À Pamiers, en Ariège, Jérôme Capdeville développe Cap au Bois comme artisan menuisier fabricant. L’atelier travaille le bois massif dans une logique de fabrication sur mesure et propose des meubles, des escaliers, des aménagements intérieurs ainsi qu’une création très reconnaissable : des ballons de football en bois. Cette diversité ne disperse pas le savoir-faire. Elle montre au contraire comment une même matière peut devenir une structure de bâtiment, un meuble destiné à un espace précis ou un objet sculptural dont la forme reprend les lignes d’un ballon.
Le bois massif occupe une place centrale dans cette activité. À la différence d’un matériau uniforme, il présente des variations de veinage, de teinte, de densité et de texture. Ces différences influencent la façon de débiter, de sécher, d’assembler et de finir chaque élément. Le travail commence donc par une attention portée à la matière avant même la fabrication. Jérôme Capdeville dispose d’une scierie mobile qui lui permet de scier et de transformer du bois provenant principalement d’exploitants forestiers locaux. Le matériau peut ainsi être suivi depuis sa transformation initiale jusqu’à son usage dans l’atelier.
La scierie mobile donne une place particulière au rapport entre l’arbre et la pièce de bois. Elle permet d’intervenir au plus près des approvisionnements et d’adapter le sciage aux dimensions du matériau disponible. Une bille ne devient pas automatiquement une planche identique à toutes les autres. Son diamètre, ses nœuds, son orientation et son état déterminent les possibilités de débit. Le choix du sciage influence ensuite le dessin visible, la stabilité et les dimensions des éléments qui seront fabriqués. Cette étape prépare déjà le projet, car le futur meuble ou l’objet singulier dépend de ce que le bois offre réellement.
Après le sciage, le bois est séché avant d’être travaillé à l’atelier. Le séchage est une étape nécessaire pour permettre à la matière d’évoluer vers un état compatible avec la fabrication. Le bois conserve en effet une relation avec l’humidité et peut modifier ses dimensions au cours de son évolution. Préparer un meuble, un escalier ou un ballon demande de tenir compte de cette caractéristique. Une pièce insuffisamment stabilisée pourrait changer de forme après son assemblage, tandis qu’un séchage pris en compte dès le départ permet de construire avec davantage de maîtrise.
Cette organisation donne aussi une traçabilité complète au bois. L’origine de la matière, son passage par la scierie, son séchage et son travail en atelier s’inscrivent dans une même chaîne. L’empreinte écologique réduite annoncée par Cap au Bois est liée à cette transformation de bois provenant principalement d’exploitants forestiers locaux. Le choix de la matière ne se sépare donc pas du choix de fabrication. Il relie les ressources disponibles autour de Pamiers, les gestes du menuisier et la pièce qui trouvera ensuite sa place dans un intérieur ou dans une collection.
Les ballons de football en bois massif constituent la création signature de l’atelier. Ils sont réalisés à taille réelle, creux et assemblés à partir de 20 hexagones et de 12 pentagones. Ces chiffres décrivent une construction géométrique précise. La forme sphérique ne vient pas d’un bloc simplement arrondi : elle est obtenue par la rencontre de faces distinctes qui doivent se rejoindre pour donner au ballon son volume et son équilibre visuel. Chaque polygone devient une partie de la surface, et l’ensemble doit conserver la silhouette immédiatement reconnaissable du ballon.
La fabrication d’un ballon de cette nature demande de coordonner le dessin, les dimensions et les assemblages. Les hexagones et les pentagones ne jouent pas le même rôle dans la composition. Leur répartition organise la surface et fait apparaître les contrastes entre les essences. Les pièces sont travaillées pour former un objet creux, ce qui distingue le ballon d’une sculpture pleine. Le vide intérieur participe à sa légèreté relative et permet de conserver une forme pensée comme un objet de présentation plutôt que comme un équipement sportif.
Les essences sont sélectionnées selon leur place dans le ballon. L’érable sycomore et le hêtre sont utilisés pour les hexagones. Le noyer, le chêne, le merisier et d’autres bois peuvent composer les pentagones. La différence de couleur entre ces essences rend la géométrie lisible. Le bois clair peut former une trame lumineuse, tandis qu’un bois plus sombre souligne les autres faces. Le dessin naturel des fibres ajoute un mouvement à une construction qui pourrait, avec un matériau uniforme, sembler strictement régulière.
Deux ballons peuvent donc partager les mêmes dimensions et une même architecture sans produire exactement la même impression. Les veines du merisier, la profondeur du noyer, la tonalité du chêne ou la douceur visuelle de l’érable modifient la surface. Le bois introduit dans la forme une part de variation qui ne remet pas en cause la géométrie. Cette rencontre entre un motif régulier et des matières vivantes donne au ballon son caractère de pièce d’exception. La forme sportive devient un objet de menuiserie qui se regarde pour ses assemblages et pour ses essences.
Chaque ballon est livré avec un socle personnalisable. Le socle assure une présentation stable et donne à l’objet une position qui permet d’en observer les faces. La personnalisation peut inscrire le ballon dans un cadeau, une décoration ou une intention particulière, selon le projet défini avec l’atelier. Le support ne doit pas prendre le dessus sur la forme sphérique. Il accompagne l’objet, le maintient et organise sa présence dans une pièce. La relation entre le ballon et son socle fait partie de l’expérience visuelle de l’ensemble.
La gravure laser est disponible sur demande pour ces pièces. Elle ajoute un signe, un nom ou un motif à une surface qui reste principalement construite par les essences et les assemblages. La gravure doit trouver sa place dans la géométrie du ballon et rester lisible sans interrompre la lecture des polygones. Elle offre une possibilité de personnalisation supplémentaire pour un objet destiné à une personne, une équipe, une entreprise ou une occasion particulière. Le ballon conserve sa forme et son matériau, mais il peut recevoir une marque choisie avec le commanditaire.
Le mobilier en bois constitue un autre domaine de Cap au Bois. Une table, un rangement ou un meuble fabriqué sur mesure doit répondre aux dimensions d’un lieu et aux usages des personnes qui l’utiliseront. Le travail commence par les besoins : hauteur, largeur, circulation, capacité de rangement, relation avec une ouverture ou avec un autre élément de la pièce. Le bois massif apporte une présence et une résistance particulières, mais il impose aussi de prévoir ses mouvements et de choisir des assemblages cohérents avec la construction.
La fabrication sur mesure permet de ne pas réduire le meuble à une série de formats prédéterminés. Un ouvrage peut être adapté à un espace existant, reprendre une ligne traditionnelle ou chercher une expression plus contemporaine. La forme, la fonction et le bois sont étudiés ensemble. Un meuble destiné à servir tous les jours doit être confortable à utiliser, stable et accessible. Un élément davantage décoratif peut donner plus de place au veinage, aux proportions ou à un détail travaillé. Dans les deux cas, la menuiserie transforme un matériau préparé en objet qui s’insère dans la vie quotidienne.
Les escaliers proposés par l’atelier peuvent être traditionnels ou contemporains. Un escalier est à la fois une construction, un passage et un élément visible de l’architecture intérieure. Ses marches doivent présenter une progression régulière et sa structure doit accompagner les charges et les déplacements. La matière, la ligne de la rampe et la relation entre les niveaux influencent l’aspect général. Un escalier traditionnel peut s’appuyer sur des proportions familières ; un projet contemporain peut rechercher une présence plus épurée. La fabrication reste guidée par l’espace réel dans lequel l’ouvrage sera installé.
Les images présentées par Cap au Bois montrent notamment un escalier en frêne avec une lisse en inox. Cette association met en relation un bois clair et une matière métallique plus fine et plus réfléchissante. Le frêne apporte une surface et un veinage qui donnent de la chaleur à l’ensemble, tandis que l’inox introduit une ligne différente dans la composition. Le choix des matériaux n’est donc pas uniquement technique : il organise aussi le rapport entre la structure, la lumière et le toucher lorsque l’on emprunte l’escalier.
Les aménagements intérieurs prolongent la fabrication sur mesure à une échelle plus large. Ils doivent tenir compte de la pièce, des circulations, des ouvertures et des usages qui se superposent. Un aménagement peut organiser des rangements, accompagner une zone de travail ou créer une continuité entre plusieurs éléments. Le bois massif apporte une unité visuelle, mais chaque partie doit conserver une fonction claire. Les dimensions et les assemblages sont déterminés par le lieu, et la conception doit permettre à l’ensemble de rester pratique après son installation.
L’atelier annonce une fabrication 100 % artisanale. Cette indication situe le travail dans une relation directe entre la matière, les outils et la personne qui fabrique. Elle signifie que les opérations de préparation, de mise en forme et d’assemblage ne sont pas séparées de la compréhension du projet. Un ballon exige le respect d’une géométrie et d’un dessin de bois ; un meuble demande une adaptation aux dimensions et à l’usage ; un escalier doit associer passage, stabilité et présence architecturale. Chaque réalisation apporte donc ses propres décisions.
La démarche responsable mentionnée par Cap au Bois accompagne la fabrication sans effacer les contraintes du bois massif. Utiliser une matière provenant principalement d’exploitants forestiers locaux ne dispense pas de la sécher correctement, d’observer ses variations et de prévoir son évolution. La traçabilité aide à comprendre le parcours du matériau, tandis que l’empreinte réduite repose sur des choix concrets de transformation et de proximité. Le menuisier travaille avec ce cadre pour construire des objets qui restent liés à la matière et à son origine.
Le ballon de football en bois résume cette approche. Sa forme est familière, mais elle est entièrement relue par la menuiserie. Les 20 hexagones et les 12 pentagones deviennent des pièces de bois massif ; l’érable sycomore, le hêtre, le noyer, le chêne et le merisier dessinent des contrastes ; l’objet creux est posé sur un socle personnalisable ; la gravure laser peut ajouter un signe particulier. Le résultat n’est pas un ballon destiné au jeu, mais une pièce décorative qui rend visibles la précision de l’assemblage et la singularité des essences.
À Pamiers, Cap au Bois réunit ainsi une activité de menuisier fabricant, une transformation de bois suivie depuis le sciage et le séchage, des meubles et aménagements intérieurs sur mesure, des escaliers traditionnels ou contemporains et des ballons en bois massif à taille réelle. Jérôme Capdeville travaille principalement des bois issus d’exploitants forestiers locaux grâce à une scierie mobile, puis les prépare à l’atelier. Cette continuité donne une cohérence à des réalisations très différentes : le matériau est choisi, séché, assemblé et fini pour devenir soit un élément de l’architecture intérieure, soit un objet singulier dont la géométrie et le veinage attirent le regard.