À Chatou, dans les Yvelines, Catherine Marchal travaille le verre et la lumière au sein de Chatou Verre Vitrail. Artisan d’art et peintre verrier, elle crée des éléments de décoration intérieure, restaure des vitraux anciens et partage les gestes du métier dans des cours adaptés aux différents niveaux. Sa pratique s’est construite autour de la couleur, de la transparence et des effets de lumière, avec la nature comme fil conducteur depuis 2013. Vitraux, cloisons colorées, tableaux, luminaires, objets décoratifs, plats et bijoux composent un ensemble où la matière verrière peut prendre une place architecturale, utilitaire ou sensible.
Le parcours de Catherine Marchal associe formation spécialisée et recherche personnelle. Elle a suivi au Centre International du vitrail à Chartres une formation de vitrailliste et de restauratrice de vitraux de biens communs. Elle a ensuite approfondi ses connaissances des techniques du verre au Cerfav de Vannes-le-Châtel, à Sars-Poteries et auprès de verriers. Ce chemin permet de relier le dessin, la connaissance des matériaux et les opérations de fabrication. Il explique aussi la coexistence, dans son activité, de la création contemporaine et de l’attention portée aux œuvres anciennes.
Le vitrail traditionnel serti au plomb constitue l’un des fondements de l’atelier. Une composition commence par un dessin et par la définition de pièces qui devront s’assembler dans un réseau de plomb. Le verre est choisi pour sa couleur, sa texture, sa transparence ou son relief. La coupe suit des gabarits et demande de tenir compte des lignes du motif, de la solidité de l’ensemble et de la manière dont la lumière traversera chaque morceau. Le sertissage met les éléments en relation, puis les soudures assurent la continuité du réseau. Chaque étape influence la lecture du vitrail depuis la pièce où il sera installé.
La technique Tiffany propose une autre manière d’assembler le verre. Les bords des pièces sont enveloppés d’un ruban de cuivre, puis les éléments sont réunis par des soudures à l’étain. Cette méthode peut convenir à un petit panneau, à un cadre ou à une composition décorative comportant plusieurs pièces. Elle permet de suivre des contours plus fins et d’explorer des objets de format varié. Dans un atelier de découverte, les participants peuvent comprendre la coupe, le meulage, le rubanage et la soudure en réalisant une création à leur mesure. La précision du tracé et la régularité de la soudure donnent au résultat son équilibre.
La peinture sur verre enrichit les possibilités graphiques. Catherine Marchal travaille avec des émaux, des grisailles, des ciments et des peintures haute température. Ces produits permettent de poser un trait, de renforcer une ombre, de préciser une silhouette ou de faire varier la quantité de lumière qui traverse la surface. La cuisson fixe ensuite certains effets et transforme le rapport entre le verre et la couleur. Un tableau peut ainsi s’organiser comme un dessin lumineux, avec des zones transparentes, des parties plus opaques et des détails visibles selon l’éclairage.
Le fusing fait intervenir la chaleur du four pour réunir ou transformer des morceaux de verre. Des fragments, des poudres, des émaux et des éléments décoratifs sont disposés selon une composition avant la cuisson. La température et la durée du cycle déterminent la manière dont les matières se rapprochent, se fondent ou conservent une limite lisible. Pour un plat ou un bijou, la recherche porte autant sur le dessin que sur l’épaisseur, les bords et la tenue de l’objet après cuisson. La surface obtenue peut rester douce et fluide ou conserver un contraste entre plusieurs textures.
Le thermoformage permet de donner une forme au verre en le chauffant sur un moule. Une plaque peut prendre une courbe, un relief ou une profondeur qui modifie ses reflets. Cette opération demande de préparer le support et de surveiller la relation entre la température, la gravité et la forme recherchée. Associé au fusing, le thermoformage ouvre des possibilités pour des plats, des objets de décoration et des éléments qui doivent dialoguer avec un espace. La lumière se déplace alors sur une surface qui n’est plus seulement plane, et les couleurs changent selon le point de vue.
Catherine Marchal mentionne aussi la pâte de verre, le casting, les perles réalisées au chalumeau, la gravure, la sérigraphie et les dalles de verre au ciment. Ces techniques ne produisent pas les mêmes effets et ne répondent pas aux mêmes usages. La pâte de verre permet de travailler une matière granuleuse et des volumes coulés. Le casting s’appuie sur un moule pour donner une forme au verre. La flamme transforme des baguettes ou des tubes en perles. La gravure et la sérigraphie ajoutent des motifs ou des effets de surface. Les dalles de verre au ciment apportent une présence plus massive, adaptée à certaines compositions architecturales.
La création de vitraux peut concerner une fenêtre, une porte, une cloison, une imposte ou un autre support de l’architecture intérieure. Le projet se construit à partir de la lumière souhaitée, des vues à filtrer, des dimensions et du caractère du lieu. Une cloison colorée peut séparer deux espaces tout en conservant une circulation de lumière. Un panneau placé devant une fenêtre change l’atmosphère au fil de la journée. Une composition conçue pour une pièce peu éclairée demande un travail différent de celle destinée à recevoir un soleil direct. Le choix des verres et des assemblages accompagne donc l’usage du bâtiment.
Les tableaux de l’atelier prolongent cette recherche dans un format plus proche de l’œuvre à contempler. Le dessin peut partir d’un thème traditionnel, d’un élément végétal ou d’une observation de la nature. Les grisailles et les émaux précisent le trait, tandis que le fusing et les combinaisons de verres introduisent la transparence, le relief et les reflets. Les oiseaux migrateurs, le végétal et les changements de lumière nourrissent la sensibilité annoncée par l’artiste. Un tableau de verre se découvre à la fois par son motif et par les variations produites lorsque la lumière traverse, longe ou révèle sa surface.
Les objets décoratifs sont façonnés par plusieurs techniques de fusion, de thermoformage et de moulage. Ils peuvent capter et renvoyer la lumière, créer une présence sur un meuble ou donner une autre profondeur à un mur. Les matières transparentes, opaques et translucides sont choisies pour leurs relations plutôt que pour leur seule couleur. Une surface texturée disperse les reflets ; une plaque claire les laisse circuler ; un émail introduit un accent plus dense. Le résultat reste lié à l’environnement qui l’accueille, car la perception change avec l’heure, la position du regard et l’éclairage de la pièce.
Les plats occupent un registre particulier dans la production. Catherine Marchal les présente comme des pièces uniques qui réinterprètent les usages de la table. Le dessin peut associer courbes, géométrie, couleurs et motifs inspirés par la nature. Le moule est préparé pour accompagner la forme, puis le verre est travaillé par fusing ou thermoformage. Les pigments et les émaux participent à une palette qui doit rester lisible sur une surface destinée à être regardée de près. Un plat décoratif peut servir de centre de table ou rejoindre un intérieur comme une œuvre, selon la façon dont il est choisi et présenté.
Les bijoux réduisent la composition à un format porté. Un fragment de verre, une couleur et un relief doivent conserver leur présence dans une petite surface, tout en restant faciles à porter. Les formes peuvent être réalisées par fusing, par travail à la flamme ou avec d’autres techniques choisies pour leur finesse. L’artisan tient compte des bords, de la fixation et du poids afin que l’éclat de la pièce ne soit pas séparé du confort. Une parure unique peut accompagner une tenue ou une occasion sans perdre la trace des gestes qui l’ont façonnée.
La restauration de vitraux anciens demande une autre relation au matériau. L’œuvre porte les marques de son époque, de son architecture et des interventions successives. Avant de choisir une méthode, il faut observer les verres, les plombs, les soudures, les peintures et l’état du support. Une pièce cassée, une déformation, une fragilité du réseau ou une perte d’étanchéité ne se traitent pas de la même façon. Le travail vise à retrouver une stabilité et une lecture cohérentes, en respectant autant que possible les éléments conservés. Lorsque la complexité le demande, Catherine Marchal indique travailler avec d’autres confrères spécialisés dans la restauration.
La restauration peut concerner des vitraux de périodes et de techniques différentes. Un panneau ancien peut associer des verres colorés, des peintures, des grisailles et un réseau de plomb qui a évolué avec le temps. La dépose, le nettoyage, le remplacement de pièces, la consolidation et la repose doivent être pensés ensemble. L’environnement de la baie compte également : humidité, condensation, mouvements du bâtiment et exposition peuvent accélérer les altérations. Un examen attentif aide à distinguer ce qui relève du verre, de l’assemblage ou du support architectural avant d’engager une intervention.
L’atelier dispose d’un four de verrier, d’une table lumineuse et de montage, de pinces, de fers à souder et de l’outillage nécessaire à la coupe, au meulage et au parachèvement. Ces équipements correspondent à des moments différents du travail. La table lumineuse aide à lire un dessin et à contrôler les transparences. Les outils de coupe et de meulage préparent les contours. Le fer à souder sert à réunir les parties selon la technique choisie. Le four permet les cuissons et les transformations thermiques. L’ensemble est présenté comme un environnement équipé et sécurisé, adapté à la réalisation de pièces et à la transmission des gestes.
Les cours de vitrail sont ouverts aux débutants, aux personnes déjà initiées et à celles qui souhaitent approfondir leur pratique. L’apprentissage commence par la découverte des matériaux, des outils et des principes de mise en œuvre. Une progression peut conduire à réaliser un tableau géométrique de neuf à douze pièces, un cadre, un photophore, un petit luminaire, un plat ou un bijou. La technique Tiffany, la peinture sur verre, le fusing, la mosaïque et le vitrail traditionnel peuvent être abordés selon le parcours choisi. Le participant apprend en faisant, avec un accompagnement qui prend en compte ses acquis et son projet.
Les séances de découverte rendent visibles les opérations qui restent souvent discrètes dans une œuvre terminée. La coupe des gabarits à taille réelle montre comment le dessin devient une série de formes. La meuleuse égrise les arêtes et permet d’ajuster les pièces. Le ruban de cuivre se pose sur les bords dans la technique Tiffany. La soudure à l’étain relie ensuite les morceaux de couleur. Cette succession donne une compréhension concrète du métier, de la préparation du verre jusqu’à l’apparition d’un petit panneau. Une démonstration plus courte peut aussi permettre d’observer les gestes avant de commencer un parcours pratique.
La formation à l’année ajoute une progression dans le temps. Les participants peuvent avancer sur plusieurs techniques, comprendre les règles de sertissage et découvrir les effets d’une cuisson. Un support théorique accompagne la pratique, afin de relier les opérations aux repères historiques et artistiques du vitrail. Le travail régulier permet de mieux maîtriser la coupe, d’affiner le dessin, d’observer les réactions du verre et de reprendre un projet avec davantage de précision. La pédagogie s’adresse à des profils variés, sans exiger de connaissance particulière au départ.
La nature demeure un fil conducteur de l’ensemble. Elle peut apparaître dans le choix d’un motif, dans le dessin d’un tableau, dans les couleurs d’un plat ou dans le mouvement suggéré par un bijou. Le verre traduit cette inspiration sans imiter directement une feuille, un oiseau ou un paysage. Une transparence peut évoquer une aile, une superposition de teintes peut rappeler une végétation ou un relief peut donner à une surface la vibration d’une matière naturelle. Le geste du peintre verrier consiste alors à transformer une observation en composition de lumière, tout en conservant la présence propre du verre.
Les collaborations avec un doreur, un ébéniste ou un ferronnier d’art enrichissent les projets par des compétences complémentaires. Un vitrail peut être destiné à un meuble, une structure métallique, un cadre ou un ensemble décoratif. Le dialogue entre les métiers aide à accorder les dimensions, les supports, les fixations et les finitions. Le verre garde son rôle de matière lumineuse, tandis que le bois, le métal ou la dorure lui offrent un environnement. Cette approche permet d’imaginer des pièces qui dépassent le panneau isolé et s’inscrivent dans un intérieur conçu autour de plusieurs savoir-faire.
À Chatou, Chatou Verre Vitrail réunit création, restauration et transmission autour du verre. Catherine Marchal y met en relation les techniques traditionnelles du plomb et du Tiffany avec la peinture sur verre, le fusing, le thermoformage, la pâte de verre, le casting et le travail à la flamme. Les commandes peuvent prendre la forme d’un vitrail, d’une cloison, d’un tableau, d’un luminaire, d’un objet décoratif, d’un plat ou d’un bijou. Les cours rendent ces gestes accessibles par une progression concrète, tandis que la restauration maintient le lien avec les œuvres anciennes. La lumière, la couleur et la nature donnent à cet atelier une identité où chaque création trouve sa forme dans la relation entre matière, espace et regard.