Atelier & professionnel

Ateliers Duchemin Vitraux — création contemporaine et restauration du patrimoine verrier à Paris

Paris

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Paris, les Ateliers Duchemin Vitraux consacrent depuis six générations et plus d’un siècle leur activité à l’art du vitrail. La maison familiale associe la restauration du patrimoine verrier à la création de vitraux contemporains sur mesure. Elle travaille pour des particuliers, des décorateurs, des artistes, des entreprises et des institutions. Le vitrail y est considéré comme une forme architecturale et une œuvre d’art, capable de filtrer l’image extérieure, de modeler la lumière et de donner une identité à un lieu.

L’histoire commence au XIXe siècle avec Frédéric Duchemin, peintre sur verre itinérant qui parcourt les ateliers. Au siècle suivant, son fils Georges puis son petit-fils Raymond travaillent dans l’atelier Adam, chez Jacques Gruber, auprès du maître verrier et décorateur Max Ingrand et dans l’atelier Bony pour les vitraux d’Henri Matisse à la chapelle de Vence. Ces expériences relient la maison à plusieurs grands courants de la création verrière et à des chantiers où la peinture sur verre, la composition et la pose exigent une grande précision.

En 1950, dans une France qui reconstruit ses bâtiments, Raymond et Claude fondent les Ateliers Duchemin. L’entreprise développe alors une pratique qui associe la fabrication, la restauration et l’intervention sur des architectures variées. En 1980, Dominique Duchemin succède à son père. Avec Gilles Rousvoal, rencontré aux Beaux-Arts de Paris, il ouvre l’atelier à de nouveaux dialogues avec des artistes contemporains. En 2015, Marie et Charlotte Rousvoal reprennent la direction après plusieurs années passées dans l’équipe. Elles poursuivent le lien entre création contemporaine, décoration et restauration.

La maison réalise uniquement des vitraux sur mesure. Un projet commence par l’écoute du prescripteur, qu’il s’agisse d’un particulier, d’un décorateur ou d’un artiste. Le lieu, les dimensions, la lumière et l’usage sont étudiés avant le choix de la technique. Le bureau de création peut partir d’une maquette ancienne, d’un dessin contemporain ou d’une idée à développer. Des échantillons fabriqués pour le projet permettent de comparer les verres, les textures et les couleurs dans des conditions proches de l’installation finale.

La création peut s’inscrire dans un intérieur domestique. Un vitrail de séparation crée une transition entre deux pièces tout en conservant une circulation lumineuse. Une porte vitrée peut recevoir un motif qui accompagne le style du mobilier. Une verrière ou une fenêtre peut devenir un point focal visible depuis plusieurs espaces. Le dessin, la proportion des plombs et la transparence sont ajustés pour que la pièce reste lisible depuis la distance où elle sera regardée.

Les décorateurs et les artistes peuvent travailler avec le bureau d’étude sur un projet plus ambitieux. Le vitrail devient alors une partie d’un aménagement ou d’une œuvre globale. L’atelier peut proposer une préconisation technique, une préconisation artistique et des essais de matière. Les échanges permettent de vérifier le comportement du verre, la résistance du panneau et la relation entre la composition et l’architecture. Cette conversation entre créateur, artisan et lieu est au cœur de la méthode revendiquée par les Ateliers Duchemin.

Les compagnons maîtrisent les principales techniques traditionnelles et contemporaines. Le sertissage en plomb donne une structure souple et lisible aux panneaux. Le sertissage Tiffany, réalisé avec une bande de cuivre, permet des formes plus légères et des objets de petite taille. La peinture sur verre apporte des contours, des ombres et des détails. La gravure au sable ou à l’acide modifie la surface et la diffusion de la lumière. La coupe complexe, parfois présentée comme un chef-d’œuvre, demande une lecture précise du dessin. Le fusing permet de travailler des assemblages par la chaleur.

Le choix de la technique dépend du projet. Une composition Art Déco peut demander une ligne nette, des verres colorés et une structure régulière. Une installation contemporaine peut associer plusieurs textures ou une technique innovante à un montage traditionnel. Une petite intervention de décoration ne répond pas aux mêmes contraintes qu’une verrière zénithale. Le bureau d’étude met en relation la volonté artistique, la résistance, la sécurité et l’entretien futur.

La restauration du patrimoine verrier va de la petite intervention à la rénovation complète. Les Ateliers Duchemin entretiennent régulièrement des vitraux dans des immeubles et des édifices civils en France. Le diagnostic peut comprendre un repiquage, un nettoyage, une étude du châssis, un état sanitaire et une mise en sécurité. Le repiquage consiste à reprendre ou remplacer les parties de plomb qui ont perdu leur cohésion. Le nettoyage doit préserver les peintures et la patine. Le châssis et les armatures sont examinés pour vérifier que le panneau reste correctement soutenu.

La restitution de verres manquants demande une recherche attentive. Le restaurateur observe la couleur, la texture, les épaisseurs et la place de la pièce dans le dessin. Un complément peut être choisi dans une verrerie existante ou réalisé selon la technique appropriée. Il doit s’intégrer à la lecture générale sans imiter artificiellement les traces du temps. Les photographies, les repérages et les relevés conservent la mémoire du chantier et facilitent les interventions futures.

Les réalisations des Ateliers Duchemin montrent la diversité des contextes. Une restauration thermique dans un immeuble parisien associe la conservation du vitrail à une amélioration des performances du bâtiment. Une restitution de panneaux manquants peut concerner plusieurs étages. Des vitraux de style Art Déco ont été créés avec des décorateurs, tandis que la vitrine Hermès de Strasbourg présente une création contemporaine et une technique innovante. L’hôtel The Peninsula à Paris a accueilli des vitraux en restitution avec une peinture de médaillons.

D’autres projets illustrent le dialogue avec l’art contemporain. L’atelier a collaboré avec Jean-Michel Alberola, Geneviève Asse, Olivier Debré, Sarkis, Aurélie Nemours, David Rabinovitch, Robert Morris et le designer Pierre Marie. Une création peut utiliser la tradition du plomb pour porter une composition actuelle, ou introduire une technique qui modifie la surface et la lumière. La vitrine d’un lieu commercial, une cloison intérieure et un édifice patrimonial n’expriment pas la même intention, mais chacun bénéficie d’un accompagnement technique et artistique.

La restauration de vitraux Art Déco de Louis Barillet au lycée Hélène Boucher à Paris constitue un exemple de travail patrimonial. Le restaurateur doit reconnaître la gamme chromatique, les lignes et les motifs propres à l’époque, puis intervenir sans diluer leur caractère. La peinture des médaillons, les plombs et les armatures sont observés ensemble. Le chantier exige une organisation rigoureuse pour protéger les panneaux, coordonner la dépose et assurer une remise en place durable.

La pose est réalisée par des compagnons qualifiés qui savent répondre aux contraintes d’accès et de sécurité. Un vitrail prend tout son sens au moment où il retrouve le lieu pour lequel il a été pensé. Les poseurs peuvent intervenir dans une cage d’escalier, une grande baie, une verrière zénithale ou un immeuble ancien. Ils sont certifiés pour le travail en grande hauteur et l’utilisation d’échafaudages. La mise en œuvre tient compte des biens présents, des circulations et des conditions de maintenance.

La pose d’une verrière zénithale au Bon Marché, avec une structure Gustave Eiffel, illustre la nécessité de combiner expertise verrière et maîtrise du chantier. La lumière arrive par le haut et transforme la perception des couleurs selon l’heure. Le panneau doit être maintenu avec précision, protégé contre les contraintes et accessible pour les opérations futures. La coordination avec les autres corps de métier est indispensable pour préserver l’architecture et la sécurité des visiteurs.

Le bureau d’étude intervient avant la fabrication, mais aussi pendant la pose. Les plans, les maquettes et les échantillons servent à anticiper les raccords, les supports et les dimensions de passage. Une préconisation technique peut porter sur le poids, la résistance, les joints ou le type d’armature. Une préconisation artistique peut préciser la densité des plombs, la transparence et la relation entre les couleurs. Le projet avance par échanges successifs jusqu’à une solution qui respecte le lieu et l’intention.

L’atelier entretient une chaîne de compétences où chacun a un rôle. La direction et le bureau d’étude organisent le projet, les compagnons réalisent les opérations de coupe, de peinture, de sertissage et de soudure, puis les poseurs installent l’ouvrage. Cette organisation permet de traiter aussi bien une restauration ponctuelle qu’une création complexe. Les compagnons sont diplômés et hautement qualifiés ; ils acquièrent ensemble un savoir-faire qui donne sa cohérence à la production de la maison.

Les Ateliers Duchemin défendent une vision du vitrail « dans son temps et pour son temps ». Le vitrail ne se réduit pas à un objet ancien placé dans une fenêtre. Il peut devenir une solution de décoration, un filtre entre intérieur et extérieur, une œuvre dans un espace public ou un élément d’identité pour une entreprise. La tradition fournit des gestes, des outils et des matériaux ; la création contemporaine apporte de nouveaux récits, de nouvelles échelles et de nouvelles relations avec l’architecture.

Un projet de particulier peut commencer par un motif, une couleur ou une envie de lumière. Un projet institutionnel peut partir d’un patrimoine à préserver, d’un diagnostic ou d’une restauration documentée. Un décorateur peut demander un panneau qui dialogue avec un mobilier et une palette. Dans chaque cas, l’atelier propose un suivi personnalisé, des échantillons et un devis adapté. Les échanges permettent de clarifier le délai, la pose, l’entretien et les contraintes du lieu avant le lancement.

À Paris, les Ateliers Duchemin Vitraux associent donc un héritage familial de six générations à une pratique ouverte aux artistes et aux décorateurs. Création sur mesure, entretien, restauration, restitution, peinture sur verre, gravure, Tiffany, fusing et pose en hauteur composent un ensemble cohérent. La maison conserve les vitraux anciens tout en imaginant des ouvrages contemporains, avec l’idée que le verre doit rencontrer un lieu, un créateur et un désir. La lumière devient ainsi une matière architecturale, soutenue par des compagnons qui font vivre un savoir-faire ancien dans des espaces d’aujourd’hui.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Ateliers Duchemin Vitraux — création et restauration de vitraux (site externe)

    Organisme : Ateliers Duchemin Vitraux

    Fait soutenu
    Le site officiel présente l’histoire familiale sur six générations, la création de vitraux sur mesure, l’entretien et la restauration du patrimoine, les collaborations artistiques, les techniques de plomb, Tiffany, peinture, gravure et fusing, les compétences de l’équipe et les chantiers réalisés.
    Consultée le
    10 septembre 2026

Vous représentez cet atelier ou vous avez repéré une erreur ?

Revendiquer la ficheSignaler une correction