À La Gacilly, dans le Morbihan, Caroline Chomy développe une vannerie créative qui fait dialoguer les fibres végétales, le dessin et les usages de la maison ou du jardin. Son atelier travaille principalement l’osier et propose des objets tressés à la main, des pièces décoratives, des créations utilitaires et des réalisations conçues sur mesure. Paniers, miroirs, suspensions, bols, nichoirs, mangeoires ou structures destinées aux plantes prennent forme dans une recherche où la ligne, la matière et la fonction restent liées. Le tressage conserve la mémoire de la vannerie traditionnelle tout en ouvrant un espace à des silhouettes plus contemporaines.
Caroline Chomy pratique la vannerie créative depuis 2002. Son parcours associe une formation aux Beaux-Arts d’Annecy et de Rennes à un apprentissage à l’École d’osiériculture et de vannerie de Fayl-Billot. L’atelier sous son nom a été créé en 2007 à Loutehel, avant de s’installer en 2023 à La Chapelle-Gaceline, commune déléguée de La Gacilly. Cette trajectoire explique la place donnée à la fois à l’expression visuelle et à la précision du métier vannier. La forme n’est pas ajoutée après le tressage : elle se construit avec le choix des brins, l’organisation de l’ossature, la tension et la façon dont les fibres accompagnent un volume.
L’osier constitue la matière de prédilection de l’atelier. Cette fibre végétale souple peut être utilisée en brins, en éclisses ou dans des compositions qui jouent sur la différence entre les diamètres, les teintes et les degrés de préparation. Un brin vivant, un osier sec ou un osier traité ne répondent pas aux mêmes contraintes. La préparation conditionne la souplesse, la résistance et la facilité de mise en forme. Le vannier doit choisir la matière en fonction du projet, puis l’humidifier ou la laisser retrouver le degré de flexibilité nécessaire au tressage. Le geste s’adapte ainsi au matériau plutôt que de lui imposer une forme indifférente.
La vannerie traditionnelle fournit une grammaire de construction. Un fond organise les premiers croisements, les montants donnent la direction aux parois et la clôture remplit l’espace entre les brins. La bordure termine le haut de l’objet et contribue à sa rigidité. Une anse demande un autre type de liaison, car elle doit résister à la prise en main et répartir les efforts sur le panier. Chaque étape agit sur l’équilibre général. Un tressage trop lâche déforme la silhouette, tandis qu’une tension excessive peut casser la fibre ou rendre l’objet rigide. La régularité se construit par l’observation, la correction et la répétition du geste.
Les créations de Caroline Chomy ne se limitent pas aux contenants. Le panier peut rester un objet du quotidien, mais il peut aussi prendre une allure sculpturale grâce à une courbe, une volute, une alternance de jours ou un jeu de proportions. Une corbeille accueille des objets tout en introduisant une texture naturelle dans une pièce. Un vase tressé travaille davantage la légèreté et la relation entre la fibre et le volume intérieur. Un sac met en avant le rapport au corps, la prise en main et la résistance des anses. Le même matériau change de présence selon qu’il est posé, suspendu, porté ou installé au jardin.
La gamme destinée à la maison comprend notamment des paniers, des corbeilles, des miroirs, des bols tissés et des suspensions associant parfois l’osier à la porcelaine. La rencontre entre une fibre végétale et une matière minérale crée un contraste de texture et de poids. Le tressage apporte une enveloppe, un filtre ou une structure ; la porcelaine introduit une surface lisse et une autre manière de capter la lumière. Une suspension doit aussi tenir compte de son équilibre, de son accroche et de la diffusion lumineuse. Un miroir demande une construction suffisamment stable pour accompagner le verre et s’intégrer à un mur. Dans tous les cas, l’esthétique reste liée à la manière dont l’objet sera utilisé.
Le travail pour le jardin ouvre encore d’autres possibilités. L’atelier réalise des nichoirs, des mangeoires, des hôtels à insectes, des contenants, des cache-pots, des suspensions, des anneaux de massifs et des supports pour plantes grimpantes. L’osier destiné à l’extérieur doit être choisi et préparé pour répondre à l’humidité, aux variations de température et à l’exposition. Les osiers traités en autoclave apparaissent dans les créations de jardin présentées par l’atelier. La forme doit laisser une place à la croissance des végétaux ou à la présence des oiseaux, tout en conservant des points de fixation cohérents. Le tressage devient alors une interface entre l’objet fabriqué et le vivant.
Caroline Chomy développe une démarche attachée aux ressources locales. Une nouvelle oseraie a été plantée à Carentoir afin de contribuer aux besoins de l’atelier. Les gaulettes de châtaignier et d’autres ressources de proximité peuvent compléter l’osier dans les réalisations. L’atelier travaille aussi avec des entreprises locales pour certaines opérations liées au traitement de l’osier, au métal, au cuir ou au bois. Cette organisation permet d’associer plusieurs savoir-faire sans perdre la lisibilité de la fabrication. L’eau de trempage des brins est annoncée comme de l’eau de pluie, ce qui s’inscrit dans une attention portée aux usages de la matière et aux ressources mobilisées.
La dimension écologique concerne également la durée de vie des objets. Une vannerie bien construite peut être réparée, entretenue et réutilisée au lieu d’être remplacée rapidement. Les fibres naturelles donnent une présence chaleureuse, mais elles demandent aussi d’être choisies selon l’environnement et le type de sollicitation. Un objet d’intérieur ne reçoit pas les mêmes contraintes qu’une structure placée dehors. La connaissance de la matière permet de faire varier le tressage, la protection et la forme. La recherche de Caroline Chomy associe ainsi une exigence esthétique à une réflexion sur des objets sobres, durables et recyclables.
Les commandes sur mesure partent d’une demande, d’un espace ou d’une fonction particulière. Un contenant peut être dimensionné pour un meuble, une suspension peut être pensée pour une hauteur donnée et une structure de jardin peut accompagner un massif ou une plante grimpante. Le projet se précise par les dimensions, l’usage, la matière et la relation avec le lieu. Un dessin ou une photographie aide à comprendre les proportions, mais le tressage impose aussi ses propres contraintes : les brins doivent pouvoir être courbés, assemblés et maintenus sans fragiliser la construction. Le sur-mesure ne consiste donc pas seulement à agrandir ou réduire un modèle ; il demande de recomposer l’objet à partir de sa destination.
L’atelier présente une gamme en ligne, mais la pratique reste celle d’une fabrication artisanale. Chaque pièce est tissée à la main et porte les petites variations qui accompagnent une matière naturelle. Deux objets proches peuvent différer par le mouvement des brins, la nuance de l’osier ou la manière dont la lumière se pose sur leur surface. Cette singularité n’empêche pas la recherche de qualité. Les fonds, les bordures, les points de liaison et les finitions doivent rester solides et cohérents. La pièce conserve ainsi une identité propre tout en répondant à l’usage pour lequel elle a été imaginée.
La vannerie de Caroline Chomy entretient aussi un rapport avec le paysage breton. L’atelier se trouve dans un environnement de bois, de talus, de bosquets, de prairies et de ruisseaux qui nourrit l’observation des lignes et des matières. Les végétaux ne sont pas seulement considérés comme un stock de fibres. Ils inspirent des structures, des rythmes et des formes qui peuvent être transposés dans un panier, une suspension ou une installation. Le travail en atelier prolonge cette relation au dehors par un temps de fabrication lent, attentif à la préparation et à l’évolution du matériau.
Les expositions et les fêtes des plantes permettent de présenter les créations dans des contextes où la maison et le jardin se rencontrent. Les pièces destinées à l’extérieur peuvent être montrées avec des végétaux, tandis que les objets d’intérieur dialoguent avec le mobilier, la lumière et les usages quotidiens. Des lieux de vente partenaires présentent également des miroirs, des lustres, des bols tissés, des suspensions en porcelaine et osier, des nichoirs ou des mangeoires. La diffusion ne sépare pas la création de son contexte : un objet se comprend aussi par la place qu’il occupe, la façon dont il est regardé et le geste qu’il accompagne.
La transmission complète la fabrication. Caroline Chomy propose des animations pour des groupes, des collectivités et des associations, ainsi que des ateliers pédagogiques construits autour du tressage de végétaux. Les formats peuvent aller d’une découverte familiale à un chantier collectif ou à une sculpture monumentale dans l’espace public. Manipuler l’osier permet de comprendre sa souplesse, sa résistance et la manière dont la tension transforme une matière linéaire en surface ou en volume. Le participant découvre qu’un objet n’apparaît pas d’un seul geste : il faut préparer, orienter, maintenir, croiser et finir.
Cette approche rend la vannerie accessible sans l’appauvrir. Un atelier d’initiation peut donner les premières bases du fond, du tressage et de la bordure. Une réalisation plus avancée demande d’observer les écarts, de corriger les montants et d’adapter la technique à la forme recherchée. Dans un projet collectif, la dimension du geste s’ajoute à celle de l’espace : plusieurs personnes peuvent contribuer à une construction destinée à un lieu, à un jardin ou à une action culturelle. La matière naturelle devient alors un support de rencontre, de concentration et d’imagination.
À La Gacilly, Caroline Chomy Vannerie fait vivre une pratique où la tradition du tressage accompagne une recherche de formes contemporaines. L’osier local, les gaulettes de châtaignier, le cuir, le bois, le métal ou la porcelaine sont réunis selon les besoins du projet. Paniers, sacs, miroirs, suspensions, objets décoratifs, nichoirs et structures végétales montrent différentes façons de donner une fonction et une présence aux fibres naturelles. Les commandes sur mesure, les collaborations, les présentations en boutique et les animations prolongent cette activité au-delà de l’objet isolé. Le temps de la main reste au centre : il transforme des brins souples en constructions durables, sensibles et liées au paysage qui les entoure.