Atelier & professionnel

Aude Tahon — art textile et nœuds maedup à Vanves

Vanves

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Vanves, Aude Tahon développe un travail d’art textile où le fil devient ligne, volume et architecture. Sa pratique s’appuie notamment sur le maedup, art traditionnel coréen des nœuds, qu’elle emploie pour composer des parures, des objets et des sculptures textiles. Le nœud n’est pas un simple détail ajouté à une surface déjà constituée. Il forme la matière elle-même, organise les pleins et les vides et donne au textile une présence qui peut être légère, suspendue ou plus dense. Les créations jouent ainsi avec la lumière, l’ombre, la profondeur et la transparence, tout en conservant la trace d’un geste patient.

Le maedup offre à Aude Tahon un vocabulaire particulièrement riche. Chaque nœud se construit par des passages, des boucles et des tensions qui doivent rester lisibles dans la forme finale. Une variation de serrage peut modifier le relief, la souplesse ou l’ouverture d’un motif. Plusieurs éléments réunis composent ensuite une structure plus vaste : une parure portée près du corps, une pièce décorative posée ou suspendue, ou une sculpture qui se déploie dans l’espace. Le fil garde son apparence fine, mais l’accumulation des gestes lui permet de produire une forme véritablement construite.

Cette technique coréenne s’inscrit dans une histoire de passementerie et de parure. Les noms traditionnellement associés aux nœuds font souvent appel à la nature et à la vie quotidienne. Aude Tahon en retient la précision, la symétrie et la capacité à faire naître une image à partir d’un cordon. Son approche ne cherche pas à reproduire un répertoire ancien de manière figée. Elle transpose ces gestes vers des créations contemporaines, en observant ce que le fil peut produire lorsqu’il devient dessin dans l’air, bordure, motif ou élément de volume. Le savoir-faire reste reconnaissable, mais son usage s’élargit à la mode, à la décoration et à la sculpture.

La matière textile est choisie pour son comportement autant que pour son apparence. Un fil peut accrocher la lumière, l’absorber ou la laisser passer entre ses brins. Sa souplesse influence la manière dont un nœud se forme et conserve sa silhouette. Dans une pièce portée, le poids et la mobilité doivent rester compatibles avec le corps. Dans une œuvre murale ou une sculpture, la tension et la disposition des éléments déterminent le rythme général. Aude Tahon construit donc une relation étroite entre la fibre, le geste et l’espace disponible. La légèreté visuelle de certaines pièces résulte d’une organisation très précise.

Les parures donnent au travail une dimension proche du corps. Un collier, un bracelet ou un autre accessoire ne se regarde pas comme un panneau posé contre un mur. Il accompagne un mouvement, suit une ligne d’épaule ou introduit un contraste autour du cou et du visage. Le maedup permet de créer des motifs qui gardent leur relief tout en restant souples. La couleur du fil, la longueur des cordons et la répétition des nœuds participent ensemble à l’équilibre de la pièce. Le résultat peut être discret par sa taille, mais très présent par le dessin et la texture.

Les bijoux et les petits objets prolongent cette recherche dans un format plus concentré. Un nœud devient alors un centre, une terminaison ou un motif qui attire le regard. La finition doit être nette, car les croisements du fil sont visibles à courte distance. Une pièce peut associer plusieurs nœuds ou jouer sur une seule structure rendue plus expressive par la couleur et la répétition. Le travail manuel permet d’ajuster la tension au fur et à mesure de la réalisation. Il donne aussi à chaque exemplaire une relation particulière entre le motif prévu et les petites variations du geste.

Les sculptures textiles ouvrent une autre échelle. Le fil noué peut dessiner une surface ajourée, une enveloppe ou une forme qui semble flotter. Les vides deviennent aussi présents que les cordons : ils laissent passer la lumière, projettent des ombres et donnent au volume sa respiration. Une pièce peut être observée de face, de profil ou en se déplaçant autour d’elle. Selon l’angle, les lignes se superposent différemment et la profondeur se transforme. L’œuvre ne se réduit donc pas à un motif frontal ; elle dépend de la distance, de l’éclairage et du mouvement du regard.

La « robe cocon » illustre la capacité du textile noué à quitter le registre de l’accessoire pour devenir une forme enveloppante. Le cocon évoque à la fois la protection, la métamorphose et la relation entre un corps et son environnement. Dans une telle création, le fil ne sert plus seulement à orner une silhouette. Il dessine une présence autour d’elle et transforme le vêtement en espace. La pièce appartient ainsi à plusieurs univers à la fois : le costume, la sculpture, la parure et l’installation. Cette ouverture explique la place de l’art textile dans la démarche d’Aude Tahon.

Le jeu entre surface et profondeur traverse l’ensemble de ses réalisations. Une composition peut sembler plane lorsqu’elle est regardée rapidement, puis révéler des épaisseurs et des écarts lorsque l’on s’en approche. Les nœuds produisent des ombres portées qui prolongent le dessin au-delà du fil. Une lumière latérale souligne les reliefs et fait apparaître des zones plus denses. Une lumière diffuse insiste au contraire sur la transparence et la continuité de la trame. L’œuvre reste donc active dans l’espace où elle est installée. Elle change avec l’éclairage sans perdre la structure qui la maintient.

Le choix du fil permet aussi de travailler la frontière entre dessin et volume. Une ligne nouée peut suivre une courbe, former une boucle fermée ou se prolonger dans une direction. Lorsque plusieurs lignes se croisent, elles construisent une surface qui rappelle parfois une dentelle, un filet ou une membrane. Ces rapprochements restent des impressions de regard plutôt que des catégories fixes. Le maedup conserve sa logique propre, avec ses nœuds et ses tensions. Aude Tahon s’en sert pour faire émerger des formes qui peuvent évoquer une aile, une corolle, une enveloppe ou un fragment d’architecture sans devenir une représentation littérale.

La pratique demande une grande régularité de main. Pour qu’un motif conserve son équilibre, les longueurs, les passages et la tension doivent être surveillés. Une variation peut être recherchée lorsqu’elle apporte du mouvement, mais elle doit rester compatible avec l’ensemble. Cette attention ne transforme pas le travail en répétition mécanique. Chaque pièce est adaptée à un format, à une intention et à une manière de dialoguer avec le corps ou le lieu. Le geste revient sur des opérations connues, tout en répondant aux besoins particuliers de la composition en cours.

La création sur mesure fait partie des possibilités proposées par l’atelier. Une parure destinée à une cérémonie, une pièce textile pour un événement ou une sculpture décorative ne répondent pas aux mêmes contraintes. Le format, la manière de porter ou de suspendre, la lumière du lieu et la relation avec les autres éléments doivent être pris en compte. Le projet se construit autour d’une intention visuelle et d’un usage précis. Le maedup peut alors devenir un accent, une enveloppe, une surface ajourée ou un volume plus spectaculaire. La technique garde sa cohérence tout en s’adaptant à chaque contexte.

Les collaborations enrichissent cette capacité d’adaptation. Aude Tahon travaille dans un champ où le textile rencontre le bijou, le vêtement, la décoration et la création contemporaine. Une pièce peut être présentée dans une galerie, un musée, une boutique dédiée aux métiers d’art ou une manifestation consacrée au textile. Elle peut aussi entrer en relation avec un costume, une scénographie ou un projet d’espace. Ces rencontres ne réduisent pas l’œuvre à un accessoire décoratif. Elles permettent de tester la manière dont les nœuds, les vides et la lumière se comportent dans des environnements différents.

La transmission occupe une place durable dans son parcours. Aude Tahon intervient auprès d’élèves en écoles d’arts appliqués et partage des techniques textiles qui demandent observation et persévérance. Apprendre un nœud suppose de comprendre le trajet du cordon avant de chercher la rapidité. Les mains doivent repérer les croisements, maintenir une tension constante et laisser le motif se fermer sans le déformer. Une fois le geste compris, plusieurs nœuds peuvent être combinés pour former un objet ou une figure. L’apprentissage relie ainsi la mémoire du mouvement à la liberté de créer.

Les ateliers de découverte rendent cette pratique accessible par des réalisations de petit format. Un participant peut commencer par quelques nœuds, observer la différence entre une boucle lâche et une boucle serrée, puis assembler les éléments pour former une libellule, un bracelet ou une autre petite pièce. Le résultat permet de comprendre immédiatement la relation entre la structure et l’apparence. Le maedup devient alors une expérience concrète de la matière : le cordon se plie, résiste, se resserre et prend une forme qui n’existait pas avant le passage des doigts.

Le parcours d’Aude Tahon associe création et engagement professionnel. Après une formation à l’École Duperré, elle ouvre son atelier en 2003 et reçoit le Grand Prix de la Ville de Paris en 2005, puis le Prix Jeunes Créateurs d’Ateliers d’Art de France en 2006. Elle a également présidé Ateliers d’Art de France de 2016 à 2022. Ces étapes situent son activité à la rencontre de la recherche textile, de l’artisanat d’art et de la structuration du secteur. Elles témoignent aussi d’un intérêt pour la transmission et pour la reconnaissance des métiers de la création.

Les expositions et les lieux de vente permettent de découvrir les différentes échelles de ce travail. Les parures se regardent dans leur rapport au corps, tandis que les sculptures et les pièces d’exception demandent davantage de recul. Les objets textiles révèlent leurs détails lorsque l’on s’approche, puis retrouvent une force graphique lorsque l’on s’éloigne. Le site d’Aude Tahon présente également un accès à la vente en ligne et à des points de vente consacrés aux métiers d’art. Ces modes de diffusion prolongent la rencontre avec les œuvres au-delà des expositions temporaires.

À Vanves, Aude Tahon fait du fil noué une matière de création complète. Le maedup lui permet de construire des parures, des bijoux, des objets et des sculptures où la lumière circule entre les lignes. Les surfaces ajourées, les volumes enveloppants et les ombres portées donnent au textile une dimension architecturale, tandis que la finesse du cordon conserve une relation directe avec le geste. Son travail relie une technique coréenne ancienne à des usages contemporains, de l’accessoire à l’installation, et associe précision manuelle, recherche de matière et volonté de transmettre.

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