans l’atelier avant la mise en place chez le client. Lorsque la protection de l’œuvre le demande, une solution adaptée peut être prévue avec la verrière.

Les exemples présentés par l’atelier montrent plusieurs manières d’intégrer le vitrail dans un décor. Une composition géométrique peut s’inscrire sur une double porte intérieure. Des motifs floraux peuvent accompagner un hall. Un dessin figuratif peut prendre place dans une bibliothèque. Une dalle de verre colorée peut devenir un élément du jardin. Une lampe assemblée avec du verre et de l’étain prolonge la relation entre lumière et objet dans un format plus petit.

L’atelier travaille aussi sur des sculptures en verre. La matière ne se limite plus à une surface verticale : elle peut prendre un volume, recevoir une lumière différente et être observée depuis plusieurs côtés. Une sculpture de verre soufflé ou une pièce de dalle de verre demande de penser la stabilité, les arêtes, la diffusion des couleurs et la relation avec le lieu où elle sera présentée.

Des techniques traditionnelles et contemporaines

La mise en plomb reste l’une des techniques centrales de l’atelier. Elle permet de relier des pièces de verre selon un dessin et de construire des panneaux adaptés à une baie. Le verre soufflé apporte une matière vivante, avec ses irrégularités et ses variations de surface. La peinture sur verre ajoute des lignes, des ombres et des détails qui peuvent être cuits afin de s’inscrire durablement dans la matière.

Le fusing permet de réunir des verres par la chaleur. Les choix de température, de durée et de compatibilité des matériaux influencent le résultat. Le thermoformage transforme une feuille ou un ensemble de verres en lui donnant une courbure ou un relief. La dalle de verre, plus épaisse et plus massive, produit une présence différente : elle peut capter la lumière, la diffuser dans une profondeur dense et s’inscrire dans des compositions de grande force visuelle.

Ces techniques ne sont pas choisies pour leur effet de nouveauté. Elles répondent à une intention, à une contrainte de format ou à une relation particulière avec le bâtiment. Un vitrail traditionnel convient à une composition qui demande la finesse d’un réseau de plomb. Un panneau thermoformé peut accompagner une surface courbe. Une dalle de verre peut donner du poids et de la densité à une œuvre. La connaissance des procédés permet de choisir une solution qui reste cohérente avec l’usage et avec le dessin.

L’atelier associe également des techniques de décoration et de finition. Les surfaces peuvent être peintes, polies ou travaillées pour varier la manière dont elles accrochent la lumière. Les différents morceaux sont disposés à plat avant l’assemblage afin de contrôler les rapports de couleurs. Le travail se poursuit ensuite par la pose de l’étain et par les opérations qui donnent au panneau sa tenue finale.

Restaurer, réparer et conserver

La restauration concerne les vitraux intérieurs comme extérieurs, dans des bâtiments privés ou dans des édifices patrimoniaux. Une intervention peut porter sur quelques morceaux de verre cassés, sur des parties de plomb détériorées ou sur l’ensemble d’un vitrail. La restauration suit une progression qui commence par l’étude et le diagnostic, puis se poursuit avec la dépose, la réparation de la verrerie, le réassemblage, la restauration de la peinture et la repose dans le bâtiment.

Chaque étape doit préserver la lecture de l’œuvre. Les fragments encore en place peuvent porter des traces d’usage, des nuances de peinture et des irrégularités qui appartiennent à son histoire. Lorsqu’un morceau est remplacé, sa couleur, sa texture et sa transparence doivent dialoguer avec les éléments conservés. La réparation d’un réseau de plomb demande la même attention : il faut retrouver la fonction de maintien sans effacer le dessin de la baie.

La conservation du patrimoine représente une part significative du parcours de Françoise Théallier et Philippe Riffaud. Leur atelier a travaillé sur des chantiers publics et religieux, notamment à Poitiers, où ils sont intervenus sur plusieurs édifices et ensembles verriers. L’atelier a aussi développé une double verrière de protection destinée à préserver des vitraux du XIXe siècle contre les agressions climatiques.

Une protection extérieure modifie la relation entre le vitrail et son environnement. Elle doit limiter l’exposition aux intempéries tout en respectant la lecture de l’œuvre et l’architecture. Le choix du dispositif dépend de la forme de la baie, de son état, de la distance entre les couches et de l’effet visuel recherché. La conservation ne consiste donc pas seulement à réparer une matière : elle cherche à prolonger la présence du vitrail dans le bâtiment.

Une reconnaissance du métier et de la création

La distinction de Meilleurs Ouvriers de France obtenue par Françoise Théallier et Philippe Riffaud en 2011 souligne leur maîtrise technique et leur exigence de réalisation. Leur parcours montre deux entrées différentes dans le métier, l’une davantage liée au dessin et à la peinture sur verre, l’autre à la restauration, aux dalles et à la création contemporaine. Cette complémentarité nourrit les œuvres produites à Ruffec.

En 2023, l’atelier a également obtenu le label Entreprise du Patrimoine Vivant. Cette reconnaissance accompagne une activité qui associe la transmission de gestes anciens, la recherche de nouvelles solutions et la réalisation de projets sur mesure. Le travail de l’atelier ne se réduit pas à une collection de styles : il repose sur une capacité à interpréter une demande, à choisir les procédés adaptés et à faire tenir ensemble une intention graphique et une matière fragile.

L’atelier collabore par ailleurs avec des professionnels d’autres métiers d’art, notamment des tailleurs de pierre, des ferronniers et des ébénistes. Ces collaborations ouvrent des projets où le verre dialogue avec la pierre, le métal ou le bois. Une œuvre commune peut alors réunir plusieurs savoir-faire sans perdre la lisibilité de chacun. Le vitrail garde son rôle de filtre lumineux, tandis que les autres matériaux apportent structure, relief ou support.

Ruffec, en Charente

L’Atelier Vitrail Saint-Joseph est implanté à Ruffec, dans le département de la Charente et la région Nouvelle-Aquitaine. Depuis cette commune, Françoise Théallier et Philippe Riffaud poursuivent un travail qui relie création décorative, restauration et conservation du patrimoine. L’atelier s’inscrit dans une histoire de transmission, de concours professionnels et de collaborations avec des bâtiments publics, des particuliers et des artistes.

À Ruffec, les projets peuvent partir d’un dessin très précis ou d’une envie de lumière à traduire dans un intérieur. Ils peuvent concerner une verrière, un paravent, une sculpture, une crédence ou une œuvre destinée à un édifice ancien. Dans chaque cas, la matière impose son rythme : observer, dessiner, choisir les verres, les découper, les peindre, les assembler et les poser.

Le parcours de l’Atelier Vitrail Saint-Joseph montre comment un métier patrimonial peut rester ouvert à des usages actuels. La mise en plomb et la restauration des vitraux anciens coexistent avec le fusing, le thermoformage, la dalle de verre et les décors contemporains. Cette continuité entre mémoire et création donne au verre une place vivante dans les architectures de la Charente et dans les projets qui viennent chercher à Ruffec une lumière construite par le geste artisanal.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Accueil — Atelier Vitrail Saint-Joseph (site externe)

    Organisme : Atelier Vitrail Saint-Joseph

    Fait soutenu
    La page officielle présente l’atelier, Françoise Théallier et Philippe Riffaud, leur implantation à Ruffec, les créations, la restauration et les techniques verrières proposées.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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