À La Chapelle-sur-Erdre, Gwen Riou développe Céramiques Nantaises, un atelier consacré à la céramique et plus particulièrement à l’art de la table. Elle crée des pièces uniques en grès et en porcelaine, façonnées au tour de potier, à la plaque ou par modelage. Assiettes, tasses, bols, boîtes, bougeoirs, vases et pièces sculpturales composent un univers où la terre garde une présence visible. Les lignes peuvent rester irrégulières, les surfaces laisser apparaître une texture et les variations de forme ou de couleur rappeler le caractère manuel de chaque objet.
Le travail de Gwen Riou s’appuie sur plusieurs terres. La terre blanche, la terre rouge et la terre noire ne réagissent pas de la même manière au façonnage, au séchage ou à la cuisson. Une terre lisse permet de faire ressortir une ligne continue et une finition régulière ; une terre chamottée introduit des grains qui donnent du relief et une sensation plus minérale. La porcelaine apporte une autre finesse et une autre manière de recevoir la lumière. L’atelier explore aussi la terre glanée, qui relie la fabrication à un territoire et à une observation concrète des matières disponibles.
Le choix de la terre intervient dès la conception. Une assiette doit offrir une surface adaptée à la présentation des aliments, un bord agréable et une épaisseur qui reste cohérente avec son usage. Un bol doit trouver un équilibre entre son ouverture, sa profondeur et sa prise en main. Une tasse demande d’accorder le volume, l’anse éventuelle, le poids et la sensation du bord sur les lèvres. Un vase ou un bougeoir répond à des contraintes différentes, liées à sa stabilité, à son ouverture et à la place qu’il occupera dans un intérieur. La matière et la fonction se construisent donc ensemble.
Le tournage permet de faire naître une forme à partir d’une masse de terre centrée sur le tour. Le geste commence par la préparation et le centrage, puis la paroi monte sous la pression des mains. La forme peut rester simple ou évoluer par des variations de diamètre, de hauteur et d’ouverture. L’épaisseur doit être maîtrisée pour éviter un objet trop lourd ou trop fragile. Après le tournage, la pièce doit sécher progressivement avant de recevoir les étapes suivantes. Ce temps de repos est nécessaire à la stabilité de la terre et fait partie du rythme propre à l’atelier.
Le travail à la plaque propose une autre relation avec la matière. Une masse de terre est étalée en une surface dont l’épaisseur doit rester régulière. Les plaques peuvent être découpées, assemblées, pliées ou déformées pour construire des boîtes, des plats, des panneaux ou des formes plus anguleuses. Les jonctions demandent une préparation soignée afin de limiter les tensions pendant le séchage et la cuisson. Cette technique autorise des lignes moins liées à la rotation du tour et permet de travailler des profils, des angles ou des surfaces qui répondent à un projet particulier.
Le modelage laisse encore davantage de place au geste direct. La forme se construit par ajout, retrait, pression et lissage. Les doigts peuvent conserver une empreinte, accentuer une courbe ou créer une texture. Pour une petite sculpture, un bougeoir ou un objet décoratif, le modelage donne la possibilité de modifier le volume pendant la fabrication. La pièce reste ainsi ouverte aux décisions prises au fur et à mesure. Une surface peut être laissée plus brute, tandis qu’une autre sera reprise pour recevoir un décor ou une finition plus douce.
Les émaux maison occupent une place centrale dans les finitions de Céramiques Nantaises. Un émail transforme la surface après cuisson et modifie la couleur, la brillance, la texture ou la profondeur visuelle de l’objet. La recette, la préparation, l’application et la cuisson influencent le résultat. Une couche trop épaisse ne réagit pas comme un voile plus fin ; une terre sombre ne révèle pas une couleur de la même manière qu’une pâte claire ; un bord peut concentrer l’émail et produire une variation. L’atelier travaille donc avec les particularités de chaque pièce plutôt qu’avec une uniformité industrielle.
La surface peut aussi associer plusieurs effets. Un grès noir recouvert d’un émail coloré peut laisser apparaître une profondeur différente d’un grès blanc. Une finition transparente peut souligner la texture de la terre ou les traces du façonnage. Une zone mate peut dialoguer avec une partie plus brillante. Les contrastes se découvrent en bougeant l’objet et en changeant l’éclairage. Sur une assiette, un décor peut rester discret pour laisser la nourriture occuper la partie centrale ; sur un vase, la couleur peut devenir le principal élément de présence ; sur un bol, le relief peut accompagner le geste de la main.
La cuisson transforme définitivement la terre. Une pièce façonnée et séchée devient plus résistante après la première cuisson, puis reçoit éventuellement son émail avant une nouvelle montée en température. Les variations de température, la position dans le four et la composition de la finition peuvent produire de petites différences. La céramiste doit anticiper ces réactions, mais elle découvre aussi le résultat après refroidissement. Cette part de transformation explique pourquoi une série d’objets partage une même intention tout en conservant des nuances d’exemplaire à exemplaire.
Les pièces destinées à l’alimentation demandent une attention particulière au choix des matières et des finitions. Céramiques Nantaises présente une vaisselle conçue pour un usage quotidien, avec des indications d’entretien propres aux créations proposées. La compatibilité avec l’usage alimentaire et le lave-vaisselle est annoncée pour la vaisselle de l’atelier. Le choix d’un objet peut néanmoins dépendre de sa forme, de sa finition et de l’usage envisagé. Une personne qui commande un ensemble ou une pièce particulière peut préciser ses habitudes, le type de service recherché et la manière dont les objets seront utilisés.
L’art de la table est le fil conducteur de la production. Une collection d’assiettes ne sert pas seulement à recevoir un aliment : elle participe à la présentation, au rythme d’un repas et à la relation entre la main, la table et le regard. Une assiette creuse, une assiette plate ou une petite coupelle n’ont pas les mêmes proportions. Un bord très marqué peut encadrer une préparation, tandis qu’une forme plus ouverte donne une impression d’espace. La couleur et la texture peuvent accompagner un plat ou créer un contraste avec lui. Le travail de la céramiste prend ainsi en compte la vie autour de l’objet.
Gwen Riou crée également des collections pour des chefs et des établissements de restauration. Les pièces peuvent être développées en relation avec une cuisine, un service et une manière particulière de présenter les plats. Une collaboration professionnelle exige de réfléchir au nombre d’exemplaires, aux formats, à la répétition des formes et aux contraintes d’utilisation. La fabrication artisanale conserve toutefois une variation entre les pièces. Cette différence peut devenir une qualité dans un service, en donnant à chaque assiette ou à chaque tasse une présence propre tout en maintenant une cohérence de famille.
Le dialogue avec la restauration étoilée montre une autre échelle du sur-mesure. Le chef peut rechercher un format précis, une profondeur, un relief ou une teinte qui accompagne une préparation. La céramiste doit alors comprendre la présentation souhaitée sans perdre les contraintes de solidité, de manipulation et d’entretien. Les échanges peuvent porter sur les essais, la prise en main, l’empilage et la place des objets sur une table. La pièce finale naît de cette rencontre entre la cuisine, le design de service et la fabrication de la terre.
Les objets décoratifs prolongent le travail au-delà de la table. Une boîte peut donner une présence à un rangement quotidien, un bougeoir peut organiser un point de lumière et un vase peut accueillir une composition végétale ou être regardé pour sa forme seule. Les petits objets sont souvent observés à courte distance, ce qui rend les détails de surface particulièrement sensibles. Une trace de tournage, une variation d’émail ou un bord légèrement différent peut modifier la manière dont l’objet est perçu. La fabrication manuelle ne cherche pas à supprimer ces signes ; elle leur donne une place dans la lecture de la pièce.
Les pièces sculpturales offrent un espace de recherche plus libre. La forme peut quitter les proportions habituelles de la vaisselle et s’intéresser au volume, à la texture ou à l’équilibre. Une terre chamottée pourra conserver une apparence granuleuse, tandis qu’une porcelaine pourra privilégier une surface plus fine. Le modelage permet de travailler des profils irréguliers, des plis ou des creux. Le séchage et la cuisson imposent leurs contraintes, surtout lorsque la forme devient large ou que les épaisseurs varient. La céramiste doit donc associer l’intention esthétique à une construction stable.
Les émaux ne servent pas seulement à colorer. Ils peuvent rendre une surface plus douce, plus brillante, plus profonde ou plus tactile. Leur réaction avec la terre crée parfois des nuances près des arêtes, des accumulations dans les creux ou des transitions qui apparaissent après la cuisson. Une même recette peut produire une différence selon le support, l’épaisseur et la position dans le four. Ces variations donnent une identité aux pièces et rendent chaque objet attentif à son propre parcours de fabrication.
La notion d’imperfection revendiquée par Gwen Riou concerne cette relation entre intention et matière. Une ligne légèrement différente, une teinte plus dense ou une petite variation d’émail ne signifie pas que la pièce a perdu sa fonction. Elle montre que l’objet a été façonné, séché, cuit et fini dans un atelier. Pour une personne qui choisit une assiette, un bol ou une tasse, cette singularité peut rendre le service plus vivant. Les objets restent utilisables, mais ils ne sont pas séparés de la main qui les a construits.
La transmission constitue un autre aspect des Céramiques Nantaises. Gwen Riou propose des ateliers autour du modelage, du tournage, de la peinture sur céramique et de la réalisation de grandes pièces. Ces expériences permettent d’approcher la terre par plusieurs gestes. Le modelage donne une entrée immédiate par le volume ; le tournage fait comprendre le centrage et la montée de la paroi ; la peinture intervient sur un biscuit déjà cuit ; une grande pièce demande d’organiser la forme et de mesurer les étapes de séchage. Chaque activité propose une relation différente avec le matériau.
Un atelier de tournage demande une attention progressive. La terre doit être centrée avant de pouvoir monter régulièrement. Les mains travaillent ensemble, l’une guidant l’extérieur et l’autre contrôlant l’intérieur. Une pression trop forte déforme la paroi ; un geste trop hésitant peut empêcher la forme de s’ouvrir. L’accompagnement aide à sentir la consistance de la terre, la vitesse du tour et le moment où il faut s’arrêter. Le résultat n’a pas besoin d’être parfaitement régulier pour être réussi : il doit surtout témoigner d’une première compréhension du geste et rester suffisamment stable pour poursuivre son séchage.
Le modelage offre une approche accessible aux personnes qui souhaitent construire une pièce sans tour. Une boule, une plaque ou un colombin peut devenir un bol, une tasse, une petite sculpture ou un objet décoratif. Les raccords sont lissés, renforcés ou conservés selon l’effet souhaité. La forme peut garder une épaisseur visible et une texture volontairement manuelle. Le séchage transforme ensuite la consistance de la pièce, ce qui oblige à la manipuler avec précaution. La cuisson et la finition viennent plus tard, lorsque la terre a perdu son humidité et peut recevoir les étapes suivantes.
La peinture sur céramique repose sur une pièce déjà façonnée. Elle permet de travailler une surface, une couleur et un motif sans demander la construction initiale du volume. L’activité peut convenir à une découverte en groupe, à un moment entre proches ou à une séance organisée pour une entreprise. Les choix de couleurs, de lignes et de zones peintes donnent à chacun une manière personnelle d’intervenir. Après la séance, l’atelier prend en charge les opérations nécessaires à la finition et à la cuisson selon les modalités annoncées au moment de la réservation.
Les ateliers collectifs peuvent aussi devenir des moments de création partagée. Une équipe peut réaliser des objets qui gardent une trace de plusieurs gestes ; un groupe peut travailler autour d’un thème ; une famille peut repartir avec des pièces différentes mais liées par une même séance. L’intérêt ne tient pas seulement à l’objet obtenu. Il réside aussi dans le temps consacré à la matière, dans l’observation du séchage et dans la découverte des transformations produites par la cuisson. Les modalités d’accueil et les projets disponibles sont à définir directement avec l’atelier.
La Chapelle-sur-Erdre situe Céramiques Nantaises dans l’aire nantaise, en Loire-Atlantique, dans la région Pays de la Loire. Cette implantation rapproche l’atelier d’un territoire où se rencontrent habitants, restaurants, entreprises et visiteurs intéressés par les pratiques créatives. La production reste fabriquée par Gwen Riou dans son atelier, tandis que la boutique en ligne et les rendez-vous permettent de découvrir les pièces et les activités proposées. Les contacts avec l’artisane peuvent porter sur une commande, un service de table, une pièce décorative ou un atelier.
Pour une demande professionnelle, il est utile de préciser la fonction des pièces, les quantités envisagées, les dimensions, le type de cuisine ou d’usage et le calendrier souhaité. Pour une commande de particulier, quelques indications sur la table, les couleurs et les formes appréciées peuvent aider à orienter l’échange. Une pièce disponible et une réalisation personnalisée ne suivent pas nécessairement le même chemin. La nature de la terre, les essais d’émail et le temps de cuisson influencent la fabrication et doivent être pris en compte dès la conception.
À La Chapelle-sur-Erdre, Gwen Riou fait de Céramiques Nantaises un atelier où la vaisselle artisanale rencontre la recherche sur la terre. Le grès, la porcelaine, le tournage, la plaque, le modelage et les émaux maison permettent de créer des assiettes, bols, tasses, boîtes, bougeoirs, vases et pièces uniques. Les collections destinées à la table peuvent répondre à des usages quotidiens comme à des collaborations avec des chefs, tandis que les ateliers transmettent les gestes du modelage, du tour et de la peinture sur céramique. Chaque objet conserve une relation avec sa matière, sa cuisson et la main qui l’a façonné.