Atelier & professionnel

Audrey Sanseigne, céramiste et porcelainière à Strasbourg

Strasbourg

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Strasbourg, Audrey Sanseigne développe une céramique en porcelaine où la rigueur des formes rencontre le désir de texture. Son travail s’intéresse aux objets qui entrent dans la main et prennent place dans le quotidien : vaisselle artisanale, objets décoratifs et luminaires. La sobriété des silhouettes ne cherche pas à effacer la matière. Au contraire, elle permet de percevoir une surface, une courbe, un bord ou une trace de façonnage avec une attention particulière. Chaque objet garde ainsi le souvenir d’un geste précis et du temps nécessaire pour modeler la terre.

La porcelaine occupe une place centrale dans cette recherche. Sa finesse et sa blancheur peuvent donner une impression de légèreté, mais cette matière demande une grande maîtrise lors de la préparation, du façonnage et de la cuisson. Elle se déforme, se tend et change d’échelle au cours des différentes étapes. Le travail doit anticiper ces transformations tout en conservant une forme équilibrée. La pièce terminée semble parfois simple, mais cette apparente évidence repose sur une succession de décisions concernant l’épaisseur, la tension de la paroi, l’ouverture et la relation entre les surfaces.

Le contraste entre porcelaine blanche et porcelaine noire structure une partie de son univers. Les deux matières ne renvoient pas la lumière de la même manière. La blancheur peut laisser apparaître une clarté diffuse, tandis que la surface sombre absorbe davantage le regard et souligne les silhouettes. Leur présence côte à côte met en jeu la transparence et l’opacité. Une partie de l’objet peut sembler ouverte à la lumière, alors qu’une autre affirme davantage sa densité. Ce dialogue donne à la pièce une profondeur visuelle sans recourir à un décor abondant.

La transparence n’est pas seulement une qualité optique. Elle modifie la relation entre l’objet et l’espace qui l’entoure. Un luminaire en porcelaine peut laisser passer la lumière à travers une paroi plus fine ou la retenir dans une zone plus épaisse. Une forme claire peut projeter une présence douce sur un mur, tandis qu’une partie opaque organise l’ombre. Le résultat dépend de la silhouette, de la matière et de l’éclairage choisi. L’objet ne se découvre donc pas de la même manière lorsqu’il est éteint ou lorsqu’il devient une source lumineuse.

Les luminaires constituent un axe particulier de l’activité. Ils associent la fonction d’éclairage à une recherche sur la forme et la surface. Une lampe doit accueillir une source lumineuse, rester stable et offrir un usage compréhensible, mais elle peut aussi transformer l’ambiance d’une pièce. La porcelaine apporte une présence minérale et tactile. Les zones de clarté, les parties plus fermées et les éventuelles irrégularités modifient le passage de la lumière. L’objet devient un intermédiaire entre la matière cuite, l’espace intérieur et le regard.

La vaisselle artisanale prolonge cette relation avec le quotidien. Une pièce destinée à la table doit être agréable à prendre en main, proportionnée à son usage et suffisamment lisible pour s’intégrer à un ensemble. Le choix d’une forme tendue, d’un bord plus ouvert ou d’une surface texturée change la manière dont l’objet est perçu. La fonction ne disparaît pas derrière la recherche esthétique. Elle donne au contraire un cadre précis au travail : un contenant doit accueillir, une assiette doit présenter, une tasse doit être saisie et un objet décoratif doit trouver sa place sans perdre sa présence.

Les objets de décoration permettent d’explorer plus librement les volumes. Ils peuvent conserver une relation avec la table ou la maison tout en s’éloignant d’un usage déterminé. Une forme peut devenir un vase, une pièce à poser ou un élément qui attire le regard par sa seule silhouette. La sobriété donne alors de l’importance à la manière dont l’objet se tient dans l’espace. Un bord, un creux, une asymétrie légère ou un changement de texture peuvent suffire à créer un caractère reconnaissable.

Audrey Sanseigne façonne ses objets au tour, puis les reprend subtilement à la plaque. Cette association de techniques met en relation la rotation et la construction. Le tour donne une base régulière et permet de construire rapidement une forme centrée. La plaque introduit ensuite une intervention plus directe sur la surface et sur le contour. Une paroi peut être modifiée, une tension peut être accentuée, un détail peut être repris à la main. Le geste laisse alors une trace de sa progression : l’objet n’est pas seulement tourné, il est aussi déplacé et affiné après la première mise en forme.

La terre garde la mémoire de cette double intervention. Une forme qui paraît parfaitement contrôlée peut présenter une zone légèrement différente, un bord qui n’est pas strictement identique sur tout son pourtour ou une surface dont la lumière accroche autrement. Ces écarts ne rompent pas l’équilibre général. Ils rendent perceptible la souplesse initiale de la matière et rappellent que la porcelaine a été façonnée avant de devenir une pièce dure. Le travail ne cherche pas à supprimer toute trace humaine ; il organise ces traces pour qu’elles participent à la présence de l’objet.

La texture joue avec la sobriété. Elle peut apparaître dans une surface qui n’est pas parfaitement lisse, dans une variation de densité ou dans une différence entre deux parties d’une même pièce. Le relief se découvre au toucher et par les ombres qu’il produit. Il peut rester discret pour accompagner une forme, ou devenir plus visible pour donner un caractère à un objet décoratif. Le blanc et le noir réagissent différemment à ces reliefs. Une saillie peut accrocher la lumière sur une porcelaine claire, alors qu’une surface sombre révélera davantage la forme par ses transitions d’ombre.

Le façonnage demande de la patience. La porcelaine se travaille lorsqu’elle possède une consistance adaptée : assez souple pour être formée, mais suffisamment tenue pour conserver les parois et accepter les reprises. Le séchage doit accompagner la pièce sans provoquer de tensions trop fortes. La cuisson transforme ensuite la terre et fixe la forme. Les opérations ne sont pas séparées de la recherche esthétique. Une silhouette pensée pour laisser passer la lumière doit rester compatible avec l’épaisseur et la résistance de la matière ; une surface texturée doit supporter les étapes qui la rendront durable.

La relation entre la main et l’objet apparaît dans les usages proposés au public. Audrey Sanseigne a également transmis des techniques de modelage, de travail à la plaque, de colombin, de pincé, d’engobage et d’émaillage lors d’ateliers de poterie. Ces gestes offrent plusieurs manières d’aborder la terre. Le modelage garde une relation directe avec la main ; la plaque construit des plans et des assemblages ; le colombin fait monter une paroi par accumulation ; le pincé part d’une pression progressive ; l’engobage et l’émaillage travaillent l’aspect de la surface. La diversité de ces approches permet de comprendre que la céramique ne repose pas sur une seule méthode.

La transmission donne aussi à voir les étapes qui restent invisibles dans un objet terminé. Une pièce doit être préparée, laissée à sécher, cuite une première fois lorsque le procédé le demande, puis décorée ou émaillée avant de poursuivre son passage par le four. Chaque étape peut modifier le résultat. Un bord peut se resserrer, une surface peut changer de nuance et un émail peut se concentrer dans un creux. Les participants découvrent ainsi que la terre ne se contente pas d’enregistrer un dessin : elle réagit, se transforme et impose un rythme de travail.

Les présentations de son travail dans les marchés de créateurs et les lieux dédiés à l’artisanat rapprochent ses pièces du public. La vaisselle, les objets de décoration et les luminaires peuvent y être regardés dans des formats variés. Une personne découvre la différence entre la porcelaine blanche et noire, observe la qualité d’un bord ou imagine la lumière dans un luminaire. La rencontre permet aussi de comprendre le lien entre une pièce utilitaire et une recherche de texture. Un objet peut être acheté pour son usage, mais il conserve la présence d’une création façonnée à la main.

Le travail d’Audrey Sanseigne se situe dans un équilibre entre rigueur et douceur. La rigueur apparaît dans les formes tendues, la régularité recherchée et la précision nécessaire au façonnage. La douceur vient de la manière dont la porcelaine reçoit la lumière, de la proximité des objets avec la main et de la place laissée au silence des surfaces. Les deux dimensions ne s’opposent pas. Une forme maîtrisée peut garder une vibration, et une texture sensible peut s’inscrire dans une construction très nette.

À Strasbourg, Audrey Sanseigne développe ainsi une céramique de porcelaine tournée puis reprise à la plaque, attentive aux usages et aux effets de surface. La vaisselle artisanale, les objets décoratifs et les luminaires associent des silhouettes tendues à une recherche sur la texture, la transparence et l’opacité. La porcelaine blanche et la porcelaine noire se répondent, tandis que la lumière transforme les volumes et révèle les traces du façonnage. Les ateliers de modelage, de plaque, de colombin, de pincé, d’engobage et d’émaillage prolongent cette démarche par la transmission. Chaque pièce invite à prendre le temps d’observer ce que la main, la terre, le feu et la lumière peuvent construire ensemble.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel portrait-createur

    Céramique — Le Générateur et l’Écrin (site externe)

    Organisme : Le Générateur Strasbourg

    Fait soutenu
    Le portrait d’Audrey Sanseigne décrit sa vaisselle artisanale, ses objets de décoration en porcelaine, ses luminaires, le contraste entre porcelaine blanche et noire, la transparence et l’opacité, ainsi que le façonnage au tour repris à la plaque.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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