À Albi, dans le Tarn, les Ateliers Bonhoure réunissent l’ébénisterie d’art, la menuiserie d’art et la restauration du patrimoine. Créée en 2017 par Yoann Bonhoure, l’entreprise s’est construite à la rencontre d’un parcours artistique et d’une formation artisanale. La présentation de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie mentionne un DNSEP des Beaux-Arts de Toulouse ainsi qu’une Maîtrise de menuiserie. Cette double approche donne au travail de l’atelier une attention simultanée à la matière, au dessin, aux volumes et à la compréhension des édifices ou des objets auxquels il intervient.
Yoann Bonhoure s’est également formé auprès des Compagnons du Devoir à différentes techniques liées à l’ébénisterie et à la taille de pierre. Son parcours comprend une formation en menuiserie d’art à la Fondation de Coubertin et aux Ateliers Saint-Jacques, ainsi qu’un Master II en arts plastiques et un diplôme en sculpture sur bois. Ces expériences associent des gestes de construction, la connaissance des matériaux et une culture visuelle. Elles permettent d’aborder un meuble, une boiserie ou un élément sculpté comme une pièce à fabriquer, mais aussi comme un objet situé dans une histoire de formes, d’usages et de décors.
L’entreprise a commencé avec l’objectif de travailler dans l’ébénisterie d’art. Au fil des expériences et des chantiers, elle a développé une activité marquée par la restauration d’objets d’art et par les interventions sur des monuments historiques. Les Ateliers Bonhoure annoncent aujourd’hui une équipe de quatre employés, accompagnée de plusieurs apprentis issus des Compagnons du Tour de France. Cette organisation permet de réunir des compétences diverses autour de projets qui peuvent concerner un meuble, un ensemble de boiseries, un décor architectural ou un mobilier associé à un lieu de culte.
La restauration d’ébénisterie concerne les meubles de style, les ouvrages plaqués et les pièces en bois massif. Ces constructions ne réagissent pas de la même manière au temps ni aux manipulations. Un meuble plaqué possède une surface fine posée sur un support ; un meuble massif travaille avec les variations du bois ; un meuble de style peut associer plusieurs éléments décoratifs, des parties sculptées et des finitions successives. L’intervention doit donc partir de la construction réelle de l’objet. Les Ateliers Bonhoure présentent leur pratique comme une restauration menée dans le respect des règles éthiques du mobilier d’art.
Le diagnostic d’un ouvrage ancien permet de comprendre ce qui relève de la structure, de la finition ou d’une réparation antérieure. Les assemblages, les traverses, les panneaux, les chants et les parties mobiles fournissent des indications sur la manière dont le meuble a été fabriqué. Un placage soulevé, une déformation, une rupture d’assemblage ou une attaque du bois appellent des réponses différentes. Le restaurateur doit conserver les éléments qui appartiennent à l’histoire de la pièce et intervenir avec mesure sur les parties qui compromettent sa stabilité ou son usage.
La menuiserie d’art élargit cette pratique aux ouvrages liés à l’architecture. Les Ateliers Bonhoure indiquent prendre en charge la rénovation de parquets, de lambris d’église, de portes monumentales, de bardages, d’escaliers et de fenêtres. Ces travaux demandent de comprendre les proportions d’un bâtiment, la manière dont les pièces de bois s’assemblent et les contraintes liées à un ouvrage de grande dimension. Une porte monumentale ne se traite pas comme un élément de mobilier isolé ; un lambris participe à un intérieur ; un escalier doit conserver sa fonction de circulation tout en retrouvant une cohérence avec l’édifice.
Les ouvrages de menuiserie peuvent aussi porter des traces d’usage et des transformations successives. Une réparation ancienne peut avoir modifié un assemblage, un remplacement peut présenter une essence différente, et une finition peut recouvrir une partie du décor. Le travail consiste à lire ces différences avant d’agir. La restauration ne se résume pas à rendre une surface neuve. Elle cherche à préserver la matière encore présente, à retrouver la continuité d’un ensemble et à rendre l’ouvrage compatible avec son environnement.
Les compétences de l’atelier comprennent également la création contemporaine et la sculpture sur bois. La présence de diplômés en art et en design dans l’équipe permet de répondre à des demandes de mobilier et de sculpture. La création peut prendre appui sur les mêmes connaissances que la restauration : dessin des volumes, choix du bois, construction, assemblage et finition. La différence tient au point de départ. Pour une pièce nouvelle, le projet se construit à partir d’une intention et d’un usage ; pour un ouvrage ancien, les formes et les traces conservées imposent un cadre que l’intervention doit respecter.
Le bois peut être travaillé comme une surface plane, un volume ou un décor. En ébénisterie, les panneaux, les montants et les traverses déterminent la tenue du meuble. En sculpture, les creux, les arêtes et les reliefs modifient la manière dont la lumière révèle la matière. Dans un projet contemporain, la forme peut s’éloigner des modèles traditionnels tout en restant liée à une construction rigoureuse. L’atelier associe ainsi l’expérience de la menuiserie, la culture de l’objet et la capacité à produire des pièces qui trouvent leur place dans un espace.
La restauration du patrimoine religieux constitue un axe majeur de l’activité. Les réalisations présentées comprennent la restauration complète d’un retable classé Monument Historique à Camurac, la restauration du mobilier d’un temple protestant à Cassagnas et la restauration des boiseries de la Chapelle Sainte-Anne à Toulouse. Chaque chantier correspond à un ensemble différent. Un retable concentre une architecture, un décor et parfois plusieurs niveaux de sculpture ou de polychromie. Le mobilier d’un temple appartient à l’organisation d’un lieu de culte. Les boiseries d’une chapelle forment une enveloppe intérieure qui doit être regardée dans son rapport aux murs, aux ouvertures et aux autres éléments du bâtiment.
La restauration d’un retable classé demande de considérer l’objet dans son statut patrimonial. Les parties sculptées, les panneaux, les moulures, les assemblages et les surfaces décorées ne peuvent pas être séparés de la composition générale. Les traces de vieillissement, les pertes, les soulèvements et les réparations doivent être observés afin de distinguer ce qui peut être stabilisé de ce qui nécessite une restitution. La lecture du décor guide les choix, car une intervention locale peut modifier l’équilibre d’un ensemble vu depuis le sol de l’édifice.
Les bois polychromes et dorés sont traités en collaboration avec des restaurateurs diplômés. Cette coopération est annoncée pour des travaux comme ceux de la Chapelle Royale de Rodez en 2020. Un bois doré ou polychrome associe le support, les couches préparatoires, la couleur et la finition. Une perte de matière peut atteindre un ou plusieurs niveaux. Le travail du menuisier ou de l’ébéniste doit alors s’accorder avec celui de la restauration de surface. La préparation d’un élément, sa consolidation et son remontage ont des conséquences sur la lecture de la dorure ou de la polychromie.
La collaboration entre métiers est particulièrement utile sur les édifices anciens. La menuiserie, l’ébénisterie, la sculpture, la dorure et la polychromie ne répondent pas aux mêmes contraintes, mais elles participent à un même ouvrage. Le chantier demande de coordonner les gestes, de respecter la chronologie des interventions et de transmettre des informations précises entre les professionnels. Les Ateliers Bonhoure indiquent travailler avec des restaurateurs diplômés en polychromie et en dorure sur bois, ainsi qu’avec les Compagnons du Tour de France. La diversité des interlocuteurs accompagne la conservation du patrimoine local.
Les projets cités montrent une capacité à intervenir sur des œuvres et des bâtiments de dimensions variées. Le meuble de style demande une lecture rapprochée des assemblages et des surfaces. Le retable ou la boiserie demande une vision d’ensemble, une organisation de chantier et une attention aux relations entre les parties. Le parquet, l’escalier ou la fenêtre ajoutent des exigences d’usage et de résistance. Dans tous les cas, la qualité du travail dépend de l’accord entre la matière existante, les gestes de réparation et la destination de l’ouvrage.
L’atelier affirme une préférence pour la qualité et la singularité plutôt que pour la production uniforme. Cette position rejoint la nature de la restauration, où chaque objet possède une construction, des transformations et un état qui lui sont propres. Elle concerne aussi la création contemporaine, puisqu’un meuble ou une sculpture peut être conçu pour répondre à un lieu ou à une demande particulière. La connaissance de l’histoire de l’art et des techniques de restauration aide à inscrire chaque projet dans un contexte, sans réduire le travail du bois à une simple opération de fabrication.
Albi situe les Ateliers Bonhoure dans le Tarn, au cœur de l’Occitanie. La commune appartient à la Communauté d’agglomération de l’Albigeois et constitue le chef-lieu du département. Depuis cet atelier, Yoann Bonhoure et son équipe interviennent sur l’ébénisterie d’art, la menuiserie, la sculpture et la restauration de mobilier ou de décors patrimoniaux. Les chantiers présentés à Camurac, Cassagnas, Toulouse et Rodez témoignent d’un champ d’activité qui relie le meuble, l’architecture et les œuvres en bois.
Les Ateliers Bonhoure proposent ainsi une pratique où la main, le dessin et la connaissance du patrimoine avancent ensemble. La restauration de meubles plaqués ou massifs, la rénovation de menuiseries anciennes, la création de mobilier et la sculpture sur bois appartiennent à des registres distincts, mais reposent sur une même exigence de construction. La présence d’une équipe et d’apprentis permet de faire vivre ces compétences dans la durée. À Albi, l’entreprise poursuit un travail consacré au bois d’art, à la conservation des ouvrages anciens et à la réalisation de projets contemporains.