Atelier & professionnel

Carole S maroquinerie, le cuir en couleurs à Moissac

Moissac

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Moissac, Carole Steinbach développe une maroquinerie où le cuir devient à la fois accessoire, bijou et matière de décoration. Sous le nom de Carole S maroquinerie, elle conçoit des collections coordonnées et colorées, ainsi que des pièces en marqueterie de cuir et de bois. La matière est choisie pour son grain, sa souplesse, sa tenue ou sa capacité à recevoir une finition. Le résultat associe une ligne claire à un travail de détail qui se découvre dans les tranches, les assemblages et les motifs.

Le parcours de Carole Steinbach commence par un CAP des métiers de la maroquinerie obtenu en 1988 à Eysines, en Gironde. Elle travaille ensuite dans différentes entreprises, auprès d’un artisan maroquinier puis pour la maison Hermès. Ces expériences lui donnent une connaissance concrète des étapes qui conduisent d’un dessin à un objet porté. En 1997, elle s’installe à son compte en créant l’entreprise Art et Matière et la marque Carole S maroquinerie. La production se construit alors autour d’une maroquinerie et d’une petite maroquinerie coordonnées, pensées comme un ensemble de formes et de couleurs.

La fabrication commence par un croquis et un patronage. Le dessin fixe les proportions d’un sac, d’un étui ou d’un accessoire, tandis que le patronage traduit cette intention en pièces qui devront se rejoindre avec précision. La coupe intervient ensuite selon le sens du cuir, son épaisseur et ses caractéristiques. Une peau peut présenter des variations de grain ou de souplesse ; ces différences influencent la place d’un élément et la manière dont il se comportera après l’assemblage. Le travail préparatoire permet d’utiliser chaque partie de façon cohérente avec la fonction de l’objet.

Le parage consiste à amincir certaines zones du cuir afin de faciliter les raccords et d’obtenir des bords plus réguliers. Cette étape demande de la mesure : une pièce trop amincie perd de sa résistance, tandis qu’une épaisseur excessive gêne la jonction avec les éléments voisins. Dans un rabat, une anse, une poche ou une bordure, l’épaisseur doit correspondre au mouvement attendu. Le parage prépare ainsi un assemblage propre et contribue à la sensation de légèreté recherchée dans les modèles de Carole S.

L’assemblage met en relation les différentes pièces préparées. Une doublure, un renfort, une poche ou une fermeture ne sont pas ajoutés au hasard ; chacun participe à la tenue et à l’usage de l’objet. Le piquage fixe les éléments selon un tracé régulier, avec une attention portée aux courbes et aux angles. La couture devient alors une ligne de construction autant qu’un détail visuel. Elle doit accompagner le dessin sans le surcharger, et rester solide lorsque le sac ou l’accessoire est utilisé au quotidien.

La finition des tranches prolonge ce travail de précision. Le site de Carole S maroquinerie décrit un traitement par filetage et teinture, qui donne aux bords une surface plus nette et une couleur cohérente avec le reste de la pièce. Une tranche bien travaillée protège le bord, améliore la prise en main et termine la silhouette. Sur un accessoire aux lignes épurées, ce détail devient très visible. Il révèle la qualité du geste et la continuité entre la forme dessinée, la coupe et l’objet achevé.

Les modèles sont conçus pour être fonctionnels, légers, confortables et solides. Ces qualités se répondent. Un sac doit pouvoir contenir ce qui lui est destiné sans perdre sa forme ; une petite pièce doit se glisser facilement dans une poche ou se tenir dans la main ; un bijou doit accompagner le mouvement sans devenir pesant. La recherche d’une ligne intemporelle ne signifie pas une forme dépourvue de caractère. Elle permet plutôt à la couleur, au grain du cuir et aux détails de construction de conserver leur présence au fil des usages.

Carole Steinbach sélectionne des peaux de premier choix auprès de tanneries françaises, italiennes et espagnoles, en fonction des besoins de chaque projet. Les articles de maroquinerie présentés sur son site utilisent notamment du veau et de la vachette pleine fleur, avec des doublures en agneau plongé. Ces matières ont des comportements distincts. Le veau peut apporter une surface fine et régulière, la vachette offre une structure adaptée à des pièces qui doivent garder leur tenue, et l’agneau introduit une doublure souple au contact des objets ou de la main.

La marqueterie de cuir ouvre un autre champ de création. Elle repose sur la juxtaposition de morceaux choisis, parfois associés à des morceaux de bois. Les différences de teinte, de grain et de texture deviennent les éléments d’un motif. La composition peut suivre un croquis, mais Carole Steinbach explique qu’elle se laisse aussi guider par l’inspiration du moment en associant spontanément les formes et les couleurs. Le dessin apparaît alors progressivement, lorsque les fragments trouvent leur place les uns par rapport aux autres.

Cette manière de travailler demande de la patience et une grande précision. Les morceaux doivent être coupés et ajustés afin que les jonctions restent fines. Le parage prend ici une dimension décisive : si les bords ne sont pas préparés avec assez de justesse, les raccords deviennent visibles ou créent une surépaisseur. L’ajustage manuel permet au motif de conserver sa continuité. Il transforme un assemblage de fragments en surface unifiée, sans effacer les différences qui donnent à la composition son relief visuel.

Les couleurs de la marqueterie ne sont pas séparées de la matière. Un cuir clair ne réagit pas comme un cuir profond ou légèrement pailleté ; une surface lisse ne dialogue pas de la même manière avec un bois marqué par son veinage. Le choix peut partir d’une gamme de tons proches, d’un contraste franc ou d’une alternance de textures. Dans tous les cas, la composition doit tenir compte de la manière dont le regard parcourt la surface. Une couleur peut guider l’œil vers un bord, une courbe ou un centre de motif.

En 2022, Carole Steinbach s’initie aux techniques de la marqueterie de bois. Cette évolution élargit son travail vers la décoration intérieure et les pièces uniques. Les feuilles de placage utilisées dans ses marqueteries proviennent d’essences locales issues d’une scierie et de bois français. Le bois ne remplace pas le cuir : il lui apporte une autre densité, un veinage et une profondeur qui modifient la composition. La rencontre des deux matières crée un équilibre entre souplesse et rigidité, entre surface colorée et structure naturelle.

Une marqueterie destinée à un objet décoratif n’est pas perçue comme un accessoire porté. La surface peut être plus large, le motif peut s’organiser autour du veinage du bois et la pièce peut devenir un élément du mobilier ou de l’intérieur. Pourtant, les mêmes exigences demeurent : préparer les fragments, ajuster les bords, respecter les différences de matière et construire une composition lisible. Le passage de la maroquinerie à la décoration ne rompt donc pas avec le savoir-faire du cuir ; il lui donne un nouveau support.

La collection de bijoux en marqueterie de cuir est née plus tard dans le parcours de Carole Steinbach. Les petits formats demandent un travail de proportion particulier. Un fragment de cuir devient un élément très visible lorsqu’il est placé dans un bracelet, une parure ou un autre bijou. Les couleurs peuvent être réunies en camaïeux ou en nuances inspirées par la nature et les palettes de peintres. Le motif doit rester lisible à l’échelle du corps, tout en gardant une légèreté qui permet au bijou d’accompagner les gestes.

Les bracelets aux couleurs assorties peuvent être personnalisés avec un motif ou un symbole. Cette possibilité introduit une relation plus personnelle avec la personne qui porte la pièce. Le choix d’un signe, d’une combinaison de tons ou d’une composition particulière modifie le rapport entre le bijou et son usage. Le cuir garde une présence douce et tactile, tandis que la marqueterie apporte une image composée de plusieurs fragments. La finition maintient l’ensemble et protège la surface pour que le bijou conserve son aspect dans le temps.

Les apprêts des bijoux sont en acier inoxydable plaqué or ou argent. Les fermoirs des bracelets sont en zamak avec une finition or ou argent. Ces éléments techniques participent à l’équilibre général de la pièce. Ils doivent assurer l’attache sans prendre toute la place dans le dessin. La relation entre le cuir marqueté, le métal et le système de fermeture est particulièrement sensible dans un bracelet : l’objet doit rester agréable au poignet, se fermer avec simplicité et conserver la continuité de la composition.

Les bijoux en marqueterie de cuir portent une attention spécifique aux finitions. Un motif peut être très coloré, mais l’assemblage doit rester net. Les contours, les zones de contact et la manière dont la pièce est montée sur son support déterminent sa résistance. Une surface bien ajustée résiste mieux aux frottements et garde une lecture claire. Le cuir n’est pas traité comme une simple image collée sur un support ; il est préparé, positionné et fini pour devenir une partie durable de l’objet.

La maroquinerie et la marqueterie partagent un même rapport au temps. Le croquis demande de choisir une direction, le patronage d’anticiper le volume, la coupe de respecter les qualités de la peau et l’assemblage de maintenir les proportions. Dans la marqueterie, il faut en plus organiser des fragments qui n’ont pas tous la même réaction à la lumière ou au toucher. Chaque étape peut entraîner une adaptation. Le résultat reste lié à cette succession de gestes plutôt qu’à une production uniforme.

Le travail de Carole Steinbach s’inscrit dans une approche artisanale où la main conserve la maîtrise de l’ensemble. Le site de l’atelier précise que les collections sont élaborées intégralement dans l’atelier et confectionnées à la main. Cette continuité permet de suivre une pièce depuis le croquis jusqu’à la teinture des tranches ou à l’ajustage des fragments. Elle donne aussi une cohérence entre la maroquinerie, les bijoux et les objets de décoration, car chaque domaine repose sur une attention aux matières et aux finitions.

À Moissac, ce travail rejoint un environnement où les métiers d’art sont présentés dans les boutiques, ateliers et lieux d’exposition du territoire. La maroquinerie y apporte une présence singulière : elle transforme une matière souple en objet utile, puis fait entrer le motif dans le domaine du bijou et de la décoration. Les pièces peuvent être regardées pour leur couleur, mais aussi pour la précision de leur coupe, la qualité de leur bord et la façon dont le cuir dialogue avec le bois ou le métal.

Carole S maroquinerie propose ainsi un univers construit autour du cuir, de la couleur et de la marqueterie. Le parcours de Carole Steinbach, commencé par une formation de maroquinière et enrichi par des expériences en atelier et chez Hermès, se poursuit dans des collections de maroquinerie, de petite maroquinerie, de bijoux et d’objets décoratifs. Les cuirs sélectionnés, les techniques traditionnelles, la coupe et le parage donnent une base solide aux formes. La marqueterie ajoute une dimension graphique, où chaque morceau est ajusté pour faire apparaître un motif singulier. À Moissac, le cuir devient ainsi une matière de création qui accompagne le corps, l’usage quotidien et l’intérieur.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Carole S maroquinerie artisan d’art (site externe)

    Organisme : Carole S maroquinerie

    Fait soutenu
    Le site professionnel présente Carole Steinbach et ses activités de maroquinerie, de bijoux et de marqueterie de cuir fabriquées en Occitanie.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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