À Paris, Bettydeparis développe une pratique de teinture végétale et d’indigo qui associe création textile, recherche artistique et transmission. L’atelier présente des coussins, des panneaux, des tentures et des vêtements travaillés avec des couleurs végétales. Il propose aussi des stages de découverte et des modules de formation autour de la cuve d’indigo. Le travail s’inscrit dans une histoire de plusieurs décennies et explore la relation entre les plantes tinctoriales, les fibres et les motifs obtenus par réserve.
La matière textile constitue le premier terrain de recherche. Le chanvre artisanal, le lin, le coton et la soie peuvent recevoir des bains de couleur selon leur tissage et leur préparation. Un panneau en lin fin ne réagit pas comme une toile de coton épaisse, et une soie destinée à une écharpe demande une manipulation plus douce qu’un tissu d’ameublement. La fibre, son poids et son usage orientent le choix de la technique. Bettydeparis montre notamment des coussins en chanvre, des panneaux en lin, une tenture en drap de coton et une robe en coton damassé réalisée sur mesure.
L’indigo végétal occupe une place centrale dans cette démarche. La couleur est préparée dans une cuve de fermentation bactérienne, un milieu vivant qui évolue avec le temps et demande une observation régulière. Le tissu plongé dans le bain peut ressortir avec une teinte claire avant de se transformer au contact de l’air. L’oxydation révèle progressivement le bleu et permet de suivre la naissance de la nuance. Des trempages successifs construisent une profondeur différente selon la fibre, la durée d’immersion et l’état de la cuve. Cette évolution explique pourquoi deux pièces proches peuvent conserver des nuances distinctes.
La cuve d’indigo produite en France est présentée comme une piste de travail particulière. Le projet de culture et de fabrication du compost d’indigo repose sur des plantes cultivées en Corrèze par des agriculteurs engagés dans une production biologique. Des graines de tade-ai, ou Polygonum tinctorium, ont été transmises par un producteur japonais de sukumo. Le compost obtenu sert ensuite à nourrir une cuve et à explorer une couleur issue d’une plante cultivée localement. Cette chaîne relie la pratique parisienne à un travail agricole et à une tradition japonaise de fermentation.
Les motifs peuvent naître d’un shibori, d’une réserve ou d’une composition plus libre. Le tissu est plié, serré, cousu ou comprimé avant le bain afin que certaines zones reçoivent moins de pigment. Les formes apparaissent lorsque le paquet est ouvert et que les plis se déploient. Une réserve peut produire un dessin géométrique, un halo ou une ligne irrégulière. La tension du fil, la taille du pli et la profondeur de la compression modifient le résultat. La teinture devient alors un dialogue entre une préparation précise et une part d’imprévu.
Les coussins présentés par Bettydeparis associent un support textile, une couleur indigo et une confection adaptée à l’usage domestique. Une housse zippée facilite le retrait et l’entretien, tandis que le tissu teint apporte une profondeur qui évolue avec la lumière. Un coussin destiné à un canapé ne subit pas les mêmes manipulations qu’un panneau décoratif ; la densité de la toile, la solidité de la couture et la protection de la surface sont donc choisies en conséquence. Le label « Fabriqué à Paris » distingue particulièrement cette production dans la démarche de l’atelier.
Les panneaux et tentures ouvrent un format plus ample. « Ombres portées » explore un lin fin teint à l’indigo en cuve de fermentation, alors que « Cristaux de neige » s’appuie sur un panneau en lin dévoré. Une tenture en drap de coton peut installer une présence plus souple dans un intérieur. La lumière traverse ou accroche les fibres, révélant les différences de densité et les zones plus ou moins chargées en pigment. Pour une œuvre murale, les dimensions, le poids, le mode d’accrochage et la distance de regard sont à prendre en compte avant l’installation.
La création vestimentaire apparaît également dans les pièces sur mesure. Une robe en coton damassé peut être pensée autour d’une silhouette, d’un mouvement et d’une palette. Le motif doit accompagner la coupe sans casser la fluidité du tissu. La teinture intervient avant la confection lorsque la surface doit être travaillée à plat, ou s’intègre au projet selon la forme retenue. Une commande précise le type de vêtement, les mesures, l’usage, la gamme de couleurs et les conditions d’entretien. La matière disponible et le comportement du bain déterminent ensuite les possibilités réelles.
Bettydeparis propose une journée de découverte de la teinture végétale éco-durable. Le stage est présenté autour de la teinture d’une écharpe en soie en trois couleurs. Les participants abordent la préparation du tissu, la composition des bains et la manière de juxtaposer des nuances qui restent harmonieuses. Une pièce en soie demande une attention particulière lors du rinçage et du séchage. Le format de six heures laisse le temps de comprendre les étapes sans réduire l’activité à une démonstration rapide. Les dates, les lieux et les modalités d’inscription sont à consulter avant de réserver.
Un autre atelier propose de teindre un furoshiki à l’indigo. Ce tissu carré japonais peut servir à emballer un objet, à transporter une petite pièce ou à être présenté comme un élément décoratif. La séance de trois heures permet de découvrir la cuve et de réaliser des réserves simples. Le participant observe la transformation du bleu à l’air, puis rince et sèche son textile selon les consignes. La forme du furoshiki rend visible le motif sur une surface suffisamment large tout en restant accessible à une première expérience.
La formation professionnelle complète ces initiations. Bettydeparis indique proposer des stages avec l’association AOO autour de la teinture végétale et de la pratique de la cuve au compost d’indigo cultivé et fabriqué en France. Les modules peuvent être adaptés à un besoin de formation et s’inscrire dans une prise en charge par un opérateur de compétences selon les conditions annoncées. Une formation professionnelle demande davantage de temps qu’un atelier découverte : elle aborde la préparation des fibres, la sécurité, la tenue des couleurs, les recettes de bains et l’organisation d’un espace de travail.
La pratique de l’atelier s’appuie sur une recherche continue. Les couleurs végétales ne sont pas obtenues par une recette unique qui donnerait toujours le même résultat. Une plante, un compost ou une cuve évolue avec la saison, l’eau, la température et le temps de fermentation. Les essais permettent de comparer les nuances, de conserver des échantillons et de comprendre la réaction de chaque fibre. Cette recherche peut conduire à un bleu plus dense, à une nuance plus grisée ou à un contraste marqué entre une réserve et une zone teinte.
Le travail de Bettydeparis relie aussi l’indigo à une histoire culturelle. L’artiste a été invitée à présenter son travail sur l’indigo japonais lors d’un colloque consacré aux plantes, aux produits et aux cultures de l’indigo en Asie. Cette ouverture nourrit une pratique qui reste située à Paris tout en dialoguant avec des gestes et des savoirs venus d’autres territoires. L’indigo n’est pas abordé comme une simple couleur tendance : il devient une matière de recherche, un sujet de transmission et un lien entre agriculture, textile et histoire.
L’entretien doit respecter la teinture et la fibre. Le nettoyage à sec est déconseillé pour les pièces indigo présentées par l’atelier ; un savon écologique et un lavage adapté sont recommandés. Une exposition prolongée au soleil direct peut faire évoluer la nuance, tandis qu’un séchage trop chaud peut fragiliser la soie ou le lin. Les coussins se nettoient selon leur housse, les panneaux se dépoussièrent avec précaution et les vêtements se lavent en suivant les indications données au moment de la remise.
La couleur indigo continue d’évoluer avec l’usage. Les premiers lavages peuvent adoucir la surface, puis la teinte se stabilise progressivement. Les différences entre les zones réservées et les zones immergées deviennent parfois plus lisibles avec le temps. Cette patine ne signifie pas que la pièce perd son caractère ; elle accompagne la manière dont le textile est porté, plié ou exposé. Conserver une trace des recommandations et éviter les produits agressifs aide à préserver le travail de la cuve.
Pour une commande, il est utile de décrire la destination du textile, les dimensions, la fibre souhaitée et la palette envisagée. Une photographie de l’espace ou du vêtement peut aider à comprendre la lumière et les proportions. Les possibilités de teinture, les délais, la disponibilité des tissus et les conditions de livraison sont à confirmer directement auprès de l’atelier. Une création sur mesure doit laisser une place aux variations propres au procédé naturel, tout en respectant l’usage et la sensibilité recherchés.
À Paris, Bettydeparis fait ainsi dialoguer couleurs végétales, indigo fermenté et création textile. Coussins, panneaux, tentures, vêtements, stages de découverte et formations professionnelles témoignent d’une pratique qui va de l’objet quotidien à la recherche artistique. La culture du Polygonum tinctorium en Corrèze, la cuve préparée dans l’atelier parisien et l’attention portée aux fibres composent une chaîne complète. Le site officiel présente les œuvres, les collaborations et les modalités de transmission pour les personnes qui souhaitent découvrir l’indigo ou approfondir la teinture naturelle.