À Cognac, en Charente, les Ateliers Drevelle développent une ébénisterie d’art qui associe création de mobilier, restauration et conception d’objets liés à l’architecture intérieure. L’entreprise est présentée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français comme un atelier d’ébénisterie et de restauration de meubles créé en 1996. Son histoire s’inscrit toutefois dans une lignée plus ancienne, affichée par le site professionnel depuis 1880. Christian Thierry Drevelle, issu de quatre générations d’ébénistes, a construit une pratique où les matières nobles, la précision des lignes et l’usage futur de l’objet restent liés.
Le travail s’adresse à des univers très différents. Les réalisations citées par l’atelier concernent des maisons de cognac et de vins, des établissements hôteliers, des marques de luxe, des collectionneurs, des institutions et des particuliers. Un même savoir-faire peut produire une pièce de mobilier pour un intérieur, un coffret destiné à présenter une bouteille, un meuble conçu pour une architecture précise ou une restauration patrimoniale. Le point commun est la recherche d’un objet cohérent dans ses proportions, dans ses matériaux et dans son usage. La pièce doit être regardée, manipulée ou installée dans un environnement donné ; elle ne se résume pas à une surface décorative.
L’ébénisterie d’art commence par le choix des matières. La notice professionnelle évoque des bois rares, des métaux et des minéraux sélectionnés avec soin. Chaque matériau apporte sa couleur, sa densité, son veinage, sa texture et sa manière de réagir aux assemblages ou aux finitions. Le choix dépend de la silhouette recherchée, de la résistance attendue, de l’éclairage et de la relation avec les autres éléments. Un meuble destiné à recevoir une bouteille, une pièce de collection ou des objets de valeur ne se construit pas selon les mêmes contraintes qu’une table ou qu’un élément d’agencement. Les matières doivent servir le dessin tout en restant compatibles avec la fonction.
La conception sur mesure permet de travailler à partir d’un lieu, d’une collection, d’une marque ou d’un récit. Les Ateliers Drevelle montrent un mobilier de prestige pour les vins et spiritueux, domaine dans lequel le contenant, l’écrin et le meuble se répondent. Les références citées par le site comprennent notamment Aedor, America’s Cup, Armagnac Chabot, Camus, Château Lagrange, Cognacs Tiffon-Braastad, Domaine des Étangs, Dom Pérignon, Ducru Beaucaillou, Hennessy, l’Hôtel Georges V, Martell, Perrier-Jouët, Primum Familiae Vini et Veuve Clicquot Ponsardin. Ces noms décrivent des contextes de commande variés ; ils ne signifient pas que chaque objet est réalisé selon un même modèle.
Le mobilier peut accompagner l’architecture plutôt que s’y poser simplement. La rubrique consacrée à l’art et à l’architecture présente une console baptisée L15. Les projets de ce type demandent de tenir compte des circulations, de la lumière, des murs, des ouvertures et des autres matériaux présents dans l’espace. Une console doit trouver une juste relation entre sa profondeur, sa hauteur et ce qu’elle accueille. Un agencement destiné à une maison de luxe ou à un établissement recevant du public doit également répondre à des contraintes de fabrication, de transport et de pose. Le dessin est alors indissociable de la manière dont la pièce sera vécue.
La restauration de mobilier constitue un autre axe de l’atelier. La notice de l’Institut cite la restauration d’un coffre gothique du XVe siècle destiné au patrimoine national. Un meuble de cette époque porte des traces de construction, de transformation et d’usage qui doivent être distinguées avant toute reprise. Les assemblages, les parties manquantes, les déformations, les finitions et les éléments métalliques ne peuvent pas être traités séparément sans comprendre leur relation. Restaurer un coffre ancien revient à préserver une structure et une histoire tout en lui permettant de rester stable et lisible.
Les interventions patrimoniales peuvent aussi concerner un bâtiment ou un élément intégré à un lieu. Dans sa rubrique consacrée aux médias, l’atelier rapporte la rénovation à l’identique du fronton en bois du Garage Bar, avec la volonté de retrouver son apparence d’un siècle plus tôt. Un fronton n’est pas un meuble isolé : il appartient à une façade et doit dialoguer avec les proportions, les matériaux et les traces de l’édifice. La reprise demande donc de comprendre ce qui était visible, la manière dont les éléments étaient assemblés et la place de l’ornement dans l’architecture. Ce type de chantier relie l’ébénisterie à la conservation du patrimoine bâti.
Les créations commémoratives montrent une autre manière de travailler le récit. L’Institut mentionne un meuble réalisé pour les cent cinquante ans de l’America’s Cup. Une pièce liée à un anniversaire ou à une institution doit porter un signe reconnaissable sans perdre sa qualité d’usage. Les dimensions, les détails, la matière et la finition participent ensemble à la mémoire de l’événement. La fabrication sur mesure permet d’intégrer un emblème, une date, une forme ou une fonction particulière, mais chaque ajout doit rester équilibré avec le dessin général.
Les coffrets à cigares occupent une place très visible dans l’identité contemporaine des Ateliers Drevelle. Le site professionnel présente une collection d’écrins comprenant notamment Douro, Fang, Macaron, Kollur, Kub, Tamo, BB57 et Alejandro, ainsi qu’une collection nommée Ecrins. Les noms identifient des lignes de produits différentes, sans fournir dans tous les cas une description détaillée de chaque modèle. Le coffret doit protéger son contenu, faciliter sa présentation et exprimer une présence particulière lorsqu’il est ouvert. Le bois, les ajustements, les charnières, les compartiments et la finition participent à cette expérience d’usage.
Le travail autour des vins et spiritueux s’étend à des meubles de présentation, des dessertes et des écrins. Une carafe en cristal de Baccarat dessinée pour la maison Martell en 1954 a été présentée avec un coffret conçu par Christian Thierry Drevelle, selon le récit relayé par le site dans sa rubrique presse. Cette association entre une pièce en cristal et une enveloppe en bois montre comment l’ébénisterie peut prolonger un objet déjà chargé d’histoire. Le coffret doit respecter les dimensions et la fragilité du contenant, organiser sa protection et lui donner une présence adaptée à sa valeur symbolique.
Les Ateliers Drevelle travaillent également sur des objets destinés à de grandes maisons et à des espaces d’exception. Le site cite des collaborations avec l’Hôtel Georges V, le Carlton, Le Nord de Paul Bocuse, le Pub Flanigan’s, la Brasserie de Bondy et plusieurs maisons de vins ou de cognac. Ces références illustrent la capacité à adapter une fabrication artisanale à des cadres très différents. Un meuble installé dans un hôtel ne répond pas aux mêmes conditions qu’un coffret conservé dans une collection privée. L’usage, le passage, la lumière, l’entretien et la mise en scène font partie des paramètres à comprendre avant de choisir les matériaux et les finitions.
La relation entre tradition et modernité est au cœur du parcours de Christian Thierry Drevelle. Le site évoque un héritage transmis sur plusieurs générations, mais aussi une volonté de mettre cet héritage au service de lignes et d’usages futurs. La tradition n’est donc pas une reproduction automatique des formes anciennes. Elle apporte une connaissance des assemblages, des proportions, des finitions et des matières ; le projet contemporain peut ensuite utiliser cette connaissance pour répondre à une architecture ou à un besoin nouveau. Une console, un bureau, un coffret ou un meuble de réception peuvent ainsi porter une qualité de fabrication héritée de l’ébénisterie tout en appartenant à leur époque.
Le parcours de l’atelier comprend plusieurs étapes historiques mentionnées sur le site : la naissance de l’entreprise familiale, l’évolution de Christian Thierry Drevelle, la création de pièces pour des maisons de luxe et l’ouverture vers le design. La page historique affiche les années 1858, 1880, 1920, 1927, 1931, 1932, 1949, 1968, 1971, 2006, 2009 et 2015, mais ne développe pas chaque événement dans le texte accessible. Ces repères témoignent d’une volonté de relier les générations et les transformations de l’activité. Ils invitent à regarder l’atelier comme une entreprise de métier dont l’identité s’est construite sur la durée.
Le site professionnel présente les Ateliers Drevelle sous les rubriques Les Ateliers, Signature, Mobilier Architecture, Design & Luxe et Autour du Cigare. Cette organisation correspond aux principaux types de projets visibles : mobilier intégré à un espace, objets de présentation, écrins, pièces destinées à des marques et créations pensées comme des signatures. Les images et les références donnent un aperçu des commandes réalisées, tandis que la notice institutionnelle précise les métiers d’ébéniste et de restaurateur de meubles. La pratique ne se limite donc ni au meuble traditionnel ni à l’objet de luxe ; elle circule entre création, restauration, architecture intérieure et culture de marque.
La qualité revendiquée par l’entreprise est aussi associée à des reconnaissances professionnelles. La notice de l’Institut mentionne le label Entreprise du Patrimoine Vivant. Le site des Ateliers Drevelle présente également des labels et sa rubrique médias rappelle la participation à la Grande Exposition du Fabriqué en France au palais de l’Élysée en juillet 2021. Ces éléments décrivent des repères de parcours et de reconnaissance ; ils ne remplacent pas l’observation d’une réalisation. Pour comprendre un projet, il faut regarder la matière, la construction, les détails d’usage et la manière dont l’objet s’insère dans son environnement.
Un projet de restauration peut concerner un meuble ancien, un coffre, un élément de façade ou une pièce ayant déjà subi des transformations. Un projet de création peut partir d’un croquis, d’un besoin d’agencement, d’une collection ou d’un objet à mettre en valeur. Dans les deux cas, les dimensions, les contraintes du lieu, les matériaux souhaités et le rôle de la pièce orientent le travail. La fabrication artisanale permet d’ajuster les détails au fur et à mesure, d’affiner les assemblages et de préserver une continuité entre le dessin et l’objet fini.
À Cognac, les Ateliers Drevelle font vivre une ébénisterie d’art tournée vers le mobilier sur mesure, la restauration et les objets de présentation. Le coffre gothique, le fronton en bois, le meuble commémoratif, la console L15, les écrins à cigares et les coffrets associés aux spiritueux montrent des formats et des usages très différents. Tous demandent pourtant une même attention à la matière, aux proportions, à la construction et au contexte. L’atelier inscrit ainsi la tradition familiale dans des projets contemporains, en donnant au bois, aux métaux et aux minéraux une place précise dans des objets destinés à durer, à être utilisés et à transmettre une histoire.