À Forcalquier, Cécile Vitrant développe KOEDA, une activité de bijouterie fantaisie où la porcelaine et le laiton sont réunis dans des créations entièrement réalisées à la main. Son travail repose sur une rencontre de matières qui n’ont ni la même densité ni la même manière de recevoir la lumière. La porcelaine apporte une présence fine, claire et légère ; le laiton introduit une ligne métallique plus ferme, avec une surface qui peut conserver la trace du martelage. Le bijou naît de ce dialogue plutôt que de la répétition d’un matériau unique. Il peut prendre la forme d’une paire de boucles d’oreilles, d’un collier, d’une broche ou d’un autre objet porté, avec une attention donnée à l’équilibre entre la partie en céramique, le montage et le mouvement.
Le site de KOEDA présente une approche artisanale fondée sur des pièces uniques et de petites séries. Cécile Vitrant ne décrit pas une production sortie d’un modèle industriel : elle conçoit ses bijoux, réalise des essais de principe, prépare un prototype, puis passe à la fabrication. Cette progression laisse une place aux ajustements. Une forme imaginée sur le papier doit trouver une proportion adaptée à l’objet porté ; un élément en porcelaine doit être suffisamment présent pour donner son caractère au bijou, sans rendre l’ensemble pesant ; une tige, un anneau ou un fermoir doit accompagner la silhouette avec discrétion. Les étapes de conception et de fabrication restent ainsi liées, depuis la première idée jusqu’à la pièce achevée.
La porcelaine constitue l’un des points de départ du travail. Les éléments sont modelés, découpés, percés et poncés avant de connaître une première cuisson. Ils sont ensuite émaillés, puis cuits une seconde fois. Cette succession d’opérations transforme progressivement une matière souple en éléments capables d’entrer dans un assemblage de bijou. Le perçage doit être placé avec soin pour permettre le montage ; le ponçage prépare une surface agréable au toucher ; l’émaillage apporte sa propre relation à la lumière. La cuisson fixe ces choix tout en conservant les particularités d’une matière céramique. La porcelaine n’est donc pas seulement une couleur ou un support décoratif : elle porte les traces d’un processus qui comprend le geste, la chaleur et le temps nécessaire entre les différentes opérations.
Le laiton forme l’autre versant de cette recherche. Cécile Vitrant travaille le fil de laiton en le façonnant, en le soudant et en le martelant. Ces gestes permettent de produire des anneaux, des tiges, des sculptures et des fermoirs. À l’exception des chaînes, les éléments d’accroche sont fabriqués dans l’atelier, ce qui donne au montage une place réelle dans la conception. Le métal peut dessiner une ligne géométrique, retenir une perle de porcelaine ou prolonger un élément modelé. Le martelage modifie sa texture et lui donne une expression plus brute, tandis que le fil conserve la possibilité de courbes et de petites structures. La construction du bijou devient alors visible : la pièce ne dépend pas seulement de son ornement, mais aussi de la façon dont chaque élément est relié aux autres.
Cette association de la porcelaine et du laiton crée un contraste que KOEDA revendique. La finesse de la céramique peut être mise en regard d’une matière métallique plus dense, au rendu plus direct. Une perle graphique en porcelaine peut dialoguer avec un anneau de laiton ; une surface blanche ou noire peut être encadrée par une forme martelée ; une ligne métallique peut donner une direction à une pièce dont la matière céramique demeure le point d’attention. Le contraste ne signifie pas opposition stricte. Il sert à faire apparaître les qualités propres des deux matériaux et à les faire fonctionner dans une même silhouette. Le bijou garde ainsi une présence lisible, avec une construction qui associe douceur visuelle, structure et mouvement.
Les inspirations indiquées par Cécile Vitrant viennent notamment de la nature. Les motifs des branches, l’asymétrie des fleurs sauvages, les herbes folles et les contours des pierres nourrissent son univers. Ces références ne conduisent pas à reproduire littéralement un paysage. Elles peuvent plutôt suggérer une ligne irrégulière, une répétition légèrement décalée, une forme qui semble avoir poussé ou une composition qui laisse une part d’espace. La nature devient un réservoir de rythmes et de silhouettes. Le travail du laiton permet d’évoquer une tige, une branche ou une structure fine ; la porcelaine peut accueillir une forme plus compacte, une perle ou un élément qui attire le regard. La composition reste portable tout en conservant une part de liberté dans son dessin.
L’art japonais fait également partie des sensibilités citées par l’atelier. Le haïku, l’ikebana, le bois brûlé et la céramique japonaise sont mentionnés comme des sources d’attention pour la simplicité délicate, l’espace et la relation entre les matières. Cette influence peut se lire dans une volonté de ne pas surcharger les bijoux. Une forme peut rester courte et nette ; un assemblage peut laisser respirer ses intervalles ; un détail métallique peut compter autant que l’élément principal. La sobriété n’efface pas la recherche. Elle demande au contraire de choisir la place d’une courbe, la taille d’une perle, la distance entre deux éléments et la manière dont l’ensemble se déplacera avec le corps.
Les bijoux KOEDA sont conçus pour accompagner le quotidien. Le site les présente comme des pièces destinées à embellir les jours ordinaires, sans réserver la création à une seule occasion. La porcelaine et le laiton donnent une identité reconnaissable à des objets qui peuvent être portés, offerts ou conservés. Une boucle d’oreille révèle la relation entre un élément léger et une accroche métallique ; un collier met en jeu la longueur, le poids et le mouvement ; une broche transforme une surface de vêtement en espace de composition. Chaque type de bijou impose ses propres contraintes, et le montage doit répondre à ces usages sans faire disparaître la recherche formelle.
Le caractère fait main se manifeste aussi dans les variations des pièces. Les conditions générales de KOEDA rappellent que les bijoux réalisés artisanalement peuvent présenter des différences de couleur, de dimension, de texture ou de nombre d’éléments. Ces écarts ne sont pas une anomalie à corriger : ils appartiennent à une fabrication où la porcelaine est préparée et cuite, où le métal est formé, soudé et martelé, et où l’assemblage est réalisé pièce après pièce. Une petite série peut donc partager une même famille de formes tout en gardant des nuances propres à chaque exemplaire. La pièce unique pousse plus loin cette liberté et permet de construire une combinaison qui ne sera pas reproduite à l’identique.
Cécile Vitrant propose aussi la création d’un bijou sur demande lorsque la technique requise correspond à son univers. Le projet sur mesure commence par une envie, une idée ou une forme recherchée, puis se construit à partir des possibilités de la porcelaine et du laiton. Le dialogue doit tenir compte du type de bijou, de la place du matériau céramique, de la structure métallique et de la manière dont l’objet sera porté. Cette relation ne transforme pas l’atelier en simple exécutant d’un dessin extérieur. Elle permet de faire évoluer une intention vers une proposition cohérente avec les gestes et les matières maîtrisés par la créatrice.
Le soin porté au montage donne une dimension fonctionnelle à la recherche esthétique. Un bijou doit pouvoir être manipulé, accroché et porté avec un système adapté à sa forme. Les anneaux et les tiges doivent maintenir les éléments sans alourdir la silhouette ; les fermoirs doivent prolonger le dessin tout en restant utilisables ; les chaînes, lorsqu’elles sont choisies pour compléter une pièce, doivent trouver leur place dans l’ensemble. Le site indique que les accroches, à l’exception des chaînes, sont fabriquées par Cécile Vitrant. Cette donnée met en lumière une part souvent discrète du métier de bijoutier : la solidité et la précision du montage participent pleinement à l’identité de l’objet.
Le laiton évolue avec le temps et peut se ternir sous l’effet de l’oxydation, notamment au contact de l’acidité de la peau. KOEDA explique que cette transformation peut donner au métal une teinte bronze, tout en proposant des gestes d’entretien simples pour retrouver davantage de brillance. Cette évolution fait partie de la relation matérielle du bijou avec la personne qui le porte. La surface métallique n’est pas figée : elle peut changer, être entretenue et conserver les marques d’un usage régulier. La porcelaine, de son côté, apporte une présence minérale qui reste liée à la cuisson et à l’émail. L’entretien et le port quotidien rendent perceptible la complémentarité des deux matières.
L’atelier accorde aussi une attention aux conditions de port. Les bijoux sont annoncés sans nickel et sans plomb, et un service après-vente est prévu en cas de bijou cassé. Ces indications répondent à des questions concrètes qui accompagnent l’achat d’une création artisanale. Elles s’ajoutent au choix des formes et des matériaux sans prendre leur place. Une pièce doit pouvoir être appréciée pour son dessin, sa texture et sa combinaison de porcelaine et de laiton, tout en étant accompagnée par des informations utiles sur son usage et son entretien.
À Forcalquier, Cécile Vitrant fait de KOEDA un atelier de bijouterie fantaisie identifiable par l’alliance de la porcelaine et du laiton. Modelage, découpe, perçage, ponçage, émaillage et cuissons donnent forme aux éléments céramiques ; façonnage, soudure et martelage construisent les parties métalliques. Les inspirations végétales et japonaises nourrissent des pièces minimalistes, des petites séries et des créations uniques, tandis que le montage fabriqué à la main maintient le lien entre le dessin et l’usage. Cette pratique transforme deux matériaux très différents en bijoux portables, graphiques et sensibles, conçus pour garder une présence singulière dans la vie quotidienne.