À La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, Aurélie Romano exerce comme sculpteure sur bois et doreuse ornemaniste. Son atelier réunit la création sur mesure, la restauration de meubles et d’objets anciens, la sculpture et la dorure. Sa démarche associe la conception à la maîtrise des techniques traditionnelles, avec une attention particulière portée à la légèreté des formes et à la place de l’objet dans l’intérieur. Les inspirations japonaises rencontrent ainsi les gestes de l’ornementation française, tandis que le bois, la feuille métallique et les surfaces patinées composent des pièces qui peuvent être décoratives, fonctionnelles ou patrimoniales.
La sculpture sur bois commence par une rencontre avec la matière. Le fil, la densité, les nœuds et la manière dont le bois a été préparé influencent la forme qui peut en sortir. Un motif végétal, une courbe, une feuille ou un volume animal ne se taille pas comme une surface plane destinée à recevoir un décor. Il faut comprendre les retraits, réserver les zones fragiles et faire progresser le relief sans perdre la lisibilité de l’ensemble. Le geste peut laisser apparaître la matière ou la conduire vers une finition destinée à accueillir une patine, une polychromie ou une dorure.
L’atelier propose des réalisations sur mesure afin d’adapter le travail aux envies et à l’espace du client. Une commande peut concerner un élément décoratif, un meuble, un cadre ou une pièce indépendante. Les proportions, les usages et la relation avec les objets déjà présents orientent la conception. Une sculpture destinée à un mur ne se regarde pas comme un objet posé au centre d’une pièce. Un ornement intégré à un meuble doit respecter sa construction et sa fonction. Le projet prend forme lorsque le dessin et les techniques de l’atelier rencontrent un besoin concret.
Les créations personnelles d’Aurélie Romano font dialoguer les traditions françaises avec des inspirations japonaises. Cette rencontre ne consiste pas à juxtaposer des signes décoratifs, mais à rechercher une autre manière de traiter le vide, la ligne et le mouvement. Les formes peuvent rester épurées, les motifs végétaux gagner en souplesse et la dorure devenir un accent plutôt qu’une couverture uniforme. Le bois conserve alors une présence sensible, même lorsque certaines parties sont rehaussées de métal. La sculpture et l’ornementation s’accordent autour d’une recherche de légèreté.
La dorure modifie la manière dont un relief reçoit la lumière. Une surface dorée ne possède pas la même profondeur qu’une peinture mate : elle reflète les variations de l’éclairage et souligne les parties saillantes. Les creux, les arêtes et les détails sculptés peuvent être traités différemment pour faire apparaître la construction du motif. Une dorure à la détrempe, une dorure à la mixtion ou une feuille de cuivre n’offrent pas le même aspect ni les mêmes conditions de mise en œuvre. Le choix dépend du support, du style recherché et de l’état de l’objet.
La restauration constitue un autre volet de l’activité. Un meuble, un miroir ou un cadre ancien porte les traces de son histoire : éclats, manques, usure de la dorure, reprises anciennes et modifications peuvent se superposer. Avant de refaire une partie, il faut observer ce qui subsiste et distinguer une perte accidentelle d’une transformation plus ancienne. La restauration cherche à retrouver la cohérence de l’objet tout en conservant son authenticité. Elle ne consiste pas à effacer toutes les marques du temps, mais à stabiliser et à rendre lisible ce qui peut être transmis.
Les miroirs des XVIIIe et XIXe siècles occupent une place précise dans les travaux présentés par l’atelier. Une restauration peut comprendre le nettoyage d’une dorure, la reprise d’un éclat, la reconstitution d’une partie manquante, la restauration d’une sculpture et la mise en place d’une patine. Les frontons, les frises et les feuilles d’acanthe demandent des gestes différents selon leur relief et leur état. Une baguette de perles lacunaire doit retrouver son rythme sans devenir un ajout indifférent au reste du cadre. Les parties nouvelles sont ainsi pensées à partir de la forme et de la matière conservées.
Les cadres anciens reçoivent une attention comparable. Un cadre peut présenter des bordures endommagées, des petits manques, une dorure usée ou des zones où la préparation n’adhère plus correctement. Le nettoyage doit respecter la surface existante et révéler les informations utiles à la compréhension de l’ensemble. La reconstitution des éclats, la patine et la feuille d’or interviennent ensuite selon la nature de la pièce. Un cadre n’est pas un simple contour : il accompagne une peinture, un miroir ou une œuvre graphique et participe à sa présentation.
Les styles rencontrés dans ces restaurations vont du XVIIe siècle à des pièces du XIXe siècle et à des meubles plus récents. Un miroir de style Régence, un cadre d’inspiration Louis XV ou un ouvrage Napoléon III ne présentent pas les mêmes profils, motifs et rapports entre sculpture et dorure. L’ornement peut prendre la forme d’une feuille d’acanthe, d’une frise, d’une baguette perlée ou d’un fronton. Pour intervenir correctement, il faut regarder le rythme de la décoration, la profondeur du relief et la manière dont la dorure a été posée. La technique reste liée à l’histoire stylistique de l’objet.
La dorure à la détrempe demande une préparation soigneuse du support et une attention aux conditions d’application. La feuille d’or est légère, sensible au moindre courant d’air et révélatrice des irrégularités de la surface. La préparation, le geste de pose et la finition déterminent la manière dont elle adhère et accroche la lumière. Sur une sculpture, le métal accompagne les volumes et fait ressortir certains passages. Sur un cadre, il peut organiser la lecture de la bordure et accentuer les rapports entre zones brillantes, parties mates et patines.
La feuille de cuivre et la bronzine permettent d’autres réponses visuelles. Une feuille de cuivre peut servir à retrouver une finition ou à produire un ton différent de celui de l’or. La bronzine peut être nettoyée ou reprise lorsqu’un objet en possède déjà des traces. Ces matériaux ne doivent pas être choisis seulement pour leur couleur : leur vieillissement, leur réaction à la lumière et leur relation avec la préparation du support comptent également. Une finition réussie reste accordée à l’histoire de l’objet et à l’effet recherché.
La sculpture sur bois intervient aussi dans les créations nouvelles. Aurélie Romano travaille des formes inspirées par la nature, notamment des motifs végétaux et des silhouettes de poissons japonisants. Ces sujets permettent d’explorer les courbes, les répétitions et les reliefs sans reproduire exactement un décor ancien. Le bois peut être laissé visible pour conserver son grain ou recevoir une finition qui souligne certains volumes. Dans une pièce contemporaine, une sculpture peut apporter un point de profondeur et une présence tactile ; dans un ensemble plus classique, elle peut dialoguer avec un mobilier ou un cadre restauré.
Le travail sur mesure demande d’équilibrer les choix décoratifs et les contraintes de l’objet. Un meuble ancien ne peut pas être transformé comme un support neuf sans tenir compte de sa structure et de ses assemblages. Une création destinée à un intérieur doit conserver une échelle adaptée, une surface stable et une finition compatible avec son usage. Un cadre doit protéger et mettre en valeur ce qu’il entoure. La conception prend donc en compte les dimensions, la lumière, la place disponible et le rôle de la pièce avant de fixer le vocabulaire de sculpture ou de dorure.
La restauration des parties manquantes demande un sens précis de l’observation. Une feuille d’acanthe, une moulure ou une frise ne peut pas être reconstituée à partir d’un motif générique si son dessin possède des particularités. Il faut regarder les éléments voisins, comprendre la répétition et retrouver la profondeur du relief. Le modèle préparé pour la nouvelle partie doit ensuite être intégré sans créer de rupture visuelle trop forte. La patine contribue à inscrire l’intervention dans l’ensemble, tout en laissant possible la distinction entre ce qui a été conservé et ce qui a été refait.
L’atelier présente également une dimension de transmission. Des temps de découverte permettent au public d’observer la sculpture sur bois et la dorure, de comprendre les outils et de s’initier à un geste. Le participant peut découvrir comment une idée passe d’un dessin à une forme, puis comment une finition modifie la perception du relief. Une activité manuelle de ce type demande de ralentir, d’observer la fibre et de mesurer la pression exercée sur l’outil. Elle donne accès à des métiers dont les résultats sont visibles dans les meubles, les cadres, les miroirs et les décors, mais dont les étapes restent souvent discrètes.
Les ouvertures d’atelier organisées lors de rendez-vous consacrés aux métiers d’art offrent une autre manière de partager ce savoir-faire. Les visiteurs peuvent voir des pièces en cours, comparer un bois sculpté à une surface dorée et comprendre les différences entre création, restauration et finition. La rencontre permet aussi d’expliquer pourquoi un objet ancien ne se traite pas comme une création neuve. Les choix de nettoyage, de reconstitution, de dorure et de patine dépendent de l’histoire de chaque pièce. La transmission devient alors un prolongement naturel du travail de conservation.
À La Ciotat, l’activité d’Aurélie Romano s’inscrit dans un territoire où la création artisanale peut rencontrer des références maritimes, méditerranéennes et décoratives. Ses poissons stylisés, ses formes végétales et ses inspirations japonaises donnent une orientation contemporaine à un travail qui conserve les exigences de la sculpture et de la dorure. La restauration de meubles, miroirs et cadres maintient en parallèle un lien avec les arts décoratifs et les objets anciens. Ces deux dimensions se répondent : l’une nourrit la compréhension des formes historiques, l’autre permet de les déplacer vers des créations actuelles.
La sculpteure sur bois et doreuse ornemaniste ne travaille pas seulement une surface ; elle organise une relation entre matière, relief et lumière. Le bois donne le volume, la sculpture construit le motif, la dorure révèle certaines zones et la patine établit un accord avec l’ensemble. En restauration, ces gestes rendent à un objet sa cohérence sans nier les traces de son parcours. En création, ils permettent d’imaginer des pièces où la tradition française rencontre une écriture plus légère et des influences japonaises.
Aurélie Romano réunit ainsi à La Ciotat la sculpture sur bois, la dorure ornementale, la restauration de meubles, de miroirs et de cadres, la création sur mesure et l’initiation aux gestes de l’atelier. Ses réalisations passent par le relief, la feuille d’or, la feuille de cuivre, la bronzine, la patine et la reconstitution des détails manquants. Qu’il s’agisse de retrouver l’éclat d’un miroir ancien, de restaurer une feuille d’acanthe ou de faire naître une sculpture inspirée par la nature, chaque projet demande d’accorder la technique à la matière et l’objet à son environnement.