À Cholet, dans le Maine-et-Loire, Aurélie Bossu développe Aurélie Vannerie autour d’une vannerie contemporaine faite main. Son travail associe l’osier à des formes de décoration, de rangement et d’usage quotidien, avec une attention particulière portée au dessin et à la personnalisation. Les collections de l’atelier comprennent les Intemporelles, les Sentinelles, les Éphémères et les Éclisses. À côté de ces séries, Aurélie réalise des projets sur mesure pour des particuliers, des commerces, des architectes d’intérieur et des décorateurs. L’osier y devient un matériau capable de structurer un objet, d’habiller un espace ou de donner une présence nouvelle à une fonction familière.
La démarche se situe entre savoir-faire traditionnel et design actuel. Le tressage conserve ses gestes de base : préparer les brins, les courber, les croiser et construire progressivement une surface. La forme finale dépend de la tension, de la direction des fibres et de la manière dont le fond, les côtés et la bordure sont organisés. Aurélie Vannerie utilise cette construction pour dépasser le panier classique. Une pièce peut devenir une suspension, une cabane, un rangement, un grand panier ou un élément de scénographie intérieure. L’objet conserve la légèreté visuelle de l’osier, mais son dessin répond à un usage et à un environnement précis.
L’atelier met en avant l’association de l’osier et du caoutchouc recyclé. Cette base en pneu donne une autre manière de construire un panier ou un objet de rangement. Le pneu apporte un socle, une assise et une présence plus graphique ; l’osier forme la partie tressée et laisse apparaître la régularité des croisements. Le contraste entre une matière végétale et un matériau réemployé crée une signature reconnaissable. Il permet aussi de travailler des volumes qui seraient difficiles à obtenir avec un tressage seul. La combinaison n’efface pas l’osier : elle lui offre un support et une nouvelle relation avec l’usage.
Les Intemporelles rassemblent des pièces destinées à s’inscrire dans la durée. Un panier ou un objet de rangement doit pouvoir être utilisé souvent, être pris en main facilement et trouver sa place dans l’intérieur. La qualité du bord, la stabilité du fond et la densité du tressage influencent le confort quotidien. Une forme simple n’est pas forcément rapide à réaliser : lorsque les lignes restent dégagées, chaque irrégularité se voit davantage. La vannière travaille donc la construction et la finition pour que la pièce soit pratique tout en conservant une expression sobre.
Les Sentinelles, les Éphémères et les Éclisses ouvrent d’autres directions. Ces noms de collections suggèrent plusieurs relations entre l’objet, l’espace et la matière, sans réduire la création à un seul modèle. Une série peut explorer des silhouettes verticales, une autre des formes plus légères ou des détails issus des éclisses. L’osier offre alors une palette de lignes et de textures. Le choix d’un brin rond, d’une surface plus fine, d’un tressage serré ou d’un ajour modifie la manière dont la lumière traverse la pièce. Les variations de construction donnent à chaque collection une identité propre.
Le travail sur mesure commence par un échange autour des attentes esthétiques et techniques. Aurélie Vannerie présente des échantillons, des prototypes et des photographies afin d’aider à choisir une couleur d’osier, des dimensions et un tressage. Cette étape permet de parler concrètement du projet avant la fabrication. Un objet destiné à une salle de bain, une pièce de séjour ou un commerce ne rencontre pas les mêmes contraintes. La capacité, l’accès, le poids, l’entretien et la façon de manipuler la réalisation doivent être intégrés au dessin. Le choix de la matière devient ainsi lié à la situation réelle.
Après l’échange, les informations sont réunies sous forme de croquis mis à l’échelle. Le croquis donne une base commune pour discuter des proportions, de l’ouverture, de la hauteur et de la relation avec un meuble ou un mur. Il permet également d’anticiper les zones qui seront le plus sollicitées. Une commande ne consiste donc pas simplement à agrandir une référence existante. Il faut adapter le tressage, le fond, les points de prise et la finition à une nouvelle dimension. La pièce unique naît de cette succession entre écoute, dessin, choix de matière et fabrication.
Les tiroirs rectangulaires en osier blanc illustrent cette méthode. Ils ont été conçus en plusieurs exemplaires afin de s’intégrer dans un meuble de salle de bain, avec des dimensions identiques et des passe-doigts permettant leur manipulation. Le projet combine une forme utile, une contrainte d’encombrement et une recherche de continuité dans l’ensemble du meuble. L’osier blanc apporte une surface claire, tandis que la structure doit rester assez régulière pour que les tiroirs se glissent et se retirent sans difficulté. La vannerie devient ici une composante fonctionnelle de l’aménagement.
Le panier à bûches de grande taille montre une autre facette du sur-mesure. Sa hauteur peut être adaptée au besoin, et le choix des teintes d’osier est intégré à la commande. La base en pneu recyclé soutient un volume destiné à accueillir du bois, mais l’objet peut aussi changer de fonction au fil du temps et devenir une panière à linge. Cette possibilité de réemploi prolonge la vie de la pièce. Un grand panier doit associer capacité, stabilité et prise en main ; la construction de l’osier et la base choisie doivent donc fonctionner ensemble.
Une autre panière à linge associe de l’osier brut dans des tons verts à une base en pneu recyclé. Des anses en cuir complètent la réalisation et donnent un point de prise net. La finition intérieure et extérieure est travaillée pour éviter que les brins n’accrochent la main ou le linge. Cet exemple montre comment une pièce utilitaire peut recevoir des détails de matière qui modifient son caractère : l’osier apporte le tressage et la couleur, le pneu construit le socle, le cuir accompagne l’usage. L’ensemble reste une fabrication conçue pour répondre à une demande précise.
La vannerie d’Aurélie Bossu s’étend aussi à l’éclairage. Le luminaire Chrysalide a été dessiné et créé pour apporter du caractère à un salon, dans un format de grande dimension. Une lampe tressée doit laisser passer la lumière sans perdre sa présence lorsqu’elle est éteinte. La densité des brins, les ouvertures et la forme générale déterminent les ombres projetées sur les murs. Un abat-jour peut reprendre le même esprit avec une lecture différente selon que l’ampoule est allumée ou non. Le tressage devient alors un filtre lumineux autant qu’un volume décoratif.
Pour un complexe de sport et de loisirs, l’atelier a réalisé des totems de plusieurs hauteurs destinés à présenter des plats locaux sur des plateaux de service en bois et en ardoise. Le projet ne se limite pas à fabriquer des paniers : il organise une présentation et doit prendre en compte plusieurs niveaux, la stabilité et la circulation autour des pièces. Des modules en vannerie peuvent également compléter ces totems pour accueillir une lumière d’ambiance ou des plantes aériennes. Le matériau participe ainsi à l’atmosphère d’un buffet et à la manière dont les objets sont disposés.
Le modèle Tom a été imaginé pour une épicerie fine de Cholet qui souhaitait proposer des paniers élégants pour les emplettes. Sa forme doit être facile à prendre en main ou à porter au coude. Cet exemple rappelle que le confort d’un panier dépend autant de l’anse que du volume tressé. La largeur, la hauteur et l’équilibre général influencent la façon de le porter avec des produits à l’intérieur. La fabrication à la commande permet de conserver le dessin tout en l’adaptant au contexte de la boutique et aux attentes de ses clients.
Le panier à vélo constitue un projet de développement réalisé avec un spécialiste du cycle. Aurélie Vannerie a mis au point un ensemble de paniers avant et arrière avec des fixations universelles. Le tressage doit ici s’accorder avec un moyen de transport en mouvement. La pièce doit pouvoir accueillir des objets, rester accessible et trouver sa place sur le vélo. Les fixations deviennent aussi importantes que la forme du panier. Ce projet illustre la capacité de la vannerie contemporaine à dialoguer avec un usage technique, en faisant évoluer l’objet sans perdre l’identité de la matière végétale.
La création Biotopie explore la relation entre l’osier et le plastique. L’œuvre prend la forme d’une cage ouverte, modulable et pensée pour s’adapter à son environnement. Elle peut recevoir une lumière ou des plantes aériennes. Le contraste des matériaux interroge la manière dont une structure contient, protège ou laisse passer. La vannerie n’est plus seulement un contenant fermé : elle devient une limite flexible, un volume qui peut se transformer selon sa place. Cette recherche s’inscrit dans la volonté de faire dialoguer le geste ancien du tressage avec des questions contemporaines liées à la nature et aux matières.
La réparation fait partie des services proposés par Aurélie Vannerie. Réparer plutôt que jeter permet de conserver un objet auquel une histoire est attachée. Une anse cassée, un fond affaibli ou une partie du tressage endommagée ne demandent pas nécessairement le remplacement complet de la pièce. Le diagnostic doit distinguer ce qui peut être repris de ce qui doit être reconstruit. Le fauteuil en osier présenté par l’atelier avait plusieurs décennies et était devenu abîmé et dangereux ; sa remise en état lui a permis de retrouver un usage et d’être transmis à une nouvelle génération. La réparation donne ainsi une suite à l’objet sans effacer son passé.
Une anse de théière peut également être réparée pour rendre l’objet à nouveau utilisable. Cette intervention de petite dimension demande une adaptation fine à la forme existante. La pièce ajoutée doit s’accorder avec le volume, supporter la prise en main et rester cohérente avec le tressage déjà présent. La réparation révèle la capacité de l’artisan à intervenir sur des objets très différents, depuis le grand panier jusqu’à un détail qui conditionne l’usage d’une pièce domestique. Elle prolonge un savoir-faire de la vannerie dans une logique de soin et de valorisation.
Les stages permettent de transmettre cette pratique à Cholet. Les ateliers sont ouverts aux débutants et aux personnes qui souhaitent découvrir un savoir-faire traditionnel tout en réalisant une création contemporaine. Le matériel et les outils nécessaires sont fournis, et chaque participant repart avec l’objet fabriqué. L’apprentissage passe par la préparation des brins, la compréhension du tressage et la construction progressive d’une forme. Le geste devient plus clair lorsqu’il est appliqué à une réalisation concrète : il faut maintenir une tension, suivre un bord, corriger une courbe et terminer proprement.
La transmission accompagne la recherche contemporaine de l’atelier. Les participants découvrent qu’une pièce en osier peut être un panier, une lampe, un rangement, une structure pour plantes ou un objet lié à un usage particulier. Ils apprennent également que la personnalisation commence par des choix simples : une couleur, une dimension, un motif, une base ou une anse peuvent modifier toute la réalisation. Le stage ne se réduit donc pas à reproduire une forme ; il ouvre une compréhension de la matière et des possibilités offertes par le tressage.
Aurélie Vannerie est présentée comme membre actif des Ateliers d’Art de France et comme une marque de vannerie contemporaine et éco-responsable. La mention de créations uniques déposées à l’INPI accompagne une démarche qui cherche à renouveler les formes tout en restant fidèle au travail manuel. À Cholet, Aurélie Bossu relie ainsi la vannerie utilitaire, la décoration, le développement de produits, la réparation et la formation. Les pièces en osier peuvent s’intégrer à une maison, à un commerce, à un jardin ou à un projet architectural. Le matériau se transforme selon les besoins, mais conserve dans chaque ouvrage la trace du tressage et de la main qui l’a construit.
À Cholet, Aurélie Vannerie propose une approche de l’osier où le traditionnel et le contemporain se répondent. Les collections donnent un cadre à la création, tandis que le sur-mesure permet de concevoir des paniers, tiroirs, luminaires, totems, modules végétaux et équipements liés au vélo. L’association avec le pneu recyclé, le travail de l’osier blanc ou brut et la réparation d’objets anciens élargissent encore les usages. Les stages transmettent les gestes essentiels et rendent la matière accessible. Chaque réalisation est pensée comme une rencontre entre une fibre tressée, une fonction et un espace.