Atelier & professionnel

Ben des bois — Benjamin Louveau, vannerie sauvage et œuvres végétales à Margouët-Meymes

Margouët-Meymes

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Margouët-Meymes, dans le Gers, Benjamin Louveau développe Ben des bois autour de la vannerie sauvage, du bois et du land art. Il se présente comme artiste du végétal, artisan vannier et architecte. Son travail relie le tressage de fibres trouvées dans les paysages, la fabrication d’objets et la création d’installations végétales entre architecture et vannerie. Le panier, la cuillère, la sculpture ou la structure éphémère deviennent des manières d’observer les plantes et de renouer avec des gestes simples, sans séparer la pratique manuelle de la réflexion sur les formes et les espaces.

Une pratique à la croisée du végétal et de l’architecture

Le parcours de Benjamin Louveau commence par des expériences dans le domaine de l’architecture, avant une formation à la vannerie sauvage. Cette double approche se lit dans les œuvres de Ben des bois. La vannerie n’est pas seulement envisagée comme une technique destinée à produire un contenant. Elle devient un moyen de construire une relation entre une matière végétale, un lieu et les personnes qui le traversent. Les installations cherchent leur équilibre avec le paysage, suivent une ligne d’arbres, occupent un espace de passage ou prennent place dans une résidence artistique.

L’architecture apporte une attention au volume, à la structure et à la manière dont un corps perçoit un espace. La vannerie apporte la souplesse des tiges, la répétition des croisements et la possibilité de faire évoluer une forme au fil du geste. Lorsque ces deux univers se rencontrent, la construction reste lisible : les fibres sont liées, courbées ou tressées pour donner naissance à une présence végétale qui peut être observée de près comme un objet, ou de loin comme une intervention dans le paysage.

Observer les plantes avant de créer

L’« artisanat sauvage » défendu par Benjamin Louveau commence par l’attention portée à l’environnement proche. Les promenades et les cueillettes permettent de repérer les plantes utiles, leur souplesse, leur longueur, leur texture et leur capacité à se plier. La matière n’arrive pas dans l’atelier sous la forme d’un produit parfaitement standardisé. Elle est liée à un moment, à un milieu et à une saison. Un brin peut présenter une courbe, une écorce, une irrégularité ou une résistance qui orientera la forme finale.

Cette observation invite à regarder les ressources végétales qui entourent les participants et à comprendre ce qu’elles peuvent devenir. Les ateliers proposés par Ben des bois associent ainsi une découverte des plantes utiles à la fabrication d’un objet. La promenade donne des repères avant le travail manuel : reconnaître une matière, sentir sa flexibilité, choisir une longueur et imaginer une structure. Le geste de tressage prolonge ensuite cette rencontre avec le vivant.

La vannerie sauvage et ses formes

La vannerie sauvage organise des éléments souples pour créer une forme qui tient par ses croisements et sa tension. Dans un panier, les brins construisent un volume et maintiennent une paroi. Dans une sculpture végétale, le même principe peut s’étendre, se déformer ou devenir une ligne qui accompagne un chemin. Benjamin Louveau travaille notamment sur des paniers aléatoires, des paniers sur arceaux et des formes réalisées avec de la clématite et du cornouiller. Ces végétaux donnent des comportements différents : la tige peut être guidée, courbée, entrelacée ou laissée plus libre pour conserver la spontanéité de son origine.

Le panier aléatoire ne repose pas sur la recherche d’une géométrie parfaitement répétée. Il accueille les différences de longueur, de courbure et de texture qui apparaissent dans les plantes utilisées. La structure reste suffisamment organisée pour devenir un objet, mais les irrégularités participent au dessin. Une tige peut dépasser, revenir dans la trame ou dessiner un bord qui ne serait pas obtenu avec un matériau calibré. Cette manière de faire donne à chaque pièce une physionomie liée à la matière employée et au moment de la réalisation.

Le panier sur arceaux introduit une construction plus ouverte. Les arceaux donnent une ossature autour de laquelle les brins peuvent se répartir. La forme se lit par ses courbes et par les espaces entre les éléments. L’osier n’est pas la seule matière de cette pratique : la clématite et le cornouiller apparaissent dans les créations présentées par l’atelier. Le choix d’une plante modifie la couleur, la souplesse, la tension et la manière dont la surface capte la lumière.

Le bois, de la cuillère à la sculpture

Le bois occupe une autre place dans l’activité de Ben des bois. Des ateliers de fabrication de cuillères en bois sont proposés pour découvrir une pratique où la matière est retirée, façonnée et polie afin de faire apparaître un objet utile. La cuillère demande de penser simultanément le creux qui reçoit, le manche qui se tient et l’épaisseur qui conserve la solidité. Le participant apprend à regarder une pièce de bois comme une forme en devenir, avec ses fibres, ses nœuds et ses directions.

La sculpture du bois prolonge ce rapport à la matière dans une dimension plus libre. Elle peut conserver la silhouette d’une branche, suivre une courbe naturelle ou faire émerger une figure à partir d’un volume. Le bois et la vannerie n’obéissent pas au même geste : l’un se creuse, se taille et se polit, tandis que l’autre s’assemble et se tresse. Leur rapprochement dans un même univers permet de comparer deux façons de construire avec le végétal, l’une par soustraction et l’autre par liaison.

Des œuvres éphémères dans les paysages

Depuis plusieurs années, Benjamin Louveau expérimente des installations d’œuvres végétales entre architecture et vannerie comme art éphémère dans la nature. Une installation de ce type ne se réduit pas à un objet transportable. Elle s’inscrit dans un lieu et accepte que la lumière, la météo, la croissance ou le vieillissement transforment sa perception. La matière végétale garde ainsi une temporalité propre. La création peut être admirée pendant une période donnée, puis se modifier ou disparaître avec son environnement.

La galerie de Ben des bois présente notamment Nuage, associé au festival Cabanes de La Maison Forte à Nérac en 2026, ainsi que Les Évières, réalisé sur l’Île de Ré pour le Mois de l’environnement en 2025. Ces projets montrent deux relations différentes au territoire : une œuvre peut dialoguer avec un événement consacré aux cabanes, ou s’inscrire dans une manifestation qui invite à regarder les milieux naturels. Le titre et le lieu donnent un cadre, mais la présence de la matière tressée reste au centre de l’expérience.

L’installation Symbiose a été présentée au Tacot dans le cadre de Voyage éphémère à Rontalon en 2025, puis dans le Sentier d’art de Bernay Terres de Normandie en 2024. Le mot symbiose évoque une relation entre éléments qui vivent ou évoluent ensemble. Dans une œuvre végétale, cette relation peut concerner la structure et le paysage, l’intervention humaine et les formes déjà présentes, ou encore la rencontre entre un public et une matière qu’il a rarement l’occasion de toucher.

D’autres réalisations témoignent du travail en résidence. Le Nid des ressentis a été créé à La Châtaigneraie pour Sésame Autisme Cher, à Osmoy. Goutte de sève et Lirizinus sont associés au Sentier d’art ITBN, tandis que La Lanterne a été présentée au CAAPP dans le cadre du festival Bellastock à Évry-sur-Seine. Ces références situent la création dans des contextes variés : résidence, sentier d’art, festival, lieu culturel et projet collectif.

Transmettre par l’expérience

La transmission constitue une dimension centrale de Ben des bois. Benjamin Louveau propose des ateliers de vannerie sauvage, de fabrication de cuillères en bois et de paniers aléatoires. Ces activités s’adressent aux particuliers, aux associations, aux écoles et aux entreprises. Le format peut donc réunir des personnes qui viennent découvrir une pratique pour la première fois, mais aussi des groupes qui souhaitent construire un projet commun autour de la matière végétale.

Un atelier de vannerie sauvage commence par une cueillette et l’identification de plantes utiles. Le participant ne reçoit pas uniquement un matériau déjà préparé : il découvre son origine et les raisons qui rendent une tige utilisable. Le tressage se construit ensuite progressivement. Il faut tenir plusieurs éléments, trouver un rythme, observer la tension et accepter les petits écarts qui apparaissent quand la matière n’est pas industrielle. Le panier fabriqué garde la mémoire de cet apprentissage dans sa forme et dans ses irrégularités.

La fabrication d’une cuillère en bois offre une expérience différente. Le groupe apprend à transformer une matière compacte, à suivre le fil et à faire évoluer un volume jusqu’à obtenir un usage. Le land art ouvre encore une autre échelle, car il permet de composer avec des éléments naturels dans un lieu et de réfléchir à la durée de l’œuvre. Dans les trois cas, la main sert à comprendre : elle mesure, résiste, corrige, rapproche et donne une forme à ce qui était d’abord une branche, une tige ou un morceau de bois.

Une création liée au territoire

Le travail de Benjamin Louveau reste attaché aux paysages qui entourent Margouët-Meymes et aux lieux où ses œuvres sont accueillies. La matière végétale invite à regarder ce qui pousse à proximité, à considérer les ressources ordinaires comme des matériaux de création et à retrouver des pratiques manuelles anciennes. Cette attention ne produit pas une nostalgie figée. Les installations, les résidences et les ateliers montrent au contraire comment la vannerie peut entrer dans des projets contemporains liés à l’architecture, à l’environnement, à l’éducation et à la participation.

À Margouët-Meymes, Ben des bois réunit donc plusieurs gestes : chercher et observer les plantes, tresser des fibres, sculpter le bois, construire des paniers, imaginer des installations et accompagner des groupes. La vannerie sauvage y devient une façon de bâtir avec le vivant, en acceptant les différences de chaque tige et la transformation progressive des œuvres dans le paysage. Les objets et les sculptures gardent une part d’imprévu, tandis que les ateliers donnent à chacun la possibilité de comprendre par la main la structure, la souplesse et la force des matières végétales.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Ben des bois — Benjamin Louveau, artisan vannier à Margouët-Meymes (site externe)

    Organisme : Ben des bois

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Benjamin Louveau comme artiste du végétal, artisan vannier et architecte, ses ateliers de vannerie sauvage, de fabrication de cuillères en bois et de paniers aléatoires, ainsi que ses œuvres végétales entre architecture et vannerie.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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